15 oct 2009
Réforme du lycée d’enseignement général et technologique 2
Ca y est : la réforme du lycée général et technologique est remise sur les rails. Vous vous souvenez peut être qu’il y a un an environ, le ministre de l’Education nationale de l’époque - Xavier Darcos - avait dû ranger dans son cartable son projet, pour cause de large et efficace front du refus. Le Président de la République avait alors demandé au très médiatique directeur de Sciences po’ Paris ( Richard Descoings) de conduire une étude sur le sujet, et de lui remettre un rapport, ce qui fut fait le 2 juin 2009 (”Préconisations sur la réforme du lycée”). C’est le document sur lequel le Président de la République et le nouveau ministre se sont appuyés pour présenter le nouveau projet de réforme du lycée, le 13 octobre 2009.
Xavier Darcos était-il allé trop loin, avait-il frappé trop fort et trop vite ? C’est ce que beaucoup disent aujourd’hui pour expliquer son échec d’alors. Il est vrai qu’en s’attaquant à la fois à l’architecture du lycée, aux rythmes scolaires des lycéens, aux contenus et horaires des disciplines, aux missions des personnels enseignant et d’éducation… le tout à moyens constants voire descendants, et selon un calendrier dont le moins que l’on puisse dire est qu’il était précipité, il avait abouti à une levée de boucliers de première ampleur. Il y a laissé son projet en bord du chemin, et son portefeuille ministériel en prime !
Le moins que l’on puisse dire c’est que le nouveau projet est à cet égard beaucoup plus “soft”. Plus consensuel aussi (c’était peut être le but poursuivi à un ou deux ans d’échéances électorales lourdes pour le pays). Du coup, on accouche d’une colline (et non d’une montagne) , que beaucoup trouvent trop modeste eu égard aux enjeux de cette nécessaire réforme.
1. On ne touche pas à l’architecure existante du lycée d’enseignement général et technologique (LEGT).
Concession de taille : l’architecture du LEGT demeure. Son actuelle organisation sur trois ans, débutant par une seconde “de détermination” largement commune, suivie sur deux années de “séries” (ES, L, S, STG, STI, STL, ST2S …) est reconduite.
On va cependant s’attaquer à trois chantiers importants :
11. La rénovation de la série L qui a perdu plus de 40% de ses effectifs en vingt ans et est menacée de marginalisation. Pour cela, il est proposé de densifier les enseignements de langues étrangères, de rénover les enseignements littéraires en les “modernisant”, d’introduire des enseignements nouveaux comme le droit et/ou les sciences sociales. Objectif : redonner aux familles l’envie d’y aller.
12. Rénover la série S qui présente le défaut majeur d’être une fausse filière scientifique puisqu’en fin de parcours, près de la moitié de ses bacheliers optent pour des filières supérieures non scientifiques. Cette série ne parvient donc pas à remplir la mission qui lui est dévolue par la nation : être le tremplin à partir duquel les élèves vont se préparer aux carrières scientifiques supérieures et intermédiaires dont le pays a besoin. Objectif 1 : que la part des bacheliers S faisant des études supérieures scientifiques passe progressivement de 50 à 75%. Objectif 2 : casser l’image de “filière d’élite” de cette série, en faisant en sorte que les élèves qui s’y orientent soient véritablement portés par une vocation et des capacités scientifiques, et si ce n’est pas le cas, qu’ils ne complexent pas à l’idée de s’orienter vers d’autres voies d’études, plus conformes à leur profil. Pour cela , on envisage de renforcer la part des enseignements scientifiques des classes de première et terminale S, au détriment de certains autres enseignements.
13. Poursuivre le processus de rénovation des formations conduisant aux baccalauréats technologiques, un temps interrompu par le projet de réforme Darcos, en s’attaquant aux deux voies qui sont en attente de cela : la voie STL, et surtout la STI qui subit un commencement de crise de recrutement et a besoin d’une telle réforme.
En résumé : on maintiendrait l’architecture générale du LEGT, mais on s’attaquerait au problème du nécessaire rééquilibrage des différentes filières.
2. Deux axes transversaux majeurs de rénovation.
Directement importés du projet de réforme Darcos, et des diverses consultations conduites ces derniers mois, le Président de la république a décidé de consacrer deux propositions émanant du rapport de Richard Descoings (mais aussi de Xavier Darcos en son temps à l’Education nationale).
21. Fluidifier l’orientation des élèves et renforcer le rôle des personnels enseignant et d’éducation en matière d’orientation.
Dans le lycée d’aujourd’hui, il est quasiment impossible de se réorienter en cours d’année scolaire. La remédiation passe le plus souvent par le redoublement (force est de constater que le système éducatif français en fait un usage immodéré, bien plus que dans la plupart des pays étrangers ), et parfois, mais exceptionnellement, par la réorientation en fin d’année (par exemple, passage de première S en terminale L ou ES). Grâce à un accompagnement au plus près du projet d’orientation de chaque élève, il devrait être possible d’améliorer le dispositif en permettant à certains élèves de se réorienter en cours d’année scolaire, et notamment au terme d’un premier bilan qui se tiendrait en fin du premier semestre, au cours d’une “semaine banalisée” consacrée à l’orientation et aux conseils de classe. Bien plus, les élèves ainsi réorientés pourraient bénéficier d’une courte période d’accompagnement, visant à faciliter ce changement. Parallèlement, on se propose de renforcer le rôle des professeurs et personnels d’éducation, en particulier des professeurs principaux, dans le domaine de l’orientation, prolongeant en cela une tendance fortement engagée depuis une dizaine d’années. Enfin, on va inciter les établissements à prendre leur part de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’ “orientation active”, en lien plus étroit qu’aujourd’hui avec les équipes des établissements d’enseignement supérieur.
22. Développer l’accompagnement individualisé (ou en petits groupes) des élèves.
Le projet Darcos avait bien mis en évidence le fait que pour remédier à l’hétérogénéité croisante des élèves (phénomène logique compte tenu de la “démocratisation” de l’enseignement secondaire, donc de l’explosion de ses effectifs), il convient de moins faire du “prêt à porter”, et plus du “sur mesure”. En d’autres termes, il était clairement dit que pour s’attaquer plus efficacement au problème de l’hétérogénéité des élèves, il serait temps de passer d’une politique de régulation par l’usage immodéré du redoublement et de l’orientation subie par l’élève et ses parents, à celle d’un accompagnement plus individualisé des élèves en difficulté. Pour ce faire, il a été annoncé que dans chaque établissement (dès 2010 en seconde), on devra offrir à chaque élève deux heures par semaine d’ accompagnement, donc de formations hors programmes mais intra-établissement. Cet accompagnement pourra, selon les besoins propres à chacun, et compte tenu du projet de chaque établissement, concerner des domaines tels que l’aide aux élèves en difficulté, la réponses aux besoins d’approfondissement de certains autres, l’accompagnement du projet d’orientation …
3. Les obstacles prévisibles
Tel que présenté, ce projet de réforme donne le sentiment d’un consensus potentiel. Qui pourrait être contre le principe d’un rééquilibrage des filières, d’une amélioration de l’attractivité du bac L, d’une réduction des taux de redoublement et de l’orientation subie au profit d’un accompagnement individualisé des élèves et de l’émergence d’une véritable orientation active, d’une facilitation des réorientations en cours de route, d’une politique permettant une augmentation des taux de réussite scolaire des élèves, etc. ?
Mais nous pronostiquons que passé ces premiers jours de découverte du projet, beaucoup d’esprits vont s’échauffer, à commencer par ceux de beaucoup d’enseignants et de personnels éducatifs qui ne manqueront pas de réaliser très vite que ce projet porte en lui une remise à plat des horaires, des contenus et objectifs de nombre d’enseignements, et une non moins importante remise à plat du référentiel “métier d’enseignant”.
Un exemple : si on va vers la rénovation de la voie S telle qu’on nous l’a présentée, alors il faudra bien à un moment donné, dire quelles sont les disciplines qui vont devoir lâcher du terrain au profit du recentrage annoncé vers les disciplines scientifiques. Car il est clair que l’on ne va pas se contenter d’ajouter des heures de maths, physique-chimie et SVT, sans toucher au reste. Autre exemple : qu’entend-on lorsqu’on déclare que les enseignements littéraires vont devoir être “modernisés” ? Qui ne comprend qu’en gros, cela veut dire “moins de Molière dans le texte, plus de littérature étrangère, plus d’étude des moyens modernes de communication littéraire : presse, Internet … “. Et que dire de la montée en puissance du rôle dévolu aux personnels enseignant et d’éducation en matière d’orientation, du rôle d’ “accompagnateur” qu’on voudrait qu’ils jouent plus systématiquement qu’aujourd’hui … du développement inévitable du travail en équipe, et donc du temps de présence dans l’établissement, que tout cela entraîne ?
Ce projet va donc, comme tous ses semblables, rapidement susciter réserves, critiques, oppositions plus ou moins vives … et réactions. Toute la question va donc de nouveau être de savoir qui, dans notre pays, pilote la politique éducative. Est-ce que le pragmatisme, la souplesse d’application, qui président au lancement de ce projet de réforme suffiront pour qu’il en sorte des décisions allant dans le sens d’une meilleure performance du système d’enseignement secondaire français, donc d’un rapprochement significatif de l’objectif idéal de “réussite de tous les élèves” ? Nous le saurons assez vite : les dix mois qui viennent seront cruciaux pour l’avenir du lycée d’enseignement général et technologique.
Bruno Magliulo
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Une réforme de plus = une réforme à balayer, vite, de la carte des projets néfastes.
Il ne vous aura pas échappé que le sort fait à l’ancien projet de réforme du lycée pourrait fort bien advenir à ce nouveau projet. Je suis donc d’accord avec vous sur un point au moins : les professeurs vont très vite se réveiller et régler son compte à cette nouvelle entreprise de démolition de l’école, comme il se doit.
Une fois de plus, on nous sert la litanie des objectifs conduisant au nivellement par le bas de l’école française (et je suppose qu’il en va de même dans bien d ‘autres pays). Il faut conduire tous les élèves à la réussite, et pour cela définir des contenus, des méthodes d’apprentissage, et des systèmes d’évaluation, qui conduisent à rendre plus efficace à la machine à diplomer les élèves.
Mais quelle supercherie ! Comme si les bientôt 95% de réussite au baccalauréat (75% il y a dix ans, 86% cette année, 95% bientôt) étaient un indicateur d’augmentation de la réussite des lycéens. A délivrer ce parchemin qu’est le bac à quasiment tous les élèves, on le déprécie. Quelle valeur attribuer à un diplôme que presque tout le monde obtient sans grand effort ? C’est ça la définition de la réussite des élèves. Bravo ! ca c’est une grande et belle ambition ! Quelle supercherie, quel aveuglement aussi !
Un professeur de français lucide, Bordeaux
Réponse à bbjeando
Merci d’abord pour votre commentaire … acerbe et vif, c’est le moins que l’on puisse dire.
Je n’irai cependant pas jusqu’à dire que je partage toutes vos vues.
Je veux bien vous concéder le fait que lorsque nos “autorités” parlent de réussite de tous les élèves, elles omettent (volontairement sans doute) de commencer par préciser ce qu’elles entendent par réussir. Eh oui, l’enseignement secondaire (et bientôt supérieur) étant un enseignement désormais accessible à tous, les diplômes d’un niveau donné se délivrent abondamment (90% d’une tranche d’âge décrochent un brevet des collèges ou son équivalent, 70% un baccalauréat, objectif européen fixé à 50% d’une tranche d’âge devant parvenir à se doter d’un diplôme de fin de premier cycle de l’enseignement supérieur - BTS, DUT, licence … …), si bien que ces diplômes cessant d’être rares, ils perdent inévitablement de leur “valeur” sur le marché du travail (et même de leur valeur symbolique). Cela conduit à une course effrénée qui conduit en permanence à “aller le plus loin possible” dans les études, afin d’entrer dans une zone de plus grande rareté des diplômes délivrés.
Mais est-ce forcément un mal ?
Je vois bien les difficultés pédagogiques pour les enseignants, qui doivent du coup travailler avec des publics beaucoup plus hétérogènes qu’auparavant. Ah qu’elle était plus simple pour les profs la bonne vieille époque ou n’entraient au lycée que 20/30% d’une tranche d’âge, plutôt homogènes du point de vue des origines socio-professionnelles et de l’envie de réussir scolairement … C’est sûr, les enfants du “80% d’une tranche d’âge au niveau bac” sont autres, et posent aux enseignants (et à bien d’autres), des problèmes plus complexes qu’auparavant.
Mais en même temps, du fait des évolutions technologiques, économiques, sociales, des nouvelles attentes de profils sur le marché du travail, la nation a besoin d’une beaucoup plus grande quantité de diplômés, à des niveaux de plus en plus élevés (du moins si on veut bien admettre que l’élévation se mesure par l’allongement de la durée des études). Il en va de la place de notre pays dans le concert concurrentiel mondial.
Je sais que cette façon de poser le problème ne vous conviendra pas, à vous qui ne voyez apparemment pas plus loin que le fond de vos classes. Mais excusez moi de devoir vous rappeler que l’école est avant tout fait pour la nation, et que donc, ce sont les élèves qui doivent être au premier rang de nos préoccupations.
N’hésitez pas à réagir à cette réponse si, comme je le pressens, vous n’êtes pas d’accord avec mon analyse.
bruno Magliulo
Je suis professeur de maths dan un lycee francais d¡Espagne et vois donc de relativement loin ce nouveau projet de refome du lycee.
Je suis d’accord pour dire qu’il est anormal que la moitie des bachliers S n’aient pas de veritable vocation scintifique. C’est trop . Mais je suis tres dubitatif qund on me dit qu’on va reequilibrer les filieres en faisant de la serie S une filiere plus nettement scientifique.
Que veut-on dire par la ? Va t on renforcer le poids des enseignements sientifiques au detriment des autres enseignements generaux ? Va t on s’attaquer aux programmes ? Va t on introduire dqns les classes de S des enseignements scientifiques et mathematiques a deux vitesses ?
Et surtout, croyez vous vraiment qu’il suffira de cela pour balayer d’un coup le poids des realites socio-economiques, donc de la vision de cette filiere S qu’ont les familles … et beaucoup de profs. Le bac S premier bac dans la hierarchie des filiers de l’enseignement secondaire francais : c’est loin d’etre fini, reforme du bac S ou pas.
Rien de tout cela n’est clair et tant qu’on n’aura pas clarifie les objectifs et methods , on n’y vera pas clair.
Denis, prof de maths, lycee francais de Madrid
Réponse à Denis
Merci d’abord de vous intéresser à ce blog alors que vous vivez dans la cadre enchanteur de la magnifique ville de Barcelone, dont le lycée français, si je ne me trompe pas, est un des plus grand lycées français de l’étranger.
Mais que l’on soit professeur en France ou dans un lycée français de l’étranger, les questions liées au projet de réforme se posent. Je comprend donc fort bien que vous vous y intéressiez.
Je vous donne raison sur au moins un point : il est pour le moment prématuré de tirer des plans sur la comète. Que l’on ait besoin de rénover la voie S de préparation au baccalauréat sans doute, et pas uniquement parce qu’elle échoue dans ce qui devrai être sa vocaion première, à savoir donner aux élèves qui en sont issue le goût de faire ensuite des études supérieures scientifiques. Or, en effet, près de 50% de pertes en ligne, c’est trop, inacceptable… et c’est la marque d’une certaine forme d’échec de cette voie d’études. Mais bien malin celui qui, aujourd’hui, est capable de dire ce qui va êre fait.
Je note cependant qu’il existe un document de base qui pourrait servir de base à la réflexion, sous forme d’un rapport de l’Inspection Générale datant de peu d’années (2007). Ce rapport est intitulé “La série scientifique au cycle terminal du lycée : articulation avec le cycle de détermination et orientation vers les études supérieures”. Vous pouvez accéder à ce document très intéressant, et même le télécharger et imprimer gratuitement, sur le site du Ministère de l’éducation nationale (www.eduction.gouv.fr, sous lien “Rapports officiels”).
Les rapporteurs n’y vont pas par quatre chemins et disent les choses de façon fort “mordante” : ils parlent de “série dite scientifique qui porte mal son nom”, d’ “enseignements scientifiques trop arides”, “trop abstraits”, et en appellent avec force à un recentrage des enseignements et programmes de cette voie d’études vers une plus grande place à faire aux enseignements scientifiques, mais des enseignements qui ne soient pas uniquement conçus en fonction des attentes des filières scientifiques suopérieures élitistes (grandes écoles scientifiques, d’ingénieurs, médecine …).
Nul doute qu’une telle évolution va susciter débat, et même des oppositions. Nombreux sont celles et ceux qui voudraient que cette voie d’études continue de fonctionner sur le mode élitaire actuel. Ce n’est évidemment pas ce dont a besoin la nation, mais du coup, je pose ce qui est peut être la bonne question : l’école est-elle au service des besoins de la nation, ou de certains enseignants traditionnalistes ?
Merci encore de votre contribution et n’hésitez pas à réagir à mes propres commetaires si vous le souhaitez.
Bruno Magliulo
L’orientation publique étant devenu un désastre, les cabinets privés pullulent ces derniers années. Les centre de cours particuliers se mettent à proposer des bilans, j’ai même vu que les assureurs s’y intéressait de très près.
Mais ils existent des professionnels qui ont discerner ce problème beaucoup plus tôt.
Le cabinet Orienteo par exemple, qui travaille depuis 12 ans auprès des jeunes. Mes 2 enfants ont pu trouver leur voie grâce à leur service. Cela a certes un coût, mais je préfère de loin investir pour l’avenir de mes enfants plutôt que de leur acheter les dernières consoles de jeu. D’autant plus que ce cabinet propose un prix défiant les autres cabinets auprès desquelles je m’étais renseignée.
Je tiens donc à remercier l’équipe de ce cabinet, car ils sont compétents et j’invite les parents ayant des problèmes d’orientation avec leurs enfants à visiter leur page:
www.orienteo.com
Bonsoir Bruno,
Comme convenu à Barcelone, je te rappelle ici la requête de mon amie russe : Elena Gordeeva. Son mari ukrainien : Anton Gordeïev fait une thèse sur la cartographie maritime à travers les âges. J’ai le document, c’est intéressant sauf qu’il est en russe !
Son directeur de thèse qui est professeur de géographie à l’Université de Kiev cherche à établir un partenariat avec une université française spécialisée en géographie « civique » (ou plutôt politique) ou économique. Il s’agit de partager des sujet de recherche et faire des échanges avec des doctorants et des jeunes docteurs enseignants chercheurs français.
Si tu pouvais me fournir quelques contacts je t’en serais très reconnaissant.
Pour mémoire, il n’y a pas besoin de visa pour se rendre en Ukraine ce qui facilite les choses comparé à la Russie par exemple.
A priori les premiers contacts seront à la charge financière de l’Université de Kiev.
Je ne sais pas quelles langues parle le professeur ukrainien. Anton Gordeïev parle un peu anglais mais le lit sans problème. Sa femme Elena parle parfaitement russe, ukrainien, anglais et français. Elle suivra volontiers les premières démarches si c’est nécessaire.
Merci pour ton aide
François Soulet de Brugière
fsoulet@srs-net.com
+33.6.0779.0699
Réponse à Françoise Favier
Il est indéniable que les carences de l’orientation scolaire publique ont créé un appel d’air ayant suscité l’émergence d’une sphère privée. Je ne reviendrai pas ici sur les raisons de cette carence : je l’ai amplement développé dans un autre article que vous pouvez lire sur ce même blog si vous le désirez (”Orientation scolaire en France : un rapport très critique”).
Le problème c’est que, bien sur, cette offre privée est de qualité et de forme très variée. Disons le tout net : il y a le meilleur … et le pire. Ce que vous écrivez revient à faire ce même constat.
Il semble que vous soyez bien tombé : tant mieux. Mais je pense que cette profession, parce qu’elle comporte de très bons professionnels, et hé”las beaucoup d’autres qui le sont moins, mériterait un peu plus d’ordre qu’aujourd’hui. En l’état actuel des choses, n’importe qui peut ouvrir un cabinet , et se prévaloir du nom de “coach” ou “accompagnateur-expert” ou “conseiller”. Seul le titre de “conseiller d’orientation-psychologe” de l’Education nationale est protégé. Compte tenu des prix parfois surprenants que l’on demande ça et là, et de l’importance croissante de l’orientation scolaire dans l’esprit des familles, je pense que les usagers ont droit à ce qui s’apparenterait à ce qui existe dans bien d’autres professions : un cadre législatif et réglementaire, non pas pour le plaisir de tout régenter, mais pour que la puissance publique ou un organisme reconnu de validation ou labellisation, puisse faire un nécessaire travail de “normalisation” dans un milieu qui est en voie d’expansion exponentielle.
Merci en tous cas pour votre témoignage et n’hasitez pas à réagir à mon commentaire si vous le désirez
Bruno Magliulo
Réponse à Fançois Soulet de Brugière
Il existe en France plusieurs dizaine d’universités disposant d’une filière géographie politique, mais une partie d’entre elles seulement offrent des spécialisation en deuxième et troisième cycles . C’est le cas des universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (directeur de l’UFR de géographie : Laurent Simon, lsimon@univ-paris1.fr); Marne la Vallée (responsable : Chantal Millon-delsol, 01 60 95 71 14); Toulouse 1 (dans le cadre de l’Institut d’études politiques qui propose un master + doctorat en géopolitique, responsable Danielle Cabanis, tel : 05 61 44 51 81)
J’ai trouvé ces trois lieux dans le gros annuaire de l’enseignement supérieur en France édité par L’Etudiant et le Ministère de l’Educ Nationale. Ces facs disposent de formations ciblées sur ce créneau en deuxième cycle (master) et troisime (doctorat). Je ne connais aucune des personnes citées.
Idée complémentaire : je suppose que la plupart des Instituts d’études politiques (en particulier celui de Paris, mais pas uniquement), offrent des formations de ce type. Il faudrai pour en savoir plus surfer sur les sites des 9 IEP (Paris, Bordeaux, Toulouse, Aix en provence, Grenoble, Lille, Stratsbourg, Lyon et Rennes).
Espérant que cette réponse sera de nature à satisfaire la curiosité de ton correspondant.
Amitiés
bruno Magliulo
Ne sommes nous pas devant une “vraie-fausse” réforme ? j’ai beau lire et relire la déclaration du Président de la République, et les déclarations de Luc Chatel depuis lors, je ne vois rien dans ce projet de réforme qui soit aussi audacieux que l’était à mes yeux le projet de réforme Darcos.
Tout se passe comme si, à l’approche de plusieurs échéances électorales lourdes (les régionales dans quelques mois, les législatives et présidentielles en 2012), il avait été décidé en très haut lieu de ne pas faire de vagues insupportables.
Et pourtant, ça commence déjà à remuer. Cette prudence risque donc fort de ne pas empêcher que se constitue à nouveau un front solide d’opposition virulente. Les corporatismes disciplinaires commencent à se remuer du côté des disciplines qui, telles les sciences éonomiques et sociales par exemple, sont l’objet de discussion concernant leur positionnement futur (donc leurs horaires), et leurs programmes (faut-il continuer d’enseigner des sciences économiques ET sociales, ou séparer les sciences éco des sciences sociakles, ainsi que l’a récemment préconisé Richard descoings, le Directeur de Sciences po’ Paris, très impliqué dans ce projet de réforme ?). Par contre, les disciplines favorisées (les lanues vivantes par exemples), semblent applaudir à ce projet.
Ainsi, de nouveau, l’intérêt corporatiste l’emporte chez les profs sur l’intérêt général. Le lycée français va mal, chacun le sait, mais ça n’est pas grave. Aux yeux de la majorité des profs, le lycée est bien entendu d’abord fait … pour les profs, pas pour les élèves. Ah que leur métier serait bien , beau et bon si’il n’y avait pas d’élèves dans les établissements scolaires !
Alors Messieurs les politiques, du courage, de l’audace, du panache … Merde, mais c’est que je commence à parler comme de Villepin moi !
Rémy, parent d’élève, Bordeaux
Réponse à Rémy
Merci d’abord pour votre commentaire, et la contribution qu’uil représente au débat sur cette question.
Si par “vrai-fausse” réforme, vous voulez dire que ce projet de réforme 2 est en retrait , plus “soft”, que le projet 1 (projet Darcos), oui, sans doute, vous avez raison. Le projet Darcos s’attaquait au lycée général et technologique de façon beaucoup plus radicale, ainsi que nous le présentions dans un autre article rédigé par ailleurs sur ce blog.
Et oui encore, vous avez raison de dire que certains corporatismes commencent déjà à se manifester, notamment ceux qui représentent des disciplines qui, à tort ou à raison, se sentent menacées. C’est classique, et de ce point de vue, rien de nouveau dans le landerneau Education nationale.
Alors, projet de réforme ou réformette ? Prenons les grands axes annoncés de cette réforme et voyons cela :
- Volonté de rééquilibrer les séries en recentrant le série S sur une vocation scientifique plus marquiée et en revalorisant la série L. Je fais le pari que cela ne suffira pas. On ne “cassera” pas d’un coup de baguette aussi peu ambitieuse l’”image” de premier de la classe de ce bac aux yeux des familles, même en en faisant un bac plus capable de susciter des vocations scientifiques qu’aujourd’hui. Et quid de la rénovation si fortement attendue de la filière technologique STI, plusieurs fois remise aux calendres grecques, et dont on ne parle pas dans ce projet ?
- Redonner aux familles l’envie d’aller en L en “internationalisant” cette voie d’études, voire en y introduisant des enseignements de sciences juridiques/politiques/sociales … Pourquoi pas ? Mais alors, quels seront les enseignements dont on va devoir inévitablement réduire le volume horaire et les contenus ? Quelles seront les réactions des professeurs de ces discplines lorsqu’ils découvriront les conséquences d’une telle évolution ?
- Mise en oeuvre d’espaces d’ “accompagnement” des élèves. Mais cela existe déjà ! C’est de la place de l’ accompagnement dans le dispositif de formation secondaire, et de la transformation inévitable du métier d’enseignant que cela entraône, qu’il faut discuter, et non du seul principe qui est déjà présent. Et les questions qui fâchent sont repoussées à plus tard : qui s’en chargera (les personnels enseignants et éducatifs ou des “compétences externes” ? Et si ce sont les premiers, quid de leur nécessaire accompagnement par la préparation des esprits et la formation continue ? quels domaines (le seul soutien aux élèves en difficulté, l’approfondissement pour certains, l’accompagnement du projet d’orientation, les ateliers de pratique artistiques/culturelle/sportive, le développement des capacités méthodologiques transversales, etc.
- Introduction d’une orientation moins subie par les élèves, moins “couperet” comme l’a déclaré le résident de la Républque, et donc plus “active” , plus fluide (avec des possibilités accrues de éorientation en cours d’études secondaires) ? Oui pour le principe, mais là encore, qu’est ce qu’on met dedans, qui s’en charge, avec quels moyens ? Et qu’en est-il du nécessaire débat sur l’évaluation des élèves que tout cela suppose ?
- Et surtout, surtout … avec quels moyens ? Chacun le sait : le gouvernement veut une réforme “à coût constant” (contrainte budgétaire oblige). Il en résulte que si certains seront gagnants (plus de langues étrangères), d’autres seront perdants et ne l’accepteront pas. Peut on faire une réforme en profondeur sans moyens supplémetaires ? Non bien sur, même en “dépensant mieux”. dacrcos s’est cassé les dents sur le mur de cette réalité. Chatel risque fort d’être à son tour bousculé par cette dure réalité. D’où sans doute l’une des explcations de la tiédeur de cetter éforme : on moins on fait de choses, au moins la question du financement se pose. CQFD !
Bref, j’ai le sentiment que l’on a (volontairement ?) occulté (provisoirement ?) les questions qui fâchent, essentiellement pour des questions de calendrier politique d’une part, de manque de mayens d’autre part.
Mais il est vrai qu’en outre, si une réforme plus en profondeur survenait, même avec des moyens, on peut faire le pari que nombre de syndicats, d’associations de spécialistes, de parents d’élèves … s’y opposeraient.
Qu’il est dur à faire changer de cap le mamouth !
bruno Magliulo
Pas d’accord, mais alors pas d’accord du tout avec Rémy, parent d’élève de Bordeaux.
Bruno Magliulo répond en partie, mais oublie de préciser que les réformes proposées pour le lycée ont une fonction essentielle : réduire la participation de l’état dans le domaine éducatif en rétrocédant des pans entiers de l’offre éducative à des officines privées ou associatives ou territoriales … externes.
L’exemple le plus flagrant est précisément celui de l’orientation. A force de tirer sur les conseillers d’orientation du service public, de les critiquer, de vouloir les marginaliser … on ouvre un champ déjà bien cultivé à l’iniaive privée. Bien sur qu’il faut mieux accompagner les projets d’orientation des familles, mais en la faisant mieux prendre en charge au sein du service public éducatif. Au lieu de cela, on veut démanteler le service pblic d’orientation et le confier aux régions d’une part, à la sphère privée d’autre part.
Il en va de même du soutien, des ateliers de pratiques (culturelles, artistiques, sportives …). Le socle commun c’est le recentrage de l’Etat sur une offre minimum. Ensuite, c’est chacun selon ses moyens (d’aller chercher à l’extérieur ce que l’école publique n’offrira plus).
ce n’est pas l’idée que je me fais de l’école républicaine
Denis, prof de maths, létablissement secondaire de de Nanterre
Réponse à prof de maths
Le risque de dérive ultra libérale que vous dénoncez est en effet parfois évoqué par ceux qui craignent, comme vous, que derrière ces évolutions du système éducatif, il y ait une volonté cachée de rétrocéder à des activités extra ou péri scolaires une série d’activités actuellement confiées à l’école.
Cette dérive est d’ailleurs quelque peu commencée. On a bien vu, ces dernières années, les “ateliers de pratique artistique” se substituer progressivement aux enseignements d’arts plastiques ou de musique. A quand le remplacement de l’EPS par des “activités sportives” en clubs ? Etc.
Je sais que le “socle commun des connaissances et compétences” mis en oeuvre dans les collèges va dans ce sens. En ramenant les contenus à une sorte de “salaire éducatif minimum”, on va en effet dans cette direction. Et quand on entend dire qu’il faudrait étendre ce principe au lycée, voire aux premiers cycles universitaires …
Merci pour cette contribution au débat
Bruno Magliulo
N’importe quoi cette analyse qui conclut que les libéraux s’attaqueraient au service public éducatif avec des intentions aussi malveillantes que celles que je lis dans les contributions précédentes. Ainsi, le “grand capital” aurait affuté à nouveau ses longs couteux, et se préparerait à une sorte de “privatisation rampante” de l’école. Il faut être prof soixante-huitard pour voir les choses ainsi.
Ce que ne veulent pas voir les profs, c’est qu’à force de vouloir accumuler des savoirs complémentaires “modernes” (les sciences éco pour tous, du droit pour tous, deux langues étrangères pour tous, le NTIC pour tous, une culture technique de base pour tous, de l’accompagnement du projet d’orientation pour tous, le B2i pour tous, le brevet de secourisme pour tous… et bien sur, pourquoi pas, le code de la route, les arts culinaires, et autres choses hautement formatrices … sans bien sur toucher d’un iota à ce qui pré existe (touche pas à mes horaires en lettres modernes, en physique-chimie, en histoire-géo, en…, en … On finirait par imposer aux élèves plus de 60 heures d’enseignement par semaine, et à l’Etat une dépense éducative disproportionnée. Si c’est ça l’ “école républicaine”, alors je dis tout net que je n’en veux pas
Quand les profs apprendront-ils qu’il faut savoir raison garder ? A force d’excès, cette corporaion se décridibilise de jour en jour un peu plus. Et moi je dis clairement et sans réserve que l’école est une chose trop sérieuse pour laisser aux profs le soin d’en décider. L’école, c’est d’abord l’école de la Nation, pas l’école des profs !
Al , parent d’éève et citoyen
Bonjour
Ma fille est en seconde en lycé privé sur Tours et son lycé a demander au rectorat d’estre pilote pour la nouvelle réforme et cela a été accepté. Au 1er semestre elle fait svt et phisique en modules et maintenant elle veut prendre maths mais on ne sais pas quoi prendre pour le 2ème, si pouviez nous aider. Elle veut faire un bac S pour être professeur des écoles.
Un grand merci pour votre réponse.
Mme Gerard
Réponse à Al
Merci d’abord pour cette contribution.
Libre à vos de considérer que la dérive que notre lecteur nommé
“prof de maths” dénonce avec force tient plus du fantasme que de la réalité. Mais force est de constater que, même si l’adjectif de “libéral” est en l’occurence mal choisi, c’est à un indéniable désengagement de l’Etat que l’on assiste, comme dans bien d’autres secteurs d’ailleurs : l’hôpital, la poste, les retraites, etc.
Prenons un exemple qui est celui des enseignements artistiques et faites une simple comparaison des horaires d’enseignement obligatoires proposés pour ces disciplines (notamment en arts plastiques et en musique) en 1990 et aujourd’hui, que ce soit en collège ou en lycée. Vous constaterez que le reflux est important et indéniable, et que l’on tend à remplacer les “enseignements” en question par des “ateliers de pratiques artistiques” de plus en plus confiés, sous la supervision quand même d’un professeur de métier (parfois, mais qui n’est alors plus l’intervenant unique devant les élèves) au profit d’intervenants extérieurs qui sont des animateurs généralement issus des milieux qui vivent de pratiques artistiques. Je ne dis pas que cette ouverture est une mauvaise chose, bien au contraire, mais que s’il s’agit de remplacer les profs et leurs enseignements par ces “ateliers”, alors on peut bel et bien parler de “désengagement” de l’Etat au profit d’instances externes.
Et vous devriez comprendre que sur cette base, bien d ‘autres enseignements pourraient être menacés d’une telle dérive : les enseignements d’EPS qui pourraient se dispenser en “clubs” ou “association”, certaines langues vivantes qui pourraient s’enseigner en association ou centres culturels, etc. Et il semble clair que rien n’interdirait d’en faire autant avec l’orientation, l’accompagnement des élèves (en partie du moins) etc.
Je ne dis pas que c’est ce qui va se passer, mais je rejoins l’avis de ceux qui pensent que cela a commencé, et que rien ne garantit que cela va cesser : jusqu’où ?
bruno Magliulo
Réponse ç Gérard mm
Visiblement, votre fille est scolarisée dans un lycée qui a conçu un projet d’expérimentation de certains aspects de la réforme du lycée général et technologique (en l’occurrence, d’après ce que vous écrivez, ils expérimentent une formule de semestrialisation de certains enseignements en seconde), dans le but sans doute de rendre plus fluides les flux d’orientation. Il existe en France environ 120 lycées qui se sont lancés dans l’aventure et ont signé avec le rectorat (après validation du projet) une convention d’accompagnement de l’expérimentation.
Mes félicitation à la direction de cet établissement et à son équipe pédagogique. Ils font partie de ceux qui ont compris qu’avant de hurler “au loup” (être a priori hostile à toute réforme d’un lycée qui en a pourtant bien besoin), il faudrait peut être commencer par expérimenter, puis évaluer l’efficacité des dispositifs testés, avant éventuell essaimage . Cela se fait en toute libeté (personne n’oblige à expériener ceux qui ne le veulent pas).
Conseil en réponse à votre question : au deuxième semestre, il me semble qu’outre les maths, elle a intérêt à prendre “SES” (sciences économiques et sociales) car ainsi, elle couvre le champ des trois bacs généraux (L, ES et S) et sera en mesure de pouvoir frapper dans de bonnes conditions aux trois portes, en ayant testé les grandes caractéristiques de chacune de ces filières secondaires.
Pour en savor plus, dans la collection L’Etudiant :
- Le guide de l’orientation au ycée
- 100 questions-réponses pour bien s’orienter
Sur le site www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)
N’hésitez pas à commenter à nouveau cet article, notamment en nous faisant part de la façon dont se déroule cette expériemntation et ce que vous, en tant que famille, en retirez.
Bon coruage et bonne chance
bruno Magliulo
Moi aussi j’enseigne dans un lycée qui est classé “expérimental” de certains aspects de la réforme du lycée général et technologique. Chez nous, ce qui est testé ce sont de nouveaux modes d’accompagnement des projets d’orientation des familles. Ce n’est pas la même chose que ce qui est testé dans le lycée fréquenté par la fille de Monsieur Gérard mm, mais la ligne suivie est la même : rénover, dépuossiérer, rendre plus efficace le lycée français.
Disons le tout net : je suis de ceux qui considèrent qu’en effet, il faut que le lycée français évolue et s’adapte à ses nouveaux publics. Mais quand je vois que ces expérimentations se font à moyens absolument constants, alors que la charge de travail qui pèse sur certains d’entre nous (en particulier les professeurs principaux), grandit sans cesse, et pas que depuis cette expérimentation, je me dis qu’il y a une sorte de jeu de dupes.
Je serais curieux de savoir comment les personnels du lycée fréquenté par la fille de Monsieur Gérard mm en pensent. S’est-il posé la question ? A t il une réponse ?
On veut nous faire faire plus et mieux avec un pouvoir d’achat qui stagne , et même baisse pour certaines catégories de personnels. Et en outre, on nous demande de prendre en charge des missions nouvelles et plus complexes qu’auparavant (l’orientation par exemple) sans aucune formation continue préalable, ou avec quelques maigres heures de formation très insuffisantes pour bien savoir prendre en charge ces nouvelles missions.
Ce principe du “travailler plus sans gagner plus” est à mes yeux une des causes de la réticence de la plupart des enseignants devant ces nobles intentions, mais si peu accompagnées par ce gouvernement. Et que dire des suppressions de postes par milliers chaque année (13000 dans le budget actuel), alors qu’on nous demande de mieux accompagner les élèves en faisant plus d’heures ?
Alors moi qui suis POUR la réforme, j’ai envie de crier haut et fort au ministre qu’il n’y arrivera pas sans accompagner les professeurs et personnels éducatifs impliqués par un peu de revalorisation et une vraie politique de formation continue. Faute de quoi, on donnera encore des arguments à tous ceux qui ne veulent pas voir le lycée bouger, en leur permettant de clamer que leur opposition procède non d’une quelconque mauvaise volonté, mais d’une politique d’austérité antinomique de ces belles déclarations d’inrention.
Bruno, prof de SVT en lycée, Valbonne
Avez vous lu l’article que Le Nouvel Obs de la semaine a consacré au sauvetage annoncé (dans le cadre de la réforme du lycée généal et technologique) de la voie L de préparation au bac.
De nouveau, on accuse la voie ES d’être à l’origine de sa chute (50% des effectifs de terminale en 1970, 10% en 2008 !) : “en 1992 , la rénovation du bac ES siphonne les meilleurs élèves (de la série L), attirés par des matières plus ancrées dans la réalité contemporaine”.
L’an dernier déjà, le ministre de l’Education nationale d’alors, le très littéraire Xavier Darcos, avait osé affirmer que si le bac L est en perte de vitesse, c’est parce que le bac ES lui pique ses meilleurs élèves.
Je considère que cette vision des choses est très réductice, et s’apparente à une sorte de recherche du bouc émissaire. Si le bac L va mal, ne cherchons surtout pas ce qui dysfonctionne dans cette filière, allons chercher à l’extérieur les causes de ce phénomène, et lorsqu’on les aura trouvé et désigné à la vindicte, il suffira de supprimer les causes externes et tout redeviendra normal.
Un tel raisonnement est absurde. Si le bac L va mal, ce n’est pas parce que le bac ES va bien (d’ailleurs, va t il si bien que cela ? Disons qu’il va mieux, c’est déjà pas mal !), mais parce que le bac L a besoin de faire le ménage en profondeur, chez lui. On reproche à cette série L de ne pas offrir “des matières plus ancrées sur la réalité contemporaines”. Chiche ! Inroduisez y un enseignement de sciences économiques et sociales, avec un programme qui permettrait aux élèves de L de s’initier aux sciences politiques, juridiques et institutionnelles, économiques et sociales … bref sur un programme qui serait adapté au profil L, et donc différent (mais pas totalement) de celui proposé en ES.
En tant que professeur de sciences économiques et sociales d’un grand lycée privé du centre de Paris, il y a bien longtemps que j’entend des aprents de seconde dire que si les élèves trouvaient un tel enseignement en première et terminale L, ils opteraient plus volontiers pour une telle voie d’études.
CQFD !
Rémy, professeur de sciences éco et sociales, Paris
réponse à rémy
Merci pour cette contribution au débat.
oui j’ai lu l’article que vous citez, et je me souviens en otre fort bien des déclarations tonitruantes faites l’an dernier par le ministre Darcos. J’avais alors commenté ces déclarations “anti bac ES” sur ce même blog. Si vous parcourez l’historique des articles mis en ligne, vous en trouverez deux ou trois consacrés à ce débat d’alors … toujours d’actualité semble-t-il !
D’accord avec vous pour dire que si le bac L a besoin de se rénover en profondeur s’il veut ragagner un public qui l’a fortement déserté depuis plus de trente ans, c’est en se rénovant de l’intérieur qu’il y parviendra, et non en s’efforçant d’arracher aux Es une part de ce qui en fait son succès.
Vous suggérez que puisqu’il est déclaré que l’un des facteurs majeures de la chute du bac L c’est qu’il y manque “des matières plus ancrées dans la réalié contemporaine”, il suffirait d’y introduire un enseignement de sciences économiques et sociales pour le requinquer utilement. je ne suis pas sur que cela suffise, comme vous semblez le croire (bien d’aures facteurs explquent la chute du bac L), mais ça ne pourrait en effet que redorer son blason.
Ilsemble d’ailleurs que cette idée ne soit pas absente du projet de réforme de la filière L puisqu’il a été évoqué d’y introduire un enseignement de sciences juridiques et politiques. Allons plus loin en proposant comme vous que ce soit un enseignement de “sciences politiques, juridiques, économiques et sociales”, confié à des professeurs de SES, et on aura fait un grand pas en avant.
Mais alrs se posera une aure question : au détriment de quels aures enseignements une telle avancée pourrait-elle se faire ? Et les professeurs de ces disciplines “lésées” seront-ils d’accord ? Je fais le pari que non, et que ce ne sera pas facile que d’aller dans cette direction. Pourtant, la question se pose d’autant plus qu’on annonce aussi un virage de la section L vers une dimension plus “internationale”,donc avec renforcement de l’apprentissage des langues étrangères. Sauf à croire que l’on pourrait ajouter ainsi des couches supplémentaires d’enseignemens nouveaux, sans toucher à ce qui existe déjà (vers les 40h de cours par semaine pour les élèves de L ?), il est utopique de croire que cela se fera sans a coups.
Mais je crois comme vous que si on veut vraiment sortir le bac L du bourbier dans lequel il s’enfonce inéxorablement,alors il faudra bien avoir le courage de prendre des décisions difficiles, sans lesquelles ce bac risque fort de disparaitre, ou plutôt d’être totalement marginalisé.
Autre interrogation : si on va dans cette direction, est-il interdit de penser qu’un rapprochement, voire une fusions des bacs L et ES est envisageable ? Des jeux d’options permettront de maintenir les spécificités essentielles mais réfléchissons-y : cela ne me arait pas absurde du tout !
Qu’en pensez-vous ?
Bruno Magliulo
Après la tentation de fusionner la voie de préparation au bac ES avec celle qui conduit au bac STG (voir projet de réforme Darcos versus année scolaire précédente), voila que l’on brandit celle de rapprocher ou fusionner les bacs ES et L.
Décidément, chaque fois qu’il s’agit de chercher une bouée de sauvetage à une filière secondaire en perdition, c’est en la fusionnant avec la voie ES qu’on envisage de la sauver. C’est très flatteur pour le bac ES me semble t il !
On pourrait certes dire que si la voie ES marche aussi bien, alors pourquoi s’acharner à vouloir la dénaturer en la rendant soluble dans des additions de ce genre. Ne pourrait-on cesser de dire tout et n’importe quoi à propos du bac ES ? D’un côté, c’est le bac que l’on critique en permanence (et ça n’a rien de nouveau : c’est pratiquement comme ça depuis sa naissance en 1968 … quoi, 68 ? Tout s’explique !), mais dans le même temps, c’est le modèle sur lequel on voudrait revivifier les filières qui ne marchent pas bien, voire très mal ! Il faudrait savoir : cette voie d’études ne saurait être à la fois le Diable et le Bon Dieu.
Quand à l’idée d’introduire un enseignement de SES en L, pourquoi pas ? Ce pourrait en effet être une façon de “moderniser” cette voie d’études qui semble en aoir bien besoin. Mais je ne pense pas qu’il faille le faire avec les actuels programmes de SES de première et terminale ES. Je verrai bien quelque chose qui ressemble à un ensemble aux contours des sciences politiques, du droit et de l’économie. Bien sur, cet enseignement devrait alors être confié à des professeurs de sciences économiques et sociales.
Michel, professeur de SES, académie de Lille
Réponse à Michel, prof de SES à Lille
Vous rejoignez en grande partie le point de vue exprimé par votre collègue de Paris, Rémy.
Mais je constate que ni vous, ni lui, n’abordez l’épineuse question du réequilibrage des disciplines que l’introduction d’un enseignement de type SES, et le renforcement des langues étrangres supposerait. Que deviennent les autres enseignements : le français, la philo en terminale, l’histoire-géo … ? Qui lâche des heures et combien pour faire “de la place” à ces enseignements nouveaux ?
A moins que vous n’estimiez qu’il est possible d’ajouter des heures d’enseignements nouveaux (des SES par exemple) ou renforcés (en langues étrangères), sans changer le reste. Je doute fort que ce soit la bonne position , ne serait-ce que pour des raisons de charge globale d’enseignement pour les élèves. Et j’ajouterai évidemment cet autre goulet d’étranglement qu’est la contrainte budgétaire.
Merci en tous cas pour nous avoir transmis ce très intéressant point de vue. D’autres suivront je suppose, tant le sujet est “chaud”.
Bruno Magliulo
Le bac ES englobant le bac L ? Pourquoi pas ? Après tout, si on veut “sauver le bac L”, il faut se donner les moyens de le ressourcer en profondeur, et puisque ce bac souffre d’une crise des débouchés (premier facteur de la défiance des familles envers cette voie d’études secondaires), et qu’il faut dépoussiérer (mieux : moderniser) les contenus des enseignements proposés aux élèves de cette voie, il me semble essentiel de réorienter cette voie d’études vers ce qui est proposé en ES, bien plus adapté aux attentes des familles.
Certes, il ne s’agit pas dans mon esprit de diluer le bac L dans le bac ES. Ce dernier est certes “littéraire”, en ce sens que les disciplines d’expression écrite et orale littéraire sont nombreuses (lettres, langues, histoire-géo, philo, sciences éco et sociales) plus nombreuses même qu’en L ce qui est un autre avatar à mes yeux du débat sur l’imlage du bac L. Mais il y a place, au delà d’un vaste tronc commun, pour une différenciation des profils par des jeux d’option : approfondissement en maths, en sciences éco … d’un côté, approfondissement en lettres, en langues … de l’autre par exemple, des options de type “lettres classiques” aussi pour les purs littéraires.
Mais sur une telle base, pourquoi ne pas aller vers un bac “humanités modernes” unique ?
ce ne sera pas chose facile, nombre de mes collègues des disciplines littéraires traditionnelles étant fondamentalement et profondément hostiles à une telle évoltion, mais j’ai conscience que c’est ça ou disparaître progressivement. Et moi, je n’ai que 30 ans, et donc plein d’années de vie professionnelle à vivre encore, et je veux parier sur l’avenir des littéraires dans le secondaire.
Jimmy, prof de lettres modernes, lycée priuvé de Bordeaux
Réponse à Jimmy
Décidément, l’idée d’un rapprochement/fusion des bacs ES et L fait florès. Lisez les contributions qui précèdent, et vous constaterez qu’à l’applaudimètre, et sauf à ce que d’autres expriment des avis différents, c’est une ligne majoritaire … du moins sur ce blog !
Personnellement, je pencherai plutôt vers l’idée d’un respect des spécificités de chacune de ces deux voies, mais d’un processus de modernisation des enseignements proposés en L, avec l’introduction d’un enseignement de “sciences économiques, politiques et sociales” d’au moins deux heures par semaine. Il faudrait aussi y revoir les enseignements de mathématiques, qui devraient être adaptés aux débouchés tertiaires, et rendus obligatoires à raison d’un minimum de deux heures par semaine (et possibilité d’un approfondissement par choix optionnel). Enfin, le développement de l’enseignement des langues vivantes est également une bonne piste.
Du coup, bien évidemment, il faudra revoir les volumes et les contenus consacrés aux autres enseignements : lettres, philo, histoire-géo … notamment car on ne peut pas se contenter d’ajouter des couches supplémentaires à ce qui existe déjà : c’est tout l’équilibre des classes de première et terminale L qu’il faut revoir.
Qu’en pensent les collègues des disciplines qui regagneraient des élèves (reconquête de marché en quelque sorte), mais devraient accepter d’enseigner autrement leurs disciplines, et en volume plus réduit pour faire place à ces enseignements de modernisation de la filière L ?
bruno Magliulo
Force est de constater que votre prédiction se confirme. Vous écrivez que c’est lorsque le ministère va s’attaquer au positionnement des disciplines dans le futur lycée que les crispations vont émerger. Regardez comment réagit l’association des professeurs de sciences économques et sociales depuis qu’elle a appris qu’en seconde, son enseignement pourrait passer de trois heures par semaine à 1h30 : vent debout ! Front du refus. Et tant pis pour l’intérêt collectif : le corporatisme a encore de beaux jours devant lui !
Pierre, prof d’éco/gestion à Rennes
Réponse à “rageur”
Oui, il est vrai que l’association des professeurs de SES s’est fortement émue de certaines informations qui, provisoirement puisque rien n’est bouclé, parlent en effet de ramener à 1h30 le nombre d’heures de l’option de SES en seconde, contre trois heures aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas la seule discipline menacée d’une réduction importante de volume horaire d’enseignement : en fait, toutes les disciplines correspondant actuellement à ce qu’il est convenu d’appeller des “enseignements optionnels de détermination” sont dans ce cas.
C’est d’ailleurs chose logique (à défaut d’être acceptable au yeux des représentants des disciplines ainsi amputées) : comment pourrait on rendre la deuxième langue obligatoire pour tous (donc l’inclure dans le tronc commun, alors qu’elle n’y est pas aujourd’hui), diversifier l’offre d’enseignements au choix des élèves, introduire deux heures par semaine d’accompagnement individualisé … sans toucher au reste ?
Et du coup, oui il y aura des grincements de dents, des protestations, des oppositions …
Et comme les arbitrages finaux ne sont pas faits, tout ceci fera l’objet de vifs débats dans les semaines qui viennent. Est-ce que ces débats vont conduire à nouveau à ce que le gouvernement ne recule devant la coordination des opposants de tous bords ? Un arbitrage final finira-t-il par être décidé , allant dans le sens d’une mise en oeuvre de la réforme ? Va-t-on “louvoyer” en y allant par petites touches, en proposant d’ expérimenter là ou on voudra bien le faire ?
A suivre !
bruno Magliulo
existe-t-il un livre mentionnant (comme le livre sur le DROIT), les filières d’accès et les métiers sur les énergies renouvelables? Pourriez-vous m’indiquer les matières enseignées en BAC STI et leur nombre d’heures en classe de première?
Réponse à Annie
Cela existe peut être, mais j’avoue ne pas connaitre la réponse. Je me suis mis sur un moteur de recherche en tapant “livres sur les énergies renouvelables”, et j’ai trouvé des tas de titres, mais non sur les études : ces livres traitent scientifiquement de la question des énergies renouvelables. Je constate que ce n’est pas ce que vous recherchez. En tapant “études concernant les énergies renouvelables”, on trouve quelques pistes. Mais pas de livre spécialisé.
Je note d’ailleurs que dans les études sup, de telles études correspondent à des parcours très longs (bac + 5 au moins), avec spécialisations en deuxième ou en troisième cycle.
Quand au bac STI, votre question manque de précision car il existe 18 spécialités du bac STI, et chacune a son programme. Est ce STI génie électronique, génie électrotechnique, génie mécanique, génie optique, génie climatique, génie civil, arts appliqués, etc. ? Si vous me précisez à quel bac STI vous pensez, je vous répondrai. Autre possibilité : le livre de la collection l’Etudiant intitulé “Que faire avec un bac STI” : vous y trouverez les grilles horaires des classes de première et terminale de chaque spécialité
Pour en savoir plus, dans la collection L’Etudiant :
- Que faire avec un bac STI ?
- Pour quelles études êtes-vous fait ?
- 1OO questions/réponses pour bien s’orienter
Par l’Internet : www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)
N’hésitez pas à me poser une autre qestion si vous le désirez
Bon courage et bonne chance
Bruno Magliulo
Bonjour Monsieur,
Je suis parent d’élèves (quatre de 9 à 22 ans).
J’ai assisté hier soir à Créteil à une réunion d’information sur le “nouveau lycée”. Vous en étiez le principal intervenant. Le débat qui était prévu après votre exposé n’ayant pas pu avoir lieu en raison de votre emploi du temps et de votre passion pour le sujet (quand on aime, on ne compte pas … le temps qui passe), je reviens vers vous “plume en main”.
La première partie de votre exposé: pourquoi la réforme ?
On lit des dizaines de pages sur le “comment”, et j’ai apprécié votre présentation de l’état de lieu: l’hétérogénéité des élèves d’une même tranche d’âge liée à la massification de l’enseignement secondaire, l’inégalité des chances accentuée par l’externalisation de l’accompagnement, l’échec patent du redoublement, le déséquilibre entre les connaissances et les compétences spécifiques et surtout transversales, la mention “passable, peut mieux faire” de la France dans la comparaison avec les autres pays de l’OCDE.
C’est cette comparaison qui m’interpelle. Les pays qui se situent en tête du PISA ont de meilleurs résultats que nous en langues, sciences et “connaissance du monde”. Leurs élèves ne redoublent pas grâce à un accompagnement institutionnalisé. Bref, on a l’impression que l’enseignement secondaire est “meilleur” que chez nous.
Je vous pose alors à mon tour la question du pourquoi, ou plutôt “pour quoi” : une meilleure réussite pour quoi faire ? Est-ce que meilleurs lycéens ils seront meilleurs étudiants ? Et ensuite seront-ils meilleurs plombier, postier, médecin, professeur ? Vous nous avez mis sur cette piste en nous indiquant que le patronnât était plutôt favorable à la réforme du lycée.
S’agit-il de rentabiliser le système éducatif ? Vous avez utilisé des expressions comme bachelier “produit” du second degré,” gestion des flux”, “entreprise” université.
S’agit-il, en accentuant la part du tronc commun des connaissances, de repousser le moment du choix, de “l’orientation” (les guillemets pour rappeler la connotation péjorative qu’a pris ce mot dans la bouche des enseignants, élèves et parents): collège unique, lycée unique …
S’agit-il d’une réforme de plus: en 1940, nous avez-vous dit, 22 % d’une classe d’âge atteignait le lycée. 70 ans plus tard ils y sont presque tous (mieux vaut un diplôme que pas de diplôme disiez-vous), mais on retrouve les quelque 22 % dans les filières sélectives de l’enseignement supérieur. Le couple massification – dévalorisation risque de perdurer.
Qui a la réponse à ces questions, qui possède les clés de l’avenir de la réforme ? Je pense que ce sont les mêmes professeurs, élèves et parents que plus haut.
Quelqu’un (pardon pour cet anonymat) a dit: Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de vivre… Un parent averti en vaut deux, et c’est pourquoi (encore !) je vous remercie de nous avoir informés et interrogés.
Cordialement.
R. Sourzac
Réponse à R. Sourzac
Merci d’abord cher Monsieur pour m’exprimer votre satisfaction par rapport à la conférence que je suis venu faire à Créteil sur “la réforme de l’enseignement secondaire en France”.
Votre questionnement est multiple, et demande donc une réponse circonstanciée. Je tiens cependant compte du fait qu’une bonne partie des problèmes que vous évoquez a été abordée pendant la conférence, ou à son issue pendant le temps de questions/réponses que nous avons pu avoir pendant une bonne demie heure. je n’y reviendrai donc pas.
“Une meilleure réussite des élèves français, pour quoi faire ?”
La France a sigtné un protocole européen qui vise à conduire progressivement à ce que 90% d’une tranche d’âge parvienne au niveau bac d’une part, et 50% d’une tranche d’âge au niveau bac + 2/3 (licence ou équivalent). Il y a sur ce point une large convergence de vues, aussi bien entre les pays membres de l’Union européenne que de la part des partenaires sociaux en France (syndicats, patronat, gouvernement…) : améliorer le “niveau de diplomation” c’est mieux doter le “stock” de jeunes diplômés, et de façon plus conforme aux enjeux actuels et à venir du monde du travail.
Cette politique éducative conduit à trois choses :
- une réforme de l’enseignement secondaire (et supérieur) en vue de doter les élèves d’une culture générale et de compétences transversales plus larges
- une forte incitation à allonger à tous les niveaux la durée de la formation initiale
- un encouragement à ne plus considérer la formation initiale comme une fin en soi, mais comme une simple étape pour les premiers pas dans une vie active qui nécessitera plusieurs périodes, plus ou moins longues, de formation continue, en cours de carrière (c’est le concept de “formation tout au long de la vie”)
Alors oui bien sur, on vise par là à réduire les taux d’échec, et donc à “rentabiliser” l’investissement éducatif (important en vérité) fait par la nation, donc par les contribuables. Et à cet égard, nombreux sont ceux qui n’hésitent plus à appeler un chat un chat, c’est à dire à considérer qu’il faut améliorer le “rendement” (le terme peut choquer, mais c’est ainsi) du système éducatif, en réduisant les taux de redoublement, en accompagnant les élèves de façon plus efficace et plus personnalisée, en inventant des formules éducatives qui permettent de ne plus avoir 100 à 150000 élèves quittant chaque année le système éducatif sans diplôme ni qualification professionnelle, en élevant le niveau moyen de formation de la population, en permettant surtout au jeunes diplômés de mieux “coller” aux besoins du marché du travail, non seulement pour s’insérer plus facilement, aux divers niveaux de qualification dont nous avons besoin, mais aussi pour avoir les moyens d’évoluer positivement tout au long de leur vie active.
En d’autres termes, oui, ces contraintes extra scolaires sont prises en compte par ceux qui réfléchissent aux réformes nécfessaires du système éducatif, et je suis de ceux qui disent sans hésiter qu’il était temps que l’on ne considère plus le système éducatif comme étant une sorte de lieu externe aux réalités économiques et sociales. L’école est au service de la société, plus que l’inverse.
Pour votre information, sachez que je suis pret à venir à la renconre des parents d’élèves dans les divers collèges et lycées qui me le demandent, pour des “conférences/débat” de fin de journée sur ce thème, ou plus prosaïquement sur des thèmes “orientation” : “De la classe de 3e (ou seconde) à l’après bac : réussir son orientation”, “De la classe terminale à l’enseignement supérieur puis à la vie active : réussir son orientation”.
Vous renouvelant mes remerciements pour votre très intéressante contribution, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les melleurs
bruno Magliulo
-
Avec la réforme, à la rentrée 2010/2011, en seconde générale, apparaissent les enseignements d’exploration (dont les arts visuels, arts du son, arts du cirque).
Ne risque-t-on pas de voir l’enseignement initial Arts Plastiques dévalorisé car tronqué ?
Quel est le nombre d’heures pour l’enseignement Arts à la rentrée 2012 pour la classe de 1ère, et pour une classe de Terminale en 2013, sachant qu’à la rentrée 2010, il passe de 3h00 à 1.50 h ?
Les enseignements dits de spécialité seront-ils contingentés en première et en terminale, comme c’est le cas dans de nombreux lycées pour la seconde actuelle ?
Cordiales salutations
Réponse à Brigitte
Vous avez raison : l’enseignement d’exploration de “création et activités artistiques (arts visuels , ou arts du son, ou arts du spectacle, ou partimoines)”, n’a pas grand chose à voir par rapport aux anciens enseignements d’arts plastiques, mais c’est normal puisqu’il s’agit d’un enseignement nouveau , qui n’existait pas auparavant. Vous remarquez d’ailleurs que les arts plastiques ne font pas partie de la liste des thèmes signalés dans la parenthèse. Si on veut retrouver l’équivalent de l’enseignement d’arts plastiques, il faut être scolarisé dans un lycée qui propose en seconde l’enseignement optionnel facultatif d’arts plastiques (ou musique, ou danse, ou théâtre, ou historie des arts, ou cinéma-audiovisuel). Ce n’est pas facile à trouver : j’ai observé que peu de lycées vont proposer à la fois cet enseignement d’exploration, et l’option facutative d’arts plastiques. certains lycées vont proposer l’option facultative d’arts plastiques, mais pas l’enseignement d’exploration de création et activités artistiques. Mais si votre enfant est scolarisé dans un tel établissement, alors la question est réglée.
Les horaires, en seconde, à compter de la rentrée 2010, sont les suivants : 1h30 par semaine (si l’enseignement se déroule sur l’année) ou 3h par semaine (si l’enseignement se déroule sur un semestre) pour l’enseignement d’exploration, et 3h pour l’enseignement optionnel d’arts plastiques.
Ensuite, en première L (et rien qu’en L), il sera possible de choisir (selon l’offre de chaque établissement, et là encore, tous ne le proposeront pas), un “enseignement optionnel obligatoire” d’arts plastiques à raison de 5h par semaine. Par ailleurs, quel que soit le bac préparé (ES, S, L, techno …), certains lycées (pas tous hélas) proposeront comme aujourd’hui une possibilité d’enseignement optionnel facultatif d’arts plastiques de 3h par semaine.
Enfin, certains lycées proposent en plus (ou à la place), un “atelier artistique” qui ne concerne pas que les seuls arts plastiques, à raison de 72 h sur l’année (en gros : 2h par semaine).
Pour en savoir pus, dans la collection l’Etudiant :
- Le guide de l’orientation au lycée (de la troisième à l’après-bac) : à jour sur la réforme du lycée
- 100 questions/réponses pour bien s’orienter
Par l’Internet : www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)
N’hésitez pas à me poser une autre question si vous le désirez
Bruno Magliulo