14 mai 2009
C’est quoi un bon lycée (ou collège) ?
Chaque année, en avril/mai, les “palmarès des lycées” fleurissent dans la presse. Les familles sont évidemment très friandes de ce genre d’information. Normal : pour des centaines de milliers de parents, la recherche d’un “bon” collège ou lycée s’apparente à une sorte de “sport national”. Mais au fait : c’est quoi un “bon” établissement secondaire ?
A première vue, la réponse semble évidente : aux yeux de la plupart, le “bon” établissement scolaire est celui qui affiche les taux d’accès les plus élevés aux examens nationaux finaux (diplôme national du brevet à l’issue du collège, baccalauréat à l’issue du lycée). De ce point de vue, un établissement qui affiche 100% de reçus (ou presque) est considéré comme étant meilleur qu’un autre qui ne peut se targuer que de 87% de reçus au même examen.
Certains considèrent cependant que ce critère ne suffit pas, qu’il faut lui ajouter la capacité de l’établissement à procurer à ses élèves sortant les meilleures orientations possibles (quelle proportion d’une population d’élèves sortant de troisième orientés vers une seconde générale, et de préférence dans un “bon” lycée ? Quelle part d’élèves de terminale admis dans des “bonnes” classes préparatoires aux grandes écoles ? Etc.)
De plus, comme chacun peut le comprendre, afficher un taux de réussite au baccalauréat proche de 100% n’a pas la même signification selon qu’on recrute une population d’élèves socialement favorisée, ou plutôt défavorisée. Autre élément à prendre en compte : la politique de l’établissement en matière d’orientation. Est-il plus ou moins sélectif (avec des taux de redoublement supérieurs aux moyennes académique et nationale, des taux d’ “évaporation” d’élèves en cours de route importants, donc une politique d’écrémage exacerbée, avec pour objectif de ne garder en terminale que de bons ou très bons élèves… et tant pis pour les autres), ou plutôt “accompagnateur” (l’établissement limite les rédoublements et les incitations à quitter l’établissement, en privilégiant une politique d’accompagnement des élèves en difficulté par un soutien plus systématique).
Voilà pourquoi, depuis quelques années, le ministère de l’Education nationale ne se contente plus de publier chaque année un “palmarès” des résultats au bac, lycée par lycée, mais tient compte de deux élèments “modérateurs” des données brutes : les catégories socioprofessionnelles des familles des élèves d’une part, la capacité de l’établissement à conduire au bac une promotion d’élèves entrant en seconde en trois ans pile d’autre part. Grâce à la prise en compte de ces deux facteurs correcteurs (ou compensateurs) , on calcule désormais un taux “attendu” (celui qu’en moyenne, par comparaison avec l’ensemble de la population scolaire, l’établissement devrait obtenir compte tenu des catégories socioprofessionnelles des familles, et de la politique de l’établissement en matière d’orientation) et un taux “observé” (le taux affiché). La différence donne la “plus ou moins value” de l’établissement. Ainsi, un établissement qui affiche un taux de réussite au bac de 86%, alors qu’il est attendu pour lui un taux très modeste de 64%, est considéré comme plus performant qu’un autre, qui affiche un score de 90%, alors qu’il devrait réaliser un score de 98%. Dans le premier cas, les élèves sont “tirés vers le haut”, alors que c’est l’inverse dans le second cas ! Tel est désormais le raisonnement qui prévaut en la matière.
Autre élément auquel trop peu de parents pensent : le fait qu’au delà des taux bruts de réussite, il est bon tenir compte de la différence qui peut exister d’une filière à l’autre. Les exemples sont nombreux d’établissements globalement “moyens” (un taux de réussite au baccalauréat proche de la moyenne nationale par exemple), mais dans lesquels on observe que dans la série ES (par exemple), on est nettement au dessus des chiffres attendus. A quoi cela peut-il tenir ? Il n’y a pas de miracle en ce domaine : le plus souvent l’explication tient au dynamisme, à l’investissement au service des familles, à la qualité d’une équipe d’enseignants. Vous avez donc intérêt à demander ces précisions afin de vous faire une idée plus nette de la réalité pédagogique qui attend votre enfant : qu’importe que votre enfant entre dans un lycée globalement qualifié de moyen si, dans la formation qu’il suivra, on est dans une “niche d’excellence” !
Autre phénomène dont il faut bien tenir compte : l’offre de formation. Il existe une trentaine de baccalauréats généraux et technologiques, plus de 80 baccalauréats professionnels, des “sections européennes”, des options de latin, de chinois et des dizaines d’autres. Il est clair qu’aucun établissement ne propose tout ! De ce point de vue, le “bon” éablissement n’est-il pas aussi celui qui propose la formation que l’on cherche ? Si le lycèe qui affiche les meilleures performances au baccalauréat, donc que beaucoup considèreront comme étant le “meilleur”, ne propose pas la filière recherchée, ni telle ou telle option convoitée, va-t-on chercher à y entrer quand même, alors que dans un autre, moins prestigieux peut-être, on trouverait “chaussure à son pied” ? C’est comme cela que nombre d’élèves, chaque année, se retrouvent dans une filière non désirée, et s’y épanouissent moins bien que si on avait un peu plus pris en compte le critère du type d’études que l’on souhaitait faire au départ.
En résumé, nous dirons que le “bon” établissement d’enseignement c’est certes celui qui affiche les meilleurs résultats possibles aux examens finaux, mais c’est aussi celui dans lequel l’élève trouve la voie d’études qui lui convient, peut s’épanouir grâce à une politique pédagogique adaptée à sa personnalité et son bilan scolaire. Pour certains, se faire admettre dans un établissement très sélectif , où on fait du “sport scolaire” de haut niveau, est la bonne formule. Pour d’autres, il vaudra évidemment mieux une “gestion plus humaine” des élèves, dans un établissement aux objectifs moins ambitieux, mais plus adapté à nombre de profils d’élèves. Il n’y a donc pas de réponse absolue : c’est à chacun de trouver “son” bon établissement, en fonction du bilan scolaire et personnel de chaque élève.
Bruno Magliulo

J’aime beaucoup la façon dont vous traitez cette angoissante question : c’est quoi un bon lycée. j’aurais aimé vous lire AVANT, avant la catastrophe, une catastrophe dont nous nous serions bien passés dans notre famille, et que notre aveuglement de parents soucieux de la meilleure réussite pour notre fils unique a conduit à briser.
Il était en CM2, et nous avions, comme tant d’autres, le souci de choisir pour lui un “bon” collège. Alors bien sur, nous avons commencé par nous renseigner sur les taux de réussite au brevet des collèges et au baccalauréat. Notre idée était simple (trop simple sans doute) : hors de question de l’inscrire dans un collège qui n’affichait pas, depuis plusieurs années, des taux de réussite d’au moins 95% !
La réputation aussi, ah la réputation des établissements ! Nous avons interrogé nos voisins (nous habitons la banlieue ouest et “chic” de l’Ile de France, vers Versailles).
Et nous avons fini par jetter notre dévolu sur un excellent collège privé catholique, choisi non parce qu’il était catholique, mais parce qu’il était d’excellente réputation, avait régulièrement entre 98 et 100% d’admis au brevet, casait presque tous ses élèves de troisième dans ses propres secondes et les conduisait à du quasi 100% de réussite au bac, puis à un très bon taux d’intégration dans les classes préparatoires aux grandes écoles de toutes sortes. bref : un établissement d’ “excellence” !
Ce que nous n’avions pas vraiment pris en compte (hélas), c’est la personnalité de notre fils, et son réel potentiel scolaire. Très vite, il s’est trouvé en porte à faux par rapport aux “valeurs” de cet établissement, très strict, très raide même, où la majeure partie des profs se montraient d’une exigence terrible, et dans lequel il n’était pas “à la hauteur” (on n’arrêtait d’ailleurs pas de le lui dire) …
Je vous épargne les détails du déroulement d’une année scolaire terriblement cahotique et destructrice pour lui, , mais il nous a été nécessaire de le retirer de l’établissement en fin d’année (de toutes les façons, ils ne l’auraient pas gardé), et en outre, il était devenu anorexique. Quand à l’école en général : il ne voulait plus en entendre parler ! L’anoréxie s’est arrangée, mais il a eu beaucoup de mal à revenir vers des comportements scolaires normaux : l’envie de progresser par l’école ne lui est jamais vraiment revenue.
Bref, ils nous l’ont “cassé”.
Mais je ne leur en veux pas : compte tenu de leur projet, de leurs caractéristiques, du type d’élèves qu’ils recrutent, tout ce dont j’ai fini par me plaindre était clairement affiché. Mais avec mon mari, nous n’avons pas voulu regarder cela en face. Nous rêvions pour notre fils d’un tel destin que nous nous disions que sans passer par ce genre d’établissement, il n’y parviendrait pas.
Alors , j’apporte ce témoignage. Et je dis : d’accord avec vous : le “bon” établissement scolaire n’est pas forcément celui qui affiche les taux de réussite les plus élevés. C’est celui qui est le plus propice à permettre à un jeune de s’épanouir et réussir, à la mesure de ce qu’il est, et non de ce qu’on voudrait qu’il soit !
Marie, mère d’élève
Réponse à “Mère folle”
Merci Marie (puisque c’est ainsi que vous signez votre commentaire) pour ce long commentaire en forme de témoignage sincère, et fort édifiant.
Ce que vous décrivez est une parfaite illustration de ce que j’écris. Merci d’en appuyer ainsi la démonstration. Je suis en effet convaincu que trop de parents ont tendance à vouloir trop fort le “bien” de leur enfant, et organisent pour eux des parcours de scolarité qui sont parfois inadaptés. Vous en êtes malheureusement un “exemple”. et comme vous avez l’humilité de dire vous même que cela a éé une grave erreur, il faut que les lecteurs qui découvrent votre témoignage s’en inspirent.
Comme me le disait récemment un directeur de lycée privé sous contrat très réputé du centre de Bordeaux, “dans nos établissements hautement sélectifs, ça passe ou ça casse !”. Et il ajoutait qu’il ne comptait pas en revenir sur le choix de ce qu’il nomme lui même, une “pédagogique de l’exigence”, parce que c’est ce pour quoi la majeure partie des familles qui scolarisent leurs enfants dans son établissement, pour beaucoup de l’entrée en sixième à la terminale, voire en classe préparatoire, ont choisi cet établissement. “Si je me mettais à prôner une gesion plus humaine des élèves, en rabaissant le niveau de nos exigences par exemple, je verrais une importante partie de nos familles nous le reprocher”. Et de déclarer sans complexe qu’ils continueront d’agir ainsi, en prévenant les familles du risque qu’elles courrent en faisant entrer leur enfant dans cet établssement, et en recommandant à certains d’aller ailleurs, dans un établissement plus accompagnateur des élèves de moindre niveau.
En résumé, il y a place pour tous. Ce genre d’établissement pour les élèves aptes à ce type de “sport scolaire de haut niveau” (et il en faut), et d’autres établissements, pour d’autres types d’élèves. Nous ne sommes donc pas pour le nivellement systématique vers le bas au prétexte que la hauteur d’exigence ne convient pas à une proportion importante des élèves. Le rôle de l’école, c’est à nos yeux aussi de savoir former des futures élites, et aucune société ne peut s’en passer ! Mais son devoir, c’est de permettre à chacun de trouver une formation adaptée à son profil.
bruno Magliulo
Je travaille dans un collège de la banlieue lilloise. Socialement, les habitants de notre zone de recrutement sont à dominante “couches moyennes et moyennes supérieures” : beaucoup d’enfants de petits commerçants et artisans, employés, cadres, fonctionnaires administratifs (notamment, des militaires)… Bref : ni trop “hupé”, ni trop “sensible”.
Dans notrre collège, nous nous efforçons de concilier A LA FOIS (et pas l’un ou l’autre), la volonté de conduire les meilleurs à l’excellence, en leur offrant des filières sur mesure (sections européennes, classes avec modules d’approfondissement, etc.), et celle d’aider les élèves qui rencontrent certaines difficultés (soutien, classes à effectifs allégés).
Notre souci : n’éliminer personne en cours de route (sauf exception bien sur), et donc conduire tous nos élèves à une forme de réussite. Certes, cette réussite ne sera pas la même pour tous, mais nous sommes très fiers de pouvoir dire que depuis dix ans (c’est mon acienneté dans cet établissement), nous affichons des taux de redoublement très inférieurs aux moyennes académiques (6% au lieu de 14% pour l’ensemble de l’académie en fin de troisième par exemple), sans que cela nous empêche de conduire 92% de nos élèves à la réussite au brevet des collèges, et 91% de nos élèves en classe de seconde (dont près des deux tiers en seconde purement générale).
Il n’y a donc pas à choisir entre “enseignement élitaire pour les meilleurs” et “enseignement s’ajustant aux élèves les pluis faibles”. Chaque établissement devrait pouvoir, par la mise en oeuvre de pédagogies diversifiées, viser ce double objectif. Sinon, c’est la porte ouverte à une sorte de “ghétoïsation” scolaire qui n’est pas l’idée que je me fais de l’école républicaine.
Jacques, prof de maths, académie de Lille
Réponse à “Prof de maths”
Tout à fait d’accord avec vous : le pire serait qu’au nom de la prise en compte de la diversité des publics d’élèves, on “spécialise” les établissements scolaire selon le niveau d’exigence scolaire imposé aux élèves : établissements d’excellence pour les uns, établissements accompagnateurs pour les autres. Il y a évidemment place, et l’exemple de votre collège est à cet égard très édifiant, pour qu’un même établissement offre les deux.
Merci en tous cas pour ce témoignage très édifiant.
Bruno Magliulo
Je suis un humble parent d’élève “de base” : ni militant dans une association ou fédération de parents d’élèves, ni militant dans un syndicat ou parti politique … et généralement très calme d’humeur.
Mais il y a quelque chose qui, depuis un an, m’est resté dans la gorge : c’est le refus du monde enseignant (majortaire en tout cas) de toute réforme du lycée général et technologique, qui en a pourtant grand besoin, et ce que vous écrivez vient renforcer en moi ce sentiment.
Bien sur que vous avez raison lorsque vous démontrez que l’école strictement égalitaire pour tous n’est pas possible, et n’existe d’ailleurs pas. Quelle hypocrisie que de prétendre que c’est “la bonne école”, alors que ceux qui prétendent cela savent très bien que ça n’est pas vrai, puisqu’ils en sont les prioncipaux acteurs, et qu’en outre, parce qu’ils sont professeurs, ils jouissent d’une sorte de “rente de situation” dont bénéficient leurs enfants : connaissance quasi parfaite du système éducatif (très utile pour faire les bons choix en matière d’orientation), accompagnement scolaire “hors les murs” garanti et sur mesure, etc.
Alors, je les accuse de vouloir, consciemment ou inconsciemment, maintenir le “lycée de papa”, sous prétexte de respect de la tradition éducative (qui les arrange bien), mais au détriment des enfants issus des catégories sociales les plus défavorisées, qui ne trouvent du coup pas dans le lycée (et même le collège), les enseignements “sur mesure” dont ils ont besoin.
Or, le projet Darcos allait dans ce sens, avec la mise en place d’heures d’accompagnement (soutien, approfondissement, développement des aptitudes méthodologiques, accompagnement du projet d’orientation des familles…), l’assouplissement des possibilités de réorientation en cours de route, la réduction de la politique d’excès de redoublement au profit d’un accompagement plus individualisé …
Mais dans ce cas, l’écart qui sépare le potentiel de réussite des enfans de professeurs, de ceux issus des catégories sociales défavorisées, aurait été en partie compensé. Mais de cela, “ils” ne veulent pas. En d’autres termes, je les accuse de vouloir protéger les avantages procurés à leurs enfants par le lycée d’antan, qui est celui qui convient bien à la bourgeoisie supérieure et moyenne, à laquelle appartiennent indéniablement les enseignants (la moyenne bien sur).
Alors, à votre question (”C’est quoi un bon lycée ou collège ?”) je répond sans hésiter que c’est à mes eux le lycée qui saura compenser ces inégalités, en faisant du “sur mesure” plutôt que du “prêt à porter”.
Bruno, parent d’élève, Marseille
Réponse à “Et la réforme du lycée ?”
Merci pour ce commentaire.
Je n’irai pas , contrairement à vous, jusqu’à dire que TOUS les opposants à la réforme du lycée ne sont portés que par des motifs corporatistes et égoïstes (la “protection” d’une sorte d’avantage acquis qu’ils ne voudraient pas lâcher, qui leur permettait de faire bénéficier leurs enfants d’une sorte de “rente de situation”). Mais bien sur, cela existe très probablement chez une partie d’entre eux, de façon “inconsciente ou consciente” dites vous vous même. .
Ce qui, par contre, semble certain, c’est que certains aspects de cette réforme (vous les citez vous même) allaient dans le sens d’une meilleure prise en compte de la diversité des publics scolarisés dans le lycée général et technologique. En repoussant la réforme, on empêche indéniablement la mise en oeuvre d’une pédagogique diversifiée qui ferait que chaque élève entrant en lycée, y trouve une possibilité d’un parcours de formation adapté à son potentiel propre : ce que vous résumez en disant qu’il faudrait faire du “sur mesure” plutôt que du prêt à porter”.
Sur cet aspect des choses, je vous renvoie aux deux articles que, sur ce blog, je consacre au projet de réforme du ycée général et technolique.
bruno Magliulo
Je suis étdiannte, actuellement en première année d’une école d’ingénieur reconne, dans laquelle je suis entrée sur “concours parallèle” passé et réussi en fin de deuxième année d’un premier cycle “licence de sciences de la matière” à la fac de sciences de Marseille/Provence (université d’Aix-Marseille 1).
J’ai fait mon lycée dans un lycée privé sous contrat catholique extrêmement sélectif. Les profs y étaient très exigeants, démesurément même, et de ce fait, il y régnait une atmosphère du type “ça passe ou ça casse”, comme le dit fort justement un correspondant qui s’est exprimé ci-dessus.
On ne le dit jamais assez, mais ce type d’attitude provoque bien des drames. Tout au long du parcours seconde/terminale”, j’ai vu les moins bons disparaître de notre établissement, soit par écoeurement en cours de route (auto élimination en quelque sorte), soit par décision de rédoublement en fin de seconde et première. Moi, j’avais été déclarée redoublante en fin de seconde. Mes parents ont fait appel et nous avons gagné. Ca ne leur a pas du tout plu, et ensuite, j’ai subi une série de comportements revanchards tout au long de mon parcours en première puis terminale. Ca ne leur a pas du tout plu qu’une instance externe leur dise qu’ils s’étaient trompé en ce qui concernait leur décision de m’orienter ainsi qu’ils l’av. Mes parents ont été convoqués : la direction voulait que je quitte le lycée, et soit inscrite ailleurs, “dans un lycée plus apte à recevoir des élèves moyens” avait alors très aimablement dit le directeur à mes parents.
Nous avons tenu bon, sachant que le droit était de notre côté. Mais j’ai alors subi des brimades, des remarques acerbes et humiliantes, et une notation tellement sévère que lorsque je suis arrivée en terminale, et que j’ai déposé des dossiers en vue de me faire admettre en classe préparatoire, ils m’ont véritablement “cassée”. Ils ont eu leur “vengeance” : je n’ai été adis dans aucune prépa !
Je me suis donc rabattue sur la fac, où d’ailleurs, je réussis fort bien. Et j’avais bien l’intention de prendre ma propre revanche, en leur prouvant que j’étais une bonne élve. Après ma deuxième année de premier cycle licence, je me suis présenté aux “concours parallèles” en ue de tener d’entrer dans une grande école d’ingénieurs, en dispense de la classe prépa où je n’avais pas pu rentrer. Et j’ai réussi !
Aujourd’hui, je suis en fin de première année d’une école d’ingténieur reconnue, et tout se passe bien.
Je ne me suis pas privée du plaisir de faire connaître cela à es anciens profs et à cet enfoiré de directeur qui me jugeait si mal il y a peu d’années. Vous savez quelle à été sa réponse ? “Oui, mais vous n’êtes pas à Polytechnique, alors il n’y a pas de quoi la ramener” ! Quels cons !
Michèle, ancienne élève de section S en lycée
Réponse à Michèle
Merci d’abord pour ce témoignage très édifiant. Ce que vous dénoncez dans votre texte c’est la volonté, dans certains établissements hyper sélectifs, de ne garder que de très bons élèves, et d’afficher au final les meilleurs taux de réussite aux examens et concours, les meilleurs taux d’intégration dans les “bonnes” classes préparatoires, etc. C’est un vrai problème !
Beaucoup trop de familles ne voient que les performances scolaires finales , et donc ne jurent que par ce genre d’établissement. Or, comme vous le démontrez ar votre exemple, on peut être bon élève et ne pas être “formaté” pour ce genre d’établissement. Vous vous en êtes sortie parce que, visiblement, vous êtes une personnalité très forte, et je vous félicite d’avoir pu , ainsi que vous le décrivez, tenir le choc, faire face à toute une équipe de gens hostiles en faisant appel, en gagnant devant la commission d’appel, en refusant , ainsi qu’on vous y incitait, d’aller vous inscrire dans un autre établissement, et en vivant deux anénes de premièe/terminale dans une telle atmosphère de “réglement de compte”. Vous en avez d’ailleurs payé le prix puisque qu’en fin de terminale, on vous a “punie” en donnant de mauvais avis concernant vos candidatuires pour les classes préparatoires aux grandes écoles.
Mais quelle revanche que la votre. J’ai presque le sentiment, en vous lisant, que l’injustice que vous avez subie vous a donné une telle envie de revanche que cela vous a donné la force de beaucoup travailler afin de démontrer à cette équipe d’un autre âge qu’ils avaient eu tort de vous juger ainsi qu’ils l’avaient fait.
Bravo !
Bruno Magliulo
J’en ai un peu marre de ces parents qui ne cessent de se lamener sur le fait que l’établissement dans lequel ils ont inscrit leur enfant est “trop sévère”, “trop sélectif”… Mais bon sang, c’est clair au déart que si on inscrit son enfant dans un établssement secondaire sélectif, la pression qui va peser sur l’élève sera forte, tro fore pour certains.
Alors, il faudrait peut être que les parents commencent par balayer devant leur porte, et s’interrogent sur la question de savoir pourquoi ils ne veulent que les “établissements d’excellence”. Je crois moi que beaucop de parents prennent une énorme et insupportable responsabilté en voulant à tout prix que leurs enfants entrent dans des bahuts pour excellents élèves, alors … qu’ils ne le sont pas toujours !
La responsabilité de ces parents est fortement engagée, et ce que subissent alors leurs enfants est le fruit non des comportements exagérément sélectifs des profs de ces établissemens, mais des ambitions démesurées de ces parents.
Tout les élèves ne sont pas fais pour ce genre de scolarité à très haute exigence. Certes, je comprend le souci des parents de “vouloir ce qu’il y a de mieux” pour leurs chère progéniture, mais à quoi sert une telle démarche quand il est clair dès le départ que l’enfant n’a pas le profil pour y plonger ?
Alors, je pose une question à certains parents : pourquoi êtes-vous si peu lucides sur la réalité du bilan scolaire et personnel de vos enfants ?
Et j’en pose une autre : l’enseignement secondaire français doit-il renoncer à former les élites , et niveler ses exigences pour s’ajuster sur les élèves les moins bons ?
Jean-Philippe, prof de philosophie en terminale L, dans un lycée qui se flatte d’être “sélectif”, Paris
Réponse à Jean-Philippe
Merci pour ce commentaire en forme de “coup de colère” contre l’attitude de certains parents d’élèves.
C’est vrai que beaucoup de ces derniers ont une telle volonté de trouver pour leur rejeton le “meilleur” établissement possible, et d’obtenir qu’il y accède, que nombreux sont ceux qui, ensuite, découvrent qu’au regard des contraintes liées à un tel choix, leur enfant est dans une situation difficile, parfois même en “rupture”.
Inversement, je dirai qu’il est tout aussi condamnable de ne pas vouloir inscrire son enfant dans un établissement secondaire où il sera conduit, poussé même, à se dépasser, donc à produire un effort scolaire supérieur au rythme “pépère” qui est demandé dans certains autres établissements. Est-il faux de dire que dans certains établissements, certains élèves risquent fort d’être “tirés vers le bas” ?
En d’autres termes, il n’y a pas de réponse “standard” : le “bon” collège (ou lycée), c’est celui qui convient le mieux à un individu donné, à un moment donné de sa scolarité, en fonction de son bilan scolaire, de sa personnalité aussi. Je ne disconviens pas que le votre est sans doute celui qu’il faut pour un certain type d’élèves. Mais inversement, il ne convient très probablement pas à beaucoup d’autres. Mais le pire n’est-il pas de voir certains établissements se “spécialiser” (scolarisation des élèves talentueux pour les uns, pour élèves en difficulté pour d’autres) ?
Un système scolaire démocratique, véritablement “républicain”, ne devrait-il pas permettre de mettre à la disposition des familles des établissements dans lesquels ces DEUX types d’élèves pourraient également être accueillis, grâce à des formations diversifiées, permettant à chacun de contruire “sur mesure”, le parcours scolaire qui convient ?
Bruno Magliulo
Juste un court témoignage pour vous dire qu’il y a quatre ans, nous avions un fils qui était en situation de très bonne réussite en classe de troisième. Nous aurions pu sans problème l’inscrire dans une “excellent” lycée, très réputé : avec son 16/20 de moyenne, ça n’aurait posé aucun problème.
Mais il voulait préparer un bac “arts appliqués”, et pour cela, les lycées d’excellence l’auraient contraint à renoncer puisqu’aucun d’entre eux ne proposait cette voie d’études secondaires, ce dont il n’était pas question.
Alors nous l’avons inscrit dans un lycée plus “moyen”, mais qui présentait à nos yeux l’avantage de préparer au bac arts appliqués. De plus, on y pratiquait une politique pédagogique soucieuse d’accompagner les élèves en difficulté, tout en permettant aux meilleurs de pouvoir approfondir. Bref : il y en avait pour toutes les aptitudes et jamais on ne laissait quiconque “sur le carreau”. Tout à fait ce que vous appelez un “lycée accompagnateur”.
Aujourd’hui, François (notre fils) a réussi au bac arts appliqués avec mention bien, et prépare avec succès un diplôme des métiers d’art dans une superbe grande école d’art (Estienne, à Paris).
Comme quoi vous avez bien raison de dire que le “bon” lycée, n’est pas forcément celui qui affiche les tauix de réussite les plus élevés au baccalauréat.
Marie, mère d’élève satisfaite
Réponse à “Mère satisfaite”
Après “mère folle”, qui le 15 mai exprimait son désespoir devant une situation ubuesque vécue par sa famille, voici “mère satisfaite”, qui redonne un peu de baume au coeur de tous ceux qui croient que dans notre système d’enseignement secondaire, il n’y a pas d’espace entre les établissements sélectifs et ceux qui sont accompagnateurs.
Certains collèges ou lycées offrent une palette de formation suffisamment diversifiée pour que les familles soient assurées de trouver les deux réunis en un même ensemble, si bien que chaque élève trouve “chaussure à son pied”.
Je suis convaincu que c’est la bonne formule. Un système qui “spécialiserait” les collèges (ou lycées), serait socialement peu supportable, et moralement inadmissible. l’avenir est à la multiplication des établissements d’enseignement secondaire tels que celui qu’a fréquenté votre fils avant de passer dans le supérieur.
Merci pour ce témoignage et les commentaires qui l’accompagnent
Bruno Magliulo
Je travaille dans ce que vous qualifiez de “lycée sélectif” (le ministère aussi d’ailleurs, puisque notre taux de réussite au bac - 100% depuis longtemps bien sur - subit, abusivement selon moi une “décote”, lors de la présentation du “palmarès des lycées”. Mais ça n’est pas grave : personne n’est dupe, et les familles savent à qui elles ont affaire lorsqu’elles viennent vers nous.
100% de nos élèves de L, ES et S reçus au bac, 100% au brevet des collèges, 63% admis dans de bonnes classes préparatoires aux grandes écoles …Pourquoi devrions-nous rougir de nos excellents résultats ? Pourquoi devrions-nous changer une formule qui marche si bien, et répond parfaitement aux objectifs poursuivis par les parents qui nous confient leurs enfants ?
A ceux que cette pédagogie élitiste dérange, qui ont des enfants qui ne nous paraissent pas à la hauteur de nos ambitions, nous disons clairement, dès le départ, qu’ils n’ont pas leur place dans notre lycée. mais qu’ils trouveront sans difficulté aucune une place dans un autre lycée, plus conforme à ce qu’est leur enfant. C’est aussi simple que cela ! Et de mon point de vuèe , cela marche !
Question à ceux qui ont des enfants qui font du sport. Si le but est d’être “champi_on”, ou de jouer dans une équipe d’excellent niveau … bref de faire du sport de compétitation du meilleur niveau possible, vous le mettez dans un club de “bras cassés” ou dans un club où il va se frotter à meilleur que lui ?
Notre pays a certes besoin d’établissements accompagnateurs, formateurs des futurs “cadres moyens et subalternes” dont nos entreprises et administrations ont besoin. Mais il a également besoin d’établissements capables de former une élite, les futurs cadres dirigeants, professionnels de haut et très haut niveau.
Pourquoi faudrait-il que nous nivelions nos ambitions vers le bas, en nous étalonant sur les élèves en difficulté ? Je croyais que la missionde l’école s’est de conduire l’élève à s’élever, à se dépasser …
Quand à moi, qui suis prof d’anglais, je peux vous dire que le haut niveau de mes élèves me permet de développer un enseignement de très haut niveau. Je n’ai aucune envie de passer du métier d’enseignant à celui de vague éducateur. Je laisse cela à ceux qui enseignent dans d’autres lycées. Et je ne les méprise pas : il en faut, mais pas moi, et pas chez nous ! En tous cas moi, je n’ai pas choisi de devenir prof il y a vingt ans, pour faire un tel travail, avec de tels élèves. Je les leur laisse volontiers !
Prof qui dit très fort “touche pas à mon lycée d’élite”
Réponse à “Touche pas à mon lycée d’élite”
Vous avez parfaitement le droit de dire et penser ce que vous exprimez, mais pour quelqu’un qui dit plusieurs fois ne pas avoir honte d’avoir de telles pensées élitistes, je trouve que vous vous cachez beaucoup (vous signez par un pseudo, ne dites pas dans quel lycée vous exercez, ni même ce citez votre prénom …).
Mais peu importe : c’est votre point de vue, et même si je ne le partage pas, je vous accorde le droit d’être de “ce bord là”, un “bord” dans lequel je sais que vous n’êtes pas seul, même si beaucoup ne s’expriment pas comme vous pour le faire savoir.
Je ne m’étendrai pas sur l’explication du pourquoi de nos divergences de vues, non parce que je me dérobe, mais parce que je m’en suis largement expliqué auparavant : d’ans l’article qui précède d’une part (”C’est quoi un bon lycée (ou collège) ?”, et dans mes commen,taires à plusieurs commentaires d’internautes tels que vous
Merci en tous cas pour avoir ainsi alimenté cette discussion
Bruno Magliulo
Est-il possible de rêver un peu ?
Un lycée qui privilégierait ce que chaque élève peut et sait faire, plutôt que de fonctionner comme une machine de décantation visant à expulser ceux qui ne sont pas conformes; un lycée qui proposerrait une sorte de parcours progressif de spécialisation, plutôt que des spécialisation précosses et peu réversibles comme aujourd’hui; un lycée qui prendrait en charge les élèves en difficulté plutôt que de les faire si fréquemment redoubler; un lycée qui permettrait aussi à certains de cultiver leurs talents grâce à des formations de type “approfondissement”; un lycée qui prendrait en compte les compénetces des élèves (y compris humaines, méthodologiques, tranversales …) et pas uniquement leurs connaissances; un élève qui développerait chez les élèves les capacités d’autonomie qui font tant défaut à la plupart à l’issue de l’enseignement secondaire français; un lycée où les divers enseignements seraient plus en phase avec la vraie “vie”; etc.
En cette période où d’augustes responsables s penchent sur ce que pourrait être le “lycée de demain”, que pensez-vous de mon rêve ?
Philippe, parent d’élève, Nice
Réponse à “Rêvons un peu”
Le lycée de vos rêves me semble tout à fait envisageable, et d’ailleurs, si vous cherchez bien, il existe déjà… dans plusieurs pays étrangers dont on peut d’ailleurs observer qu’à l’occasion des tests comparatifs sur les acquis les lycéens, ils font mieux, bien mieux que les lycéens français (voir les résultats aux enquêtes PISA par exemple).
Pour vote information : sachez que la Parlement français a été chargé d’une mission d’information sur le lycée français, et que très récemment (le 19 mai), cette “mission” a présenté un document présentant quelques pistes possibles pour le futur lycée français.
Cette “mission” était composée de députés de plusieurs bords politiques (UMP, PS …) et n’est évidemment pas parvenue à un accord global (comment s’en étonner ?). Mais sachez que le lycée qui ressort du document final ressemble fortement à celui que vous décrivez.
Dans quelques jours, Richard Descoings, l’actuel directeur de Sciences Po’ Paris, nommé par le Président de la République “Monsieur réforme du lycée” il y a quelques mois, présentera un “pré rapport” sur le même sujet. D’après ses réactions à la lecture du document rédigé par les parlementaires, il semble être en accord sur beaucoup des points défendus.
Vous pourriez, et nous avec vous, avoir une bonne surprise !
Reste ensuite à savoir comment un tel projet sera reçu par les syndicats enseignants et lycéens. Et ça, c’est une autre histoire. Je vous pronostique (mais c’est un pronostic facile à faire), des réactions très virulentes… comme d’habitude ! A suivre donc !
Merci en tous cas pour ce commentaire constructif
Bruno Magliulo
Que vous le vouliez ou pas, c’est à un fantastique nivellement par le bas que votre vision des choses nous conduit. En voulant que les exigences du lycée (et donc des profs) s’adaptent au niveau scolaire des élèves les plus en difficultés, vous posez comme principe que le “lycée pour tous”, est le lycée pour les moins bons.
Alors je vous prédis quelque chose : un système éducatif à deux vitesses. Car bien entendu, les enfants des catégories sociales les plus favoririsées n’iront pas dans ce lycée que vous portez de vos voeux. Ils s’en extraireront et le laisseront, en toute gratuité, aux enfants des catégories les plus polulaires. Et on va assister à l’émergence d’un secteur privé pour bons élèves bien plus important qu’aujoud’hui.
Est-ce vraiment ce que vous voulez ? A moins que vous n’ayiez pas conscience que c’est ce vers quoi votre position nous conduit
Yann, prof de philo, Bordeaux
Réponse à “Tout fout le camp” (Yann)
Je trouve que vous raisonnez trop de façon binaire . Avec vous, c’est tout blanc ou tout noir : pas de milieu possible. Je crois moi, fortement, à l’existence d’une sorte de “loi ternaire”, qui permet de dépasser les contradictions apparentes.
Où avez vous vu que je prône une “école à deux vitesses” : l’école des possédants d’un côté, et l’école des pauvres de l’autre ? Je vous fais d’ailleurs remarquer (j’ai bien relu mon texte et mes divers commentaires) que je n’ai pas une seule fois utilisé une telle terminologie. Je vous en laisse donc la responsabilité.
Tout au contraire, je prône l’idée qu’il y a place pour une “école pour tous” : bons ou moins bons élèves, et pour toutes les vocations scolaires et professionnelles. Simplement, contrairement à vous, je n’ai pas (mais alors pas du tout), l’idée que la prise en compte de cette diversité des publics scolaires doive passer par des “écoles homogènes”. Tout au contraire, je verrai évidemment d’un bon oeil des écoles dans lesquelles les familles trouveraient des structures pédagogiques adaptées aux besoins de chaque élève. Mais DANS LES MEMES ETABLISSEMENTS et non dans des établissements différents et donc spécialisés.
Allons plus loin : je suis même hostile aux “classes de niveau” dans un même établissement : certaines classes regroupant les élèves les plus en difficulté, d’autres les “bons” … Toutes les études témoignent de l’efficacité de classes mixtes, comprenant (en gros) un tiers d’élèves en difficulté, un tiers d’élèves “moyens” et un tiers de “bons” élèves.
Certes, une telle ligne pédagogique ne facilite pas la vie professionnelle du professeur, qui devra alors travailler en tenant compte de la diversité des publics remplissant une même classe. Mais est-ce une raison pour prôner le “chacun chez soi” que vous semblez porter de vos voeux ?
Et enfin, je croyais (candidement peut être), que l’école est d’abord faite pour les élèves, quels qu’ils soient ? N’est-ce pas le cas ? N’est elle faite que pour le confort professionnel des profs (si “confort” il peut encore y avoir dans un tel métier)
Bruno Magliulo
Une rumeur lancinante dans mon lycée dit que le chargé de mission sur la réforme du lycée, le sieur Richard Descoings, directeur de Sciences po’ Paris devant l’éternel, venu récemment dans un lycée d’ici pour “consulter” sur le thème de la réforme du lycée, pourrait être le prochain ministre de l’Education nationale.
Vous avez des infos vous ?
J’avoue que si c’est vrai, et si j’étais Darcos, je n’aimerais pas, mais alors pas du tout. Quel camouflet ! Mais il est vrai que ce ne serait que la confirmation d’un autre camouflet, qu’il a dû subir lorsqu’il a constaté, en décembre 2008, que le Président de la République lui retirait la responsabilité du suivi du dossier “réforme du lycée”, au profit de ce Richard descoings justement.
Par contre, ce que je comprend moins, c’est pourquoi la nomination de Monsieur Descoings ? Je sais qu’il consulte beaucoup, mais à ce jour, pas grand chose n’est remonté de sa consultation. Estime-t-on que ce qu’il a fait jusque là est suffisamment probant pour lui octroyer une telle promotion ? A moins que qelque chose qui s’appeerait “document de présentation de la réforme du lcée”, signé par lui, et validé, ne m’ait échappé. Ce serait alors peut être une juste récompense, mais je n’ai rien vu passer de tel. Et vous ?
Brigitte, prof d’espagnol en lycée, Rennes
Réponse à Brigitte (Richard Descoings ministre ?)
Merci d’abord pour ce commentaire.
Il s’agit de bien plus qu’une simple rumeur dans votre lycée de Rennes. Le pronostic qui conduit à dire que Monsieur Richard descoings pourrait être nommé en tant que ministre de l’Eduucation nationale a été annoncé la semaine dernière dans la presse nationale (c’était par exemple à la “une” du Monde du mardi 26 mai, et cette annonce était commentée assez longuement en page 10). Bien d’autres organes de presse se sont fait l’écho de cela, y compris “L’Etudiant” (voir sur le site www.educpro.fr).
A ce jour, l’intéressé n’a ni démenti, ni confirmé. Que pourrait-il répondre d’autre d’ailleurs ? A supposer que le poste l’intéresse (ça c’est fortement probable,), la décision ne lui appartient évidemment pas. Je vous rappelle que constitutionnellement, en France, c’est le Président de la République, en lien étroit avec le Premier Ministre, qui décident de la composition d’un gouvernement.
Vous me demandez si Monsieur Richard Descoings a présenté officiellement son rapport sur “le projet de réforme du lycée”, faisant suite à la consultation qu’il a été chargé d’entreprendre sur ce sujet depuis décembre 2008. La réponse est NON, même si la presse s’est récemment, en plusieurs occasions, fait l’écho d’informations qui auraient “filtré”. Toujours est-il que si, comme beaucoup le disent, sa mission sur le lycée a été en fait une sorte de période d’essai pour tester ses capacités à prendre en charge le difficile poste de ministre de l’Education nationale, alors, on peut estimer que cette “période d’essai” arrive à son terme puisque le rapport écrit est en cours de finition, et qu’il devrait être remis au Président Sarkozy vers la mi-juin. On verra alors si ses propositons rencontrent ou pas un assentiment suffisamment large pour servir de base à l’iouverture d’une phase de négociation avant mise en oeuvre du lycée rénové, peut être en classe de seconde dès la rentrée 2010, peut être en 2011 seulement.
Vous me demandez en outre si on estime “que ce qu’il a fait jusque là est suffisamment probant pour lui octroyer une telle promotion?”. De quoi parlez-vous ? Si vous faites référence à la seule campagne de consultation sur la réforme du lycée (qui s’est à ce jour objectivement déroulée dans de bonnes conditions, même si on peut toujours faire mieux), attendez de voir ce qui va en sortir (le rapport sera communiqué vers la mi-juin) pour en juger. Mais en fait, la bonne question est de savoir si ceux qui ont le pouvoir de le nommer ministre de l’Education nationale jugent probant le parcours qu’il a accompli auparavant, c’est-à-dire essentiellement en tant que directeur de Sciences po’ Paris (il l’est depuis 1996).
Or, comme vous le savez peut être, il s’y est fait connaître en réformant en profondeur cet auguste et pousséreux établissement d’enseignement supérieur (passé de bac + 3 à bac + 5, s’étant fortement internationalisé, ayant diversifié ses filières , en particulier en mettant en place un grand nombre de formations professionnalisées nouvelles et d’excellente qualité), mais surtout (et c’est en cela qu’il s’est fait le plus connaître et remarquer), en pratiquant systématiquement une politique d’ “ouverture” du recrutement de Sciences po’ au profit des élèves méritants issus des catégories socio-professionnelles les plus défavorisées : c’est lui qui a le premier créé des procédures “dérogatoires” afin que les bons élèves des lycées classés “ZEP” (à l’époque), puissent entrer plus aisément à Sciences po’ Paris. Depuis, cette politique dite de “discrimination positive”, qui a longtemps provoqué une vive résistance interne et externe, s’est installée, jusqu’à devenir une véritable réussite qui était loin d’être évidente au départ. Ajoutez qu’elle a visiblement servie de modèle précurseur à beaucoup d’aurres puisque nombre d’autres grandes écoles et unversités se sont lancé dans des politiques proches de la sienne. Or, il ne saurait vous échapper que cette politique va tout à fait dans le sens de celle du Président de la République, de son esprit “d’ouverture” . Là doit sans doute être recherché le motif le plus profond de son éventuel accès à ce poste de Ministre de l’Education nationale.
Quand à ceux, nombreux, qui s’opposent à cette nomination, ils arguent fréquemment que le directeur de Sciences po’ Paris n’a pas d’expérience politique, qu’il n’est pas élu, et que les précédentes tentatives de nommer quelqu’un sorti de la “société civile” pour devenir Ministre de l’Education Nationale (voir par exemple l’épisode Luc Ferry) ne furent guère probantes. C’est oublier que Richard Descoings a exercé au sein de plusieurs cabinets ministériels avant de devenir directeur de Sciences po’ Paris. Il a donc une solide expérience du travail gouvernemental.
Tout cela sera-t-il suffisant pour le promouvoir à une telle élévation ? Réponse probable d’ici trois à six semaines.
Et s’il l’est, réusssira-t-il là ou nombre de ses prédécesseurs ont partiellement ou largement échoué ? A suivre bien sur ! ce ministère est connu pour être l’un des plus difficiles. Mais ne jugeons pas le futur ministre avant même d’en connaître le nom !
Bruno Magliulo
Et si le vrai problème était que la France a un système secondaire defaillant pour une partie de ses élèves ?
Mon sentiment, en tant qu’observateur averti (je suis prof depuis près de trente ans, prof principal depuis 25 ans, et j’ai exercé dans divers types de’établissements : collèges, lycées professionnels, lycée technologiques, lycées généraux, en centre ville comme en banlieue, avec des élèves “bourgeois” comme avec des “loulous de banlieue est de Paris”…), le collège/lycée français actuel fonctionne bien, très bien même, pour les élèves actuels qui ressemblent à ceux des années 60, à l’époque où seuls 35% d’une tranche d’âge parvenaient au bac.
Mais il me semble très mal fonctionner pour ce qu’il est convenu d’appeler les “nouveaux collèégiens et lycéens”, les enfants de la massification et de la généralisation de l’enseignement secondaire, plus fréquemment issus que leurs prédécesseurs des catégories sociales les moins favorisées.
Pour être très précis, à mes yeux le problème c’est le collège. Car le lycée est subdivisé en diverses voies qui permettent à quasiment chacun de trouver “chaussure à son pied” (professionel, technologique ou général ?), tandis que le collège est “unique”, et l’est encore largement, malgré les quelques évolutions de ces dernières années. Or, le collège fonctionne essentiellement comme une sorte de “propédeutique” , de cycle préparatoire à la seule voie générale des lycées. Là est à mes yeux le problème !
Il faut me semble t il remodeler le collège pour tenir compte de la diversité des publics d’élèves qui le fréquentent désormais à quasiment 100%
Et tant pis si c’est “politiquement incorrect”, mais je suis pour une différenciation en trois voies (générale, technologique, professionnelle), dès l’entrée en quatrième, quitte à sauvegarder le droit à l’erreur d’orientation par des passerelles dans tous les sens.
Françk, prof d’histoire-géo, lycée du centre de Paris
Réponse à Franck
Merci Franck pour ce commentaire fort intéressant, qui rejoint un point de vue assez largement partagé par beaucoup : le “ventre mou” de l’enseignement secondaire serait au niveau du collège et non du lycée qui, par la diversité de ses parcours d’études, offre un ensemble de formations adaptées pour le plus grand nombre d’élèves.
Par contre, et c’est un fait incontestable, le collège unique français, qui , malgré quelques retouches , reste principalement en l’état où il a été défini dans les années 1970, fonctionne essentiellement selon le modèle de l’une (et une seule) des rtois voies du lycée : la voie générale, et ses trois parcours (ES, L et S).
Or, cette voie ne concerne qu’un tiers environ des élèves de lycée. Voila pourquoi on peut dire qu’en effet, le collège français prépare mal aux parcours d’études en voies technologiques ou professionnelles.
Faut-il pour autant recréer (car cela a existé avant les années 70) un collège avec des “filières” relativement hermétiques entre elles, une sorte de voie “pré professionnelle” ou “pré technologique” dès la classe de quatrième ? Certains le pensent, comme vous, mais un tel scenario n’irait pas pas sans problèmes, dont celui d’une pré orientation trop précoce (à 14 ans) n’est pas le moindre.
Il semble que les responsables ministériels aient fait un autre choix qui est celui de maintenir un tronc commun composé d’enseignements généraux jusqu’en troisième incluse, mais de créer des parcours diversifiés par des jeux d’options (par exemple : les modules de découverte professionnelle léger (3h par semaine) ou lourd (6h), que l’on teste, depuis deux ans, dans un nombre pour l’instant réduit de collèges.
Ainsi, le collège de 2009 est moins strictement général que celui de 2000.
A suivre !
Bruno Magliulo
Bonjour à tous,
premièrement tous ces témoignages sont fort intéressants.
Je suis dans un lycée de province, à Amiens, qui possède des taux de réussite au bac honorables. Je suis en 1ereS et me destine à une classe préparatoire BCPST Véto. J’ai d’abord pensé la faire dans mon lycée actuel mais, après avoit consulté les taux de reçus au concour des écoles nationales vétérinaires, j’ai décidé d’effectuer ma classe prépa dans un lycée parisien.
Récemment, une question décisive s’est posée : Ou dois-je effectuer ma terminale ? Dans le lycée parisien ? ou dans mon lycée actuel ?
En effet, la marche entre la 1ereS dans un lycée ” moyen bon ” et la classe prépa BCPST (qui est la plus dur) dans un lycée exigent semble dure à gravir. Mais en même temps, si je pars à Paris pour y faire ma terminale, je serais loin de ma famille, de mes amis, de ma ville : tout sera nouveau pour moi. Mais, le niveau y serait meilleur.
Je tourne en rond, je ne peux pas me décider. Y aurait-il quelqu’un qui aurait vécu une situation similaire et qui pourrait m’éclairer ?
Si oui, je suis pret à échanger avec vous par mail.
Merci de votre réponse.
tOm, un lycéen désorienté.
Réponse au commentaire de Tom
Comme vous semblez l’avoir bien compris, les classes préparatoires sont hiérarchisées selon leur niveau de réussite de leurs élèves. Entre une classe prépa BCPST qui “case” plus de 90% de ses élèves dans les écoles biologiques les plus recherchées (les 4 écoles nationales vétérinaires; les Ecoles normales supérieures de Cachan, Lyon et Ulm; et Agro Paris Tech), et celles qui, en bout de classement, ne dépassent pas 5%, voire moins … Comme on dit, il n’y a pas photo !
En se fondant sur ce raisonnement, les élèves demandeurs d’une admission en prépa ont évidement tendance à frapper à la porte des prépas les mieux classées. Le problème c’est que du coup, ce sont les plus demandées, donc les plus sélectives. Concrètement, cela veut dire qu’un élève de terminale choisit les portes auxquelles il frappe, mais qu’ensuite, il est choisi (ou non choisi).
Cela renvoie à une autre question, complémentaire de la précédente : serez-vous “au niveau” des classes prépas BCPST que vous allez demander ? La question est d’autant plus importante que vous ne pourrez en demander que 6 (pas une de plus) par ordre de préférence. Si vous visez “trop haut” (par rapport à votre niveau comparé à celui des autres candidats) vous risquez de n’en avoir aucune. Mais il n’y a aucune raison que vous demandiez les plus faciles d’accès si vous êtes à la hauteur de classes plus performanes.
Pour votre information : vous trouverez le “palmarès” des classes préparatoires BCPST aux concours 2008, dans le numéro de février 2009 de la revue L’Etudiant (ainsi que sur le site www.letudiant.fr)
Autrement dit, votre problème sera de présenter le meilleur dossier première/terminale possible.
Faut-il pour cela faire sa terminale dans un lycée réputé, éventuellement à Paris (il y en a en province) ? Pourquoi pas ? Indéniablement, si vous avez une haute ambition (vous faire admettre dans une classe préparatoire très bien classée dans le palmarès) vous avez intérêt à aller faire du “sport scolaire de haut niveau” dans un lycée à haut niveau d’exigence. Mais attention : ça passe ou ça casse ! Si vous partez pour cela sur Paris (et à la condition que le lycée dans lequel vous voulez faire votre terminale veuille bien vous prendre, ce qui n’a rien d’évident a priori), non seulement vous subirez les contreparties que vous citez (éloignement de vos parents, amis, cadre et style de vie …), mais vous devrez vous faire à des contraintes pédagogiques auxquelles vous n’êtes peut être pas préparé : énormité du travail exigé, pression des profs, etc. Etes-vous prêt et mûr pour cela ? Posez-vous sérieusement la question avant de faire un tel saut !
A cet égard, je vous dirai qu’il vaut évidemment mieux, pour un tel objectif, être tête de classe dans une terminale d’un lycée moyennement réputé, que queue de classe dans le meilleur des lycées. Dans le premier cas, vous trouverez assurément une place dans une prépa , dans le deuxième cas non !
N’hésitez pas à me poser une autre question si vous le désirez, et revenez sans hésiation le faire l’an prochain .
Pour en savoir plus, dans la collection L’Etudiant :
- 100 questions-réponses pour bien s’orienter
- Pour quelles études êtes-vous fait ?
- Bien choisir sa classe préparatoire
Par l’Internet : www.letudiant.fr (rubrique “lbrairie”)
Pour vous fare accompagner dans votre démarche d’orientation : Solutions orientation : www.so.letudiant.fr et 01 75 55 41 60
Bon courage et bonne chance
Bruno Magliulo
Monsieur,
je suis venue assister au mois de novembre à une conférence que vous faisiez au ” Salon de l’Etudiant “, qui a donné un éclairage fructueux aux questions que mon fils se pose sur le sujet .
vous aviez évoqué un lieu, à la Cité des Métiers de la Villette, ou il était possible de travailler sur des logiciels d’orientation , avec un encadrement et donc une prise de rendez-vous …
pourriez vous je vous prie me donner les coordonnées téléphoniques de cette structure ? ainsi que la personne à contacter ?
avec tous mes remerciements pour la qualité de votre intervention, recevez je vous prie l’expression de mes sentiments les meilleurs
Madame Colombani
o
Réponse à Colombani
La Cité des Métiers de Paris est situé dans la Cité des sciences et de l’industrie , 30 avenue Corentin Cariou (19e arrondissement). Tel (pour prise de rendez-vous) : 01 40 05 72 29. Mel : www.cité-sciences.fr
Je ne connais pas les noms des personnes à contacter, mas vous les trouverez très probablement en vous connectant sur le site indiqué précédemment
Pour accéder aux questionnaires/tests évoqués pendant ma conférence, il est possible de se les procurer en version imprimée dans un livre de la collection L’Etudiant : Pour quelles études êtes-vous fait ? Vous pouvez le trouver en libraiie o via le site www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)
N’hésitez pas à me poser une autre question si vous le désirez
Bon courage et bonne chance
Bruno Magliulo
bonjour à tous ,
Je trouve ce débat sur les collèges et lycées très intéressant.
Voilà si je peux apporter mon vécu en tant que père.
Mon fils est passé par un collège type zep d’ un quartier a Aix en provence, ou le taux de réussite au brevet est très faible (environ 49% chaque année ).
Vous voyez ce n’est pas vraiment fameux ,la majorité d’ élèves est d’origines diverses ,dont mon fils en fait partie (origine algérienne ).Ce qui ne la pas exclu pour avoir son brevet avec mention très bien.
Je trouve dommage que certains collèges deviennent trop sélectifs
privant ainsi certains élèves de pouvoir eux aussi avoir un parcours qui exploiteraient mieux leurs compétences donc un avenir plus claire.
Mais Je peux comprendre que certains établissement soient aussi rigide car ils ont peur en prenant ce type d’élèves qu’ ils nivèleront leurs taux de réussites vers le bas .
Mais si ces établissement ne font pas l’effort d’inclure ces jeunes au sein de leurs lycées qui pourtant ont le niveau pour réussir, qui le fera ?.
Mon fils est actuellement en 1er S avec un très bon 1er trimestre, dans un très bon lycée à Aixois.
Moi je pense que beaucoup de jeunes issues de l ‘immigration peuvent réussir un très bon parcours scolaire si on leurs donnent les moyens.
J’aimerais avoir votre avis sur ce sujet Mr B.Magliulo.
Merci d’avance.
bonjour à tous ,
Je trouve ce débat sur les collèges et lycées très intéressant.
Voilà si je peux apporter mon vécu en tant que père.
Mon fils est passé par un collège type zep d’ un quartier a Aix en provence, ou le taux de réussite au brevet est très faible (environ 49% chaque année ).
Vous voyez ce n’est pas vraiment fameux ,la majorité d’ élèves est d’origines diverses ,dont mon fils en fait partie (origine algérienne ).Ce qui ne la pas exclu pour avoir son brevet avec mention très bien.
Je trouve dommage que certains collèges deviennent trop sélectifs
privant ainsi certains élèves de pouvoir eux aussi avoir un parcours qui exploiteraient mieux leurs compétences donc un avenir plus claire.
Mais Je peux comprendre que certains établissement soient aussi rigide car ils ont peur en prenant ce type d’élèves qu’ ils nivèleront leurs taux de réussites vers le bas .
Mais si ces établissement ne font pas l’effort d’inclure ces jeunes au sein de leurs lycées qui pourtant ont le niveau pour réussir, qui le fera ?.
Mon fils est actuellement en 1er S avec un très bon 1er trimestre, dans un très bon lycée à Aixois.
Moi je pense que beaucoup de jeunes issues de l ‘immigration peuvent réussir un très bon parcours scolaire si on leurs donnent les moyens.
J’aimerais avoir votre avis sur ce sujet Mr B.Magliulo.
Merci d’avance.et bonne année 2010.
Réponse à Ravadan
Merci d’abord pour cette très intéressante contribution.
le cas de votre fils est exemplaire. Bravo, à lui bien sur, mais aussi à toutl’environnement familial qui a dû l’accompagner dans ce parcoursde la réussite scolaire qui est loin d’être terminé.
Il prouve qu’en effet, il y a place pour tous, et que ce n’est pas parce qu’on passe par un établissement qualifié “de second rang” (c’est à dire dont les taux de réussite aux examens finaux sont modestes), qu’onne peut pas tirer son épingle du jeu. Il y a longtemps que je pense qu’il vaut mieux être “tête de classe” dans un établissement de second rang, que “lâché par le peloton” dans un établissement sélectif. Chaque année, de très nombreuses familles se mordent les doigts d’avoir choisi une stratégie d’évitement d’un établissement considéré comme “de moindre réputation”, et dont les enfants se retrouvent écoeurés par le rythme de travail, le style des élèves aussi… et finissent par échouer, alors qu’ils auraient été nombreux à réussir dans un cadre plus adapté.
En fait, consciemment ou inconsciemment, une très grande proportion des parents rêvent que leurs enfants deviennent polytechniciens, ou sortent de HEC, ou d’une autre grande école de haute réputation, et pour cela, croient nécessaire que leurs enfants passent par une pratique scolaire de haut niveau dès le secondaire. Cette stratégie peut marcher, à la condition cependant que l’enfant soit apte à faire ainsi du “sport scolaire de très haut niveau”. Et pour ceux là, pourquoi pas, même si, bien sur, il n’y a place dans de telles voies que pour une minoritéd’élèves assez particuliers.
Mais on peut aussi réussir par d’autres voies, à “gestion plus humaine des élves”, dans lesquelles le souci premier est de ne laisser personne sur le bas côté de la route, d’accompagner les élèvesen difficulté, tout en permettant aux bons élèves de cultiver leurs talents. Cela donne des collèges et lycées moins sélectifs que les premiers, plus accompagnateurs… dont une partie des élèves (et votre fils en fait partie) est porté vers un haut niveau de réussite.
Je nepuisévidemment que vous souhaiter que cela continue. Le voici sur d’excellents rails : une admission en première S, avec pour le moment un bon bilan, et donc la possibilité de nourrir tous les rêves de réussite scolaire, professionnelle et donc personnelleà l’issue de ses études.
Vous savez ce qui serait bien : c’est que dans un an, lorsque votre fils sera parvenu en terminale et qu’il devra réfléchir à ses choix en matière de passage dans le supérieur, nous nous recontactions pour que je puisse l’aider dans ce choix s’il en ressent le besoin. Vous serez les très bienvenus sur ce site
Bonne continuation
Bon courage et bonne chance
Bruno Magliulo