Le 20 octobre, dans le cadre d’une conférence de presse, le ministre annonçait la mise en oeuvre progressive d’une réforme du lycée, commençant par l’ouverture d’une nouvelle classe de seconde générale et technologique en septembre 2009.  Il avait cependant pris la précaution de préciser que ce projet n’était pas “définitif” et qu’il y avait encore place pour quelques ajustements avant application. Dans une interview accordée au “Journal du dimanche” du 14 décembre, il confirmait cette réforme, et rappellait qu’il devait en présenter la version définitive à l’occasion d’une conférence de presse qui était fixée avoir au lundi 15 décembre à 11 heures du matin. Surprise : cette conférence de presse a été annulée à la dernière minute (la veille), pour cause de … report de la dite réforme !

Tous ceux qui connaissent bien la maison Education nationale, savent que dans ce genre de circonstances, ce qui est présenté comme un simple report s’avère être en fait un renoncement pur et simple. Mais je ne me livrerai pas ici au jeu des supputations faciles : le ministre a annoncé qu’il s’agit d’un simple report (à 2010 ? 2011 ?) , nous verrons bien. Nous verrons surtout si, dans l’hypothèse d’un changement de ministre de l’Education nationale dans le prochain gouvernement (mais rien aujourd’hui ne permet d’affirmer que l’actuel ministre ne sera pas le futur), son éventuel successeur remettra le sujet à l’ordre du jour, et s’il le fait, comment, sous quelle forme, et avec quel calendrier ?

 1. Pourquoi ce recul ?

Nous pensons que si les oppositions à cette réforme n’étaient venues que du monde politique (les partis de l’opposition) et du monde enseignant (les syndicats, les associations de spécialistes …), le ministre n’aurait probablement pas cédé. Mais force est de constater que le mouvement protestataire s’est progressivement étendu : les personnels de direction, les parents d’élèves et les élèves eux mêmes, sont à leur tour entrés dans la danse.

C’est l’émergence de ces derniers qui a fait plier le gouvernement, d’autant que, le temps passant, le nombre des lycéens protestaires qui manifestaient leur hostilité à cette réforme étaient de plus en plus important et qu’ils avaient tendance à se radicaliser et à s’expimer par la violence. Mais surtout, ce sont les manifestations des jeunes grecs qui ont poussé le gouvernement et le Président de la république lui-même à se montrer prudents : la peur de la contagion sans doute.

 Ajoutons que parmi les opposants, il n’y avait pas que des personnes hostiles à toute idée de réforme du lycée. Beaucoup reprochaient au ministre une stratégie de la “précipitation” , du passage en force, qui ne permettait pas que se développe une vraie négociation en amont, et surtout, que les acteurs (chefs d’établissements, personnels enseignants, éducatifs, mais aussi familles pour ce qui est de l’orientation des élèves), puissent s’imprégner de cette réforme, et disposer d’un temps suffisant pour s’y préparer et bien la mettre en oeuvre. Nombreux étaient ceux qui, depuis plusieurs mois parfois, suggéraient au ministre d’annoncer un report à 2010 du début d’application de cette réforme. Nul doute que s’il l’avait dit suffisamment tôt, accompagné de l’annonce d’une concertation relancée, il n’en serait pas arrivé au point de rupture que nous connaissons aujourd’hui.

 2. Une réforme du lycée français est cependant chose nécessaire :

Nous ne nous rangeons pas dans le camp de celles et ceux qui clament leur opposition à toute idée de réforme du lycée français, car ce dernier va mal, et sa réforme est chose nécessaire à nos yeux. Quelques éléments pour s’en convaincre si besoin en est :

- Est-il acceptable que près de 70000 jeunes sortent chaque année de l’enseignement secondaire français sans qualification professionnelle  (source : Repères et références statistiques, Ministère de l’Education nationale, édition 2008, page 139) ? Ce chiffre a certes quelque peu diminué ces dernières années, mais faut-il accepter ce phénomène comme une incontournable fatalité ?

 - Pourquoi, ainsi que nous le montrons en détails dans un autre article publié sur ce blog, consacré à l’usage abusif du redoublement dans l’école française, avons nous le triste record d’Europe des taux de redoublements des élèves aux niveaux 3e, seconde, et même première (alors qu’à ce niveau, le chiffre devrait être quasiment nul puisque ce n’est pas un pallier d’orientation, et que donc le passage en terminale est automatique) ? Ne peut-on quelque peu s’inspirer de ce qui se pratique dans certains autres pays (les plus nombreux), qui ont compris depuis fort longtemps que l’usage intensif du redoublement n’est ni l’unique, ni la meilleure solution pour compenser les insuffisances scolaires de certains élèves, et qu’un passage dans la classe supérieure avec un important accompagnement individualisé ou en petits groupes, est plus efficace dans la durée, sauf cas particulier bien sur ?

- Doit-on continuer d’accepter qu’alors que près de 60% des élèves des diverses classes terminales entrent en première année d’un premier cycle universitaire, ils soient près de la moitié (42% des étudiants de premier cycle universitaire en 2007) à ne jamais parvenir au diplôme de licence, et 39% seulement à y parvenir en trois ans pile ?

- Doit on continuer de ne pas voir que la série littéraire est en train de s’effacer progressivement (50% d’élèves en moins depuis 1980), et que si on ne fait rien pour redonner envie aux familles de s’y intéresser, elle va vers sa fin pure et simple ?

- Doit-on continuer d’avoir une série scientifique générale (S) dont les programmes, les objectifs … sont calqués sur le modèle “classe préparatoire + grande école”, si bien qu’à la sortie, des pans entiers d’enseignements supérieurs scientifiques ne trouvent pas les effectifs d’étudiants qui devraient y venir après un tel bac (les filières universitaires scientifiques et mathématiques - hors filière santé - , les IUT, BTS scientifiques et industriels …), d’autant que près de la moitié des bacheliers S (42% en 2007) choisissent de faire des études supérieures strictement non scientifiques ! Il en résulte que notre pays connait un insupportable déficit de vocations scientifiques, dont les conséquences sont de plus en plus grave sur le marché de l’emploi.

- Combien de temps va-t-on accepter que les filières technologiques continuent de perdre leur raison d’être dans leur formule actuelle ? A force de devenir des filières de plus en plus “généralistes”, elles connaissent une véritable crise d’identité : pas assez “générales”, mais plus vraiment “techniques”, elles ont de plus en plus “le cul entre deux chaises” (excusez moi pour cette expression, que je trouve cependant très “parlante”). Il faudra bien qu’on finisse pas poser la question de savoir si, compte tenu de la réforme entamée de la voie professionnelle(une au moins qui se fait), il ne serait pas temps de se demander si les filières technologiques ne seraient pas solubles dans celles de l’enseignement général (les STG avec les ES; les STI et STL avec les S…), quitte à ce que des jeux d’options technologiques permettent de maintenir une coloration de ce type.

- Faut-il longtemps encore accepter de voir nos jeunes figurer à d’aussi piètres rangs dans les études comparatives internationales concernant les connaissances et compétences acquises par les élèves de l’enseignement secondaire (par exemple : l’enquête comparative PISA).

Et nous pourrions continuer ainsi, en mettant en lumière les nombreux dysfonctionnements du lycée français.

 Voilà pourquoi nous nous rangeons dans le camp de ceux qui disent “oui au report de la réforme” (pour plus de concertation, plus de temps pour sa bonne mise en oeuvre), mais aussi “oui à la nécessaire réforme du lycée français”.

 Allons plus loin : lorsque la réforme du lycée sera mise en oeuvre, on n’évitera pas de devoir s’attaquer à un chantier tout aussi difficile, qui est  celui de la réforme du collège.

 Si vous désirez réagir à cet article, que nous espérons éclairant pour vous, n’hésitez pas à le faire, comme à me questionner si vous désirez recevoir des précisions.

Bruno Magliulo

139 réponses to “Réforme du lycée : le grand bond en arrière !”

  1. JLBle 24 oct 2008 à 22:57

    Et non, ce n’est pas une “simple réforme de plus”, mais une véritable machine à détruire des postes d’enseignants et à démanteler l’EN, à travers la diminutions des horaires d’enseignement - ce que votre article ne mentionne pas malheureusement… Comment croire aux objectifs affichés et repris ici (réduire l’échec, etc…), quand le ministre lui-même reconnaît (Canard Enchaîné de cete semaine) que la réforme n’est qu’un habillement de la suppression de postes, objectif par ailleurs majeur du gouvernement actuel (RGPP et non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) ?

  2. B. Magliulole 25 oct 2008 à 10:46

    Réponse à JLB

    Merci d’abord pour cette première contribution au débat que j’ai souhaité ouvrir sur ce blog, concernant la prochaine réforme du lycée général et technologique.

    Je me doutais bien que l’aspect que vous soulevez, et qu’en effet je n’ai pas évoqué dans mon article, allait faire partie des tous premiers commentaires.

    Si je ne l’ai pas évoqué, c’est parce qu’en toute équité, je ne sais pas quoi répondre la question suivante : est-ce que le ministre a fait cette réforme dans le but premier de récupérer des postes (ce qui semble être votre point de vue … partagé par beaucoup d’autres, je le sais), ou est-ce qu’il a fait cette réforme dans le but premier de résoudre les problèmes que j’évoque dans mon introduction, et que les économies budgétaires qu’elle permet sont une conséquence ?

    Chacun en juge, mais en l’état actuel des informations dont je dispose, si je veux mon montrer objectif, je n’ai aucune raison d’affirmer que la première lecture de cette réforme (la votre) est forcément la bonne.

    Mais vous me direz qu’en terme d’économies budgétaires … cela revient au même, et là nous serons d’accord. Chacun sait que dans la classe de seconde actuelle, les élèves, grâce aux enseignements obligatoires d’une part (tronc commun + enseignements obligatoires de détermination), et optionnels facultatifs, bénéficient d’un volume horaire hebdomadaire de 30 à 34 h par semaine (un peu plus de 32 en moyenne), contre 30 désormais. Il y a donc indéniablement diminution du volume horaire offert. Il en ira évidemment de même en première puis terminale, mais pour ces deux niveaux, les grilles horaires ne sont pas encore présentées à ce jour (elles devraient l’être d’ici fin décembre). En multipliant cette réduction moyenne de 2h/classe, par le nombre de classes de seconde au niveau national (très exactement : 16577 divisions (classes) de seconde installées en 2007-2008 dans les lycées publics et privés sous contrat), cela donne une récupération de plus de 330000 heures par an. Divisé par 20 (le service oblgatoire d’un prof certifié + 2 h éventueles supplémentaires), cela donne un potentiel de 16000 équivalents temps plein susceptible d’être récupéré, pour la seule classe de seconde. Même en tenant compte du fait que ce n’est pas une façon réaliste de faire les calculs, les classes de ne partageant pas de façon purement mathématique, chacun estime à environ 12000 le nombre d’emplois susceptibles d’être ainsi récupéré.

    En ajoutant ce qui se prépare pour le cycle terminal (mais là attendns que les grilles horaires soient publiées … même si on peut éidemment se douter qu’on ira dans le mêmê sens), cela donne … le vertige.

    Bien sur, le ministre répond à cette critique en signalant que les lycéens français sont ceux qui, en urope, sont pari les plus chargés en heures de cours au ycée, et qu’en passant à 30 h, on reste encore légèrement au dessus de la moyenne européenne, et qu’en outre, malgré ce volume horaire impressionnant, l’efficacité du système est douteuse puisqu’aux enquêtes comparatives internationales (PISA par exemple), les jeunes français sont plutôt moyennement classés. Et donc, notre ministre d’affirmer que ce n’est pas la quantité (le nombre d’heures d’enseignement) qui fait la qualité (des élèves).

    Quand on sait que, parallèlement, le Ministre de l’Education nationale fait l’objet, comme tous les ministres, d’une exigeance de Bercy (le ministère de l’économie), chargé de “récupérer” des emplois de fonctionnaires, dans le cadre de la désormais célèbre politique du “non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite”, que vous évoquez, on voit en quoi cette réforme tombe en efet “à pic” (si j’ose dire), pour le ministre de l’Education nationale.

    CQFD ?

    Merci encore pour ce commentaire, qui sera sans doute suivi d’autres. Et vous meme, n’hésitez pas à commenter à nouveau mon propre commentaire de votre commentaire (ouf !) si vous le souhaitez

    Bruno Magliulo

  3. cyrille 25 oct 2008 à 10:57

    Je crois rêver…

    Où voyez-vous dans ce projet une organisation pédagogique profondément remaniée ?
    - la semestrialisation ne concerne que les 4 modules complémentaires !
    - les 21h de tronc commun se feront encore en classe entière, il n’y a pas de semestrialisation. La seule chose, c’est que ce que l’élève devait faire en25h, il le fera en 21h.
    - les programmes ne seront pas revu, juste peut-être un peu toilettés : pas le temps, il faut que ça marche à la rentrée…

    Bien sûr, qu’il faut réformer en profondeur le lycée, mais quand on veut le faire “à la va vite”, en fait au final on ne fait rien : ce projet n’est que de la poudre au yeux.
    Personnellement j’aurais bien aimé un parcourt plus construit par les élèves, avec des vrais droits à l’erreur et une possibilité de changer de cap au seconde semestre, le tout encadré par de vraies heures d’accompagnement et de suivit individuel.
    Mais pour cela, il faut un tronc commun très restreint (français, math, histoire). L’obligation pour l’élève de compléter son cursus en piochant des modules complémentaires dans tous les domaines (art, sciences, techno…) pour construire un vrai projet.
    Plus de profs principaux, tous les profs d’un établissement se “partagent” les élèves pour les suivre avec de vraies heures prévues dans l’emploi du temps.

    ça n’est pas une réforme, ce truc que Darcos veut imposer, il y a tromperie sur la marchandise. La seule innovation c’est que les élèves pourront changer “d’option” au milieu de leur année de seconde (et ça c’est pour moi, la seule chose positive).

  4. JLBle 25 oct 2008 à 11:30

    Merci pour la clarté et la précision de cette mise au point. Au bas mot 12000 postes détruits et moins d’heures de cours pour les élèves, voilà donc comment le ministre entend réduire l’échec scolaire (en attendant l’annonce, retardée, des évolutions pour la première et la terminale).
    Sur les objectifs réels des gouvernements successifs, je constate simplement - après une période où j’ai cru en la bonne volonté de mon ministère et des dirigeants à différentes échelles- que toutes les réfomes (sans aucune exception) qui nous ont été proposées, et/ou qui ont été appliquées depuis 2003 (date de mon entrée dans l’EN) peuvent se traduire en un certain nombre de postes en moins - et, contrairement aux clichés sur l’immobilisme du Mammouth, les réformes ont été nombreuses : décentralisation des agents, IDD, TPE, remplacement interne, accompagnement éducatif… -. De là à en conclure que l’entrée budgétaire domine chez nos gouvernants, c’est un pas que je n’hésite plus, pour ma part, à franchir.
    Pour rester dans l’objectif et éviter tout procès d’intention, on peut regarder comment s’effectue la réforme dans le primaire cette année : rentrée 2008 - suppression des cours le samedi (moins de postes), et mise en place d’une aide individuelle pour les élèves en difficulté (du moins annonce de la mise en place, l’application concrète étant pour le moins complexe…) ; budget 2009 : suppression de 3000 enseignants du primaire spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté (Rased), soit 1/3 des rased.
    Voilà qui n’augure rien de bon pour la lutte contre l’échec scolaire en particulier, et l’évolution du système d’enseignement, en général, et incite à réagir tant qu’il est encore temps…

  5. clocher patrickle 25 oct 2008 à 14:38

    merci de ce texte qui est le premier que je lis sur ce sujet, du commentaire et de la réponse bien argumentée et complète qui suit.
    J’ajouterai une remarque sur cette réponse, à savoir que comme on reconnait un arbre à ses fruits, on doit raisonnablement préférer quant à la motivation de cette réforme la recherche d’économie de postes budgétaires plus que la diminution du taux de redoublement, de l’attirance préférentielle des familles à la filière S, la standardisation avec le supérieur, ou les comparaisons internationales (très douteuses sur ce point).

    Sur le fond, la diminution du nombre d’heures scolarisées qui sera, avec le nombre de prof, l’effet le plus incontestable de cette réforme sera-t-elle une bonne ou mauvaise chose ?

    J’ai été en tant qu’élève, frappé de la lourdeur des volumes horaires obligatoires qui m’étaient demandés, et du travail personnel indispensable en sus pour assimiler théories et pratiques. Et la tentation de revenir à quelque chose de plus restreint, et de plus conforme aux standards européens (semble-t-il, mais je n’ai pas trouvé de comparaison synthétique entre les pays) semble raisonnable.
    Mais il est à parier que la diminution du nombre d’heures d’enseignement se traduira aussi par la baisse des heures de travail scolaire personnel pour la plupart des élèves, la diminution du bagage culturel et intellectuel qu’ils auront acquis, sauf cas très particuliers, et sauf bien entendu pour ceux dont les familles s’occupent tout particulièrement. La conséquence probable de cette réforme sera l’aggravation, constatée déjà depuis plusieurs années déjà des inégalités scolaires, puis sociales, entre les classes populaires et moyennes, et les classes privilégiées.
    En diminuant les impôts des plus riches, il est nécessaire de diminuer les prestations de l’Etat - motivation principale de cette réforme (comme d’autres : les hôpitaux, la justice, …) la conséquence est l’aggravation des inégalités sociales : une classe privilégiées de “happy few” acquiert et conserve l’essentiel des capitaux et revenus, de la connaissance, et des relations qui comptent …

  6. de Marin Christianele 25 oct 2008 à 17:04

    Bonjour,

    J’avais laissé un mail le 22/10 ou le 23, vous me dites sur ma boite mail que vous y avez répondu sur le blog mais.. impossible de retrouver cette réponse (j’ai lu toutes les réponses dans toutes les rubriques!).

    Donc, j’en déduis que ce mail n’a pas dû vous parvenir.
    que dois-je faire?

    Cordiales salutations

    Christiane de M.

  7. B. Magliulole 27 oct 2008 à 10:09

    Deuxième réponse à JLB

    Je vous concède que le ministère de l’EN étant contraint de restituer plusieurs milliers de postes, durant plusieurs années successives (11500 à la rentrée dernière, 13000 à la prochaine rentrée , etc.), il se sent obligé de les trouver quelque part. A cet égard, la réforme du lycée, après celle du primaire, “tombe bien” pour lui.

    C’est peut être l’explication de ce que beaucoup (dont je suis), trouvent être fait de façon bien trop précipitée. Je pense qu’une réforme du lycée de l’ampleur de celle qui vient d’être décidée, aurait mérité plus de temps, pour la concertation préalable, pour que les acteurs qui vont devoir la mettre en oeuvre aient le temps de s’y préparer (la mise a point de nouveaux progammes par exemple, la formation des enseignants qui devrait précéder leur mise en oeuvre et non la suivre, le temps nécessaire aux équipes de rédacteurs des manuels scolaires pour rédiger les outils de travail dont vous allez avoir besoin, et le temps pour les éditeurs de les mettre à disposition …).

    Pour toutes ces raisons, il aurait été sage, profitable même, que cette réforme ne soit appliquée qu’à la rentrée 2010 en seconde, donc avec un décalé d’un an par rapport au calendrier annoncé. Au lieu de cela, on assiste à une marche forcée qui ne me paraît pas de bon aloi. Si le motif profond (mais cela ne sera jamais avoué par personne), est de permettre, grace à ette réforme, de récolter dès la rentrée prochaine, les milliers d’emplois qu’il va falloir rendre, et donc sans attendre un an de plus, alors, c’est véritablement scandaleux.

    Mais il y a probablement d’autres raisons à ce calendrier précipité. Avez-vous par exemple remarqué qu’il “colle” parfaitement avec le calendrier présidentiel ? En appliquant cette réforme en septembre 2009 en seconde, puis 2010 en première et 2011 en terminale, on arrive à la nouvelle promotion d’un bac qui sera bien sur refondu, en 2012. Chouette : ce calendrier conduit pile à la prochaine échéance électorale présidentielle et permettra à l’actuel terme durant son (premier ?) quinquenat.

    Autre hypothèse : notre actuel ministre de l’EN tient probablement à ce que ce ne soit pas un autre ministre de l’EN qui récole les fruits de tout le travail mené depuis plusieurs mois pour réformer le lycée. Or, il est fortement possible que dans un an, le ministre de l’EN sera un autre (on devrait avoir un changement de gouvernement après la présidence européenne par la France et les élections européennes). Il est de notoriété que notre actuel ministre de l’EN pourrait être appelé à d’autres très hautes fonctions. Il tient donc (et dans cette logique, on le comprend) à attacher son nom à cette réforme, donc à la lancer tant qu’il est ministre de l’EN.

    Mais tout cela, ce sont bien sur des divagations , des supputations, des … A suivre !

    Bruno Magliulo

  8. B. Magliulole 27 oct 2008 à 10:29

    Réponse à Clocher Patrick

    Merci d’abord pour ce commentaire fort intéressant

    Sur les conséquences budgétaires de la réforme des lycées, et le lien entre ces économies et la réforme du lcée, je vous renvoie aux réponses précédentes, faites à JLB par deux fois.

    Il n’y a à mes yeux aucune incompatibilité entre la quête d’économie et la lutte contre le redoublement, qui est un des objectfs de la réforme. Comme vous le savez sans doute, le taux de redoublement en fin de seconde est, en France , de près de 15 %, largement au dessus de la moyenne européenne qui es comprise entre 7 et 8%, la moitié ! L’objectif est donc de le ramener progressivement à cette hauteur, et même en dessous si possible. Pour cela : les modules semestriels obigatoires d’accompagnement (avec mise en oeuvre du soutien), l’allègement horaire global (on passe de 32,5 h en moyenne par semaine et élève dans la seconde actuelle, à 30h dans la seconde version 2009, la plus grande part d’enseignements optionnels, et bientôt, l’arrivée d’une réforme progressive de l’évaluation qui devra se faire plus sur cométences et mins sur connaissances … et ce sans compter la future réforme du bac qui ne manquera pas d’être le point d’orgue facilitant de tout ceci.

    Et ne peut on s’étonner que même en fin de première, classe qui ne correspond pas à un pallier d’orientation, donc à l’issue de laquelle il ne devrait pas y avoir de rédoublement, ou très peu, on constate malgré tout un taux de près de 5% ?

    Sur la politique de lutte contre le redoublement, je vous invite d’ailleurs à lire l’article que j’ai rédigé sur ce sujet il y a quelques semaines.

    Si on parvient à réduire l’échec en lycée (diminuer les taux de redoublement, augmenter la part d’une génération atteignant un diplôme ou ne qualification professionnelle), alors, par voie de conséquences, on aura possibilité de récupérer beaucoup de moyens dont une partie seront remis à disposition pour l’accompagnemet individualisé (ou en petits groupes) des élèves en difficulté, mais une aute partie rendue aux argentiers du ministère des finances.

    Tout est donc lié

    N’hésitez pas, si vous le souhaitez, à faire à nouveau part de vos vues sur ces importantes questions

    Bruno Magliulo

  9. B. Magliulole 27 oct 2008 à 10:38

    Réponse à Cyril

    Merci d’abord pour ce commentaire.

    Il me semble que vous raisonnez sur la seule classe de seconde. Il est vrai que c’est le seul niveau pour lequel on dispose désormais d’une grille horaire quasi officielle.

    Je vous concède qu’on est à ce égard passé à côté d’une occasion. Le projet de départ ne mettait que six disciplines dans le tronc commun , soit 6×3 = 18h de cours hebdmadaires, sur un total de 27 qui avaient été annoncées. Cela représentait une proportion de 66% de l’horaire global, donnant ansi une part très signifcative aux enseignements au choix. En cédant au lobby des associations des disciplines scientifiqes, et en introduisant un module obligatoire suppléentaire de “sciences expérimentales” dans le tronc commun (ce qui fait que désormais, on a 7×3 = 21 h sur un total de 30), on a augenté la part du tronc commun à 70%, dimnuant d’autant la part des enseignements au choix… alors que l’un des objectifs afficés était de permettre aux élves de gagner en autonomie de décision en ayant une part importane de coix possibles !

    Mais , bien que l’on n’

  10. B. Magliulole 27 oct 2008 à 10:55

    Suite du message à Cyril

    Excusez moi mais le début de ma réponse est parti intempestivement. J’ajoute la suite.

    Par contre, bien qu’on n’ait pas encore les grilles horaires du cycle terminal, il est annoncé que dans les divers “parcours progressifs de spécialisation” (sciences, sciences de la société, humanités, technologies), la part des enseignemens au choix va fortement augmenter, au détriment des divers troncs communs. Là encore, les divers lobbies vont agir à plein. Mais si cette part n’est pas à la hauteur annoncée (au moins 45% du volume horaire global), alors on aura abandonné cet aspect fondamental de la réforme.

    A ce sujet, c’est fou comme le ministe agit habilement en plaçant les diverses disciplines en situation de concurrence les unes par rapport aux autres, incitant nombre d’enseignants à agir de façon corporatiste (”touche pas trop à ma discipline … les reste je m’en fous”), au détriment d’une réflexion et action globales.

    Quand à votre observation concernant les programmes, il est vrai que le ministre a annoncé un simple “toilettage” (demandé aux inspections) pour la rentrée prochaine. Mais pas pour “tout le temps”. Pourquoi un toilettage d’un an seulement ? C’est que Xavier Darcos semble avoir la volonté de retirer aux opposants à sa réforme un argument fort, qui est celui de la précipitation du calendrier d’application. Tout le monde considère que, pour une bonne mise en place de cette réforme, il faut du temps pour s’y préparer, préparer les nouveaux programmes, les nouveaux manuels, mettre en place des dispositifs d’accompagnements … des personnels , par des stages de formation continue offert AVANT (et pas après) la mise en oeuvre de cette réforme, etc. En proposant un moratoire d’un an sur les programmes, ce qui revient à demander aux inspections de “toiletter” les programmes existant afin de les faire entrer dans les horaires nouveaux (3h par module et semestre, sachant que certains se dérouleront deux fois dans l’année), on résoud partiellement la difficulté. Par contre, le ministre a bien dit qu’il lance les groupes de travail sur les nouveaux programmes qui devront entrer en vigueur en 2010, à la fois en seconde (mise en oeuvre en 2009) e première (ouverte en 2010).

    J’ai conscience que ce … commentaire de votre commentaire, ne vous satisfera que partiellement, mais il me semble nécessaire de bien resituer , qui est celui d’un changement des programmes déaclé d’un an (et auquel on ne renonce donc pas), et d’une augmentation (qui devra être confirmée) de la part des enseignements au choix , plus faible qu’il n’aurait été possible de le faire en seconde, plus forte sans doute en premire et terminale… mais je vous concède que tout cecu demande à être confirmé.

    Bruno Magliulo

    A suivre donc !

  11. Clocher Patrickle 27 oct 2008 à 18:22

    Merci de votre réponse : vous insistez sur les économies qu’on pourrait retirer d’une autre politique permettant de lutter contre le redoublement, qui est effectivement en général inefficace et à coup sûr budgétivore (j’ai lu le billet fort interessant que vous y avez consacré)
    Hélas, rien dans cette réforme, pour qui a un peu de pratique des grandes institutions et des connaissances sur l’histoire des réformes, n’augure que cet objectif, qui est effectivement proclamé, sera atteint.
    Ce qui est sûr et lourd, c’est la diminution des postes budgétaires et la diminution des heures d’enseignement. Le léger, ce sont : les modifications de programmes (difficiles de surcroît à modifier, et les livres à éditer, dans des délais aussi brefs), l’organisation de l’année scolaire, …
    De manière générale, toute réforme d’ampleur d’une institution autre que d’affichage ne se décide hélas que sous la contrainte (en général budgétaire) ce qui la rend destructrice en partie dans un premier temps de la qualité des services rendus. On constate en général que l’institution se porte plus mal pendant plusieurs années avant de fournir - si la réforme est bien pensée - un meilleur service.
    Nous sommes là dans la même configuration d’une réforme d’ampleur: des dizaines de milliers de postes et des centaines de milliers d’heures d’enseignement supprimés. Avec une circonstance aggravante : des objectifs flous, peu susceptibles en tous cas d’être atteints de cette façon.
    Je crois qu’hélas, la messe est dite sur cette présidence et ce ministre, sur leur motivation (se faire réélire, être promus, diminuer les impôts des plus riches qui sont les amis du pouvoir, … ), et sur leur absence de conviction ou de ligne politique et philosophique …

  12. SOS pour les SESle 27 oct 2008 à 19:44

    Il ne vous aura pas échappé que dans ce projet de réforme, il y a une discipline largement perdante : les sciences économiques et sociales.

    Engtre les attques que nous subissons depuis plus d’un an (sur nos programmes, sur nos manuels, sur notre existence même …), et la marginalisation de cet enseignement que représente la réforme du lycée, j’ai vraiment le sentiùment qu’on veut notre peau.

    Pourquoi ? Qu’avons-nous fait de si mal pour qu’on cherche ainsi à nous coller contre un mur pour une exécution sommaire ?

    Quel est votre point de vue sur ce qui m’apparait désormais comme étant une mort annoncée, sachant que je n’attend plus rien ni de notre inspection, qui nous abandonne, ni des syndicats, qui cherchen,t visblement à limiter les dégâts et pour qui l’avenir des SES n’est qu’un élément secondaire de la réforme. Il n’y a guère que l’association des professeurs de SEs pour défendre cette discipline, et quelques alliés qu’elle parvient encore à entraîner derrière elle, mais cela finit par donner le sentiment d’un combat corporatiste, quand j’aurais aimé qu’on considère que la défense et illustration de cet enseignemen,t est du domane de l’intérêt général.

    Jacques, professeur de SES à Paris

  13. B. Magliulole 27 oct 2008 à 20:02

    Deuxième réponse à Clocher Patrick

    Je ne reviendrai pas sur nos vues respectives concernant les économies budgétaires générées par la réforme. Nous avons largement échangé sur ce point.

    Concernant la lutte en faveur d’une réduction du redoublement, vous savez parfaitement que cela peut passer par divers canaux. Il y a certes le renforcement du soutien en petits groupes pour élèves en difficultés, mais je suis d’accord avec vous pour considérer que ce qui est affiché pour cela dans cette réforme n’y suffira pas : un “module d’accompagnement” semestriel de trois heures par semaine, que chaque établissement remplira à sa convenance (en fonction de son projet, de son “public”…), et qui devra être partagé avec l’approfondissement (il en faudra aussi, après tout, il n’y a pas que les élèves en difficulé), l’accompagnement du projet d’orientation … Il aurait fallu beaucoup plus de moyens pour cela, et en particulier une différenciation selon les établissements (sensibles ou ZEP = plus de moyens que les autres… ce qui ne semble pour le moment pas être le cas opuisque c’est, en seconde, trois heures par semaine pour tous).

    Par contre, comme vous le savez très bien, il suffirait que dans le cadre de la LOLF, des crédits de fonctionnement pédagogique soient octroyés plus généreusement aux établissements qui atteignent des objectifs de réduction des taux de redoublement, et/ou que les inspections appliquent avec zèle une politique active allant dans le sens d’une réduction des taux de redoublement, et/ou que l’on passe d’une évaluation fondamentalement sur connaissances à une évaluation principalement sur compétences … Tout ceci conduirait imparablement à une baisse progressive des taux de redoublement. Quand à l’échec au bac (environ 15 à 18% aujourd’hui), il sera aisé, si on y tient, de manipuler le thermomètre pour faire encore baisser la température (sans pour autant soigner la maladie) : il suffirait d’une réforme ad hoc de l’évaluation au bac (plus d’épreuves au choix, conformément à l’augmentation de la part des enseignements au choix dans le lycée nouveau), une plus grande part de contrôle en cours de formation, et je vous parie qu’on flirtera avec les 90% de réussite au bac, voire plus encore . Après tout, en Finlande, dont le système secondaire facine tant nos responsables politiques au pouvoir, le taux de réussite au bac n’est-il pas d’environ 95% ? Mais il est vrai que le diplôme ainsi obtenu ne procure aucun droit d’accès à l’enseignement supérieur. C’est une simple certification de niveau acquis en fin du lycée (comme le diplôme national du brevet à la fin du collèe en France).

    Comme vous le savez, certains , dans l’enseignement supérieur français, disent “chiche” : que le bac devienne cela, et qu’on lui retire donc sa deuxième fonction (le droit d’accès dans la filière universitaie de son choix). On mettra alors en place des systèmes de sélection systématiques, mais tout le monde, ou presque, même les “interdits d’enseignement supérieur”, sortiront du second degré avec un diplôme en poche.

    Est-ce vers cela qu’on veut se diriger ?

    bruno Magliulo

  14. B. Magliulole 28 oct 2008 à 11:52

    Réponse à “SOS pour les SES”

    Oui, je suis bien informé du triste sort que la réforme conduit (si elle est appliquée telle qu’on le projette actuellement) à faire subir à l’enseignement des sciences économiques et sociales.

    Dans le lycée d’aujourd’hui, cet enseignement est un enseignement de détermination en seconde, choisi par 42% des élèves, et un enseignement de base à horaire lourd en première et terminale ES. Dans la réforme projetée, cet enseignement sera rangé en seconde dans la catégorie “enseignements compémentaires” au choix (des élèves), mais mis en concurrence par rapport à un beaucoup plus grand nombre de disciplines, et notamment diverses disciplines scientifiques (approfondissement en maths, SVT, physique-chimie, informatique et environnement numérique, mais aussi, latin, grec classique, arts, LV3, divers enseignements technologiques, etc.). Du fait de la grande disperson de l’offre d’enseignements optionnels, et la concurrence sévère des options scientifiques et maths, il est clair que les SES ne seront en seconde choisies que par un nombre réduit d’élèves. Et même celles et ceux qui l’auront choisi, pourront l’abandonner en fin de premier semestre au profit d’une autre discipline. Seront-ils remplacés par ceux qui viendront aux SES en second semestre après avoir choisi d’autres enseignements complémentaires optionnels à la rentrée du premier semestre ? Rien n’est moins sur !

    Quand au sort fait aux SES dans le cycle terminal, il ne semble guère être plus favorable (même si, à ce jour, on ne connait pas encore les grilles horaires des classes de première et terminale). Ce que l’on sait, c’est que les élèves n’auront, dans la parcours à dominante “sciences de la société” qui devrait remplacer l’actuel voie ES, qu’un enseignement de SES de trois heures par semaine (au lieu de 5 h aujourd’hui, et même sept par semaine pour ceux qui ptent pour l’enseignement de spécialité de SES).

    Il n’y a donc pas “photo” : tout conduit à prévoir une forte diminution des besoins horaires en SES, et ceux qui disent le contraire sont soit dans l’ignorance des réalités, soit dans le mensonge volontaire.

    Le plus terrible à mes yeux, c’est que ceux qui portent cette réforme auront réussi à transformer ce qui aurait dû être un débat d’intérêt général, en une série de combats corporatistes, les représentants des disciplines bataillant trop souvent les unes contre les autres, par peur de perdre des heures d’enseignement. C’est ainsi, par exemple, que dans le premier projet de réforme, comme vous le savez sans doute, il ne devait pas y avoir d’enseignements scientifiques dans le tronc commun, ces derniers étant rangés, comme les SES, dans la catégorie des enseignements complémentaires au choix des élèves. Les lobbies des enseignements scientifiques sont évidemment montés au créneau (comme celui des SES d’ailleurs), mais force est de constater que si ceux des disciplines scientifiques “ont gagné” (réintroduction d’un enseignement de sciences expérimentales dans le tronc commun, offre complémentaire d’enseignements scientifiques (SVT, physique-chimie, informatique et environnement nmérique) en plus, celui qui défend l’intérêt des SES n’a pas eu le même succès, loin s’en faut, malgré une mobilisation de grande ampleur menée par l’association des professeurs de SES (mobilisation qui continue bien sur). Bien entendu, les lobbies pro histoire-géo, pro économie-gestion, pro maths … se sont également mobilisés, et restent sur la défensive. On est , dans cette “bataille”, entré dans une logique de guerre des disciplines (les unes contre les aures bien sur), qui occulte en partie les vrais enjeux.

    Pronostic en conséquence : une forte diminution de l’offre de postes aux CAPES et agrégation de sciences économiques et sociales (puisqu’on aura sans doute besoin de moins de professeurs de cette discipline)

    Bon courage aux memres de la famille SES

    Bruno Magliulo

  15. Clocher Patrickle 28 oct 2008 à 12:08

    Relativement à la LOLF et/ou aux inspections qui permettront aux gouvernements successifs, aux parlementaires ou au ministre de moduler les moyens affectés aux établissements relativement aux résultats qu’ils obtiennent - par exemple la lutte contre le redoublement - je peux vous suivre pour - en théorie - estimer qu’il y aura là des occasions de progrès pour notre système éducatif.
    Mais pratiquement, je remarque que la mise en oeuvre de la LOLF n’est pas (encore?) un moyen suffisant de progrès : les batteries d’indicateurs nécessaires à toute évaluation de politique publique, la capacité infinie de les biaiser, de leur donner un autre sens, de les changer d’un exercice à l’autre, font que pratiquement le choix des moyens affectés, celui des objectifs à atteindre comme l’évaluation de l’atteinte desdits objectifs se font (et je pense, se feront encore) “à l’ancienne” : les personnes qui s’occuperont de ces questions le feront grâce à leur background personnel (ou de classe?), culturel, professionnel, idéologique, … et les objectifs d’affichage politique du moment (et les fameux- fumeux - indicateurs seront tordus dans le sens souhaité!)

    Je vous suis aussi sur vos craintes sur le devenir du bac (par exemple agir sur le taux de réussite au bac en trafiquant la nature des épreuves demandées, manoeuvre qui peut être couplée avec l’abandon de la deuxième fonction du bac qu’est l’accès au supérieur).

    En conclusion, relativement à cette réforme d’ampleur, le lycée s’achemine vers la diminution drastique des heures enseignées, avec une organisation de l’année scolaire et un contenu d’enseignement qui après s’être très dégradé en raison de la mise en place précipitée et de la baisse des moyens s’améliorera sans doute avec les années, pour atteindre un niveau plus bas que maintenant en cohérence avec cette diminution.
    Cette moindre qualité finale n’est pas fatale : avec ces même heures d’enseignement, ces mêmes programmes, cette même organisation, une volonté politique forte peut affecter des moyens supplémentaires pour les élèves et/ou les établissements en difficulté.
    Vivement l’alternance !(mais laquelle est crédible et laquelle parle de ces questions ?)

  16. Markhachele 28 oct 2008 à 14:54

    Bonjour.
    1) Vous écrivez : “Rappelons que dans la seconde actuelle, avec la présence dans le tronc commun des mathématiques, de la physique-chime et des SVT, la filière S était la seule, je dis bien la seule, dont les enseignements nécessaires pour y entrer étaient intégralement inscrits dans les enseignements du tronc commun.” C’est faux. La série L, littéraire, est tout accessible avec les enseignements du tronc commun, puisqu’on peut n’y étudier que les deux langues vivantes déjà obligatoires en seconde. En revanche, les SVT, ou sciences naturelles, ne font pas partie du tronc commun de l’actuelle seconde, elles ne sont suivies que par les élèves qui n’ont pas choisi un couple d’enseignements optionnels déterminé (ISI-MPI ou PCL-BLP). Les conclusions que vous tirez de cette contre-vérité sont donc singulièrement infirmées.
    2) Personne, dans la réflexion sur cette nouvelle architecture, ne semble s’être interrogé sur la stabilité que procure à un élève l’appartenance à un groupe-classe. Je ne présuppose pas cette stabilité, mais j’aurais aimé que la question fût à un moment ou à un autre posée.
    3) Le taux de redoublement actuel est attribué sans réflexion par le ministère à l’architecture actuelle de la seconde. Pourtant, après avoir profondément remodelé les programmes et l’organisation du primaire, le ministère aurait pu utilement se pencher sur le niveau collège, dont les élèves servent de cobayez depuis des années à tout ce qui se fait de plus nuisible pédagogiquement parlant. Il ne le fera pas, et ces quatre longues années vides et creuses se prolongeront désormais par une seconde aux horaires passés à la moulinette et à l’organisation qui interdira toute reprise de fond.

    Bref, en tant que professeur, je vais devoir en faire de moins en moins, pour des élèves qui devront se contenter de saupoudrage. J’en suis extrêmement déçu. C’est la victoire des profs qui à l’enseignement préfèrent la parlote, et c’est vraiment, vraiment très dommage.

    C’est aussi, enfin diront certains, l’aboutissement des voeux de l’OCDE. Cet organisme disait en 2002 que pour diminuer les frais de scolarisation, on peut soit scolariser moins de monde, avec les risques de protestation prévisibles, soit scolariser autant d’élèves dans un système au rabais. Visiblement, le gouvernement actuel a choisi son camp - qui s’en dira étonné ?

  17. Joël PIETRYle 28 oct 2008 à 15:07

    Quelqu’un pourra-t-il me dire pourquoi il faudrait que nous nous alignions sans cesse sur ce que les autres font moins bien que nous ?

  18. B. Magliulole 29 oct 2008 à 12:48

    Réponse à Joël PIETTRY

    Votre commentaire est quelque peu sommaire non ? Il manque, pour animer le débat, quelques précisions du genre : à quels “autres” faites vous référence ? Qu’entendez-vous par “faire moins bien que nous” , par “alignement”aussi … ?

    Mon point de vue est qu’en matière de “performance des élèves”, force est de constater que les tests comparatifs internationaux, en particulier l’enquête PISA qui a lieu tous les deux ans dans plus de cent pays différents, des cinq continents, de tous niveaux de développement, démontre amplement, sur la durée (la première a eu lieu en 1999, et il y en a une tous les deux ans depuis), que les élèves français ne se classent pas bien (selon les items, ils sont au mieux “moyens”, au pire en fin de deuxième tiers du classement comparatif international. Faut-il faire comme si ces études n’avaient aucun sens ? Elles sont certes discutables, et je peux comprendre que ce soit dans les pays les moins bien classés (dont nous sommes, hélas), qu’on met ces classements le plus en doute, mais c’est une réalité d’autant plus troublante que cela va hélas dans le sens de ce que disent d’autres études comparatives du même genre.

    Alors je pose une question : n’est-il pas logique qu’on aille voir de près ce qui se passe dans les pays qui se placent régulièrement en tête du palmarès (la Finlande par exemple, qui présente l’avantage d’être plus proche de la France que la Corée du Sud, autre pays très “performant” d’après ces études comparatives) ? Qu’on s’en inspire même, sans forcément prendre “en bloc” le “modèle” qui y a été construit, et qu’il serait bien sur absurde de transférer tel quel , ne serait-ce que parce que les réalités sociales, économiques, culturelles, historiques … ne sont évidemment pas les mêmes.

    Je le pense d’autant plus qu’il y a d’autres données qui me frappent : comment se fait-il que dans le système secondaire finlandais, non seulement les élèves sont les plus performants, mais on y dépense moins qu’en France pour l’enseignement par “tête d’élève” (6% du PIB en Finlande contre6,6% en France), et qu’en outre, cerise intéressante sur le gâteau … les redoublements y sont largement proscrits jusqu’en classe terminale,alors que nous sommes en tête de liste en ce domaine (il faut bien l’être en quelque chose), sans que cela produise pour autant l’effet escompté : améliorer la performance des élèves.

    Alors oui, je pense qu’il est bon qu’on aille voir de près en quoi ces pays plus performants en matière de “rendement du système éducatif” le sont, et peuvent inspirer ceux qui, chez nous, travaillent sur une réforme du lycée, et bientôt sans doute du collège.

    Encore une fois, il ne s’agit nullement de s’aligner, ce que vous écrivez, mais de comprendre ce qu’il s’y passe, et (pourquoi pas ?) de s’en inspirer, dans le respect bien sur de notre spécificité.

    N’hésitez pas, si ma réponse ne vous convient pas, à réagir : votre commentaire sera le bienvenu.

    Merci en tous cas pour votre réaction à cet article.

    Brun Magliulo

  19. B. Magliulole 29 oct 2008 à 13:34

    Réponse à Markhache

    Merci d’abord pour ce long et fouillé commentaire. Je répond à vos trois réflexions :

    1) Vous perdez de vue une réalité qui est que l’actuelle série L exige des élèves, dès l’entrée en première (ce qui n’est pas le cas pour l’actuelle série S), qu’ils choisssent entre diverses spécialités : arts (huit possibilités diverses), LV3, lettres classiques (latin/grec), maths. Pour trois de ces quatre “spécialités”, ce que vous dites est donc faux, puisque, comme je le dis dans mon article, les élèves qui désirent choisir les profils arts, LV3 ou lettres classiques, ne peuvent strictement pas s’y préparer dans le cadre des enseignements de tronc commun : ce sont des enseignements de détermination (optionnels donc), ou des options facultatives.

    Il n’en va pas du tout de la même façon pour la S dont, je le redis, persiste et signe, tous les enseignements requis pour entrer ensuite en première (et même pour choisir entre les trois spécialités de terminale : approfondissement en maths, SVT ou physique-chimie), correspondent bel et bien à des enseignements intégralement proposés dans le cadre du tronc commun de seconde. Un cas parculier cependant : le profil “sciences de l’ingénieur”, pour lequel il est dans certains lycées proposé un enseignement de détermination d’inititation aux sciences de l’ingénieur (ISI), mais le nombre d’élèves à profil “S” concernés est extrêmement modeste : 12% seulement des élèves de seconde ont, en 2007-2008, opté pour ISI, et en entrant en première, la “S sciences de l’ingénieur” a correspondu, la même année, à 17500 élèves sur un total de 171OOO (donc 10% à peine des élèves de seconde entrant en première S). Ils sont par contre 153500 à choisir la première S SVT. En outre, comme vous le savez, une large proportion des élèves qui optent pour ISI en seconde couplent cet enseignement de détermination avec un autre qui est de nature technologique industrielle, si bien que les élèves qui veulent entrer en S ont tendance à se détourner de cette option au profit de MPI (mesures physiques et informatique).

    Je précise que mes données chiffrées sont extraites de la dernière édition (octobre 2008)du très officiel “Repères et références statistiques” édité chaque année par le Ministère de l’EN.

    Ainsi, ce que j’écris est vrai pour 90% des élèves admis en première S. Je vous concède donc que mon affirmation est fausse … pour 10% seulement de cette population, mais vraie pour 90% ! C’est tout de même beaucoup non ? Il n’y a donc pas de contre-vérité de ma part, du moins encore une fois, pour 90% des élèves dont nous parlons. A titre de comparaison, les L qui sont dans ce cas de figure (donc qui ne se profilent ni LV3, ni lettres classiques, ni arts), ne représentent que moins d’un tiers des flux.

    2) Nous sommes là tout à fait d’accord : personne en effet n’a officiellement répondu à la question que vous soulevez, et j’ai rencontré bien des chefs d’établissements qui sont très effrayés à l’idée d’avoir à répartir leurs futurs élèves dans ces fameux “groupes modulaires” (c’est l’expression désormais consacrée), alors qu’ils étaient jusque là dans des “groupes classe”. Mais conrairement à vous, je suppose que les hautes éminences ministérieles et de l’inspection générale ont réfléchi au problème, même si, pour le moment, ils n’est rien dit d’officiel à ce sujet. Il faudra cependant bien que ça vienne, et compte tenu de ce qu’est le calendrier d’organisation d’une rentrée, je sans que dans les divers rectorats, des réunions de chefs d’établissements sont programmées sous relativement peu pour s’y préparer. A suivre donc !

    3) Concernant votre réflexion sur le collège, j’avoue partager fortement une aprtie de votre analyse. je suis de ceux qui disent que réformer le lycée avant le collège revient à mettre la charrue devant les boeufs. Je sais (des amis “hauts placés” comme on dit me le confirment quotidiennement), qu’on va s’ateler ultérieurement à une réforme du collège, allant dans le sens de celle du lycée. On aurait pu commencer par cela non ?

    Encore merci pour cette longue et très intéressante contribution

    Bruno Magliulo

  20. Pierrele 31 oct 2008 à 10:57

    Je ne comprend qu’en partie cette réforme. Sans doute faut il être plus initié de la chose scolaire que je ne le suis (humble parent d’un élève actuellement en seconde de mon état). Votre article, dont je vous remercie, m’éclaire en partie, mais en partie seulement. Je vous pose donc quelques questions précises :

    1. Mon fils est actuellement en seconde et à pris les enseignements de détermination de LV2 et sciences économiques et sociales. Est-il concerné par cette réforme ?

    2. Il souhaite demander son orientation vers la première ES. Or, dans la réforme, cette filière, comme toutes les filières existantes aujourd’hui (L, S, STG…) disparaît. Que faut-il qu’il demande pour retrouver un équivalent ES dans le nouveau lycée ?

    3. Si dans trois ans il échoue à son bac ES, et que la réforme le rattrappe, comment cela va t il se passer pour lui et ses semblables (18% d’échec au bac chaque année, donc près de un élève sur cibnq sera concerné par ma question). redoublera-t-il dans le lycée réformé (ce qui serait absurde puisqu’il n’aura suivi ni la nouvelle seconde, ni la nouvelle première), ou va t on pour un an mettre en oeuvre un double parcours en permettant aux redoublants de redoubler dans les mêmes classes de ES, S, L, STG, STI … ?

    Merci de bien vouloir répondre à cette triple question

    Pierre, père d’un élève de seconde générale, Nantes

  21. 2, 3 ou 4 ?le 31 oct 2008 à 11:24

    J’ai en enfant actuellement scolarisé en classe de troisième. Il va donc être touché de plein fouet par la mise en oeuvre de la réforme du lycée.

    Pour la rentrée 2009, en seconde , il y a quelque chose que je ne comprend pas. Certains me disent qu’en plus des enseignements de tronc commun, il devra choisir deux enseignements complémentaires (de même que dans la seconde actuelle, les élèves doivent choisir deux “enseignements optionnels de détermination”). Mais d’autres me disent que ce sera 4 et pas deux, ou 3 … selon les choix faits par l’élève

    Alors ? Deux, trois ou quatre ?

    Eclairez moi s’il vous plait

    Merci d’avance

    Jean-François, père d’élève, Beauvais

  22. B. Magliulole 31 oct 2008 à 13:18

    Réponse à Pierre

    Vous êtes très excusable de ne pas avoir encore bien saisi toutes les “subtilités” de cette réforme : non seulement elle vient à peine d’être présentée par les autorités ministérielles, mais ces informatioons sont parcellaires (et donc incomplètes à ce jour), et le moins que l’on puisse dire est que tout cela se fait dans un climat de précipitation qui aurait sans doute pu et dû être évité. Mais au ministère de l’Education nationale on n’en démord pas : la réforme sera appliquée en seconde dès septembre 2009.

    Question 1 : Votre fils, actuellement en seconde, ne sera concerné que s’il est rattrappé par la réforme, c’est à dire s’il redouble une fois sur le parcours seconde/terminale. Sinon, s’il va jusqu’au bac sans échec d’ici 2011, il ne sera pas concerné.

    Question 2 : A la rentrée 2010, les élèves de l’actuelle seconde continueront de pouvoir entrer dans les séries de bac actuelles, ES par exemple puisque c’est le choix de votre fils. Ce n’est qu’à la rentrée 2011 que seront mises en place des nouvelles classes de premières, puis 2012 pour les nouvelles terminales. La réforme est donc mise en place progressivement.

    Question 3 : Si, dans trois ans, il échoue à son bac ES, il redoublera, et dans ce cas, il sera dans le cas soulevé par votre première question : il subira le choc de la montée des élèves ayant vécu le nouvea lycée deopuis leur entrée en seconde . Ne vous faites pas d’illusion : dans le passé, lors de précédentes réformes, il n’a jamais été maintenu, pour un an, conjointement les anciennes et les nouvelles classes. En cas de redoublement il entrera dans les nouvelles classes, du parcours “sciences de la société” (équivalent ES) en ce qui le concerne. Ce qui risque d’être très difficile en effet à digérer. Il a donc fortement intérêt à … ne pas échouer à la session 2011 de son bac.

    Pour en savoir plus, dans la collection L’Etudiant :
    - Que faire avec un bac ES ?
    - Le guide de l’orientation au lycée
    En librairie scolaire et sur le site www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)

    Pour aller plus loin, avec l’aide d’un expert :
    - Solutions orientation (01 75 55 40 40 et www.so.letudiant.fr)

    Bon courage et bonne chance

    Bruno Magliulo

  23. B. Magliulole 31 oct 2008 à 14:09

    Réponse à 2, 3 ou 4 ?

    Les élèves qui, à compter de la rentrée 2009, vont entrer dans la nouvelle classe de seconde (celle du lycée réformé), vont bénéficier de trois catégories d’enseignements ou formations :

    1. Sept enseignements de tronc commun (je les ai désignés dans mon article et vous y renvoie)
    2. Deux enseignements complémentaires optionnels obligatoires
    3. Un “accompagnement de l’élève” (soutien, approfondissement, accompagnement du projet d’orientation)

    L’année scolaire étant désormais divisée en deux semestres, ce sera ainsi deux fois.

    Concernant votre question, qui porte sur les “enseignements complémentaires”, les élèves qui vont entrer en premier semestre en choisiront deux, selon l’offre propre à chaque établissement. En fin de semestre, ils peuvent choisir de conserver un ou deux de ces enseignements complémentaires, et dans ce cas reprendre un (ou deux ) même(s) module(s) de ces deux enseignements complémentaires, et les continuer dans un module d’approfondissement. Prenons l’exemple d’un élève qui opte pour SES (sciences éco e sociales) et LV3 et désire continuer : il le pourra. Cet élève n’aura donc suivi que deux enseignements complémentaires, mais il le fera deux fois (aux premier et second semestres).

    Autre cas de figure : ce même élève désire ne plus faire LV3, et remplacer cet enseignement par un module d’enseignement cmplémentaire de sciences de gestion, tout en continuant en SES. Il aura donc sur l’année bénéficié de trois ensenements complémentaires : un de sciences de gestion (au deuxième semestre), un de LV3 (au premier semestre) et un de SES (aux premier et deuxième semestres).

    Troisième cas de figure : cet élève souhaite , en fin de premier semestre, remplacer ses deux enseignements complémentaires (SES + LV3) par deux autres (sciences de gestion et latin). Il le pourra aussi, ce qui, pour lui, fera bien 4 enseignements complémentaires sur l’année scolaire de seconde entière.

    Ainsi, selon les choix faits par chacun, on pourra en effet avoir bénéficié de deux (mnimum), trois ou quatre (maximum) “enseignements complémentaires”, au cours de la classe de seconde réformée.

    A cette date, rien n’est dit concernant ce qui se passera dans les classes de première et terminale.

    Pour en savoir plus, dans la collection L’Etudiant :
    - Le guide de l’orientation au lycée (de la troisième à l’après-bac)
    En libraririe scolaire et sur le site www.letudiant.fr (rubrique “librairie”)

    Pour aller plus loin, avec l’aide d’un expert :
    - Solutions orientation (01 75 55 40 40 et www.so.letudiant;fr)

    Bon courage et bonne chance

    Bruno Magliulo

  24. […] Lycée : le grand chambardement ou le maintien d’une certaine tradition ? […]

  25. B. Magliulole 01 nov 2008 à 10:21

    Réponse à “SES u liceu San Paulu in Aiacciu”

    Merci d’avoir mis en lien avec votre site le blog “conseils de classe”.

    Comme vous l’avez sans doue vu, il comporte deux espaces :

    1. Le premier traite de questions d’actualité du système éducatif. C’est là que j’ai mis en ligne l’article consacré à la réforme du lycée que vous avez présenté sur votre site. Cet espace est normalement destiné à des “institutionnels” : professeurs, chefs d’établissements, conseillers d’orientation-psychologues, etc.

    2. le second permet à des élèves, parents, professeurs principaux ou autres, qui le souhaitent, de poser une question, de demander un conseil… en matière d’orientation scolaire. Le service rendu y est gratuit.

    Merci de contribuer, ainsi que vous le faites, à le faire connaître.

    Avec mon meilleur souvenir aux collègues de Corse, mon Ile maternelle comme vous le savez

    Pace e salute

    bruno Magliulo

  26. Au secours !le 01 nov 2008 à 13:20

    Je suis prof de sciences éco et sociales et j’exerce dans un lycée de la région marseillaise.

    Je suis atterré par le sort fait dans la réforme du lycée à l’enseigneent des SES et je souscris hélas pleinement à ce qu’écrit sur ce sujet “SOS pour les SES”.

    Je ne comprend pas pourquoi on nous en veut tant, et depuis si longtemps. Pourquoi, en particulier, ceux qui devraient défendre notre cause, l’inspection des SES, dont vous fûtes je crois autrefois, ne veut ou peut pas nous défendre plus qu’elle ne le fait.

    Certes, nous ne manquons pas de soutiens, en particulier de la part de l’association des profs de SES (l’APSES), et de certains universitaires, mais je crains bien que cela ne suffise pas .

    Qu’allons-nous devenir ? Que vont devenir, si la réforme reste en l’état actuel des choses, les professeurs de SES qui, dans un tel texte, seront évidemment beaucoup trop nombreux pour les heures qui restent en lycée réformé pour notre enseignement ?

    Quel gâchis surtout que de voir cet enseignement qui passionne très généralement les élèves, en être réduit à devoir ainsi s’effacer, ou du moins à se marginaliser, comme si on la regardait comme une pestiférée.

    Ce qui se passe est dramatique. Au secours !

    Paul, prof de SES quelque art du côté du pays marseillais

  27. B. Magliulole 03 nov 2008 à 12:03

    Réponse à “Au secours” !

    Vous avez raison : en l’état actuel des choses, et sous réserve de modications ultérieures qui peuvent encore survenir, l’enseignement des sciences économiques et sociales semble bien être le grand perdant du projet de réforme présenté par le Ministre.

    Prenons pour le démontrer le cas de la nouvelle classe de seconde, et comparons la à l’ancienne.

    Dans la “seconde de détermination” actuelle, l’enseignement des SES est un enseignement de détermination au choix de l’élève. Il est actuellement choisi par 42% des élèves de seconde, et ce sur une année continue, à raison de 2,5h/élève (TD compris), 3h/prof. Dans la nouvelle seconde, cet enseignement figurera dans la liste des “enseignements complémentaires au choix”, à raison de trois heures par semeinae. En apprence donc, c’est la même chose. En réalité, ce n’est pas du tout la même chose.

    1. Les “enseignemets complémentaires au choix” seront , comme tous les enseignements dans le lycée réformé, proposé selon un calendrier découpé en semestres. En seconde il y en aura deux. A supposer que, comme aujourd’hui dans la seconde qui vit sa dernière année d’existence, 42% des élèves choisissent les SES au premier semestre (on vera plus loin pourquoi je pense qu’il y en aura beaucoup moins), il faudrait, pour que l’équivalence existe, que TOUS ces élèves prenent encore un enseignement complémentaire de SES au deuxième semestre, ce qui ne sera pas le cas puisqu’ils peuvent changer d’enseignements complémentaires, et qu’ils seront très probablement loin d’être compensés par ceux qui, ayant opté pour d’autres enseignements complémentares au premier semestre, basculeront en SES au deuxième.

    2. Mais surtout, la concurrence par rapport aux autres “enseignements complémentaires” sera beaucoup plus vive que dans la seconde actuelle. Aujourd’hui, en seconde, les SVT et la physique-chimie sont dans le tronc commun. Dans la future seconde elles figureront dans les “enseignements complémentaires” au choix, un enseignement de “sciences expérimentales” étant proposé dans le tronc commun. Bien plus, aux maths du tronc commun, il sera possible d’ajouter un “enseignement complémentaire” d’approfondissement en maths, et on pourra aussi opter pour un enseignement complémentaire d’ “informatique et environnement numérique”, mais aussi pour L3, arts, latin, grec, divers enseignements complémentauires technologiques, etc.

    On peut donc dire que la dispersion du choix est plus grande qu’aujourd’hui puuisqu’il y a un nettement plus grand nombre d’enseignements au choix (ce qui va mathématiquement réduire la part des élèves qui choisiront les SES), et on peut en outre faire l’évident pronostic d’une grande propension à opter pour des “enseignements complémentaires” de SVT, physique-chimie, approfondissement en maths, informatique et environnement numérique … du moins de la part des élèves et parents qui voient dans l’actuel bac S (le futur bac “sciences”) , le “top du top” qu’il faut demander en premier voeu, et pour lequel, sans avoir choisi de tels enseignements, on aura très peu de chances de l’obtenir.

    Voila pourquoi, en effet, il est évident à mes yeux que le nombre d’heures enseignées en SES va diminuer au niveau seconde, et ce assez fortement.

    Pour le cycle terminal (première/terminale), le projet n’a pas été dévoilé avec des précisions suffisantes pour permettre de raisonner en profondeur, mais il est clair que la disparition annoncée des “séries” (au sens ou nous l’entendons aujourd’hui, c’est à dire de filières spécialisées d’où l’on se s’évade guère en cours de parcours), et leur remplacement par des “parcours progressifs de spécialisation”, fait que les SES perdent en partie leur terre traditionnel d’accueil : le bac ES. Le parcours “sciences de la société” le remplacera t il ? Rien n’est moins sur à nos yeux, mais c’est à voir.

    Du coup, en effet, plusieurs centaines de professeurs de SES risquent de se retrouver en “excédent” dans les établissements scolaires. L’avenir devient très angoissant pour les professeurs à statut précaire (auxiliaires, vacataires, contractuels …) qui seront les premiers touchés par ce phénomène. Mais il y a fort à parier que les offres de postes aux concours de recrutement de professeurs de SES vont tendre à la baisse, que des “capésiens” et “agrégés” seront à leur tour touchés (rappelons que dans le privé, ils ne sont pas fonctionnaires, donc pas titulares de leurs emplois). Et après tout, si vous êtes trop nombreux pour enseigner ce qui restera des SES, on vous demandera d’enseigner le droit, les sciences de gestion … tous enseignements complémentaires qui seront à la carte du nouveau lycée.

    Vous me demandez comment j’explique la faible défense des SES par l’inspection des SES. Mais je ne vous apprend rien en vous disant que, par définition, un inspecteur “ça démissionne ou sa ferme sa gueule”, pour reprendre une expression que nous a léguée l’ancien ministre socialiste de l’Education nationale, Jean-Pierre Chevènement. Ah le sacrosaint devoir de réserve, et de loyauté par rapport à la politique du gouvernement en place ! Et puisque vous évoquez le fait que dans le passé, j’appartins à cette inspection, je vous confie que j’en suis volontairement sorti, il y a un peu plus de dix ans. J’ai donc suivi, à ma façon, le principe édicté par Chevènement.

    Bon courage et bonne chance … ou plutôt, bonne mobilisation, car il est clar que les profs de SES ne sont désormais plus en mesure de compter sur la “chance” pour retrouver, dans le futur lycée, une position digne de l’intérêt qu’en effet, les élèves ont toujours porté vis à vis de cet enseignement … dont on veut visiblement la peau, du moins dans sa forme sortante !

    Bruno Magliulo

  28. Les SES l'ont bien cherchéle 03 nov 2008 à 19:46

    Je suis prof d’éco-gestion, et je voudrais dire à mes petits camarades profs de SES que je ne suis pas mécontent de ce qui arrive, et même, que je pense qu’ils ne l’ont pas volé.

    Je résume : j’enseigne l’éco-gestion depuis plus de 20 ans, et j’ai exercé ce métier dans quatre lycées. Partout où je suis passé, les profs de SES nous prenaient de haut. A eux la bonne façon (pluridisciplinaire avec des sciences éco ET sociales, dans l’enseignement général …) d’enseigner ce champ disciplinaire, à nous les aspects plus techniques, plus strictement économques … Et surtout, surtout : à eux les meilleurs élèves (par rapport aux nôtres), à nous le second choix, dans des filières (G d’abord, STT ensuite, STG désormais) fortement dévalorisées par rapport aux “nobles” sections B/ES !

    Je me suis trop souvent senti méprisé par eux pour ne pas glousser d’aise au spectacle de ce que va devenir cet enseignement. Nous allons enfin pouvoir partager les mêmes élèves (qui auront le choix entre des “enseignements complémentaires” de SES, mais aussi de droit, de sciences de gestion, d’informatique et environnement numérique …).

    Il aura fallu trente ans pour que la distinction entre les filières ES et STG soit enfin écornée, et qu’un rapprochement s’opère. Prochaine étape : la fusion pure et simple. Vite, vite ! Dommage d’ailleurs : on a raté l’occasion de le faire de suite, dans le cadre de cette réforme.

    On me dit qu’il y aura trop de profs de SES dans le futur lycée : tant mieux car ainsi, certains seront contraints d’enseigner le droit, les sciences de gestion … Bref : ils descendront de leur piédestal.

    Et si leur revue gauchiste “Alternatives économiques” devenait par la même occasion “Alternatives économiques et de gestion”, ça serait le top !

    Merci Monsieur le ministre, et tenez bon !

    Jean, prof d’éco-gestion à Paris

  29. B. Magliulole 04 nov 2008 à 10:18

    Réponse à “les SES l’ont bien cherché”

    Bigre, on peut dire que vous n’y allez pas de main morte ! Quelle frustration inscrite en vous, quelle colère accumulée tout au long de vos 20 années de métier de prof d’éco-gestion, pour vous livrer à de telles attaques !

    Etes-vous sûr que ce soit la bonne façon de traiter le problème ? Comme si la réforme du lycée général et technologique se réduisait à un conflit de disciplines, pour ne pas dire (en ce qui vous concerne) de personnes ? Ne trouvez-vous pas que les enjeux valent la peine qu’on prenne un peu de hauteur par rapport au niveau où vous vous situez ?

    Vous dites avoir rencontré trop souvent des professeurs de SES qui vous ont “pris de haut” (je vous cite). Et pour cette raison, vous êtes content de les voir souffrir aujourd’hui, et vous vivez comme une revanche le fait que cet enseignement souffre grandement (c’est vrai) de ce projet de réforme. Moi, ça me rappelle les années sombres de la collaboration, et le racisme rampant de certains “bons français” revanchards contre les juifs, et bien d’autres boucs émissaires. Vous trouvez que j’exagère ? Moi aussi je trouve que vous exagérez. Je grossis le trait ? C’est vrai ! Mais c’est pour vous dire que vous en faites tout autant.

    Soyons sérieux et voyons les choses autrement … si vous le pouvez.

    Mon point de que est que, compte tenu de ce qu’est à cette date le projet de réforme du lycée, ce n’est pas en réduisant, ainsi qu’on se prépare à le faire, l’enseignement des SES dans le futur lycée, qu’on permettra aux professeurs des autres disciplines (dont la votre) de continuer de travailler dans des conditions normales de bon exercice du métier de prof. Si je peux me permetre un point de vue : en attaquant les profs de SES, c’est l’ensemble des profs qu’on attaque. Et j’en dirai autant si l’enseignement d’économie-gestion était dans la situation de celui des SES, et vice versa.

    Vous dites que dans le passé, trop fréquemment, la filière G/STT/STG a été présentée comme étant une instance de relégation par rapport à la filière B/ES. C’est vrai : je suis d’accord avec vous sur ce point. Mais en quoi les professeurs de SES sont-ils responsables de cet état de fait ? Vous devez bien comprendre que la source de ce phénomène (et les profs de SES pourraient en dire tout autant que vous si on compare “l’image” de la série ES par rapport à la S) tient à un phénomène sociologique bien connu, qui est la hiérarchie déterminée socialement des filières de lycée : en haut de la pyramide des “images”, les filières générales, avec le bac S en tête, derrière en effet, les filières technologiques (avec le bac STG, et d’autres), et tout en bas, les filières professionnelles. Soit dit en passant, s’il y a quelque chose que je reproche à cette réforme, c’est qu’elle est passé à côté d’une occasion de remettre en cause cette hiéarchie.

    Comment croyez vous que raisonnent les professeurs d’économie-gestion (et de SES, je vous le concède), lorsqu’ils sont dans la peau d’un parent d’élève, et pas seulement d’un prof ? Ils cherchent pour la plupart à faire faire à leurs rejetons chéris un bac S d’abord ! C’est un peu schyzophrénique, je vous le concède, mais c’est ainsi : “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais” pourrait être le leitmotiv de beaucoup d’entre eux. Le prof soutien de sa discipline, et de la série (STG vous concernant) qui la porte principalement, s’efface alors devant le parent d’élève. C’est un grand classique que je connais bien !

    Alors, plutôt que de ne regarder ce projet de réforme qu’à travers le prisme très déformant de la frustration que vous semblez avoir trop fortement accumulée depuis tant d’années, et de vous chercher de tels boucs émissaires, je vous invite à réfléchir à une question toute simple : et si , avec les professeurs de SES et d’autres, vous étiez objectivement solidaires en cette affaire ?

    Je ne m’attend pas à vous avoir convaincu, tant vos propos sont outranciers et témoignent d’une atteinte profonde à vos fondements personnels qu’il sera extrêmement difficile de compenser. Mais je ne voudrais pas que d’autres lecteurs pensent que j’accepte de laisser passer de tels propos.

    Un dernier mot avant d’en finir avec ce message, concernant votre qualificatif de “gauchiste” à propos de la revue “Alternatives économiques”. Je vous laisse évidemment la responsabilté d’une telle présentation, et il ne me revient pas de la défendre. Mais il ne vous échappera peut être pas que depuis nombre d’années, cette revue, très appréciée de nombre de professeurs de SES (et c’est sans doute ce qui vous fait déraper une fois de plus), l’est aussi de professeurs d’économie-gestion qui, de plus en plus nombreux, s’y sont abonnés, sensibles au fait que, de plus en plus, cette revue traite de questions touchant à la vie des entreprises, à leur gestion … Mais aussi de questions économiques et sociales qui, je l’espère pour vos élèves, ne sont pas absentes de vos enseignements.

    Il va de soi que cette “tribune” vous reste ouverte si vous le désirez. Je ne doute pas que vous aurez envie de réagir à mon commentaire.

    Merci cependant d’avoir ainsi participé au débat.

    Bruno Magliulo

  30. rogelle 04 nov 2008 à 11:00

    Cher collegue d’éco gestion
    Apparemment, vous vous réjouissez de nos difficultés car vous avez rencontré des profs de SES qui vous prenaient de haut…C’est possible…le lycée est parait il constitué par une hiérarchie de mépris (cf “les lycéens” de Dubet)…c’est possible et c’est triste.
    Personnellement, j’enseigne depuis plus de vingt ans dans un lycée où il n’y a pas de STG et pendant longtemps , certains collègues (voire certains élèves) m’ont fait sentir le mépris qu’ils avaient pour les B puis les ES…mes élèves l’ont aussi ressenti. Aujourd’hui c’est plutôt fini et c’est le résultat d’un long travail; hélas, ce travail de vingt ans, je le vois remis en cause par darcos pour de mauvaises raisons; il y a de quoi être amer, n’est ce pas?
    Je signale que j’ai été, par choix, élève de B dans les années 70 et que j’ai ressenti aussi le mépris de certains élèves de S et de L (pas tous, heureusement), qu’un de mes fils fait un bac pro compta (et j”en suis heureux, je n’en ressens aucune amertume), que ma mère, antillaise, est de la même couleur qu’Obama et qu’elle a eu l’occasion de sentir du mépris dans les années 60. Pour autant je n’en veux ni aux blancs, ni aux élèves de STG, ni aux élèves de S ou de L, ni à qui que ce soit.
    Pour lutter contre ce mépris, j’ai participé à la mise en place d’une banque de témoignages d’anciens bacheliers Eco et à la promotion des prépas voie Eco. Avez vous recherché ce que faisaient vos anciens élèves? Vous verriez sans doute que nombre d’entre eux ont mieux réussi professionnellement que des bacheliers généraux. Avez vous récupéré leurs témoignages? Avez vous fait la promotion des classes prépas voie technologique qui sont insuffisamment développées?

    Cordialement (quand même, car je sais que le épris de quelques cons peut blesser)

    Thierry

  31. Durepairele 04 nov 2008 à 12:06

    Bonjour à vous, prof d’éco-gestion.

    J’avoue ma surprise devant une telle vindicte. J’ai travaillé dans un lycée qui avait une STG (STT à l’époque). Non seulement je m’entendais très bien avec l’enseignante d’éco-gestion de cette section, mais j’admirais le travail fait avec les élèves (et j’enviais les moyens matériels mis à leur disposition), qui étaient aussi très passionnés, particulièrement autonomes dans leurs initiatives, et bien éloignés du moindre complexe.
    Nous ne sommes nullement en “concurrence” : faudrait-il que nous ayons tous le même fonctionnement intellectuel, les mêmes centres d’intérêt ? Quel triste monde !
    Si préjugés il y a, ce n’est pas de nous qu’ils viennent. Pour avoir passé pas mal d’heures à me battre avec des parents pour leur faire admettre que STG ouvre les mêmes débouchés que ES. Pour voir avec désolation nos meilleurs élèves partir en S - même lorsqu’ils n’aiment pas les Maths - parce que “ma fille vaut bien mieux que ES” ainsi que me l’a dit une fois une mère d’élève. Pour avoir régulièrement des élèves retoqués en BTS faute d’un dossier suffisant pour faire concurrence à un bon élève de STG.

    En ce qui me concerne, je ne me considère pas comme capable d’enseigner vos disciplines : je ne suis pas compétente pour cela.
    Par contre si vous regardez autour de vous, vous verrez des professeurs de SES qui asurent - et avec plaisir - des cours de STG.

    Des idiots qui se croient sortis de la cuisse de Jupîter, il en existe dans toutes les disciplines. Ce serait désolant que vous en fassiez une généralité.

    Enfin, je crains que vous ne vous mépreniez sur l’avenir. les réductions de postes ne se limiteront pas aux SES. Vous n’êtes pas plus que nous en tronc commun en 2nde. Les lycées généraux n’auront pas recours à des profs de STG pour ouvrir un module de “sciences de gestion”, pour des raisons évidentes de clientélisme avec l’ouverture de la carte scolaire.
    Vous vous trompez de combat : ce n’est profs de STG contre profs de SES. Mais avec.
    Avec ma cordiale et navrée estime.

  32. B. Magliulole 04 nov 2008 à 12:28

    Commentaire des commentaires de Rogel et Durepaire

    Merci d’abord pour vos contributions respectives à ce débat ouverty par le commentaire de notre colègue professeur d’économie-gestion.

    Largement d’acord avec vous.

    A propos de vos positions, j’y note un point commun que je crois bon de relever : vous mettez en lumière, chacun à votre façon, quelque chose que je crois important, parce que sans doute très éclairante de la stratégie de certains. Il s’agit du fait que c’est une grande tradition de la “lutte des classes”, que d’écarter le risque de confrontation entre ceux qui ont des raisons objectives de le faire , en faisant de telle sorte que les classes ou catégories ou groupes (chacun ses concepts sociologiques et sa terminologie) les plus défavorisées, au lieu de se montrer solidaires (ce qu’elles devraient objectivement faire) se retournent les unes contre les autres. Une sorte de “détour de potentiel de conflit” en quelque sorte.

    Dans le cas présent, ces “groupes” sociaux défavorisés seraient les professeurs de SES et ceux d’éco-gestion (ou, dans les débats qui ont précédé la publication par le ministre de la grille horaire de seconde, ceux des SVT et physique-chimie). En opposant les “groupes” de professeurs les uns contre les autres, on détourne ceux-ci du vrai débat, du vrai terrain de confrontation.

    C’est un grand classique non ? Et c’est, par voie de conséquence, un grand “panneau” dans lequel des positions telles que celle de Jean, notre collègue prof d’éco-gestion, s’efforcent (consciemment ou inconsciemment) de nous faire tomber.

    Comme le dit fort justement celui qui signe “Durepaire”, ce n’est pas les profs de SES contre les profs d’éco-gestion, ça devrait être les uns AVEC les autres.

    Bruno Magliulo

  33. Excusesle 04 nov 2008 à 12:59

    Je suis professeur d’économie-gestion dans un gros lycée nantais. Je commencerai par faire part à mes collègues de SES l’envie profonde et sincère que j’ai de leur présenter des excuses, au nom de mes collègues profs d’éco-gestion, tant les propos de Jean sont outranciers et contre productifs.

    Oui Jean, les divers commentaires que je trouve après ton triste message, ont raison de dire que tu te trompes de cible.

    Crois-tu vraiment que la marginalisation de l’enseignement des SES va donner à celui d ‘économie-gestion la place que tu rêves de lui voir prendre dans le futur lycée ? Tu te vois déjà, en tant que parisien, enseigner l’éco-gestion (ou ses déclinaisons diverses en options promises par la réforme : droit, sciences de gestion, informatique et environnement numérique, et bien sur les technlogies diverses de gestion) dans un “grand” lycée du type Henri IV peut être ? Mais si tu crois vraiment ce genre de chose, c’est que tu n’as rien compris.

    Comme le fait très justement ramarquer Durepaire, prof de SES qui a dignement répondu à ton mel outrancier et dicté par la haine, dans le futur lycée : les SES et l’éco-gestion c’est “perdant/perdant”, du moins dans la mouture actuelle de ce projet de réforme.

    Il est clair qu’on n’ouvrira pas d’options (pardon, d’ “enseignements complémentaires” proposés au choix des élèves) de ce type dans les lycées qui n’ont actuellement pas de section STG. Crois tu véritablement que des crédits vont être débloqués pour cela ? Notre enseignement, dans un lycée largement décloisonné puisqu’il n’y aura plus de filière, au sens actuel du terme, risque même de pâtir de l’attractivité croissante de certains enseignements généraux largement placés en situation de “concurrence” (je déteste devoir dire cela) par rapport à nos enseignements. Ne te fais aucune illusion : nous sommes, pour d’autres raisons, tout autant dans “la ligne de mire” que les SES.

    Le vrai combat à mener ne se situe pas sur le mauvais terrain que tu as choisi. Il est sur le terrain de la solidarité avec tous nos collègues, de SES comme des autres disciplines. Contrairement à toi, je ne tomberai pas dans le corporatisme le plus détestable.

    Si tu voulais bien mettre ta colère et ton énergie au service d’un vrai combat, qui est d’essence collective et non disciplinaire, tu te et nous rendrais un bien meilleur service.

    Réfléchis à ce que je te dis.

    Michel, prof d’éco-gestion, Nantes

  34. curlierle 04 nov 2008 à 15:05

    A Jean,

    Je ne suis pas si surprise, Jean, de ta prise de position très (trop) extrême. L’Education Nationale s’est employée, par diverses réformes et objectifs non véritablement pensés pour le long terme à diviser les élèves et aussi les profs; (entre autre, le 80 % de réussite au bac et le désaveu de tout ce qui fait trop techno, trop manuel…..).
    Fin de la troisième “ya ceux qui peuvent” réussir dans l’enseignement général” et “ya ceux qui peuvent pas” et qui font pousser un soupir de soulagement aux prof en conseil de classe du troisième trimestre quand ils décident par eux même de se retirer de la voie royale ….sage décision dirons nous …sous entendu….il ne peut rien faire d’autre…et ça nous enlève la décision fatale de faire nous même le sale boulot.
    Et pour ceux là, il faut aussi des profs…sous entendus des profs de la voie non royale….
    Je suis prof de SES(….de la voie royale) et je pense très fort que plein de gamins de talent n’ont rien à faire en SES, ni en S, ni en L mais seraient tellement mieux ailleurs….si cet ailleurs n’était pas si dénigré par leurs parents, par le conseil de classe, par les prof, et par eux même, finalement par la société toute entière…
    Alors tu aurais toi aussi le sentiment que ton boulot est valorisé.
    Tu sais, moi aussi en tant que prof de SES, je ne suis pas sur un même niveau d’égalité avec mes collègues de S….Je ressens cela tous les jours et à chaque conseils de fin de seconde: pas bon en math, pas bon en français….les ES lui iront très bien….
    Si par malheur, il est bon en math et qu’il veut faire ES, il va subir une pression incroyable pour changer son choix…

    Ce n’est pas contre les profs que tu dois lutter mais faire entendre ta voix, pour montrer avec tes collègues que vous avez votre place, que des gamins (dont le mien d’ailleurs et j’en suis fière) ont trouvé une autre voie, qu’il s’y sentent bien, qu’ils réussissent.
    Courage et ….si je puis me permettre…Alter éco c’est quand même pas mal…..

    Agnès

  35. F. Combellele 04 nov 2008 à 21:27

    Une petite anecdote vécue au tout début de ma carrière de professeur de SES, il y a une dizaine d’années. Dans ce gros lycée de sous-préfecture, le collègue d’éco-gestion qui assurait traditionnellement le cours d’économie général en BTS avait pris sa retraite. À la rentrée, le proviseur confie ce cours à un collègue de sciences économiques et sociales, agrégé, formateur à l’IUFM. Que croyez-vous qu’il arriva ?
    Du jour au lendemain, les “chers collègues” d’éco-gestion qui faisaient du vélo avec lui depuis 20 ans ne lui ont plus adressé la parole. Alors, qui méprise qui ?

    J’espère pour toi, camarade Jean, que tu n’enseigne pas dans ces sections post-bacs tertiaires (tu sais, celles qui sont payées 1h25 pour une heure de cours !) Parce qu’en cas de fusion SES/éco-gestion, tu pourrais bien avoir la revanche amère.

  36. B. Magliulole 06 nov 2008 à 10:17

    Réponse à F. Combelle

    Merci d’abord pour ce commentaire.

    Il est vrai que si l’on va vers un rapprochement, voire une fusion des deux corps d’enseignement (SES et éco-gestion), il faudra TOUT partager, y compris les enseignements économiques et juridiques dispensés en STS, qui, en l’état actuel des choses, constituent une sorte de “chasse gardée” que protègent jalousement les professeurs d’économie-gestion, et leurs inspecteurs (et on le comprend vu les avantages que procurent de tels enseignements qui, en effet, sont payés 1,25 heure pour une heure faite…, et permettent aux professeurs qui en sont chargés d’être payés sur l’année entière le plus souvent … alors qu’en fait, avec les stages en entreprise des élèves et les périodes d’examen, ils n’ont ces élèves que six mois par an !)

    En réalité, ce qui se dessine dans le projet de réforme n’est pas une fusion pure et simple, mas un rapprochement des deux corps. En effet, dans le futur parcours “sciences de la société”, il est annoncé que, parmi les enseignements complémentaires au choix, les élèves pourront, entre autres, opter pour ceux de SES (bien sur), mais aussi de droit et de sciences de gestion. Comme chacun sait, ces deux derniers enseignements sont actuellement confiés aux professeurs d’économie-gestion. Par contre, les enseignements technologiques restent à part, et ne seront proposés que dans le parcours “technologies”.

    Que croyez vous qu’il va se passer dans les lycées où, actuellement, il n’y a pas de filière STG (très nombreux dans le privé sous contrat, nombreux dans le public). Je fais le pari qu’on n’y nommera que très peu de professeurs d’éco-gestion. A l’évidence, soit on n’offrira que l’enseignement complémentaire de SES, soit on confiera à un prof de SES le soin de prendre en charge ces deux enseignements nouveaux (droit et sciences de gestion). Quand aux établissements où se côtoient des professeurs de SES et d’éco-gestion, il est clair que les premiers seront prioritaires pour les enseignements de SES, et les seconds pour ceux de droit et d’éco-gestion, mais qu’à la marge (à la marge seulement), un certain mélange des genres pourra se mettre en place.

    Au total, à mes yeux, le mélange sera marginal. Mais il est vrai qu’on aura créé un précédent, et que la porte sera ainsi ouverte à une évolution qui, à plus ou moins long terme, pourra conduire à un rapprochement plus étroit, surtout si on continue ainsi qu’on le fait depuis 20 ans, de “detechnologiser” les filières technologiques, en les rapprochant de plus en plus de la filière générale. N’est-ce pas ainsi qu’il faut interpréter l’évolution qui a conduit l’ancien bac G à devenir un bac STT, puis STG, et ce qu’il dévient dans la réforme du lycée ?

    Bruno Magliulo

  37. Prinicipalle 06 nov 2008 à 10:28

    Je suis principal d’un collège de la banlieue de Rennes.

    Est-ce que nos chers dirigeants réalisent qu’en ce moment, les parents et les élèves de classe de troisième sont littéralement angoissés, et les professeurs principaux ne le sont qu’à peine un peu moins ?

    Le Ministre a balancé en pâture ce qui n’est qu’un projet de réforme “encore susceptible d’évoluer”, et dont nous ne connaissons avec quelques détails (et encore) que la classe de seconde. Or, nous, humbles serviteurs de terrain, nous devons commencer à informer les parents et élèves de troisième en vue de la campagne d’orientation. Que pouvons-nous leur dire ? Quand ce qui n’est encore qu’un projet sera-t-il officiel ? Quand saurons-nous ce qu’il y a derrière la classe de seconde (le futur cycle terminal du lycée réformé) ? Quand l’ONISEP mettra t il à disposition des informations claires, stabilisées, fiables en quelque sorte … ?

    Bref, réalise t on en haut lieu qu’à avoir voulu mettre en oeuvre cette réforme de façon aussi précipitée, on se prive de la possibilité de la mettre en lace dans les meilleurs conditions possibles ?

    J. Principal d’un collège

  38. B. Magliulole 07 nov 2008 à 11:39

    Réponse à “Principal”

    Oui, je n’ai aucun doute sur le fait que nos chers dirigeants savent parfaitement que cette réforme est installée dans la précipitation, et que par voie de conséquence, les conditions pour qu’elle s’installe efficacement ne seront pas réunies. Ce que vous dites pour les familles est vrai. On peut évidemment en dire autant pour les professeurs, les personnels de direction (dont vous faites partie), et tous les acteurs concernés.

    Alors pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir sagement attendu la rentrée 2010 pour mettrre cette réforme en oeuvre , ce que proposent beaucoup de personnes qu’on ne veut pas écouter ?

    Il y a probablement un problème de calendrier politique. Il ne vous aura pas échappé qu’en mettant en place la nouvelle seconde à la rentrée 2009, puis 2010 en première, 2011 en terminale, et nouveau bac en 2012, on est pile dans … le calendrier présidentiel. Cela sera une réforme aboutie qui figurera favorablement dans le bilan du candidat sortant désirant refaire un tour de cinq autres années. Et puis il y a sans doute la volonté de l’actuel minsitre de l’Education nationale de faire de telle sorte que son nom soit attaché au lancement de cette réforme, ce qui risque de ne pas être possible si on attend 2010. Je ne dis pas que ce sont des raisons objectives : ce sont des hypothèses de ma part, qui n’engagent que moi, mais que j’entend et lis ça et là.

    Il y a en outre la nécessité de répondre positivement à la commande du Ministère des finances qui oblige l’Education nationale à remettre chaque année entre 11OOO et 13000 postes, dans le cadre de la politique du “non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite”. Il est certes vrai que l’Education nationale se voit attribuer une sorte de “régime de faveur” qui réduit cette part de non remplacement à un tiers environ. Mais il faut les fournir et c’est évidemment très difficile. La réforme du lycée, qui réduit en partie le volume horaire d’enseignement (on passe de 31,5 heure en moyenne dans l’actuelle seconde à 30 h désormais), permet de procéder “en souplesse” à cet ajustement budgétaire, et il en ira de même d’ici 2012 avec le déroulement de la réforme.

    Ainsi s’explique très probablement, non pas la réforme elle même (je ne me range pas du côté de ceux qui déclarent que c’est dans le but premier de faire des économies budgétaires que cette réforme est faite, je crois que le but premier est de réformer ce qui doit l’être, et que les économies budgétaires sont une conséquence, et non une cause), mais le calendrier d’application précipité que vous dénoncez.

    Merci pour votre commentaire

    Bruno Magliulo

  39. Le vrai combatle 08 nov 2008 à 10:57

    Tout à fait d’accord avec les personnes qui trouvent cette bagarre entre “les gens de SES” et “ceux d’éco-gestion” absurde et contre productive.

    Je suis chef d’établissement et donc me fait discret (devoir de réserve), mais … je n’en pense, et n’agis pas moins, ne serait-ce qu’au niveau de mon syndicat. Ce qu’on nous prépare est une véitable usine à gaz qui va être ingérable en l’état actuel des crédits pédagogiques, des locaux. Un seul exemple : on va multiplier les groupes d’élèves (ne parlons plus de “classe”, puisque non seulement ils vont être répartis entre un plus grand nombre d’enseignements, mais avec la semestrialisation, il y aura les élèves qui arrêteront une discipline au deuxième semestre pour en prendre une autre, ceux qui continueront dans la même discipline avec forcément un programme différent par rapport à celui qui commenceront. Imaginez par exemple un élève qui attaque un enseignement compélemntaire d’espagnol 3e langue au premier semestre, et qui continue dans cette discipline au deuxième semestre : il aura évidemment un autre programme (sinon c’est absurde) que l’élève qui ne commencera la LV3 espagnol qu’au deuxième semestre, qui devrait logiquement avoir le programme de ceux qui ont commencé en septembre … Ouf, vous me suivez ! Avez vous conscience du nombre de “groupes élèves” que cela va représenter, pour la seule classe de seconde, et ensuite au fur et à mesure du déroulé de la réforme ?

    Et sur qui va tomber le devoir de mettre en place une organisation qui permette de le faire : les chefs d’établissements bien sur ! Moi, dans mon lycée, c’est strictement impossible compte tenu de l’architecture du bâtiment. Dans mon vieux bâtiment du centre d’une grande ville, je vais évidemment manquer de salles pour cela. Même en mobilisant le CDI (et donc en y interdisant partiellement l’accès pendant que des cours s’y déroulent), le compte n’y est pas. J’ai bien sur songé à utiliser la grande salle de cantine qui pourrait accueillir plusieurs groupes dans l’odeur de friture, mais alors pas de cantine à midi ! Et aux beaux jours il y aurait la cour de récréation, mais quid des jours de froid et de pluie ?

    Reste une autre solution (qui est peut être celle que nos gouvernants actuels espèrent nous voir mettre en oeuvre) : restreindre au maximum l’offre d’enseignements complémentaires, afin d’ajuster nos prestations éducatives à nos possibilités architecturales, ce qui revient évidemment à niveler vers le bas.

    Ce n’est qu’un exemple de blocage, j’aurais pu en prendre plusieurs autres.

    Alors, mesdames et messieurs les profs de SES et d’éco-gestion, mais aussi ceux de physique-chimie, de SVT, de maths et autres… Arrêtez de vous chamailler : ne voyez vous pas que la querelle des disciplines c’est le piège qu’on vous a tendu, et qui permet aux gens du ministère de vous écarter du vrai combat qui est évidemment de nature collective et solidaire ?

    Jean, proviseur d’un lycée comptant 1500 élèves, centre d’une grande ville de province.

  40. arnaudin sylviele 08 nov 2008 à 14:06

    le point de vue administratif est ici important, comment organiser une telle réforme avec soit disant de vrais choix pour les élèves, à moyens constants au mieux, à moyens moins surtout ? Comment laisser croire que l’on va ainsi lutter contre l’échec scolaire, proposer de vrais choix aux élèves ….?
    Je suis professeur de SES inquiète de la place qui est réservée à notre discipline c’est sûr, mais aussi convaincue que ce “combat” ne doit pas être limité à une discipline. Cette réforme remet en cause une certaine conception de la formation du citoyen et compromet davantage l’égalité des chances. L’heure n’est effectivement pas à la revanche (s’il y a lieu.??!) et aux règlements de compte stériles.
    sylvie arnaudin, professeur de SES.

  41. B. Magliulole 12 nov 2008 à 11:18

    Réponse au commentaire de Sylvie Arnaudin

    Indéniablement, la réforme du lycée est porteuse d’une restriction du volume horaire de formation offert aux élèves. Nul ne peut le nier, pas meme le ministre qui ne le nie d’ailleurs pas. Vous connaissez comme moi l’argument du Ministre, qui sur ce point n’avance pas de façon masquée : la France est le pays d’Europe qui impose aux élèves le volume horaire d’études le plus important, sans que pour autant, leurs “performances” (telles qu’apparaissant dans les résultats des études comparatives comme “PISA” ou autres, mais aussi à travers l’importance des taux de redoublement ou de l’échec à divers niveaux d’études) soit à la hauteur d’un tel investissement. Il faut donc changer la donne en les faisant travailler “autrement” (je parle bien sur aussi bien des élèves que des professeurs). Je ne dis pas que cette analyse est bonne ou mauvaise : je me contente de la rappeler car c’est un éclairage qu’il faut bien prendre en compte si on veut comprendre (je ne dis pas “admettre”) ce qui est au coeur de cette réforme.

    Concernant la quête de meilleure préparation des élèves du secondaire aux exigences de l’enseignement universitaire (qui est un des objectifs affichés, le ministre trouvant que près de 50% d’échec en premier cycle universitaire c’est insupportable … et qui pourrait dire le contraire sur ce point), il a déclaré que l’un des axes de la réforme vise à développer les capacités d’autonomie des élèves (valeur suprême parait-il pour la réussite en milieu universitaire) en accroissant la part des enseignements au choix des élèves, au détriment des enseignemets de tronc commun. Ainsi, en seconde, acuellement, ils ont le choix entre deux enseignements de détermination (dont la LV2 qui est quasi incontournable, et que beaucoup de lycées rendent en fait obligatoire), alors que dans la seconde de la réforme, il pourrait en choisir quatre (deux fois deux puisque ce sera deux “enseignements complémentaires au choix” par semestre. Certes, il sera parfois possible de garder un tel enseignement deux fois sur l’année, mais il sera aussi possible d’en choisir trois ou quatre, selon les combinaisons, et comme la LV2 bascule dans le tronc commun, on accroitrait de ce fait le potentiel de choix d’orientation post seconde, et la seconde serait plus qu’aujourd’hui une vraie seconde détermination.

    Bien plus, en première puis terminale, on annonce (mais ce sera à vérifier lorsque les grilles horaires officielles seront publiées) un accroissement de la part des enseignements au choix (20% en seconde, ils passeraient à 40% en première et 45% en terminale).

    Mais il est vrai qu’en contre partie, le volume horaire global d’enseignement subira également une baisse en première et terminale, ce qui justifie aux yeux de certains l’accusation faite d’une réforme qui viserait avant tout à réaliser les économies budgétaires que l’on connait. Je ne sais si cette réforme a été faite pour cela, ou si cela est une conséquence d’une réforme qui viserait avant tout à modifier le lycée afin de le rendre plus efficace qu’aujourd’hui. Chacun son point de vue sur ce point, mais le doute est permis.

    Quand au (triste) sort qui semble fait (sous réserve d’éventuelles modifications qui pourraient encore survenir puisqu’à ce jour, rien n’est officiellement “bouclé”) à l’enseignement des SES, je vous donne totalement acte qu’il est terrible. Comment expliquer qu’un enseignement qui, ces trente dernères années, a su conquérir l’intérêt d’un nombre croissant d’élèves chaque année, soit à ce point attaqué, marginalisé, depuis deux ans. Certes, ce n’est pas nouveau : de tous temps, le succès de cet enseignement, et de la série économique et sociale (ex “B”) dont il est l’enseignement structurant, a été l’objet d’attaques.. et corrélativement d’un déficit criant de soutien de la part de certains de ceux qui devraient être en première ligne pour cela. Mais là, c’est une attaque en règle, concertée, concentrée … Qui veut la peau du soldat “SES” ? Et pourquoi ? Sur ce point, je vous renvoie aux divers articles que j’ai écrit sur ce sujet par ailleurs sur ce blog. Je vous renvoie aussi aux analyses de l’APSES bien sur.

    Alors oui bien sur, ceux qui se battent en ce moment ont intérêt à dépasser les logiques catégorielles, mais je suis convaincu que le précepte “aide toi et le ciel t’aidera” est désormais de mise en ce qui concerne la défense de l’enseignement des sciences économiques et sociales.

    Merci pour votre commentaire

    Buno Magliulo

  42. B. Magliulole 12 nov 2008 à 13:00

    Réponse à Jean, “le vrai combat”

    Votre commentaire me semble exemplaire. Il va tout à faitd ans le sens d’une nécessaire mise au point qui doit être faite auprès de celles et ceux qui s’opposent en tant que “victimes” disciplinaires de la réforme : SES contre éco-gestion, SVT contre physique-Chimie et/ou maths, etc.

    Je ne nie évidemment pas que le sort fait à certaines disciplines dans cette réforme est très criticable, et je pense notamment aux SES qui sont parmi les principales victimes, comme beaucoup ont raison me semble t il de le dénoncer. Mais le fait d’éventuellement se pencher sur le sort des professeurs de SES, qui n’est bien sur pas anodin, ne doit pas faire oublier l’essentiel qui est de savoir si cete réforme, telle que présentée GLOBALEMENT, avec son calendrier, ses conséquences pédagogiques et budgétaires, est une bonne réforme ou pas. Là me sembe être la question de fond non ?

    Bruno Magliulo

  43. Pinocchiole 12 nov 2008 à 13:52

    Je travaille dans un lycée français d’Italie ou j’enseigne les sciences physiques et la chimie.

    J’avoue ma stupéfaction à la lecture de certaines contributions exprimées par certains sur ce blog , à propos de la place des enseignements scientifiques dans le lycée réformé.

    Oui, les profs de physique-chimie et de SVT ont eu raison de se battre contre le premier projet qui expulsait les sciences du tronc commun de seconde. Cela aurait voulu dire que dans ce pays, les sciences ne font pas partie des enseignements fondamentaux ! Il n’aurait plus manqué que cela ! Trouvez moi un pays, un seul, ou il en va ainsi . Nous aurions été les seuls.

    On dit que la France manque de scientifiques, et vous croyez que c’est en retirant les sciences des enseignements de tronc commun en seconde générale et technologique qu’on aurait résolu le problème ? C’aurait été une terrible erreur et une vraie régression.

    Alors, j’entend bien les cris d’orfaie de tous ceux qui interviennent dans des disciplines non reconnues comme étant fondamentales (les divers enseignements technologiques, les SES, les lettres classiques, les arts, les langues vivantes 3 …) qui réclament d’en être aussi, par peur d’être marginalisées. Croyez bien que je compatis, mais ce n’est pas sérieux. Est-ce qu’ils veulent sérieusement en être, tous ? Une seconde avec un vaste tronc commun de 50 heures par semaine quoi !

    Il y a des moments ou il faut bien que la raison l’emporte, et il me semble que dans la grille présentée après introduction d’un module d’enseignement des sciences expérimentales dans le tronc commun de seconde, on est parvenu à un équilibre qui tient la route.

    Tout le monde n’est pas satisfsait ? Sans doute, mais il est où ce lieu, cet espace où tout le monde serait satisfait ? Bon j’arrête, parce que si je me mets à raisonner ainsi, on va m’accuser de vouloir mettre de la philosophie dans le tronc commun de seconde.

    Giorgio, prof de physique-chimie, lycée français d’Italie

  44. éléprole 12 nov 2008 à 13:58

    Et que deviennent, dans le nouveau lycée, les classes passerelles qui permettaient jusque là aux bons élèves de terminale BEP (deuxième année du lycée professionnel) de se réorienter vers les premières technologiques via les “premières technos d’adaptation” ? Je n’ai rien vu sur ce point et cela m’inquiète.

    Chaque année, cette “voie passerelle” me permet d’encourager très efficacement certains bons élèves en leur demandant de réfléchir à une telle opportunité. j’enseign,e depuis dix ans, et j’ai ainsi ermis à une trentaine de mes anciens élèves de passer en voie technologique, puis de passer effricacement dans l’enseignement supérieur. be

    Or, dans le cadre de la réforme (en cours celle là) du lycée professionnel, les classes “termionale BEP” disparaissent progressivement. Et côté “nouveau lycée général et technologique”, rient n’est dit sur l’avenir de ces classes passerelles.

    En savez vous plus que moi sur ce point ?

    Merci de me répondre.

    gérard, professeur de lettres-anglais en lycée professionnel.

  45. B. Magliulole 12 nov 2008 à 16:48

    Réponse à élépro

    Je suis un peu comme vous : démuni d’informations sur l’avenir des classes de première d’adaptation. Seule certitude : cette question est soulevée par la réforme (en cours en effet) du lycée professionnel, et non de celle du lycée général et technologique puisque les voies technologiques sont confirmées dans le lycée réformé.

    A l’heure actuelle, les élèves doivent avoir obtenu le BEP avant de se porter candidats pour une telle réorientation. Or, dans le cadre de la réforme du LP, les classes terminales BEP disparaissent progressivement au profit d’un parcours en trois ans : seconde pro, première pro puis terminale pro. Que va t il se passer ?

    Le plus probable : le maintien de ces classes accessibles à l’issue d’une première pro, soit toujours deux ans après la classe de troisième, comme aujourd’hui. Une telle décision ne changerait en rien la durée globale du parcours d’études secondaires jusqu’au bac : 4 ans en tout.

    Est-il envisageable qu’on accepter une telle réorientation dès la fin de la nouvelle seconde professionnelle ? Au yeux de la plupart des professeurs de l’enseignement technologique, ce ne serait pas raisonnable : les élèves issus de cette classe seraient trop mal armés pour la plupart pour affronter de telles contraintes un an après seulement au lieu de deux aujourd’hui.

    Mais nous n’en sommes qu’à formuler des hypothèses puisqu’aucune décision n’a encore été prise à ce jour … bien que la question se pose pour ceux des éèves qui sont entrés dans la nouvelle filière “bac pro en trois ans” sans passer par la case BEP. Je ne doute donc pas qu’une réponse officielle vienne très prochainement.

    A suivre !

    Merci pour cette contribution

    Bruno Magliulo

  46. B. Magliulole 12 nov 2008 à 16:57

    Réponse à Pinocchio

    D’accord avec vous pour dire que supprimer les enseignements de sciences du bloc fondamental aurait été une hérésie. C’était pourtant l’idée du Ministre jusqu’à la mi octobre, mais le bon sens a fini par prévaloir, et c’est tant mieux.

    Mais la mariée n’est-elle pas désormais trop belle ? Autant je comprend qu’on ait réintroduit un module de trois heures par semaine de “sciences expérimentales” dans le tronc commun, autant je ne comprend pas pourquoi on propose en plus, parmi les “enseignements complémentaires” au choix des élèves (donc en plus des maths et sciences expérimentales du tronc commun), des enseigneents de SVT, de la physique-chimie, un approfondissement en maths, de l’informatique … N’en jetez plus !

    Résultat : alors que l’un des buts annoncés de la réforme était de rééquilibrer l’attractivité des diverses voies d’études, de facto, on permettra aux élèves de se shooter au profil “S”, bien plus que dans la seconde d’aujourd’hui. Comprenne qui pourra !

    De plus, les dommages colatéraux sont nombreux : plusieurs disciplines, dont le choix est lié au choix éventuel des élèves (les arts, les LV3, les disciplines technologiques, artistiques, les sciences économiques et sociales, l’économie-gestion …) vont inévitablement être marginalisées, les élèves (et les parents derrière) se montrant bien sur très attirés par l’idée de choisir des disciplines qui faciliteront une orientation vers la voie “sciences” (qui remplacera le bac S actuel), qui n’est pas près de perdre sa suprématie actuelle.

    Là me semble être le problème, et c’est en tous cas l’explication de la réaction de vos collègues de ces autres disciplines.

    Merci en tous cas pour cette intéressante contribution.

    Bruno Magliulo

  47. parent inquietle 14 nov 2008 à 10:06

    Je suis parent d’un élève qui est actuiellement en seconde. normalement, si je comprend bien votre article, il ne devrait pas être concerné par cette réforme, qui ne s’adresse qu’aux élèves actuellement en collège. Est-ce bien ça ?

    Et si mon fils redouble sa seconde (ce qui n’est pas impossible), ou échoue au bac dans deux ans et redouble sa terminale. Ne va-t-il pas être rattrappé par la réforme du lycée ?

    Or, passe encore en cas de redoublement de sa seconde, mais si cela survient alors qu’il découvre le nouveau lycée en terminale, mêlé avec des élèves qui s’y seront fait depuis deux ans, il va être très défavorisé non ?

    Que pouvez-vous me dire sur tous ces points

    Merci

    Philippe, père d’élève, Lorient

  48. B. Magliulole 14 nov 2008 à 11:14

    Réponse à “parent inquiet”

    Je comprend pleinement votre inquiétude, qui est évidemment partagée par beaucoup d’autres familles en ce moment.

    Oui, vous avez raison, la réforme ne concerne officiellement que les élèves (et parents) actuellement scolarisés au niveau collège, puisqu’elle se met en place en seconde à la rentrée 2009 (puis en première en 2010 et en terminale en 2011).

    Mais il va y avoir des “dommages colatéraux” qui sont en effet ceux que vous évoquez :

    1. Les redoublants de seconde en fin de la présente année scolaire (de l’ordre de 15% des effectifs de seconde chaque année). Pour ceux là, il n’y aura pas de problème d’ajustement puisqu’ils découvriront le “nouveau lycée” à son premier niveau d’enseignement (la classe de seconde). Mais ceux là seront bien concernés par la réforme du lycée.

    2. Les redoublants volontaires de première en 2010. Je dis “volontaires” parce que le passage de première en terminale est normalement automatique. Mais chaque année, un certain nombre d’élèves préfèrent consolider leurs acquis de première plutôt que de passer en terminale, et demandent à redoubler. Je fais le pari qu’en 2010, peu d’élèves le feront, car n’ayant pas suivi la nouvelle seconde, la “greffe” pourrait être difficile à prendre.

    3. Les élèves qui, à la session 2011, échoueront aux épreuves du baccalauréat. C’est pour ceux là que la situation sera la plus difficile car d’une part, s’ils échouent au bac (qui est devenu très facile) c’est qu’ils sont vraiment faibles, et que d’autre part, ils seront rattrapés par des élèves qui auront vécu les nouvelles seconde et première, ce qui ne sera pas le cas de redoublants en terminale. La greffe sera très difficile à prendre.

    Voila pourquoi il faut bien dire à votre fils … qu’il a intérêt à résussir son parcours seconde/terminale sans aucun redoublement.

    Merci en tous cas pour ce commentaire qui me permet d’apporter une utile précision sur un problème largement partagé en ce moment

    Bruno Magliulo

  49. directeur furieuxle 14 nov 2008 à 11:39

    Est-ce que nos dirigeants se rendent compte des conséquences que cette réforme va avoir sur le travail des chefs d’établissement ?

    Quelques exemples des difficiultés auxquelles je dois me préparer dans mon lycée :

    1. Que vais je faire avec les professeurs dont les horaires seront réduits (je pense aux SES, au latin, aux arts, aux langues 3…) et auxquels je ne saurai quel service confier ? Est ce que l’on sait en haut lieu que dans les établissements privés sous contrat les enseignants ne sont pas fonctionnaires, et n’ont donc pas la garantie de l’emploi, même quand ils ont réussi les concours (au contraire du public) ? Je vais donc devoir mettre en temps partiel imposé des enseignants qui ne le demandent pas, ne pas renouveler le contrat de quelques uns … Génial ! le “chef d’établissement manager” c’est donc ça !

    2. Comment vais je faire pour offrir des salles en nombre suffisant pour les multiples “groupes élèves” que cette réforme va créer, avec la multiplication des enseignements “modulaires optionnels au choix des élèves”. Comment pousser les murs, tailler des petites salles là ou il y en a des grandes … moi qui dirige un établissement classé dans lequel il m’est interdit de toucher à l’architecture externe et interne ?

    3. Comment vais je organiser les services des enseignants qui auront des activités fluctuantes d’un semestre à l’autre. Sur la base actuelle du “18 ou 15 h de service par semaine” (selon qu’ils sont certifiés ou agrégés), je n’y parviendrai pas. Est-ce que le ministre pourrait être plus franc du collier et dire que ce nouveau lycée ne pourra fonctionner qu’en annualisant le service dû par chaque enseignant… et ça ne va pas du tout leur plaire, d’où sans doute le scandaleux silence ministériel sur cet aspect des choses. La “patate” est trop chaude sans doute. Et qui c’est qui va devoir s’y coller ? Les chefs d’établissements bien sur.

    On a donc pondu une véritable usine à gaz… et on ne nous permet même pas d’y réfléchir avec un temps digne de ce nom pour mettre cette réforme (dont je ne discute pas les principes, mais les modalités d’application) en oeuvre. Monsieur le Ministre: la rentrée 2010 ç’aurait été très bien ! Pourquoi cette précipitation pour une apllication rentrée 2009 ?

    Merci en tous cas d’avoir ouvert cet espace de discussion sur un aussi grave problème. Que les profs se rassurent au moins sur un point : les chefs d’établissements sont con,scients eux aussi des difficultés.

    Bruno Magliulo

  50. B. Magliulole 15 nov 2008 à 12:37

    Réponse à “directeur furieux”

    Merci pour ce “cri du coeur” exprimé avec un certain courage compte tenu de votre statut de chef d’établissement. Vos colègues n’en pensent pour la plupart pas moins que vous … mais hésitent à s’exprimer publiquement (ah le sacrosaint “devoir de réserve” ! ).

    Tout ce que vous dites craindre est frappé du bon sens, et pose de vrais problèmes. Je crois que beaucoup de chefs d’établissements n’ont pas encore bien réalisé que ce qui se prépare c’est, pour leur métier, un bouleversement bien plus ample que pour les enseignants. En gagnant d’importantes marges d’autonomie, les chefs d”établissement et leurs adjoints vont devoir beacoup plus piloter la politique pédagogique interne, gérer les personnels de beaucoup plus près …

    Un exemple parmi d’aures : le module dit d’ “accompagnement des élèves”. Il est annoncé comme “sans programme national”. L’Etat fixe quelques règles encadrantes (ce sera obligatoirement du soutien, de l’approfondissement, de l’accompagnement du projet d’orientation), mais c’est tout : rien sur le contenu. Pour remplir le contenu, on dit “ce sera fonction du projet de l’établissement, du son public …”. Pourquoi pas, mais soyons clair : cela revient à demander aux équipes de direction de négocier avec les “ressources humaines” de l’établissement, et de présenter dans les instances paritaires internes (profs, autres personnels d’éducation, conseils d’administration …) des projets de “contenus maison”. Autrement dit, on vous demande de piloter une sorte de “commission interne de définition d’un programme”. C’est nouveau, ça vient de sortir ! Autre exemple : la désormais fameuse “semaine obligatoire consacrée aux bilans et à l’orientation” qui doit séparer les premier et deuxième semestre : il va falloir la piloter, organiser l’accueil des élèves durant les journées en questin … On pourrait prendre d’autres exempes.

    Alors vous avez parfaitement raison Monsieur le directeur. Les personnels de direction se voient par cette réforme nantis d’une importante délégation de compétence qui va changer la nature du métier. Je ne doute pas que parmi vous, il y en a qui appellent une telle évolution de leurs voeux. Et il y a les autres … Cst un peu come les professeurs non ? Même si ces derniers ne subissent pas les mêmes contraintes cependant.

    Merci en tous cas pour cette très intéressante contribution.

    Bruno Magliulo

  51. protalle 15 nov 2008 à 13:24

    Merci au chef d’établissement qui a eu le courage (limité cependant puisqu’il reste anonyme, mais je ne le lui reproche pas, d’autant que je fais la même chose), de faire part de son point de vue sur la réforme.

    Je suis moi même proviseur d’un lycée de province, installé au centre d’une grande ville.

    Je partage tout à fai le point de vue de mon collègue du privé.

    Je voudrais mettre le doigt sur une autre difficulté, qui tient à l’évoltion des besoins horaires en enseignement par discipline. Je vois sur ce blog que beaucoup de professeurs de SES sont inquiets pour l’avenir de leur discipline, et leur avenir personnel. Je peux leur dire que dans mon lycée c’est pareil.

    Objectivement, avec la nouvelle seconde, je prévois une forte diminution du besoin horaire de SES : il est clair qu’avec la concurrence qui va s’installer entre les “enseignements compémentaires au choix” (et notamment la présence des SVT, de la physique-chime, d’un module d’approfondissement en maths (sous réserve de confirmation dans le texte officiel à venir bien sur), une part beaucoup plus faible des élèves vont opter pour les SES en seconde. Dans mon lycée, nous tablons d’ores et déjà, sur les bases actuellement annoncées, pour une réduction de 30 à 35% des besoins horaires de SES en seconde. Concrètement, cela revient à reprendre un poste à un poste et demie sur les 5 que nous avons (je dirige un gros lycée, et nous avons près de quinze secondes).

    Et nous craignons que cela se prolonge dans le cyle terminal. Notre hypothèse est que nous allons avoir nettement plus élèves en “sciences” (S), un peu plus en “humanités” (L) et assez nettement moins en “sciences de la société” (ES) et ce compte tenu de ce qui va se produire en seconde. e fait d’écarter les profs de SES d’un nombre accru d’élèves de seconde ne va probablement pas jouer en faveur d’une envie d’orientation vers la voie “sciences de la société”. Mais j’ai conscience que là, je fais un peu de la lecture dans le marc de café : pour le cycle terminal, rien n’est vraiment fixé, et donc, il faut attendre.

    Je termine en signalant que les SES ne sont malheureusement pas la seule discipline ainsi menacée : nos prévoyons de grandes difficultés pour les services de nos professeurs des disciplines artistiques, de latin et grec classique, de LV3 aussi.

    J’ai évoqué cette question lors d’une récente réunion des chefs d’établissements, présidée par le recteur et en présence des inspecteur d’académie, consacée à la mise en oeuvre de la réforme du lycée. On m’a répndu que rien n’est encore certain, des “inflexions” pouvant encore survenir en seconde (!), mais que de toutes les façons, grâce à la flexibilité du travail des enseignants (!!), ils pourraient intervenir dans des “disciplines voisines”, faire du soutien “y compris en dehors de leur discipline”, intervenir en orientation, etc.

    Terrible réponse non ?

    Michel, proviseur

  52. […] également parmi les proviseurs divisés sur la portée et l’ampleur de la […]

  53. B. Magliulole 17 nov 2008 à 10:32

    Réponse à cbhb.org

    Merci de reformuler votre commentaire , parvenu tronqué et incompréhensible.

    B. Magliulo

  54. DK Directeur adjointle 17 nov 2008 à 12:45

    Une conséquence annexe de cette réforme

    Dans une matière le volume horaire prévu augmente: l’EPS
    De 2h on passe à un module de 3h. Dans mon établissement, les terrains de sport sont, en totalité, prêtés par la municipalité et cet accroissement du volume horaire de 50% me semble totalement ingérable.

  55. Ne tirez pas sur l'ambulancele 17 nov 2008 à 12:56

    Je suis proviseur d’un petit lycée (moins de 600 élèves) installé dans une zone rurale.

    Vu de “chez nous”, le débat sur l’avenir du lycée semble effarant.

    Est-il vrai que chaque année, près de 150000 élèves sortent de l’enseignement secondaie sans diplôme ni qualification professionnelle ? Est-il vrai que notre pays a le record des taux de redoublements en cours d’études secondaires ? Est-il vrai qu’à l’université , près de la moitié des bacheliers entrant en première année de licence ne parviennent jamais à un diplôme de licence ? Est-il vrai que les résultats de diverses études comparatives internationales (PISA et autres) attestent que les “performances” scolaires de nos 15 ans et plus sont médiocres au regard de ce que parviennent à fare les jeunes formés dans d’autres systèmes d’enseignement secondaire de par le monde ? Est-il vrai que notre pays est l’un de ceux qui inflige aux lycéens le volume horaire d’enseignement le plus important, sans que pour autant, leurs performances soient à la hauteur de cet investissement ? Est-il rai que … Allez : j’arr^te cette liste qui pourrait fort bien être beaucoup lus ongue.

    Et face à cea, nous assistons en ce moment à la grande union des corporatismes, sur le thème : “touche pas à mon lycée” !

    Quoi, il faudrait rester passif devant cette si médiocre efficacité constatée, avérée, prouvée, … et honteuse ? car c’est bien de cela qu’il s’

  56. B. Magliulole 17 nov 2008 à 13:09

    Réponse à DK Directeur adjoint

    En effet, vos mettez le doigt sur un autre avatar, dont l’honnêteté m’oblige cependant à dire qu’il n’est pas la conséquence de cette seule réforme. Il y a bien longtemps qu’assurer les enseignements d’EPS est chose extrêmement complexe dans des établissements qui ne disposent pas d’équipements sportifs pour cela, et doivent parfois jongler avec les horaires de déplacements, les emplois du temps, pour permettre de remplir les obligations que prévoient les grilles horaires officielles. Je connais dans le centre de Paris (ailleurs dans les grandes villes de province aussi) des établissements qui consacrent un tiers à la moitié du temps dévolu à l’EPS au seul déplacement vers un stade, une piscine…

    Vous me direz que se déplacer vers un stade, après tout, c’est faire du sport non ?

    Je plaisante bien sur, mais n’empêche : comment assurer cet enseignement avec rigueur et sérieux quand l’équipement qui permet de le faire est à trop longue distance de l’établissement ?

    J’ai conscience que tous les collèges et lycées ne sont pas dans de telles conditions, et que certains d’entre eux (tout particulièreent ceux qui ont été construits les plus récemment, en dehors des grands centres urbains) sont fort bien dotés. Mais c’est loin d’être le cas de tous.

    Merci pour cette contribution

    B. Magliulo

  57. Ne tirez pas sur l'ambulancele 17 nov 2008 à 13:28

    Désolé, mais mon mel est intempestivement parti alors que je n’avais pas terminé. La passion sans doute. Je termine donc

    Je disais donc que je trouve cette coalition des opposants à la réforme du lycée qui semble se structurer, navrante. Que cette réforme ne soit pas parfaite, bien sur (par exemple, un an de plus pour la mettre en oeuvre n’aurait pas été un luxe), mais elle a le mérite de tenter de s’efforcer de corriger un certain nombre de dysfonctionnements dont une partie de nos élèves (ceux issus des catégories sociales les plus défavorisées, soit dit en passant) sont les premières victimes. Alors je me range résolument du côté de ceux qui disent que c’est un véritable scandale que de voir des enseignants s’opposer à toute idée de mutation du lycée (et du collge, car il faudra bien s’attaquer ensuite au collège).

    Je croyais que l’école est avant tout faite pour les élèves, et une fois de plus, on assiste au triste spectacle de l’appropriation de l’école par une majorité (tous ne sont pas sur cette ligne défensive du “touche pas à mon lycée”, fort heureusement) d’enseignants réfractaires à toute évolution.

    Monsieur le ministre, tenez bon ! Ne vous laissez pas impressionner par la coalition des corporatismes qui se prépare, et va tenter de vous arracher par la force (et vous vererz : une fois de plus ils vont envoyer leurs élèves dans la rue) un renoncement auquel, au terme de trente années de carrière, je suis hélas très habitué dans notre maison. Nombre de vos prédécesseurs ont perdu leur honneur dans une demande d’armistice en rase campagne, alors que le courage aurait été de persévérer. Je crois en vous et je souhaite que vous n’ajoutiez pas votre nom à la liste de ceux qui ont abdiqué de toute vélléité de réforme ces dernières années.

    Proviseur en zone rurale

  58. G Drossardle 17 nov 2008 à 19:38

    Vous dites dans une de vos précédentes réponses que les voies technologiques sont confirmées.
    Pourtant dans le lycée (LPO) dans lequel se trouve actuellement mon fils en Terminale STI génie mécanique, j’ai cru comprendre que les personnels enseignants et administratifs avaient des inquiétudes aux sujets de la pérennité de ces filières. Les bac pro 3 ans ne font ils pas doublons avec certaines filières technologiques?
    Quelle offre de modules complémentaires, pourront proposer ces établissements spécialisés à leurs futurs élèves de 2nde. Le lycée en question propose des enseignements de détermination ITSI, MPI, SVT et SMS. Les élèves qui entre dans ce lycée qui n’est pas un lycée de secteur, ayants déjà une idée de leur future orientation. Pour 150 élèves de 2nde, une trentaine d’élèves s’orientent vers un bac général, les autres continuent vers les filières STI ou ST2S proposées dans l’établissement.
    Ghislaine parent d’élèves région parisienne

  59. Guinchardle 17 nov 2008 à 23:05

    Fatalement, ce débat sur les perspectives du lycée conduit à aborder des questions très nombreuses et hétéroclites quoique complémentaires. Je choisis donc de les numéroter, sans les hiérarchiser d’ailleurs.
    1) Les redoublements: indicateurs réalistes du “niveau” de la population scolaire ou technique assez typiquement française? Si on remet en cause le sacro-saint groupe classe (dont je ne suis pas fan, j’y reviens), ne faudrait-il pas un traitement sur mesure des élèves, au lieu du redoublement global et donc punitif, au moins subjectivement?
    2) Si on propose plus de choix aux lycéens, cela implique que les profs soient beaucoup plus présents pour aider les élèves dans leurs parcours: en tout cas, c’est apparemment comme ça à Helsinki. Or c’est exactement ce que les 600 délégués qui viennent d’être invités à écouter la bonne parole ministérielle ont revendiqué et déploré de ne pas voir se présenter. Mais ça ne colle pas du tout avec une politique d’amaigrissement des effectifs enseignants.
    3) Je me demande - je n’en sais rien - si les lycéens ne risquent pas d’être assez perplexes devant une offre élargie mais où il est quand même vrai que les représentants des sciences dures (au sens VRP aussi!) sont mieux… représentés que les autres. Par ailleurs, je crains que ce ne soit une prime supplémentaire pour les familles à capital culturel élevé (les parents profs!). Sauf encore une fois si on met en place des enseignants référents. Mais cela n’en prend pas le chemin.
    4) Un tabou ou du moins un terrain sur lequel personne n’ose s’engager: s’il y a des matières fondamentales, il y en a qui ne le sont pas. Levez la main, SVP. Je le fais: enseigner la philosophie en STG est parfois très intéressant, mais toujours assez frustrant face à des élèves qui ont bien du mal, avec des épreuves finales floues et un programme mal fait, et est-ce de “cela” que ces lycéens ont besoin? Je ne serais d’ailleurs pas déshonoré de faire un autre travail avec eux si cela était reconnu comme préférable.
    5) Le bac comme diplôme de sortie évaluant le niveau de réussite dans le secondaire, un scandale? On serait peut-être plus à l’aise pour participer aux jurys, et on laisserait les institutions d’enseignement supérieur s’occuper de la sélection des étudiants.
    6) De ma fenêtre, je trouve que dans la trilogie un prof / une matière / une classe, c’est encore le groupe-classe qui s’avère le plus dépassé. Entre collègues, nous constatons qu’il est devenu très difficile en général de s’adresser à tout un grand groupe permanent en même temps, nous allons donc vers l’individualisation en lançant les élèves sur un même travail personnel écrit en circulant pour aider chacun ou nous essayons d’organiser de petits groupes. Ce sont des palliatifs assez fatiguants au demeurant. Peut-être au collège est-il encore “structurant” de faire partie d’un groupe permanent, je n’en sais rien. Mais au lycée, non, sauf à considérer ce groupe comme protégeant l’élève des pressions du système: alos c’est que le système n’est pas bon. Je crois comprendre que le groupe-classe va échapper à la réforme, à la fois pour des raisons de commodité matérielle et budgétaire et parce que le SNES (principalement) en fait un casus belli… Quel dommage.
    7) Il semble que la réflexion sur l’articulation entre travail en classe et travail personnel en dehors soit absente du débat et surtout des projets. Or c’est crucial pour l’autonomie des élèves, alors que la tendance est à l’alourdissement du travail encadré sur place (cf. l’idée de semaines d’épreuves officialisées va tristement dans ce sens).
    Bref, tout cela est bâclé, assez faux jeton, idéologique, et mérite bien, faute de mieux, une grève massive jeudi prochain.

  60. B. Magliulole 18 nov 2008 à 9:02

    Réponse à G Drossard

    Oui, je persiste à affirmer que dans la réforme, la voie technologique n’est nullement supprimée … et c’est fort heureux. Que les profs des disciplines technologiques soient inquiets peut se comprendre, mais pas pour un risque de suppression des filières technologiques.

    Ce que beaucoup d’entre eux craignent, c’est que leurs enseignements soient choisis par un moins grand nombre d’élèves, donc qu’il y ait moins d’heures de leurs enseignements, donc des menaces sur leurs emplois, le recrutement de jeunes profs débutants par les concours, etc.

    D’un côté, comme vous le dites, l’émergence du lycée pro en trois ans qui va très probablement créer un pôle attractif auprès de certains élèves qui, jusque là, se dirigeaient vers les voies technolgiques. Ce ne seront pas des “doublons” comme vous dites, dans la mesure ou ce qui fait la différence entre voie technologique et voie professionnelle deumeure : d’un côté une vraie finalité professionnelle, donc une large majorité d’insertion professionnelle à la sortie et peu de poursuites d’études dans le supérieur; de l’autre côté, l’inverse. Il ne devrait donc pas y avoir de confusion des genres, et ce serait une erreur (pour les familles) que de prendre l’un et l’autre comme semblables.

    De l’autre côté, des enseignements et voies technologiques soumises à une plus vive concurrence par rapport à d’autres matières et filières. Jugez en : dans la future seconde (qui sera installée en sepembre 2009), les enseignements technologiques seront dans la liste des “enseignements complémentaires au choix” (comme aujourd’hui où ils sont dans la liste des “enseignements de détermination” au choix). Mais la différence est que la liste de ces enseignements au choix est beaucoup plus grande puisqu’apparaissent, en plus de ceux qui existent aujourd’hui, des “petits nouveaux “comme la physique-chimie, les SVT, l’approfondissement en maths, l’informatique et environnement numérique … Il y a fort à parier, compte tenu de la très forte attractivité des études seondaires scientifiques générales, que le nombre d’élèves qui choisiront des enseigneents complémentaires technologiques sera proportionnellement moins important qu’aujourd’hui. De plus, chacun sait que la majeure partie des élèves qui optent en fin de seconde pour une filière technologique, se recrutent parmi les élèves qui ont opté pour des “enseignements de détermination” technologiques. Si la part de ceux qui le feront dans le futur lycée diminue, il est logique de prévoir une réduction de la part des orientations vers les voies technologiques en fin de seconde.

    C’est cela que craignent (à juste titre selon moi), les profs de technologie.

    Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à être menacés par cette réforme : ceux de sciences économiques et sociales, de LV3, de latin, grec classique, arts … sont dans la même inquiétude qand à l’avenir de leurs enseignements respectifs.

    Merci encore pour cette contribution au débat et n’ahstez pas à y revenir si vous le souhaitez

    Bruno Magliulo

  61. B. Magliulole 19 nov 2008 à 13:52

    Réponse à Mr Guinchard

    Décidément Monsieur Guinchard, vous occupez plusieurs espaces de ce blog puisqu’en dehors du commentaire qui précède, vous en avez pacé un autre, tout aussi intéressant, en bas de l’article consacré au thème “Faut il supprimer le bac ?”. Merci.

    Concernant le premier de vos nombreux commentaires, celui dans lequel vous parlez du redoublement, vous pourrez constater, en lisant l’article que j’ai consacré à cette question (pour ou contre le redoublement ?) que je partage largement votre point de vue. Oui, je suis d’accord avec vous pour dire que si on réduit le redoublement et redéploie les moyens ainsi économisés (mazis ne préfèrera t on pas en reprendre la majeure partie, je crains que oui dans le contexte budgétaire actuel) au service de l’accompagnement indviduel des élèves en difficulté, on aura fait un grand pas en avant.

    D’accord aussi pour dire que la cure d’amaigrissement (suppresssion d’emplois de profs) est antinomique des affirmations ministérielles sur la nécessité de mieux encadrer les élèves, et ce de façon plus individuelle, donc moins en “groupes-classes”.

    Sur le tropisième point, je suis de ceux qui ne comprennent pas comment on peut vouloir d’un côté, replacer toutes les voies d’études du lycée dans ce que le ministre a qualifié d’ égalité de réputation et d’attractivité, et en même temps, renforcer ainsi qu’on le fait l’image et l’attractivité de la voie “sciences”, qui n’a jamais été aussi forte que dans ce projet de réforme.

    Concernant la place des disciplines “secondaires” dans une filière ) vous savez sans doute (voir sur ce point mon autre réponse à votre autre commentaire en bas de l’article consacré au bac) qu’il est envisagé d’étendre l’enseignement de philosophie aux classes de première, et que cela pourrait aller aux premières technologiques ! Rien n’est encore décidé cependant. A suivre !

    Votre position sur le bac est “politiquement très incorrecte”, vous le savez. Je suis prêt à parier que le ministre qui osera aller aussi loin, c’est à dire remette en cause le principe napoléonien de “droit à la poursuite d’études dans le supérieur”, n’est pas né. Est-ce que l’ “orientation active”, qui s’est mise en place ces deux dernières années, est une alternative crédible qui va permettre de mieux “réguler les flux” vers la première année universitaire, sans pour autant supprimer le droit au libre choix, sera suffisant ? Je n’y crois qu’à moitié, mais si cela aboutissait ne serait-ce qu’à une réduction significative du taux d’échec en premier cycle universitaire (près de la moitié des entrants en première année ne parviennent pas à la licence), je crois qu’on aurait bien progressé.

    Encore merci pour vos commentaires précis et circonstanciés

    Bruno Magliulo

  62. Et la STG dans tout ça ?le 19 nov 2008 à 14:17

    D’après ce que je sais, dans la grille des enseignements de la futire nouvelle seconde, parmi les enseigneents complémentaires au choix, il est possible de proposer “SES” et “initiation aux sciences de gestion”, et ces deux enseignements au choix sont présentés dans la “famille (sic) sciences de la société”.

    Or, il ne m’a pas échappé que dans la “famille technologies”, il n’est présenté aucun enseignement d’initiation aux technologies de la gestion.

    Dois-je comprendre qu’il y a fusion des actuelles filières ES et STG ?

    Ce serait énorme non ? Et je suis sidéré de constater que nul n’a relevé ce qui est loin de n’être qu’un détail !

    Michel, prof d’éco-gestion à Bordeaux

  63. B. Magliulole 19 nov 2008 à 14:31

    Réponse à “et la STG dans tout ça ?”

    Ce que vous écrivez concernant la classe de seconde est tout à fait exact. dans la liste des “enseignements complémentaires au choix” présentée officiellement par le minstère, à la rubrique “famille sciences de la société”, figurent les sciences économiques et sociales, et un enseignemet d’initiation aux sciences de gestion (ainsi qu’approfondissement en histoire-géographie) Par contre, dans la “famille technologies”, il y a toutes les initiations correspondant aux actuels bacs STI, arts appliqués, STL, ST2S … mais rien en effet qui correspond à la filière STG.

    Cest une vraie rupture par rapport à l’actuelle seconde de détermination, dans laquelle les élèves soucieux de se pré profiler STG, peuvent opter pour l’enseignement de détermination d’ICG (informatique de gestion et communication).

    Ainsi, en seconde, on donne un signal de net rapprochement des actuelles voies ES et STG.

    Est-ce que, pour autant, la section STG d’aujourd’hui va être rendue soluble dans la nouvelle voie “sciences de la société” ? Ce n’est pas encore certain (mais pas impossible). Pour le savoir, il faudrait qu ‘on ait plus de détailssur les enseignements qui figureront dans le cycle terminal (première et terminale) de la future voie “sciences de la société”, et, dans la voie “technologies”, ce qui pourrait être une “sous voie” technologies de gestion.

    Mais en l’état actuel des choses, le doute est permis, et rien ne dit que le scenario que vous envisagez soit infondé.

    Voila pourquoi je dis et redis qu’au lieu de se chamailler comme certains le font (voir quelques contributions agressives de profs d’éco-gestion précédemment mises en ligne sur ce blog), les profs de SEs et d’éco-gestion auraient tout intérêt à se considérer comme étant objectivement solidaires. Tel que c’est parti, entre les profs de SEs et ceux d’éco-gestion, cette réforme c’est “perdant/perdant”.

    Merci en tous cas pour cette contribution au débat

    bruno Magliulo

  64. Au secoursle 19 nov 2008 à 16:29

    Réponse au prof d’éco-gestion

    Je viens de lire l’argumentation du professeur d’éco-gestion qui, dans un message situé peu avant celui-ci, explique les raisons qui lui font penser que l’actuelle grille de présentation des enseignements de la nouvelle seconde portent une fusion “ES/STG”, et malheureusement, je trouve sa démonstration très convaincante.

    Je le pense d’autant plus qu’il y a un point qu’il n’évoque qu’en surface et qui vient augmenter le sentiment exprimé par lui : j’observe qu’en effet, les “technologies de gestion” sont le SEUL enseignement technologique qui ne figurent plus dans la liste des “enseignements complémentaires” au choix de la famille “technologies” (en seconde). Tous les autres y sont. Il faut donc bien considérer que cet enseignement est représenté par l’enseigneent complémentaire d’ “initiation aux sciences de gestion,” lequel est bien en effet dans la famille “sciences de la société”, qui va remplacer l’actuelle filière ES.

    On veut donc bien que l’actuelle voie STG soit soluble dans la voie ES. Notre collègue d’éco-gestion a raison.

    Du coup, je me pose diverses questions : les profs d’éco-gestion sont-ils d’accord avec ça ? Qu’en pensent-ils ? Que pensent-ils de la raréfaction du nombre d’élèves qui vont pouvoir opter pour l’enseignement d “initiation aux sciences de gestion”, qui pourrait être une menace sur certains de leurs emplois ? Et que pensent-ils surtout du risque de disparition d’une voie technologique tertiaire spécifique ? Ont-ils conscience que les menaces sur les emplois de profs d’éco-gestion sont bien pires que celles (réelles aussi) concernant les profs de SES ?

    C’est pourquoi je rejoins parfaitement Bruno Magliulo lorsqu’il écrit que de ce point de vue, les profs de SES et d’éco-gestion sont objectivement solidaires et devraient donc combattre de concert ce projet de réforme. Il parle de jeu “perdant/perdant” : il a hélas raison ! Raison de plus pour nous rapprocher de nos collègues d’éco-gestion, et faire cause commune avec eux. Dans mon lycée c’est décidé : je vais m’y employer car il y a le feu !

    Françoise, prof de SES, académie d’Aix-Marseille

  65. Georgesle 19 nov 2008 à 23:57

    Bonsoir,

    A la suite de la lecture d’un de vos commentaires, j’ai l’impression de cumuler “les handicaps”. Je suis prof de SES dans un établissement privé sous contrat d’association. Alors, quid de mon avenir professionnel, au vu de ce que vous écrivez. Je ne suis pas titulaire de mon emploi, certes ; mais est-ce que je peux être amené à perdre définitivement mon emploi d’enseignant ou alors être amené à enseigner d’autres matières ?
    Un enseignant inquiet pour son avenir !

  66. B. Magliulole 20 nov 2008 à 6:43

    Réponse à Georges

    Je comprend votre inquiétude : en effet, sauf quelques cas de professeurs de l’enseignement public détachés ou mis à disposition dans un établissement de l’enseignement privé sous contrat, tous les professeurs qui exercent dans le privé ont un statut d’agent contractuel, et ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire, et ce, même s’ils ont réussi aux épreuves de vos équivalents CAPET, CAPLP, CAPE, CAPES et agrégation (qui , et c’est pour la raison statutaire que je viens d’évoquer, ne s’appellent d’ailleurs pas comme cela, mais portent dans le privé sous contrat le nom d’ “échelle de rémunération de professeur certifié, agrégé, etc.” En d’autres termes (mais vous le savez puisque vous avez très probablement fait cela vous même), les professeurs de l’enseignement privé sous contrat sont des sortes de “Canada dry” (excusez ma comparaison) : ils ont toutes les apparences des professeurs de l’enseignement public (mêmes épreuves de concours, mêmes jurys de sélection, mêmes conditions de titres pour pouvoir exercer, mêmes progammes à enseigner, mêmes gestion de carrière par les mêmes inspecteurs, mêmes échelles de rémunération, etc.), mais s’en distinguent sur un point fondamental : le statut.

    Ca a des avantages, notamment concernant les affectations : alors que les professeurs du public sont soumis au “mouvement national”, ce qui oblige la plupart d’entre eux à faire des débuts de carrière plus ou moins loin de leurs terres d’origine, et parfois à y rester longuement, voire définitivement, les affectations des professeurs de l’enseignement privé sous contrat sont beaucoup plus “déconcentrées”, et cela explique que les contraintes de mobilité géographique soient en moyenne nettement moindres pour cette catégorie de professeurs.

    Mais il y a des contreparties, et notamment celles qui découlent de la différence statutaire que je viens d’évoquer : n’étant pas fonctionnaires, vous n’êtes pas “titulaires” de vos postes, au contraire de 90% de vos collègues du public.

    Il en résulte que lorsque, dans un établissement, les besoins horaires dans une discipline fluctuent, la “variable d’ajustement” (pour reprendre une expression économique que vous connaissez bien) qui découle de cette différence statutaire est plus “facile” à mettre en oeuvre dans le privé sous contrat que dans le public. S’il faut mettre en temps partiel imposé (et donc salaire partiel) un professeur, se passer des services d’un autre (qui pourra cependant demander des compléments de services ou une affectation dans un autre établissement … sous réserve que le besoin existe), c’est possible dans le privé, impossible pour un titulaire du public. Ainsi s’explique que dans les établissements publics, des professeurs dont le service dû est de 18h par semaine (un certifié), et auxquels on ne confie que 14 h par semaine par exemple, continuent d’ête rémunérés à plein salaire, alors que dans le prié, ce même enseignant ne recevrait que 14/18e de son salaire, même s’i n’a pas demandé ce temps partiel.

    Voilà pourquoi je dis que pour les disciplines qui, dans le cadre de la réforme du lcée, risquent d’êre “perdantes” (en ce sens qu’elles vont voir très probablement leurs besoins horaires diminuer, plus ou moins significativement), l’impact sera plus lourd à “digérer” dans le privé sous contrat (et hors contrat encore plus bien sur) que dans le public. Les SES font en effet partie de ces disciplines qui risquent de laisser des plumes dans cette réforme (il n’est pour vous en convaincre que de consulter vos collègues membres de l’APSES - il y en a dans le privé - ou de vous connecter sur le site de cette association de spécialiste :
    www.apses.org/) et vous saurez tout sur un état des lieux qui est en effet très inquiétant, du moins en l’état actuel des choses (état qui peut bouger bien sur, puisque le texte définitf de la réforme n’est pas encore publié).

    Les SES ne sont évidemment pas la seule discipline concernée : des enseignements tels que les langues vivantes 3, le latin, le grec classique, les arts, les enseignements technologiques … sont peu ou prou dans la même “galère”.

    Vous me demandez si, dans de telles conditions, on pourrait imposer à des enseignants placés en sous-service de se livrer à d’autres tâches. Oui, mais cela n’a rien de nouveau. Il y a bien longtemps que le “référentiel” du métier d’enseignant stipule qu’un enseignant peut, dans le cadere de ses obligations de service, se voir imposer des “activités pédagogiques complémentaires” (soutien disciplinaire aux élèves en difficulté, approfondissement disciplinaire, accompagnement du projet d’orientation des élèves, animation de “cubs” ou “ateliers” tels que des ateliers de pratiques artistiques, scientifiques, litéraires, etc.). Ce qu’il risque d’arriver, c’est que l’on aille plus loin , et qu’en particulier, on vous demande de prendre en charge un plus grand nombre d’activtés disciplinaires, puridisciplinaire ou transversales. Imaginons que vous soyez dans un lycée ou est proposée, dans le futur parcours “sciences de la société” (qui va remplacer la oie ES actuelle) , des enseignements de droit, de sciences de gestion … Il n’est pas impossible qu’on vous les confie (comme on pourrait confier un enseigneent de SES à un professzeur d’histoire-géographie ou d’économie-gestion par exemple). Je ne prétend évidemment pas que c’est là quelque chose qui va se systématiser (encore que cea n’a rien d’inimaginable), mais que je crains que la seule façon de réduire les risques précédemment évoqués est accepter de voir ainsi évoluer le métier d’enseignant, vers plus de polvalence, plus de transversalité, plus de temps de présence dans l’établissement aussi … C’est, me semble-t-il, une évolution qui est d’ores et déja enclenchée, dont beaucoup n’ont pas encore pris conscience, et que la réforme du lycée (en attendant celle du collège qui suira, c’est sûr) va amplifier. C’est ça le “travailler autrement” dont beaucoup parlent, sans trop savoir ce que cette expression veut dire !

    Croyez bien que je suis navé d’avoir exercé sur vous un effet de peur de ‘avenir, mais vous imaginez bien que le but que je poursuis en tenant de tels propos n’est évidement pas de le faire par pur plaisir sadique, mais de faire connaître le réel. Ce n’est pas à un enseignant que je vais apprendre que la connaissance des choses fait l’homme !

    Merci pour cette très intéressante contribution, qui me permet de rappeler aux collègues du privé (mais aussi à ceux du public, protégés en partie par leur statut de fonctionnaire, mais en partie seulement) quelques réalités que beaucoup ignorent, ou ont oublié, et qui pourraient les rattrapper .

    Encore merci pour votre très intéressante contribution, et n’hésitez pas à réagir à ce que j’écris si vous le désirez

    Bon courage et bonne chance

    Bruno Magliulo

  67. Georgesle 20 nov 2008 à 7:49

    Meric pour votre réponse, ultra-rapide. Cependant, un dernier point mérite d’être éclairci. Les raapels que vous faites me réconfortent plus ou moins. Mais, finalement, étant agent contractuel de l’Etat, pensez-vous que la différence va jusqu’aà la possibilité du licenciement à terme.
    Merci de votre attention

  68. alors que dire !!!le 20 nov 2008 à 18:16

    Après avoir lu, entendu une multitude de réflexions parfois alarmistes, parfois optimistes, est-il possible d’avoir une réponse claire et précise de votre part. Peut-on envisager, voire affirmer que les SES vont disparaître du lycée de demain ? Des menaces sur le nombre d’heures, ok, mais faut-il aller jusqu’à prétendre que les SES disparaissent totalement; comme certains le revendiquent.
    Par ailleurs, dans mon établissement, nous avons réfléchi avec les collègues de STG à des “modules” communs dès la seconde et pourquoi pas dans le futur cycle terminal. Il s’agit en particulier de reprendre des thèmes de seconde (entreprise, par exemple, pour avoir une approche juridique, managériale, comptable, économique et sociale); comme dans la “vraie vie”. Ainsi, on concilie les intérêts de tous les enseignants (stg et ses). C’est une approche qui me semble d’autant plus intéressante que j’enseigne dans les deux filières et ça ne me pose aucun problème. Bien au contraire, c’est très riche en terme de public et d’approche. D’autre part, au lieu de se chamailler entre collègues de STG et SES, pourquoi les inspecteurs de ces filières ne sont ou ne seraient pas à l’initiative de ce rapprochement : travailler ensemble tout en gardant ses spécificités ?
    De plus, nous réfléchissons avec les collègues de ses ; à un rapprochement avec les collègues de SVT et maths. En effet, des problématiques telles que le développement durable, la santé,… permettent de concilier des approches scientifiques et économico-sociales; voire juridiques (et revoilà nos profs de stg, de ses et de svt à travailler ensemble et à partager le temps de travail). Ainsi, les SES pourraient faire leur entrée dans le monde des filières scientifiques. Ces rapprochements pourraient être effectuées également avec les maths (travail sur les outils statistiques, les études de fonctions, les suites,….). Pratiques qui aujourd’hui se font de façon différenciée, et même parfois de façon informelle.

    Finalement, l’ensemble de ces pratiques pourraient trouver leur place dans les modules complémentaires de 1ère et Term. Et de de ce point de vue, constituer le retour en force d’une pratique apparue lors des TPE : complémentarité, transversalité des disciplines, interdisciplinarité,….

    A ce jeu, tout le monde pourrait être gagnant-gagnant, même si nous pouvons considérer que des heures vont être perdues pour un certain nombre de matières.
    Selon vous, ces perspectives sont réalisables, utopiques ou une base pour la réflexion.

    Un enseignant qui considère : yes, we can !

  69. Et les bts dans tout ça !!!le 20 nov 2008 à 23:35

    La réforme pécresse intègre les bts au sein du ministère de l’enseignement sup. Vont-ils alors disparaître des lycées ? Vont-ils disparaître à terme au profit des IUT ?
    Que d’incertitudes en ces temps de réformes !!!!!

  70. Finalement on en est où ?le 20 nov 2008 à 23:37

    Après avoir lu, entendu une multitude de réflexions parfois alarmistes, parfois optimistes, est-il possible d’avoir une réponse claire et précise de votre part. Peut-on envisager, voire affirmer que les SES vont disparaître du lycée de demain ? Des menaces sur le nombre d’heures, ok, mais faut-il aller jusqu’à prétendre que les SES disparaissent totalement; comme certains le revendiquent.
    Par ailleurs, dans mon établissement, nous avons réfléchi avec les collègues de STG à des “modules” communs dès la seconde et pourquoi pas dans le futur cycle terminal. Il s’agit en particulier de reprendre des thèmes de seconde (entreprise, par exemple, pour avoir une approche juridique, managériale, comptable, économique et sociale); comme dans la “vraie vie”. Ainsi, on concilie les intérêts de tous les enseignants (stg et ses). C’est une approche qui me semble d’autant plus intéressante que j’enseigne dans les deux filières et ça ne me pose aucun problème. Bien au contraire, c’est très riche en terme de public et d’approche. D’autre part, au lieu de se chamailler entre collègues de STG et SES, pourquoi les inspecteurs de ces filières ne sont ou ne seraient pas à l’initiative de ce rapprochement : travailler ensemble tout en gardant ses spécificités ?
    De plus, nous réfléchissons avec les collègues de ses ; à un rapprochement avec les collègues de SVT et maths. En effet, des problématiques telles que le développement durable, la santé,… permettent de concilier des approches scientifiques et économico-sociales; voire juridiques (et revoilà nos profs de stg, de ses et de svt à travailler ensemble et à partager le temps de travail). Ainsi, les SES pourraient faire leur entrée dans le monde des filières scientifiques. Ces rapprochements pourraient être effectuées également avec les maths (travail sur les outils statistiques, les études de fonctions, les suites,….). Pratiques qui aujourd’hui se font de façon différenciée, et même parfois de façon informelle.

    Finalement, l’ensemble de ces pratiques pourraient trouver leur place dans les modules complémentaires de 1ère et Term. Et de ce point de vue, constituer le retour en force d’une pratique apparue lors des TPE : complémentarité, transversalité des disciplines, interdisciplinarité,….

    A ce jeu, tout le monde pourrait être gagnant-gagnant, même si nous pouvons considérer que des heures vont être perdues pour un certain nombre de matières.
    Selon vous, ces perspectives sont réalisables, utopiques ou une base pour la réflexion.

    Un enseignant qui considère : yes, we can !

  71. B. Magliulole 22 nov 2008 à 11:51

    Réponse à “alors, que dire ?”

    Vous ne m’avez surement pas vu écrire que je pense que les SES risquent de disparaître. Je ne me range pas du côté de ceux qui affirment cela. Par contre, à mes yeux, (et aux yeux de beaucoup), il y a un vrai risque de marginalisation d ‘une part, de dénaturation d’autre part.

    Marginalisation parce qu’il est fortement probable que le nombre d’heures de SES à enseigner va être réduit. Je ne vais pas revenir en détails sur la démonstration que j’ai déjà faite à l’occasion de plusieurs réponses antérieures, mais je la résume. La nouvelle seconde crée, pour les “enseignements complémentaires au choix”, une concurerence beaucoup plus grande qu’entre les “enseignements de détermination” de la seconde actuelle, ne serait-ce que parce que désormais, les SES (mais aussi l’initiation aux sciences de gestion qui va remplacer l’IGC, les arts, les langues 3, le latin, les disciplines technologiques…) seront très fortement concurrencées par des possibilés de choix qui n’existent pas dans l’actuelle seconde, avec des offres nouvelles de SVT, physique-chimie, informatique et environnement numérique, approfondissement en maths … De ce fait, très logiquement, je m’attend à ce que la part des élèves de seconde qui optera pour les SES (42% en 2007), régresse. A combien ? Ca , je ne peux le dire aujourd’hui. Mais je prend les paris sur ce point. Et si moins d’élèves choisissent les SES en seconde, il sera plus difficile d’alimenter la future voie “sciences de la société”, car comme chacun sait, c’est essentiellement parmi les élèves qui ont découvert l’enseignement des SES en seconde que se trouvent la très grande majorité de ceux qui, ensuite, demandent à entrer en preière ES. En réduisant le vivier en amont, on risque d’amplifier le phénomène en aval.

    2. Quand au risque de dénaturation, il provient évidemment des multiples attaques menées depuis deux ans (avant aussi, mais c’était plus soft et moins fréquent) contre les programmes de SES, les manuels, le fait d’enseigner les sciences éco ET sociales… Voir sur ce point le débat qui anime la famille SES, que vous découvrirez si vous ne l’avez fait, sur le site www.apses.org/

    Quand au rapprochement que vous évoquez entre les SES et l’éco-gestion, donc les actuelles séries ES et STG, il est clairement inscrit dans la grille des enseignements de la seconde nouvelle (à confirmer cependant). Vous noterez en la lisant (sur le site www.education.gouv.fr par exemple) que dans la liste des enseignements de la famille “technologies”, il n’y a plus de sciences de gestion (alors que dans l’actuelle seconde, il y a l’enseignement d’ICG) ! Les enseignements d’éco-gestion sont même les seuls à avoir disparu du champ technologique, tous les autres y sont. Par contre, dans la famille “sciences de la société”, qui va se substituer l’actuelle série ES, on voit apparaître un enseignement d’ initiation aux sciences de gestion. Edifiant non ?
    Il faudra certes attendre d’en savoir plus sur les grilles des cycles terminaux pour savoir si on va vers une fusion pure et simple (dans ce cas, il n’y aura pas de voie “technologies de gestion”), ou si elle réapparait à partir de la première. A suivre !

    Merci en tous cas pour cette très intéressante contribution, et n’hésitez pas à y revenir si vous le désirez

    bruno Magliulo

  72. B. Magliulole 22 nov 2008 à 12:38

    Réponse à “et les BTS dans tout ça ?”

    Il y a bien longtemps que certains pensent que la présence de filières post-bac dans les lycées est anormale, et souhaitent leur intégration dans des établissements d’enseignement supérieur, universitaires ou autres.Cette interrogation concerne les BTS, vous avez raison, mais aussi les classes préparatoires aux grandes écoles, les classes de la filière supérieure comptable (DCG …), et quelques autres. Une telle position figure même dans un très récent rapport, signé par l’ancien recteur Philip, que l’on trouve sur le site du ministère (www.education.gouv.fr), qui propose au Ministre de se lancer dans une politique de rapprochement progressif du “supérieur secondaire” (BTS, prépas…) de l’enseignement universitaire.

    Mais ce n’est qu’un rapport (un rapport de plus), qui n’a aucun pouvoir de décision. Il signifie cependant quelque chose, ça je veux bien le concéder, et rien ne dit que le mnistère ne va pas s’en inspirer dans le futur. Mais concernant les BTS, nul n’a dit à ce jour qu’ils étaient retirés des lycées et placés dans le giron des universités. Ils y feraient d’ailleurs double emploi puisque les IUT (établissements universitaires que vous citez comme susceptibles de les reprendre) proposent également des formations professionnelles de niveau bac + 2, et aussi les DEUST (bac + 2, etc.). Cette question n’est donc pas d’actualité immédiate, même si elle pourrait se poser à plus long terme.

    Je fais l’hypothèse que les représentants des employeurs s’opposeraient vivement à une telle mesure. Ce qui différencie un BTS d’un DUT, c’est que le premier est beaucoup plus nettement professionnalisé que le second. On ne peut donc pas dire que les STS sont solubles dans les IUT. Chacun remplit une mission de formation spécifique et il serait fondé de garder le double secteur de formatin . Ce qui ne veut pas dire, encore une fois, que les BTS seront toujours préparés en lycées.

    Merci pour votre contribution et n’hasitez pas à y revenir si vous le désirez

    Bruno Magliulo

  73. et les disciplines artistiques dans tout ça ?le 23 nov 2008 à 13:47

    Croyez bien que je compatis au triste sort qui semble atteindre l’enseignement des SES, d’économie-gestion, de LV3, de latin … et félicite les profs de SVT, de physique-chimie, de maths, pour la place qui leur est faite dans le nouveau lycée. Grand bien fasse à ces derniers !

    Mais qui parle du sort épouvantable - et je pèse mes mots - fait aux divers enseignements artistiques (arts plastiques, musique, théâtre, danse, cinéma-audiovisuel …), qui étaient déjà dans un fort triste état avant la réforme, et que la réforme va très probablement achever ?

    Nous avons, ces dernières années, assisté à la marginalisation progressive de ces enseignements, remplacés ça et là par des “ateliers de pratiques artistiques” dont l’animation (car on ne peut plus parler d’enseignement dans un tel cadre) est le plus fréquemment confié à des intervenants externes, venant du monde des praticiens de terrain (artistes, peintres, musiciens …). Et que dire de l’émergence plus récente de l’enseignement d’ “histoire des arts”, qui s’est généralisé, mais qui est le plus souvent confié à des professeurs … d’histoire ! A mes yeux les choses sont claires : l’Etat se désengage progressivement de ce secteur de formation, au profit de formules plus “soft” : les partenariats avec le monde professionnels. Il n’est que de voir l’effondrement des postes offerts aux CAPES et agrégation de ces disciplines pour se convaincre que c’est bien ce qui est programmé !

    Attention chers collègues : cet élagage pourrait un jour concerner d’autres disciplines. Pourquoi ne pas remplacer par exemple l’enseignement d’EPS par du sport en clubs ou associations externes ? Pourquoi ne pas alléger l’offre d’enseignement de langues vivantes en confiant à des organes extérieurs (centres culturels étrangers, associations …) le soin de former aux langues vivantes “rares” … ce qui serait la fin des LV3 dans l’enseignement secondaire ? Etc.

    Et avec cette réforme qu’on nous promet, c’est le pompon : nous allons vers un effondrement prévisible de la demande de nos enseignements par les élèves de seconde (comme le dit l’animateur de ce blog par ailleurs, à propos de la réduction prévisible de l’enseignement des SES, qui explique avec juste raison me semble t il que la concurrence accrue avec des “enseignements complémentaires au choix” plus nombreux, et dont certains , tels les maths approfondies, lphysique-chimie, SVT …) seront très attractifs, va entraîner la marginalisation de plusieurs ensegnements. Les ensegnements artistiques sont dans la même galère … et j’oserais dire, en position bien pire !

    Qui pour nous défendre ?

    Marie, professeur (pour combien de temps encore ?) d’arts plastiques, Paris.

  74. Arts plastiquesle 24 nov 2008 à 7:52

    J’enseigne les arts plastiques dans un lycée privé sous contrat de Bordeaux. Chez nous, le scénario catastrophe décrit par ma collègue Marie dans le mel précédent existe déjà. Progressivement, notre enseignement s’efface, non seulement parce que les “ateliers de pratiques artistiques”, encadrés par des artistes, se sont mis en place, mais aussi parce que la demande d’enseignement (je dis bien “enseignement” et pas “animation”) d’arts plastiques s’estompe petit à petit au fil des années.

    Résultat : il y a vingt ans, lorsque j’ai été nommée pour la première fois dans mon actuel établissement, nous étions deux professeurs d’arts plastiques à plein temps (sur le collège et le lycée) et un à temps partiel (sur le collège), soit deux postes et demi; alors qu’aujourd’hui je suis seule, et si j’ai encore un plein temps c’est en faisant un temps partagé entre deux établissements. Ah oui, j’allais oublier de préciser que dans le lycée où je fais mon complément de service, c’est bien sur la même chose.

    La réforme qui se prépare va t elle amplifier cete tendance à l’effacement de cet enseignement ? Je ne le crois pas vraiment, tant … il est déjà effacé.

    Une prof d’arts plastiques très très désabusée

  75. Vive la réformele 26 nov 2008 à 14:11

    Je suis de ceux (minoritaires semble t il) qui encouragent le ministre à persévérer dans sa volonté de réformer le lycée français. Je suis très sensible aux arguments présentés pour justifier cette réforme. Qu’on le veuille ou non, l’actuel lycée français fonctionne mal, et donne des taux d’échec , en lycée puis en université, dont nous avons plus à rougir qu’à nous féliciter. Alors oui, je le dis fermement : il faut le réformer.

    Et je crois que l’esprit qui préside à cette réforme est le bon.

    Je veux bien cependant me ranger à l’avis de ceux qui disent que cette réforme serait pus crédible si :

    1. Elle n’était pas appliquée avec une telle précipitation (attendre la rentrée 2010 me semble très fortement souhaitable, même si je ne méconnais pas le risque d’enlisement que cela pourrait entraîner)

    2. Si elle n’était pas un instrument au service d’une autre politique, détestable à mes yeux celle là : celle qui consiste à supprimer des emplois. Il ne m’a pas échappé qu’avec la réduction de l’horaire moyen d’enseignement que permet le passage à la nouvelle seconde, c’est plusieurs milliers d’emplois qui vont pouvoir être “économisés”, et je sais que du côté de la réforme du lycée professionnel, l’extension du bac pro en trois ans au lieu de quatre permet de faire d’autres économies d’emplois. Cette réforme serait bien plus crédible, et rencontrerait moins d’opposition, si cette hypothèque était levée.

    Jacques, professeur d’histoire - géo, Strasbourg.

  76. B. Magliulole 26 nov 2008 à 14:36

    Je vous avoue partager en grande partie vos vues. Moi aussi, comme vous, je pense que notre pays doit faire une réforme en profondeur de son enseignement secondaire (et pas uniquement du lycée : il faudra bien ensuite remonter vers le collège) qui ne va pas bien en effet. Les attendus de cette réforme, tels que présentés dans l’article que j’ai rédigé, sont très “parlants” à cet égard.

    Mais tout ceci aurait été plus “crédible” et sans doute mieux accepté si on n’avait pas eu les deux hypothèques que vous évoquez :

    1. l’application dans la précipitation de la réforme (il faut du temps pour que les personnels de direction, éducatifs, enseignants …) puissent se préparer à une réforme d’une telle ampleur, il faut du temps pour que les familles puissent bien connaître le nouveau lycée avant d’y orienter leurs enfants …

    2. le sentiment qu’évoquent certains que cette réforme serait dictée par le seul souci de réaliser quelques dizaines de milliers d’économies d’emplois (sur son déroulé sur trois ans). Je ne me range pas du côté de ceux qui affirment que cette réforme a été faite dans ce seul motif. Mais je crois qu’en effet, elle aurait été plus crédible si cette conséquence n’avait pas fait partie de la liste des “retombées” de la réforme, et fournit de ce fait un argument aux réfractaires à toute idée de réforme du lycée.

    Merci pour ce commentaire

    Bruno Magliulo

  77. Fusion ou pas fusionle 26 nov 2008 à 15:29

    Il y a un truc que je ne comprend pas dans cette putain de réforme.

    D’un côté, notre inspecteur d’éco-esgtion n’arrête pas de nous dire que l’avenir de la filière STG est garanti, que la réforme ne va pas supprimer ce pôle spécifique du bloc technologique … j’espère bien qu’il a raison parce que sinon, bonjour le ridicule d’avoir réformé l’ancien bac STT en bac STG pour abandonner cette filière alors que la nouvelle vient à pene de voir le jour !

    D’un autre côté, comme vous et beaucoup de celles et ceux qui font des commentaires sur ce blog, je vois bien qu’en seconde, dans la grille des enseignements présentés très officiellement par le ministère, l’enseignement d’ “initiation aux sciences de gestion”, qui devrait remplacer l’actuel enseignement de détermination d’ICG, n’est pas dans la liste de la “famille technologies”, mais dans celle nommée “sciences de la société” qui doit se substituer à l’actuel bac ES.

    Et si , comme nous l’affirme notre insecteur ici, la filière techno STG devrait réapparaître à partir de la première, alors pourquoi l’ “initiation aux sciences de gestion” n’est il pas un enseignement placée dans la “famille des enseignements technolgiques”.

    Bref : il y a quelqu’un qui se fout de nous. L’inspecteur, le ministère ? Les deux peut être !

    Mikael, prof d’éco-gestion Lyon

  78. Prof de SES très en colèrele 27 nov 2008 à 12:30

    Prof de SES très en colère

    Je viens d’apprendre que le ministre ne respecte pas ses engagements. Il y a quelques temps, il avait fait savoir par son entourage qu’en seconde, un élève qui choisirait le module de SES au premier semestre pourrait continuer d’en faire au 2e (ça, c’est encore - pour combien de temps - annoncé), mais surtout, qu’un élève qui n’aurait pas choisi les SES au premier semestre pourrait le faire au deuxième. Or,cette promesse vient d’être supprimée.

    Qui veut la mort des SES ?

    Je suis scandalisé, par cette annonce, et par la parole donnée et trahie.

    Michel, prof de SES dans un établissement privé sos contrat, Paris

  79. B. Magliulole 28 nov 2008 à 11:39

    Réponse à “prof de SES très en colère”

    Ce que vous avez appris récemment est malheureusement vrai. Si vous voulez en savoir plus, et avec précision, lisez le communiqué de presse fait sur ce sujet hier par l’APSES sur son site (www.apses.fr)

    En gros, sachez qu’il avait été dit (par les atortés ministérieles) que les SES, enseignement modulaire au choix des élèves, pourraient être choisis, en concurrence avec beaucoup d’autres enseignements modulaires optionnels au premier semestre (M1 : module d’exploration), puis au deuxième semestre (M2 : module d’approfondissement). Ca, pour l’instant (mais il faut être vigilant car ça change tous les jours), c’est conservé.

    Par contre, il avait été dit qu’un élève qui n’aurait pas choisi le module d’exploration de SES au premier semestre, pourrait le faire au deuxième. Et ça, il vient d’être annoncé que ce ne serait pas le cas.

    Donc, au deuxième semestre, il n’y aura que des élèves ayant opté pour les SES au premier semestre … et il est clair que leur nombre va fortement baisser par rapport aux 42% qui font ce choix dans la seconde de détermination actuelle.

    Autre information récente : il n’y aura pas de dédoublement pour TD.

    Enfin, il a été annoncé que l’évaluastion des disciplines optionnelles (donc les SES en seconde), ne se feront pas de la même façon que pour les disciplines du ronc commun.

    Il ya donc une claire volonté de marginalisation de cet enseignement (mais de plusieurs autres bien sur : LV3, arts, latin, disciplines technologiques …)

    Bruno Magliulo

  80. Les profs de SEs doivent se défendre eux mêmes !le 29 nov 2008 à 12:04

    Oui, je comprend bien le discours de ceux qui disent que dans cette réforme, il y a des enjeux plus grands, plus “globaux” que le sort plus ou moins défavorable ou favorable fait à telle ou telle discipline.

    Mais moi je suis prof de scieces éco et sociales, et vous me pardonnerez de vivement réagir - et tant pis si ça vous parait quelque peu “corporatiste” - à l’ insupportable casse de mon enseignement que le ministère de l’Educ nat est en train de nous concocter.

    Je ne reviendrai pas ici sur les manifestations de cette casse de mon enseignement (j’exerce en tant que certifié depuis 25 ans) : cela a été largement explicité sur ce blog. Mais je ne peux pas garder les bras croisés sous prétexte qu’aux yeux de la plupart des organisations syndicales, des associations de parents d’élèves, des syndicats de lycéens … Il faut se concentrer sur la lutte contre les suppressions d’emplois à l’Education nationale, la supression des RASED …

    Je comprend bien sur ce raisonnement, mais pour moi il signifie “accceptez les dommages colatéraux”. Et j’en suis moi de ces domages colatéraux : mon enseignement va être rudement marginalisé. Alors, je devrais accepter cela sans sourciller, au prétexte que des enjeux pus “globaux”, sont à combatre en priorité, et qu’il ne faudrait pas se disperser sur des thèmes annexes ?

    Je ne peux pas accepter ce raisonnement. Etdonc oui, je me battrai de façon corporatiste s’il le faut.

    Je le ferai d’autant plus que je ne vois pas beaucoup les centrales syndicales relayer notre combat, et je ne parle pas de notre inspection - générale comme pédagogique régionale - qui laisse visiblement faire, sous prétexte du sacrosaint “devoir de réserve”. Je ne veux pas attaquer personnellement mon IPR, qui est quelqu’un de bien, que je respecte, mais lorsque je l’entend dire que “l’inspection fait ce qu’elle peut” (c’est à dire pas grand chose et inefficacement), je me dis qu’il est grand temps que nous nous appliquions ce proverbe bien connu, mais qui sied à l’actuelle situation : “aide toi et le ciel t’aidera”.

    Alors, j’ai décidé de rejoindre le combat mené par l’APSES, et je me joindrai à la journée d’action des profs de SES du 3 décembre, et j’espère que beaucoup de mes collègues comprendront qu’il faut le faire, parce que sinon, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer.

    Et j’en appelle plus particulièrement à mes collègues du privé sous contrat, dont beaucoup n’ont pas encore pris conscience qu’ils risquent fort de devoir payer un prix beaucoup plus fort que les collègues du public : chez nous, des emplois sont menacés, des collègues vont perdre leur boulot de profs de SES, ou devoir acceter une mtation non désirée, ou un temps partiel avec salaire partel imposé…

    A ce sujet, merci à l’admnistrateur de ce blog d’avoir clairement mis en lumière les enjeux particuliers pour les professeurs du privé (de SES ou autres) dans sa réponse d’il y a quelques jours à une enseignante collègue prof de SES du prvé.

    Jean-François, professeur de SES du privé sous contrat, Ile de France.

  81. B. Magliulole 29 nov 2008 à 12:14

    Réponse à Jean-François qui dit que “les profs de SES doivent se défendre eux mêmes”.

    Merci d’abord pour ce commentaire, sorte de “cri du coeur” que je ne commenterai pas, tant il parle de lui-même.

    Je me contenterai de dire que, pour les raisons que j’ai développé dans un message antérieur, que vous trouverez en remontant la liste des commentaires jusqu’à ma réponse à Georges” (un de vos collègues du privé sious contrat) en date du 20 novembre à 6h43, le sort des professeurs du privé sous contrat est en effet plus précaire que celui de ceux de l’enseignement public, et qu’ils ont en effet matériellement plus à pardre.

    Mais en ce qui concerne les aspects que vous soulevez (l’attachement à votre discipline, le bien fondé de sa présence forte dans l’enseignement secondaire, le refus de séparer sciences économiques et sciences sociales, le rapprochement orchestré avec l’enseignement d’économie-gestion … ), je me permettrai d’appuyer votre point de vue : privé ou public, les profs de SES sont tous dans la même galère.

    bruno Magliulo

  82. Proviseur qui espèrele 03 déc 2008 à 13:18

    Une rumeur circule depuis deux/trois jours : la réforme du lycée serait confirmée, mais ajournée d’un an (nouvelle seconde en septembre 2010 au lieu de 2009).

    Avez-vous des informations fiables qui vous confirment cela ?

    J’avoue que j’espère que c’est vrai car c’est pure folie que de vouloir mettre en oeuvre une réforme aussi importante, à un tel pas de charge.

    Jean, proviseur de lycée, Région parisienne

  83. B. Magliulole 03 déc 2008 à 14:31

    Réponse à jean

    C’est vrai qu’une rumeur de report d’un an de l’application de la réforme du lycée circule depuis quelques jours. Moi, je l’ai entendue en fin de semaine dernière, durant le salon de l’éducation de Paris.

    Cependant, rien ne prouve qu’elle est fondée. A ce jour, et à ma connaissance, le ministre (ni aucun de ses “bras droits”) n’a fait savoir cela. Ce n’est donc, en effet … qu’une rumeur, jusqu’à plus ample informé.

    Cela dit, je me range à votre avis concernant le côté précipité du calendrier annoncé. Visiblement, si sur ce travail le ministre avait eu à se faire remplir un carnet scolaire, j’aurais écrit “peut mieux faire” !

    Il aurait sans doute pu mieux faire et plus au fond, consulter les partenaires (représentants des personnels concernés, dont les chefs d’établissements bien sur, mais aussi de l’enseignement supérieur, des familles …). Certes, il y a pour lui risque d’enlisement, mais n’est ce pas un moindre risque que celui qui découle du reproche de “passage en force” ?

    Il n’y aurait qu’avantage à donner aux chefs d’établissements, aux personnels enseignants et éducatifs… plus de temps qu’ils n’en auraient avec une application à la rentrée 2009, pour s’imprégner de la nouvelle sructure, organiser les choses, appréhender les nouveaux programmes, recevoir la nécessaire formation continue que tout cela suppose …

    Et je n’oublie pas les familles, assez fortement paniquées à l’idée d’avoir, en cours d’année scolaire de troisième (ou pour les familes dont les enfants redoubleront la seconde en fin de la présente année scolaire), à exprimer des voeux d’orientation dès le mois de février (voeux provisoires), sans avoir une visibilté complète sur l’ensemble des nouveaux parcours d’études au lycée. Car il ne suffira pas de se faire une idée de ce que sera la seconde : les choix d’enseignements complémentaires optionnels, qui prennent une part accrue dans le nouveau lycée, et seront fortement déterminants pour le passage dans le cycle terminal (première/terminale) supposent que dès le mois de février, les familles aient une présentation claire du parcours complet, jusqu’au bac ! Fort malheureusement , le temps passant, il semble bien qu’avec une application rentrée 2009, ce ne sera pas le cas. Comment vont elles pouvoir se déterminer sereinement dans de telles conditions ?

    Pour toutes ces raisons, je suis de ceux qui , sans être opposés à la réforme du lycée proposée (sous réserve de quelques nécessaires ajustements à la marge), disent que pour la crédibiliser, il faut se donner un an de plus.

    Merci en tous cas pour cette contribution

    Bruno Magliulo

  84. Directeur pas furieuxle 03 déc 2008 à 16:22

    Je ne suis pas d’accord avec mon collègue qui se présente sous le vocable “proviseur furieux”.

    Certes, j’entend bien qu’avec un an de plus (et pourquoi pas deux ou trois), on aura plus de temps pour se préparer à la mise en place de cette réforme, mais ceux qui demandent cela ne sont pas tous, loin s’en faut, motivés par des raisons purement pédagogiuqes ou organisationnelles : ce qu’ils cherchent, c’est une “première victoire” en obtenant le report d’un an, puis jouer la montre pour obtenir la suppression pure et simple de cette réforme. En fait, ils prônent, comme beaucoup trop dans cette maison “Education nationale”, l’immobilisme !

    Alors Monsieur le Ministre : tenez bon !

    François, Directeur d’un collège-lycée privé, Rennes

  85. Cèdera, cèdera pas ?le 10 déc 2008 à 12:22

    Ce à quoi nous assistons depuis quelques jours est clair : le ministre cède du terrain, mais ne cède pas sur l’essentiel à savoir l’application de sa réforme à la rentée 2009.

    D’un côté, il donne des tas de gages aux revendicateurs de tous bords : profs de sciences éco et sociales (dont l’enseignement serait introduit dans le tronc commun … au détriment de quel autre enseignement ?), profs de sciences qui au départ ne devaient pas être non plus dans le tronc commun, profs d’éco-gestion qui veulent majoritairement la fusion de leur enseignement avec celui des SES, et sans doute, ceux de latin, d’arts plastiques (pourquoi seraient ils les seuls auxquels le ministre ne concède pas quelque chose ?) etc. Si bien que par rapport à ce qui faisait la raison de la réforme, le futur lycée ressemble de plus en plus … à l’ancien.

    De l’autre côté, un ministre qui semble prêt à beaucoup lâcher, du moment qu’on lui laisse la possibilité d’accrocher (pour l’histoire ?) son nom à une réforme (qui risque alors de n’être qu’une réforme traditionnelle de plus, mais qui ne change pas grand chose en profondeur)

    Je vous avoue ma grande déception : où est l’ambition de départ ? Alors hélas, pour reprendre le titre que vous donnez à cet article : cette réforme, c’est chaque jour un peu moins “le grand chambardement”, et un peu plus “le maintien d’une certaine tradition”. Lamentable !

    Henri, professeur principal en terminale L

  86. B. Magliulole 10 déc 2008 à 19:34

    Réponse à “cèdera/cèdera pas”

    Est-il si étonnant que cela de voir qu’un ministre qui s’engage dans une réforme aussi profonde que celle qui se profile, garde une certaine “marge de manoeuvre” entre ses mains afin d’avoir des “billes” pour négocier ?

    La vraie question, en effet, c’est de savoir ce qu’il va nous rester dans le produit final par rapport au projet de départ. Les distorsions sont elles une altération insupportable, ou du lest lâché pour faire passer l’essentiel ?

    Réponse mardi prochain : le ministre présqentera la versiopn (définitive ,) de sa réforme du lycée

    Merci pour cette contribution

    Bruno Magliulo

  87. On nous ballade !le 11 déc 2008 à 12:13

    Je suis prof de SES et j’ai le sentiment qu’on nous ballade !

    Depuis quelques jours, diverses rumeurs contradictoires circulent : un coup on introduirait un enseignement obligatoire de SES dans le tronc commun (avec quel temps pour cela : une heure, une heure trente, deux heures … ?); un autre coup on nous dit que ça ne seraient peut être pas des SES (sciences éco ET sociales), mais des “sciences éco” tout court, voitre plus simplement encore, de l’ “économie”; un autre coup on nous dit qu’il n’en est pas question, que les SES demeurent un enseignement complémenaire au choix (donc optionnel)…

    Et pendant ce temps là, le ministre annonce qu’il maintient son calendrier de réforme, qu’il n’est pas question d’en reporter l’application en seconde, et encore moins de renoncer à sa réforme.

    Et comme les profs de SES sont en ce moment une sorte de “fer de lance” de la contestation de cette réforme, j’ai le net sentiment qu’il cherche à gagner du temps, à démobilser les profs de SES, afin d’annoncer les choses tranquillement, mardi prochain si j’en crois ce que je lis dans la presse et sur le site de l’APSES.

    Profs de SES : vous ne devez surtout pas vous relâcher du fait de ces promesses cotradictoires qui n’engagent évidemment que ceux qui veulent bien y croire. Et que croire d’ailleurs, puisqu’on promet tout … et son contraire !

    Et je vais plus loin : même si le ministre confirme la réforme mardi prochain, ce ne sera pas une raison pour l’accepter. Il faudra continuer de se battre. Ce n’est donc vraiment pas le mment de se démobiliser. Le Ministre compte sur les fêtes de fin d’année pour calmer les esprits. Janvier et février seront des moments forts qui lui prouveront qu’il a tort de croire cela.

    Marc, professeur de SES, Nantes

  88. B. Magliulole 11 déc 2008 à 12:52

    Réponse à “On nous ballade”

    Il est vrai que des informations non officielles sont très récemment venues annonçant une “probable” introduction d’un enseignement de SES ou d’économie (?) dans le tronc commun de seconde. Mais à ce jour, le ministre n’a pris aucun engagement sur ce point. Il a seulement confirmé qu’il “examine ce point”.

    Il va donc falloir s’armer de patience : la réponse à cette interrogation (et à bien d’autres), sera donnée mardi 16 décembre , lors d’une conférence de presse que le ministre a annoncé faire ce jour là à 11h du matin, pour présenter une version “définitive” de la réforme du lycée. Il est probable que ce qui sera présenté à cette occasion sera assez fortement différent de ce qui avait été présenté par le même ministre il y a un mois , lors d’une première présentation du projet. Mais après tout c’est normal : depuis, les négociations se sont déroulées sur cette première base, et il est logique (sinon pourquoi négocier ?) que le document final ne soit pas exactement celui de départ.

    Merci pour ce commentaire

    Bruno Magliulo

  89. Vu d'ailleurs !le 11 déc 2008 à 13:47

    Je travaille à l’étranger, loin de la France. Ici, le lycée franco-éthiopien (je vis à Addis Abeba) semble loin de toute cette agitation qui transparait sur ce blog à propos de la réforme du lycée.

    Et pourtant !

    Isolées, sans centre d’information et d’orientation, sans conseiller d’orientation rattaché à l’établissement scolaire, les familles dont les enfants fréquentent une classe de troisième au lycée franco-éthiopien sont actuellement très désemparées. Elles disent ne pas voir comment elles vont pouvoir se déterminer en pleine possession des informations nécessaire pour le passage en seconde. Même si le ministre, la semaine prochaine, précise les contours de la réforme de la classe de seconde, elles disent que si les choses ne sont pas claires (très claires) sur le parcours jursqu’au bac, elles risquent de commettre des erreurs de choix (notamment, de choix des enseignements optionnels, dont la part augmente fortement dans le futur lycée, et qui semblent donc être fort déterminantes pour l’après calsse de seconde, et même les études supérieures qui suivront).

    Les professeurs principaux de troisième, et ceux de seconde, interrogés de plus en plus par les parents (les dates d’échéance pour l’orientation s’apoprochent : il faudra remplir des “fiches navettes” sur les voeux d’orientation dès fin janvier), disent ne pas être au courant de grand chose, et il semble bien que l’ONISEP, très prudemment (et on les comprend), ne publiera aucun document d’information claire et complète avant plusieurs semaines : le proviseur nous a dit qu’il ne faut pas y comper avant, au mieux, mars, voire avril !

    Comment, dans de telles conditions, ne pas espérer que cette réforme ne soit pas appliquée dès la rentrée 2009, mais reportée à 2010 ? Ca semble raisonnable et respectueux des “usagers” . Mais est ce qu’on se soucie vraiment de ces derniers ?

    Marie, d’Addis Abeba

  90. B. Magliulole 11 déc 2008 à 15:27

    Réponse à Marie, “Vu d’ailleurs”

    Merci d’abord pour ce commentaire fort intéressant, venu d’aussi loin. C’est comment Addis Abeba ?

    Le problème que vous soulevez est un vrai problème, qui ne concerne évidemment pas que les familles expatriées, même si ces dernières auront sans doute un peu plus de mal à être bien informées que celles qui vivent en France.

    Le calendrier de l’orientation de troisième est bien celui que vous dites : voeux provisoires à exprimer début février pour être examinés par le conseil de classe du deuxième trimestre, mais aussi, voeux définitifs à exprimer entre la mi avril et la mi mai, pour être examinés par le conseil de classe du troisième trimestre.

    Il est donc clair qu’en effet, lorsque les parents d’élèves et élèves auront à se prononcer en matière d’orientation, l’information sur le parcours complet d’études dans le futur lycée ne sera pas disponible. Le ministre va très probablement présenter en détails la classe de seconde (il devrait le faire le mardi 16 décembre, dans moins d’une semaine donc), mais au delà, pour le parcours première/terminale, on sera encore dans le vague pour plusieurs semaines, et même mois très probablement.

    Or, d’accord avec vous pour dire que les familles auraient eu avantage à disposer d’une information complète sur l’ensemble du parcours d’études en lycée rénové, les choix faits en entrant en seconde (et notamment, comme vous le dites, celui des enseignements complémentaires au choix des familles), dépendant en grande partie des parcours qui se présenteront à eux à partir de la classe de première.

    Tout ceci milite donc en effet pour un report d’un an de la mise en oeuvre de la réforme, ce que vous appelez, comme beaucoup de familles dont les enfants sont actuellement scolarisés en troisième (auxquelles j’ajouterai celles dont les enfants sont en seconde, et qui seront concernées par la réforme si leur enfant redouble). Beaucoup de gens disent d’ailleurs qu’ils sont POUR la réforme du lycée , mais que sa mise en oeuvre serait plus efficace si elle était moins précipitée. IL N’Y A DONC PAS QUE DU COTE DE CEUX QUI SONT CONTRE LA REFORME QU’UNE DEMANDE DE REPORT D’UN AN EST EXPRIMEE.

    Je terminerai en vous disant que puisque vous exprimez l’idée que les familles du lycée franco-éthiopien se sentent isolées, ne disposent pas de l’accompagnement par un conseiller d’orientation-psychologie, faites leur savoir que sur ce blog, je serai ravi de pouvoir répondre aux questions des parents ou élèves qui désireront obtenir de moi un renseignement, un conseil … Et je signale (mais vous le savez puisque vous en usez) que la prestation est gratuite.

    Bon courage à vous et à toutes les familles françaises dont les enfants sont scolarisés au lycée franco-éthiopien d’Addis Abeba

    Bruno Magliulo

  91. Halte au feu !le 11 déc 2008 à 16:09

    Ne peut on dire à la fois qu’on est POUR que se mettre en oeuvre une véritable réforme de fond du lycée français (nécessaire à mes yeux compte tenu de ses nombreux dysfonctionnements et de son médiocre rendement), et CONTRE la précipitation avec laquelle on se prépare à l’appliquer ?

    Je sais bien que bon nombre de ceux qui demandent un report d’un an espèrent en fait que ce sursis permettra de laisser cette réforme s’enliser, et se diluer, bref, ne pas être appliquée.

    Mais c’est le devoir d’un ministre que de tenir le cap, et tant pis pour celles et ceux qui, de toutes les façons, sont contre tout ce qui pourrait faire bouger les choses dans le bons sens, surtout si c’est pour aller dans le bon sens.

    Alors je me dis que le ministre serait bien advenu de :

    1. Confirmer sa réforme, et de préférence sans la vider de toute susbstance par rapport au projet de départ
    2. Ne la mettre en application qu’à compter de la rentrée 2010

    Robert, directeur d’un collège privé sous contrat, Rennes

  92. B. Magliulole 12 déc 2008 à 10:35

    Réponse à Robert

    Bien sur que l’on peut à la fois être POUR la réforme, et CONTRE son calendrier d’application, trop précipité aux yeux de beaucoup, dont vous… et moi. Mais il y a une très forte probabilité que mardi prochain à 11h, lors de la conférence de presse que le Ministre de l’Education nationale organise, et qui sera principalement consacrée à la présentation finale de la réforme du lycée, il ne confirme le calendrier annoncé jusque là, à savoir un commencement d’application en seconde dès la rentrée 2009.

    Pourquoi cela ?

    On ne peut, pour répondre, que faire des hypothèses. Personnellement j’en, vois trois, mais avant de les prononcer , je crois devoir prendre la précaution de dire que ce ne sont que des hypothèses qui m’appartiennent (même si beaucoup les partagent) :

    1. La nécessité de remettre à disposition 13500 emplois à la rentrée prochaine. En passant en seconde de 32 heures en moyenne actuelle, à 30 h l’an prochain (sous réserve de confirmation), une bonne partie de ces 13500 emplois pourraient être trouvés grâce aux réductions horaires de la classe de seconde.

    2. Le souci compréhensible du Ministre de l’Education nationale de voir la réforme lancée sous son règne

    3. Le fait que si on attaque dès 2009, le déroulement de la réforme permettra qu’elle soit intégralement accomplie au moment des prochaines élections présidentielles en 2012, ce qui permettrait à un candidat préisdent actuel/futur d’accrocher cette réforme intégralement accomplie dans son bilan 2007-2012.

    4. La crainte sans doute d’un enlisement (voire pire) de la réforme si on la reporte d’un an

    Vous voyez que tout cela n’a pas grand chose à voir avec le pédagogique. Mais encore une fois, je tiens à dire que ce sont là des hypothèses personnelles, et rien d’autre.

    Merci en tous cas pour cette contributioon que vous avez bien voulu exprimer sur ce blog

    Bruno Magliulo

  93. Et les bacs technos ?le 12 déc 2008 à 11:12

    Il semble bien que dans cette réforme, les bacs technologiques sauvent leur peau. Je pense que le ministre a eu tort de décider cela.

    Il n’échappe à personne que depuis de nombreuses années, les filières technologiques du lycée français sont de moins en moins “techniques”, de plus en plus “généralistes”. On pourrait citer par exemple le cas de l’ex filière G, devenue STT, puis STG … perdant au fur et à mesure de ces évolutions son aspect “pré professionnel”, ou même “technologique”, au profit d’un renforcement de la dimension généraliste de ces voies de formation secondaire. Il en va de même dans toutes les filières technologiques.

    Il en résulte qu’aujourd’hui, les filières technologiques ont un vrai problème d’identité, et donc de positionnement. Pas franchement généraliste (mais en l’étant de plus en plus), et de moins en moins “techniques” (tout en le restant un peu). Quelles fonctions remplissent désormais ces bacs “ni l’un, ni l’autre” ?

    N’aurait on pu, à l’occasion de la réforme du lycée, aller au bout du raisonnement, en recentrant le lycée français sur deux voies principales : professionnelle d’une part, générale d’autre part. les enseignements technologiques actuels n’auraient pas pour autant disparu, mais auraient été proposés dans le cadre de filières générales en tant qu’enseignements complémentaires au choix de l’élève. Ainsi, on aurait regroupé STG, ST2S et ES dans le parcours “sciences de la société”, avec un tronc commun, et des options complémentaires permettant un maintien d’une certaine différenciation. Idem pour les voies STI et STL qui auraient pu se retrouver dans le blmoc “sciences”.

    Pour moi, le modèle à suivre est l’actuel bac S “sciences de l’ingénieur” : il offre , dans le cadre de la voie S, la possibilité de substituer une importante option technologique (sciences de l’ingénieur) à la place des SVT. Nous sommes donc bien dans un bac général, mais à coloration technologique.

    Au lieu de cela, on maintient le mlirage d’une voie technologique spécifique qui, soit dit en passant, n’est quasiment offerte nulle part ailleurs en Europe.

    Une occasion ratée en quelques sortes. Dommage !

    Jean, proviseur d’un lycée , Aquitaine

  94. B. Magliulole 12 déc 2008 à 12:02

    Réponse à “Et les bacs technos ?”

    Il est vrai qu’il a été envisagé de faire ce que vous proposez : rendre les bacs technos solubles dans les bacs généraux. Il a été décidé de renoncer à ce scenario pour des raisons diverses sur lesquelles je ne reviendrai pas ici, mais qui, comme vous pouvez vous en douter, tiennent en partie à des pressions des professeurs qu’une telle décision aurait conduit à voir leurs enseignements technologiques se raréfier, et des responsables d’établissements qui sont dotés de gros équipements liés à ces filières technologiques (notamment dans les secteurs industriel et des laboratoires), et dont on aurait moins l’usage si cette fusion/intégration venait à se faire. Ce ne sont pas les seules raisons, mais elles ont sans doute fortement pesé.

    J’ai d’ailleurs cru jusqu’à il y a peu qu’on allait le faire dans un cas : en intégrant STG et ES. Pourquoi est ce que je dis cela ? Parce que dans la grille horaire de seconde présentée par le ministre fin octobre, l’enseignement technologique d’ “initiation aux sciences de gestion” ne figure pas dans la colonne “technologies”, mais avec l’enseignement des sciences éco et sociales dans la colonne “sciences de la société”. beaucoup y ont vu l’annonce d’une première fusion et donc de la disparition de la filière STG en tant que filière technologique autonome.

    Mais comme le ministre doit présenter sa réforme “version définitive” mardi prochain (le 16), nous verrons ce qu’il reste de cette perspective.

    A suivre donc !

    Merci pour votre contribution à ce débat

    bruno Magliulo

  95. Et les parents dans tout ça ?le 13 déc 2008 à 15:14

    Je trouve que dans ce projet de réforme du lycée, on voit beaucoup se démener les professeurs, les chefs d’établissements … Mais j’ai le sentiment que les parents d’élèves sont les grands oubliés de ce qui se prépare. Les premiers ont sans doute de bonnes raisons de se manifester (pour ou contre ?), mais je trouve le quasi silence des associations de parents d’élèves assourdissant.

    Je suis mère d’un élève actuellement scolarisé en troisième. A-t-on conscience, du côté de la rue de Grenelle (siège du Ministère, comme chacun sait), que dans quelques semaines à peine, dès janvier, les parents dont les enfants sont actuellement en troisième vont devoir commencer à exprimer des voeux d’orienation, en vue du conseil de classe du deuxième trimestre. Et sur quelle base fiable me présentant le lycée nouveau dans son ensemble, c’est à dire jusqu’en terminale incluse, et même les nouvelles modalités du bac qui vont découler inévitablement de cette réforme (je ne crois pas du tout le ministre lorsqu’il dit qu’il ne tocuhera pas au bac), vais je pouvoir exprimer les choix qu’il me faut faire avant que mon enfant sorte de troisième ?

    A l’évidence, il aurait été plus respectueux des familles, du “client” donc, de reporter cette réforme d’un an afin que chacun puisse bien s’en imprégner, s’y préparer … Je comprend d’ailleurs que ce souhait soit également celui de beaucoup de professeurs, de directeurs …

    J’avoue ne pas très bien savoir si cette réforme apportera un mieux ou pas dans le lycée français. Je ne sais même pas pourquoi on la fait cette réforme. Mais peu importe : je n’avais qu’à mieux m’informer. Par contre, pourquoi une application aussi précipitée ? Ca, je ne l’admet pas, et je trouve que le ministre serait bien advenu d’accepter d’attendre 2010 pour la mettre en oeuvre.

    Marie, mère d’élève d’un enfant scolarisé en troisième, Brest

  96. B. Magliulole 13 déc 2008 à 15:22

    Réponse à “Et les parents dans tout ça ?”

    Croyez bien madame que je comprend votre inquiétude, et que j’entend cette protestation dans la bouche de beaucoup de parents qui, comme vous, ne sont nullement hostiles à la réforme, mais souhaitent qu’elle ne soit mise en oeuvre qu’en septembre 2010, pour les raisons que vous évoquez, et quelques autres. Et comme vous le dites, ils rejoignent en cela nombre de professeurs, de chefs d’établissements, qui ne sont pas tous réfractaires à toute idée de mise en oeuvre de cette réforme, mais considèrent qu’elle “passerait” mieux s’ils disposaient d’un an de plus pour s’y préparer.

    On va voir mardi prochain quelle réponse est donnée par le ministre à cette demande. Tout est possible, mais avec beaucoup, je fais le pari que le ministre appliquera mordicus son calendrier (démarrage en septembre 2009). Il est prêt à “lâcher du lest” sur pas mal de choses, mais pas sur le calendrier d’application. Pourquoi cela ? Si vous lisez les commentaires qui précèdent, vous trouverez un certain nombre d’hypothèses explicatives qu’il vous appartient de juger. Mais on ne sait jamais : réponse mardi 16 décembre.

    Bruno Magliulo

  97. Lydie PRIEURle 13 déc 2008 à 20:00

    Au secours : et l’enseignement agricole dans tout ça ???

    Pour préparer la rentrée 2009 : Quelle lisibilité pour les parents et les élèves pour une orientation réussie vers nos établissements agricoles publics, dont l’organisation modulaire avec délivrance de diplôme par évaluation continue, la pluridisciplinarité, les disciplines à caractère fort comme l’Ecologie mais aussi l’Education Socio Culturelle etc .. font toute l’originalité ?
    Les Lycée agricoles “LEGTA” : qui proposent à la fois des filières Générales -Bac S-, Technologiques-Bac STAV-, et professionnelles-Bac Pro sont -contrairement à ce qui est énonçé en début de votre présentation- non seulement entrainés dans cette réforme de la classe de seconde mais aussi subissent la réforme du bac Pro avec la mise en place des classes de seconde Pro à cette rentrée 2009, ces dernières supprimant une année d’étude à des jeunes qui ont pourtant besoin de temps pour accéder au bac !
    Pouvez-vous m’expliquer comment la spécificité du poids de l’enseignement de la Biologie-Ecologie -pillier des sciences techniques agricoles-sera prise en compte dans le nouveau programme de la classe de seconde ?
    Ce n’est pas 3h de module EATC-Ecologie, Agronomie,Territoire et Citoyenneté- (module que nous maitrisons déjà, dont l’objectif est de comprendre le fonctionnement d’un Territoire, et qui vise aussi à une formation Citoyenne des futurs acteurs de nos territoires ruraux) qui suffiront à placer les bases de physiologie animale et de physiologie végétale …
    Si la SVT ne fait pas partie du tronc commun : quelle relation à la connaissance du vivant pouvons-nous attendre de nos futurs générations ???

  98. les lycèens du lycèe de presles ( vichy)le 13 déc 2008 à 20:02

    expliquez nous pourquoi de nombreux maissages sont en ligne alors que le notre est ignorè !
    hardez vos belles paroles , et laissez parler la vrai jeunesse qui ne veu pas de cette reforme …

  99. Florencele 14 déc 2008 à 21:04

    Et les élèves dans tout ça ?

    Je suis mère d’un élève de 3ème, et informée depuis peu (par une amie enseignante en lycée) de cette réforme qui se prépare.
    Je trouve qu’en effet, pour l’instant, cela tourne à l’affrontement (toujours stérile) entre enseignants qui défendent leur pré carré !
    Faire attendre la réforme jusqu’en 2010 ? Personnellement, je me dis qu’il vaut mieux que mon fils en profite dès la 2de, plutôt que courrir le risque de commencer une 2de classique, et d’être rattrpé par la réforme en cas d’échec au Bac !
    Et comme j’ai bien compris les différents arguments avancés (réduction “nécessaire” du nombre de postes, intérêt politiques quant à la dte de la réforme), je pense que cette réforme se fera réellement en 2009.

    Prenons-en acte, et voyons comment y voir clair …
    Je souhaite apporter quelques éléments, de mon modeste point de vue de mère d’élèves (j’ai 2 autres enfants + grands : une fille en Terminale ST2S et un fils en BTS, après un Bac STG). Je suis d’ailleurs déléguée de parents près de dix ans (collège et lycée).

    Sans prétendre répondre aux problèmes de place des petits établissements, je voudrais revenir sur ce qui a été dit des groupes-classes : nous habitons près d’une ville moyenne, mais pourvue d’un des + grands lycées de france, regroupant lycée général et professionnel (environ 2500 à 3000 élèves au total)
    Lorsque mes 2 aînés étaient en 2de, ils avaient un groupe-classe d’une trentaine d’élèves (sic !) pour les enseignements généraux.
    Mais leur classe était “éclatée” et regroupée avec une ou plusiuers autres classes de 2de pour les “options de détermination obligatoire”, comme SES, LV 2, SMS … constituant ainsi un groupe -option d’une vingtaine d’élèves en général.
    Ils ne s’en sont pas formalisés ! Et je trouve cette solution intéressante : elle permet de maintenir la structure-classe qui “sécurise” peut-être les élèves, tout en assurant une gestion souple des options.
    Mais c’est sans doute plus facile avec un grand nombre de classes de 2de.
    Quoiqu’en collège, mon fils bénéficie de ce système pour la LV 2, et certaines options (section euro / latin / découverte professionnelle)
    Donc, ce qui peut se faire pour un collège de 700 élèves doit pouvoir se faire pour un lycée …

    Ce qui me pose question dans cette réforme, c’est bien plus le fonctionnement “concret” du système des 2 ou 3 ou 4 modules, avec ou non un programme différent selon que l’élève va suivre le même enseignement sur l’année, ou seulement sur un semestre.

    L’idée de permettre à l’élève de changer d’avis et d’option en cours de route me paraît intéressante. Ainsi, si ce système avait existé pour mon fils aîné, il n’aurait peut-être pas redoublé sa seconde. En effet, il avait pris l’option SES … avec laquelle il n’a pas accroché. A la fin de sa 2de, il avait une moyenne en SES et une moyenne générale très juste, et nous avons préféré qu’il redouble en changeant d’option (IGC) plutôt que passer de justesse dans une classe de 1ère mal préparée.

    Aussi, quand je lis dans un post un peu plus haut, qu’avec la réforme, un élève qui n’aurait pas choisi l’option SES au 1er semestre ne pourrait pas la choisir au 2ème, alors, où est la possibilité de choix et de ré-orientation ??

    Marie (mère d’élève, elle aussi) évoque ci-dessus les craintes pour les choix d’orientation qui arrivent en février.
    Si c’est votre premier enfant qui passe par la classe de 3ème, je comprends votre inquiétude, mais peux vous rassurer : les indications que vous donnerez en février ne sont … que des voeux (pieux) qui dépendent aussi de l’évolution de l’enfant sur la suite de sa 3ème. (certains élèves s’effondrent au 3ème trimestre, d’autres se re-motivent) Le choix définitif n’intervient qu’en juin.
    Les voeux que vous émetterez en février ne servent qu’à donner les grandes tendances au niveau d’une académie, et permettent surtout de distinguer les voies générales / professionnelles dans les perspectives de l’enfant et sa famille. C’est l’occasion d’un dialogue prof principal / élève / parents.

    Par contre, il est clair que d’ici avril, il sera indispensable pour les familles de disposer d’une information claire sur les choix de 2de et sur les perspectives que cela offre (ou ferme) en terme de 1ère et Terminale en fonction des options.

    Je reviens aussi sur la crainte de certains de voir les jeunes se “précipiter” sur les options conduisant à la filière “sciences” en ajoutant des options scientifiques à la dose de sciences qu’ils auront déjà dans le socle commun.
    Je ne suis pas persuadée que cela change fondamentalement (au moins dans un 1er temps) les grands équilibres entre filière scientifique (ex-S) et “humanités” (ex-L), si sans doute au niveau de la filière “technologiques”.
    Quant à la filière “sciences de la société”, pourquoi n’attirerait-elle pas toujours environ 40 % des élèves ?
    Croyez-vous vraiment que des élèves de niveau “moyen” de 3ème auront envie de prendre des options scientifiques en majorité, en plus de leurs enseignements maths et sciences du tronc commun ??

    C’est le cas de mon fils : il s’intéresse énormément à l’informatique, mais pas du tout à la SVT, ni à la physique-chimie !
    J’espère donc qu’il aura la possibilité de cumuler “informatique et société numérique” avec “informatique de gestion” pour y voir + clair dans un choix de bac … sans se trouver pénalisé par la suite ou obligé de suivre une filière ultra-scientifique !

  100. B. Magliulole 15 déc 2008 à 12:19

    Réponse à Lydie Prieur

    Il est vrai qu’officiellement, la réforme que le ministre se prépare à présenter ce mardi matin (demain), ne concerne que les lycées qui dépendent du Ministère de l’Education nationale.

    Officiellement donc, les parents qui envisagent en fin de troisième une orientation vers une seconde agricole (professionnelle ou “générale et technologique”), auront devant eux le lycée existant actuellement, avec quelques aménagements à la marge.

    Mais il est vrai que les responsables du ministère de l’agriculture travaillent en ce moment sur un scenario d’ajustement de l’offre de formation secondaire agricole tenant compte de ce qui va se faire à l’Education nationale. Qu’est ce qui en sortira ? Et si on le fait, est ce que ce sera le même calendrier qu’à l’Education nationale ? Personnellement, j’ai beau me connecter sur tous les sites qui pourraient répondre à ces questions, je n’y trouve aucune réponse fiable… mais beaucoup d’hypothèses, voire de rumeurs.

    Quand à votre observation, fondée j’en conviens, sur l’absurdité pour les secondes agricoles générales (S) et techno (STAV) de voir disparaître dans le tronc commun annoncé l’enseignement de biologie (sous la forme qu’il a en lycée agricole), je vous ferai remarquer que rien n’interdit aux responsables de l’enseignement agricole de décider qu’un tel enseignement est maintenu à la place de celui de “sciences expérimentales” qui va s’installer dans le tronc commun des secondes de l’Education nationale. Rien (heureusement d’ailleurs) n’oblige les responsables de l’enseignement agricole à se caller strictement sur les grilles des lycées de l’Education nationale. J’ose espérer que c’est d’ailleurs ce qui est prévu.

    Merci pour ce comentaire, et n’hasitez pas à réagir à ma réponse si vous le désirez

    bruno Magliulo

  101. B. Magliulole 15 déc 2008 à 12:27

    Nouvelle réponse aux lycéens du lycée de Presles, à Vichy-Cusset

    Vous devez avoir un problème d’accès car j’ai non seulement inséré votre commentaire du 27/11, mais j’y ai répondu le 28/11, le lendemain.

    Vous devez, pour trouver ces réponses, cliquer sur l’article correspondant à l’article “La réfomer du lycée : le grand chambardement ou le maintien d’une certaine tradition”. Ensuite, vous remontez la liste des commentaires jusqu’aux dates des 27 et 28/11, et vous trouverez ce que vous me reprochez de ne pas avoir fait. j’ai bien sur égaeent insérér le mel envoyé hier , qui est un peu au dessus de cette réponse.

    bruno Magliulo

  102. Victoire à la Pyrusle 16 déc 2008 à 11:31

    Je me range résolument dans le camp de ceux qui pensent que le lycée français ne peut pas rester en l’état. darcos vient d’annoncer le report de sa réforme (honte à lui qui cède, sur injonction venue de plus haut sans doe, mais ce n’est pas une excuse suffisante à mesyeux), j’espère que ce ne sera pas un enterrement pur et simple. Seule certitude : ce ne sera pas la “réforme Darcos”, mais , je l’espère, la réforme d’un autre, une vraie réforme. Et je trouve moi qu’il y a urgence à la faire. La réforme Allègre peut être puisqu’on parle de ce buldozer comme d’un possible successeur à celui qui vient de se discréditer. J’adorerais : les profs réfractaires vont dans ce cas regretter … Darcos !

    J’ajoute qu’il y a indécence de la part de ceux qui veulent que rien ne bouge, et doivent déboucher en ce moment des bouteilles de champagne avant l’heure, pour fêter ce qu’ils pensent être un “heureux évènement”, et que moi je trouve triste à mourir.
    Et pendant ce temps là, continuons à faire sortir chaque année 150000 élèves du secondaire français sans diplôme ni qualification professionnelle, continuons d’avoir les tristes records en matière de redoublements, continuons d’avoir des lycéens qui, pour près de la motié, sont destinés à échouer en premier cycle universitaire, continuons de si mal figurer dans les enquêtes comparatives concernant les connaissances et compétences des jeunes français (enquêtes comparatives PISA et autres …). Continuons !!! Et tant pis pour les élèves dont seuls ceux qui ont les moyens de compenser les insuffisances du lycée français par leurs moyens familiaux (petits cours privés, héritage culturel et économique …).

    Autrement dit, “ils” croient avoir gagné parce qu’ils ont réussi à faire plier un ministre (que je ne félicite pas, et dont je n’oublierai politiquement pas qu’il a cédé sur ce dossier essentiel, et de façon honteuse selon moi puisque la veille encore, il nous baladait en présentant sa réforme dans le Journal du dimanche)qui voulait réduire l’inéquité faite dans ce lycée français aux enfants issus des catégories sociales les plus défavorisées. La bourgeoisie a gagné, et ce grâce aux profs les plus réactionnaires.

    Formidable !

    Régis, parent d’élève

  103. B. Magliulole 16 déc 2008 à 12:30

    Réponse à Florence

    Comme vous le savez sans doute, la réforme du lycée général et technologique, après avoir été confirmée par le ministre dimanche dernier (voir l’interview qu’il a accordée au Journal du dimanche), a été annoncée comme étant reportée, par le même ministre dimanche après-midi, ce qui fut confirmé par lui lundi !

    Faut-il s’en réjouir, ou se lamener ? Je laisse bien sur à chacun le soin de réagir à cette annonce à sa mesure.

    Mais je suis de ceux qui dise que “réforme Darcos” ou “réforme X…”, on ne pourra pas faire l’impasse sur la nécessité de reduire les sorties du lycée sans diplôme ni qualification; sur la nécessité de réduire les actuels taux de redoublements au profit d’un suivi plus individualisé des élèves en difficulté; d’une amélioration significative des connaissances et compétences des lycéens fançais (dont on sait qu’ils sont mal classés dans les enquêtes comparatives PISA); d’une amélioration de la possibilité de “détermination” (de libre choix d’orientation)à l’issue de la seconde qui, dans sa version actuelle, est (chacun le sat) une fausse classe de détermination); d’une plus grande souplesse en matière d’orientation; d’une meilleure prise en compte par le lycées des attentes de l’université dans laquelle aujourd’hui, près de la moitié des lycéens qui y entrent en sortent sans diplôme ni qualification; de la mise en oeuvre d’un lycée moins élitiste (moins abstrait, moins théorique …), donc prenant en compte toutes les catégories d’élèves, et pas uniquement ceux qui viennent des catégories sociales supérieures…

    Bref, j’espère comme vous sans doute que ce report… n’est qu’un report, et non un simple enterrement. J’espère qu’un nouveau ministre améliorera le “dialogue social” préalable, en consultant plus les enseignants, les parents d’élves, les élèves … afin de décider avec un consensus large d’une réforme qui ne pourra pas ne pas se faire. Sur ce point, je vous invite à lire la réaction de ce père d’élève qui intitule son commentaire “victoire à la Pyrus”

    Merci en tous cas pour cette longue et très intéressante contribution de votre part, et n’hésitez pas à en faire une autre si vous le désirez

    bruno Magliulo

  104. B. Magliulole 16 déc 2008 à 12:33

    Réponse à “Victoire à la Pyrus”

    Comme vous pouvez le constater en lisant la contribution de Florence (en date du 14/12) et la réponse que je lui ai fait parvenir ce jour, vous n’êtes pas seul à réagir à l’annonce du report de la réforme du lycée. ce que j’ai répondu à Florence pourrait tout aussi bien constituer la trame de ma réponse à votre commetaire : je vous invite donc à vous y reporter.

    Merci en tous cas pour ce commentaire, et n’ahsitez pas à en exoprimer un autre si vous le désirez

    Bruno Magliulo

  105. Michelle 16 déc 2008 à 22:58

    En réponse à Régis, parent d’élève…

    Enseignant, je m’oppose fermement à cette réforme d’une hypocrisie sans nom, je n’ai rien, pourtant, je crois, d’un prof réactionnaire (ah, ces raccourcis si faciles qui ne satisfont que ceux qui les professent…). Si la réforme du lycée est pour moi d’une évidence absolue, et pas nécessairement pour les motifs alignés ici et là dans les commentaires qui précédent, elle doit se faire dans un esprit de véritable concertation, avec tous les acteurs concernés (élèves, enseignants, parents …) et non pas au forceps, au pas de charge, avec une arrogance et un mépris affichés sans retenue, comme cela a été le cas depuis le début…
    Par ailleurs, il ne me semble pas que ce soit les enseignants, les syndicats qui ont fait reculer le ministre (… ou le Président ???) mais les lycéens eux-mêmes, qui ont commencé ces derniers jours à comprendre le mauvais tour qu’on est prêt à leur jouer.
    Des élèves sans doute manipulés par des enseignants gauchistes qui feraient mieux de bosser plutôt que de faire de la politique…
    Pour finir,si d’aventure ce cher Claude Allègre venait à succéder à notre Ministre Darcos, il sera, je le pense, accueilli avec la même énergie contestataire, son envie de dégraisser le mammouth étant si forte qu’il ne devrait pas, lui non plus, faire dans la dentelle…

    Michel

  106. B. Magliulole 18 déc 2008 à 17:03

    Réponse à Michel

    A commentaire direct (celui de Régis), réplique tout aussi directe (la votre).

    L’hypothèse de “Allègre le retour”, n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, et qui n’engage que ceux qui l’expriment. Et pourquoui pas “Darcos, le maintien” ? C’est qu’il est revanchard le bougre, et qu’il n’a pas dû avaler très aisément la pilule très amère que l’Elysée, très prudent en cette circonstance, a voulu lui faire avaler.

    Je constate qu’il y a au moins un point sur lequel vous êtes tous les deux d’accord : la nécessité d’une réforme du lycée. Sur le reste, tout vous oppose, et rien n’est très étonnant en la matière, du moins à vous lire l’un et l’autre. CAr évidemment je crois pouvoir dire que le lycée nouveau dont vous rêvez l’un et l’autre n’est pas le même.

    D’accord avec vous en tous cas pour considérer que cette réforme était victime de deux travers qui l’engageaient fort mal, dès le début :

    1. une incroyable marche au pas de charge qui était difficilement compréhensible, sauf à ce que cela procède de facteurs explicatifs qui n’ont rien de pédagogiques.

    2. un vrai déficit de concertation, notamment avec les “usagers” (les élèves en particuliers, mais aussi sans doute les parents … et es “consommateurs” de bacheliers : l’enseignement supérieur, les employeurs).

    Merci en tous cas pour ce commentaire.

    Bruno Magliulo

  107. Réforme ou plus réforme ?le 20 déc 2008 à 10:15

    Je l’avoue, je me suis battu pour le report de ce projet de réforme. En tant que prof, je le trouvais bâclé, précipité, porteur d’un déficit de concertation préalable… Le reporter à la rentrée 2010 me semblait raisonnable.

    Par contre, ce qui ne l’est pas à mes yeux, c’est son abandon pur et simple. Le report ne doit pas être l’abandon en rase campagne ! Le lycée français (son collège aussi) va mal, et demande plus que de modestes ajustements. J’ai, pour tout vous dire, peur que si le ministre (ou son éventuel successeur) relance ce projet, on n’aboutisse qu’à une réforme très insuffisante.

    Jean-François, prof de maths, Versailles

  108. B. Magliulole 20 déc 2008 à 11:01

    Réponse à “réforme ou plu réforme ?”

    Votre positrion rejoint cele de beaucoup … mais n’est pas unanimement partagée.

    Il y a ceux qui, comme vous, sont conscients de la nécessité d’une réforme du lycée (et sans doute du collège aussi), mais ne voulaient pas qu’elle soit conduite au pas de charge, ainsi que cela était prévu.

    Il y a ceux qui étaient prêts à accepter cette précipitation, au nom du réalisme : si on reporte, on s’enlise, et rien de sérieux ne sera fait. C’était semble t il la position du Ministre.

    Il y a ceux aussi qui étaient (et sont toujours) contre toute idée de réforme, et pour qui le report n’est donc pas satisfaisant : ils veulent qe le ministre renonce définitivement.

    Rendre ces trois points de vue compatibles n’est évidemment pas chose aisée. Pour le moment, officiellement, le ministre a décaré s’être rangé du côté de ceux qui, comme vous, demandent le report pour plus de concertation, plus de temps pour mettre en place la réforme qui sera décidée… mais ne veulent pas renoncer à toue idée de réforme. Vous soutenez cette ligne, comme beaucoup !

    Merci pour cette contribution

    Bruno Magliulo

  109. SES et tronc communle 20 déc 2008 à 16:37

    Dans les jours qui ont précédé l’annonce du report de la réforme du lycée, le ministre s’était publiquement engagé sur l’introduction d’un enseignement de sciences économiques et sociales dans le tronc commun de classe de seconde, à raison de 1,5 heure par semaine.

    J’ose espérer que lui ou son successeur ne se renieront pas et que dans le futur projet de réforme du lycée, cette promesse sera tenue.

    Qu’en pensez-vous ?

    Michel, professeur de sciences éco et sociales, académie de Toulouse

  110. B. Magliulole 21 déc 2008 à 12:08

    Réponse à “SES et tronc commun”

    Il est vrai que dans les tous derniers jours qui ont précédé le report de la réforme du lycée, le ministre avait officiellement déclaré vouloir introduire en seconde les sciences économiques et sociales, en tant que discipline obligatoire, dans le tronc commun, à raison de 1h30 par semaine. C’est effectivement ce qui se serait passé si la réforme avait été appliquée telle quelle à la rentrée 2009. C’était là un indéniable signe dd reconnaissace, en partie lié à l’action très offensive et intelligente du collectif des profs de SES, de son association de spécialistes (l’APSES) en particulier. C’était sans doue aussi un effet colatéral de la crise économique, qui donnait de plus en plus souvent le sentiment que les jeunes français avaient tous besoin, dans leur culture générale, d’un bagage éclairant de connaissanes économques et sociales.

    Mais depuis, la réforme est officiellement reportée, d’un an au moins, et chacun sait que lorsque c’est le cas, il y a peu de chances qu’elle voit le jour en l’état ou elle a été laissée. En outre, depuis, le ministre a éclaré clairement que “tout est remis à zéro”, autrement dit, que rien dans ce qui avait été prévu ne correspond à un engagement définitif. Cela vaut pour l’éventuelle introduction des SES dans le tronc commun, comme pour tout le reste. On repart à zéro, veut dire que tout est à refaire, y compris pour les SES.

    On ne peut pas vouloir le beurre du report de la réforme (que beaucoup d’ailleurs demandent à être purement et simplement abrogée), et l’argent du beurre qui consisterait malgré tout à en conserver tel ou tel aspect jugé positif, comme cette introduction d’un enseignement obligatoire des SES dans le tronc commun de seconde.

    Cela ne veut pas dire que cela ne se fera pas, mais que rien n’est acquis.

    Merci pour cette contribution, qui pose ne question que beaucoup de professeurs de SEs se posent depuis l’annonce du report de la réforme.

    Bruno Magliulo

  111. Parjurele 22 déc 2008 à 10:43

    Le ministre s’est publiquement engagé sur le principe de l’introduction d’un enseignement de sciences écionomiques et sociales dans le tronc commun de seconde. Il l’a en outre dit clairement à diverses instances (les syndicats enseignants, l’association des profs de SES …). Comment pourrait-il se déjuger ?

    A mes yeux, c’est un acquis sur lequel, sauf à ne pas avoir d’honneur, il ne reviendra pas, il ne peut et ne doit pas revenir.

    J’ajoute en outre que c’est du bon sens : comment, en ce début de XXIe siècle, ne pas considérer qu’un minimum de connaissances et compétences en sciences économiques et sociales ne devrait pas faire partie des fondamentaux que tout élève d’aujourd’hui doit acquérir ?

    Alors, pas de parjure Monsieur le ministre. Vous avez annoncé le report de cette réforme, pas sa suppression pure et simple.

    Jean-François, prof de sciences économiques et sociales, académie de Nice

  112. B. Magliulole 22 déc 2008 à 11:35

    Réponse à Parjure

    Il est vrai que le ministre s’était engagé sur l’introduction de l’enseignement des SES dans le tronc commun de seconde, à raison de 1h et demie par semaine. Mais c’était dans l’hypothèse ou la réforme serait mise en oeuvre en seconde à la rentrée 2009.

    Comme vous le savez, non seulement ça ne sera pas le cas, mais en outre, le ministre à déclaré publiquement qu’il remettait “tout à zéro”, ce qui veut dire que rien de ce qui concernait le projet qui vient d’avorter ne correspond à un acquis définitf. Au mieux, ce sera une base de départ pour les négociations qui vont s’ouvrir dès la rentrée des vacances de Noël.

    La présence des SES dans le tronc commun de seconde est donc, hélas sans doute, à nouveau incertaine. Mais comme le dit quelqu’un dans un message antérieur, on ne peut pas vouloir à la fois le beurre du report (voire de l’abandon) de la réforme, et l’argent du beurre du maintien de certaines de ses caractéristiques, telle l’introcution des SES dans le tronc commun.

    Bruno Magliulo

  113. Parole donnéele 23 déc 2008 à 11:20

    Pourquoi êtes-vous si pessimiste ? J’ai tendance à penser que la parole donnée par un ministre vaut quasi contrat. Darcos avait annoncé très officiellement l’introduction des sciences économiques et sociales dans le tronc commun à raison de une heure trente par semaine, je veux croire qu’il tiendra sa parole. Quand à l’hypothèse qu’il ne soit plus le ministre chargé de mettre au point cette réforme, puis de la mettre en oeuvre, je ne vois pas en quoi son successeur pourrai se sentir libre de ne pas se sentir “obligé” par les engagements de son prédécesseur.

    Michel, prof de SES, Ile-de-France

  114. B. Magliulole 23 déc 2008 à 13:03

    Réponse à “Parole donnée”

    Je ne crois pas être “pessimiste” comme vous l’écrivez. Je me qualifierai plutôt, en ce qui concerne ce que j’écris sur ce blog relatif à la réforme du lycée, de “réaliste”.

    Je comprend le désir fort des professeurs de sciences économiques et sociales, qui se sont globalement bien battu, et ont fini par obtenir du ministre ce signe d’extaordinaire reconnaissance qu’est l’annonce, faite il y a quinze jours à peine (cela parait presque loin aujourd’hui), de l’introduction de leur enseignement en tant que discipline obligatoire (tronc commun), à raison de 1h30 par semaine, de conserver cela.

    Un mot en passant pour fustiger ceux à qui que cette décision apparaissait comme étant insuffisante parce que quantifiée à une heure trente par semaine “seulement”. je comprend qu’ils auraient préféré trois heures (dont une dédoublable), afin de vivre un moindre morcellement de leurs services entre un trop grand nombre de classe, mais c’était utopie que de croire que le ministre allait accepter d’ajouter trois heures au tronc commun, et fare passer l’horaire global de la classe de seconde à 33h par semaine, soit … plus que dans la seconde actuelle ! Dans la vie, il faut savoir tenir compte de la dialectique du possible et du souhaitable !

    Mais, au risque de vous déranger en l’écrivant et en le répétant, cette heure et demie obligatoire d’enseignement des SES pour tous n’est en rien un avantage acquis ! En reportant sa réforme, le ministre n’a nullement déclaré qu’il reportait le projet de réforme tel qu’il s’apprétait à le présenter à la presse le lundi 15 décembre, avec des grilles horaires “bouclées”, dans lesquelles en effet, les SES apparaissaient dans le tronc commun en tant qu’enseignement obligatoire à raison de une heure trente par semaine, et en plus, en tant que matière optionnelle complémentaire.

    Il a même très officielement déclaré qu’il remettait tout à zéro, ce qui signifie clairement que rien de ce qui avat été présenté jusque là ne peut être considéré comme acquis.

    De plus, rien ne dit que notre actuel ministe de l’Education nationale va se succéder à lui-même dans le futur gouvernement. Ce n’est pas non plus impossible. Si ce n’est pas le même, en quoi son successeur, qui va devoir plancher sur un nouveau projet de réforme du lycée, devrait-il se sentir “obligé” par l’ancien projet ? C’est irréalise que de le croire. Que diraient d’ailleurs les partenaires sociaux si un ministre de l’Education nationale (Darcos ou autre) venaient à la table des négociations avec un projet ficelé qui serait celui qui vient d’avorter ? Ils ne l’accepteraient évidemment pas !

    Le seul point acquis est qu’il y a eu ce signe formidable de reconnaissance de cet enseignement. C’est déjà beaucoup, mais si les professeurs de SES veulent (et je comprend fort bien qu’ils le veuillent) que le futur projet de réforme du lycée prenne en compte le principe d’une introduction d’un enseignement de sciences éco et sociales dans le futur tronc comun, il leur faudra à nouveau se battre efficacement. Rien en ce domaine n’est acquis, et cela vaut pour bien d’autres disciplines qui voudront elles aussi que l’on maintienne les avantages les concernant, mas aussi pour d’autres qui n’avaient pas obtenu satisfaction, et vont évidemment se battre pour renverser le cours des choses.

    En cette période de fin d’année 2008, propice à l’expression des voeux, je ne puis que vous souhaiter d’avoir satisfaction.

    Merci en tous cas pour cette intéessante contribution. Je e demande bien ce que pensent vos collèges de ce sujet.

    Ecrivez nus pour le dire

    Merci !

    bruno Magliulo

  115. Et les autres ?le 24 déc 2008 à 11:25

    Je suis un humble prof d’arts plastiques, une discipline condamnée, progressivement remplacée par les ateliers de pratique artistique et autres partenariats école/musées, visant à nous remplacer par des gentils animateurs non professeurs de métiers.

    Qui pour s’inquiéter de notre avenir ?

    Et pour tout dire, quand je lis que des profs de SES, qui se sont massivement (et efficacement, ça je le reconnais, bravo les p’tits gars et filles), contre la réforme du lycée, qui se manifestent aujourd’hui pour demander qu’on ne la supprime pas totalement, mais qu’on en conserve la promesse d’une introduction de l’enseignement des sciences économiques et sociales, dans le tronc commun, la moutarde (je suis dijonais) me monte fortement au nez.

    Quelle indécense !

    Ainsi, il est des profs qui ont à la fois lutté pour l’introduction de leur discipline dans le tronc commun (ce que je comprend… mais toutes les disciplines externes au tronc commun souhaitent la même chose, pourquoi celle-là plus que la physique-chimie, les SVT… les arts plastiques même ?), et lutter dans le même temps contre la mise en oeuvre d’une réforme qui leur a accordé cette reconnaissance. Chers collègues de SES : je vous trouve tout à fait schyzophéniques ! C’est l’histoire du beurre et de l’argent du beurre ou je ne m’y connais pas !

    Et pendant ce temps là, quel que soit le cas de figure, les disciplines comme les arts plastiques, la musique, le latin, le grec, les langues 3 … sombrent, dans une grande indifférence !

    Jean, prof d’arts plastiques, académie de Dijon

  116. B. Magliulole 24 déc 2008 à 12:58

    Réponse à Jean (”Et les autres ?”)

    Merci d’abord pour cette contribution.

    Je ne méconnais pas le triste sort fait à nombre de disciplines dans le lycée d’aujourd’hui. La votre (les arts plastiques) partage avec la musique, les langues classiques, les troisièmes langues vivantes, etc. un phénomène de marginalisation progressive qui, soit dit en passant, n’a pas attendu le projet Darcos de réforme du lycée pour se manifester. Ce que vous décrivez concernant l’enseignement d’arts plastiques (votre effacement progressif au profit d’animateurs externes) m’est bien connu, étant fort proche de certains profs d’ats plastiques.

    Faut-il pour autant reprocher aux professeurs de sciences économiques et sociales de s’être battu pour que leur discipline, un temps menacée de subir un sort comparable, ne soit pas marginalisée ? Je crois devoir vous signaler que s’ils avaient compté sur les seuls autres pour les sauver, ils auraient bel et bien été marginalisés, dépecés, dénaturés (on les menace y compris sur leurs contenus et méthodes). Alors, oui, ils se sont battus, corporativement et collectivement à la fois (leur combat n’était pas QUE disciplinaire, ce qui explique ce que vous qualifiez de “comportement schyzophrénique” et que je préfère moi, appeler “combat disciplinaire sans perdre le sens du collectif”).

    Est-il possible de vous dire qu’il appartient aux profs d’arts plastiques, s’ils s’estiment menécés dans leur existence même dans l’enseinement secondaire (et je crois qu’en effet, vous l’êtes), de commencer par s’organiser par eux-mêmes ? Etes-vous capables, par le biais de votre association de spécialiste, de mobiliser aussi fortement que l’a réussi l’association des professeurs de SES ? Et quand je dis mobiliser, ce n’est pas uniquement les professeurs de l’enseignement secondaire public (ce qui serait déjà pas mal), mais aussi ceux du privé sous contrat, ceux de l’enseignement supérieur, ceux de la communauté des professionnels des arts plastiques. J’espère pour vous que vous ne comtez pas sur votre inspection piour vous sauver ! Les profs de SES ont vite compris de ce côté là, ils n’avaient pas grand chose à attendre.

    J’irai plus loin : le combat efficace des profs de SES devrait vous inspirer collectivement, vous proposer une méthode de résistance et d’avancée, bref, vous servir d’exemple, et non vous choquer.

    Par contre, là ou je vous rejoins, c’est quand vous critiquez l’attitude de certains d’entre eux qui se sont à la fois battus contre la réforme du lycée, et contre le triste sort qu’on envisageait en haut lieu de faire subir à l’ensegnement des sciences éo et sociales, donc sur un double front, et voudraient aujourd’hui à la fois que l’on n’ait pas de réforme du lycée, mais qu’on considère comme un acquis le fait que l’enseignement des SES soit désormais obligatoire (donc introduit dans le tronc commun), mais sans qu’il y ait véritablement de réforme du lycée. Mon point de vue est que si les profs de SES veulent jouer cette carte, alors il leur faut en même temps accepter le principe d’une réforme du lycée. Ca tombe bien : c’est ce qui est prévu !

    Bruno Magliulo

  117. Blaisele 24 déc 2008 à 13:46

    Je pense qu’il faudrait être plus mesuré quant à l’utilisation des évaluations PISA pour comparer les performances de l’EN avec d’autres pays.
    Surtout s’il s’agit de pointer du doigt notre système scolaire.

    Certes ces évaluations sont très rigoureuses dans leurs constructions mais elles se limitent à quelques éléments en éludant d’autres questions pourtant centrales dans notre conception de l’école et notamment l’impact sur les inégalités sociales.
    Les pays mis en avant par ces évaluations (finlande notamment) ont d’autres composantes démographiques et sociales que les nôtres.
    De plus, le fait que notre population évaluée (les 15 ans) comportent un certain nombre de doublants affaiblit les scores, bien meilleurs si on sort ces élèves forcément “en retard” quant aux acquis des non doublants.

    Je vous invite à lire ce bon et long article, plutôt objectif :

    http://www.laviedesidees.fr/PISA-une-enquete-bancale.html#nh1

    Il y est dit que les évaluations Pisa sont utiles pour cibler certaines limites de notre système mais que d’utiliser ces évauations pour faire des comparaisons est tout de même abusif.

    Je rappelle d’ailleurs qu’il y a de moins en moins de sortants du système sans qualification : 42108 en 2005 contre 170 700 en 1975.
    (source MEN) http://media.education.gouv.fr/file/2008/41/4/ni0805_22414.pdf

    Pourquoi ce progrès n’est jamais mis au crédit de l’école pour un chiffre claironné de 150 000 jeunes en échec dont je ne parviens pas à trouver l’origine.

    De plus, rappelons que selon l’OCDE, la France est en dessous de la moyenne de l’OCDE pour ses dépenses annuelles par élève en 2004 en 1aire (4 401 € contre 5051 € en myenne pour les pays de l’OCDE) et pour l’enseignement secondaire (6384 € contre 6886€).
    Dire que le système de l’EN est coûteux est une simplification abusive.

    Cordialement.

  118. Blaisele 24 déc 2008 à 13:58

    (Suite)

    Ces remarques critiques qui soulignent les abus dans l’utilisation de certaines données à des fins affichées de réforme me semblent montrer que les décideurs actuels ne sont pas entièrement de bonne foi.

    Pour mettre en place une réforme, il faut au moins partir d’un constat lucide et éclairé, qui prouve l’objectivité de la démarche.
    A MON AVIS, ce gouvernement n’est pas dans cette logique constructive, ce qui aboutit à une résistance assez large, par delà les interlocuteurs institutionnels habituels (et largement cour-circuités).

    Face à la mauvaise foi, la posture positive des réformistes sincères risque bien de se retourner contre eux.
    Hélas.
    Le “conservatisme” est parfois une posture plus défendable que celle d’un soit-disant réformisme gonflé d’idéologie irréaliste.
    Défendre sincèrement la réforme du lycée dans ce contexte, c’est malheureusement parfois apporter de l’eau au moulin de ces “idéologistes”.
    L’inverse, il est vrai, donne l’image d’un conservatisme étroit, à cheval sur un corporatisme indéfendable.

  119. B. Magliulole 26 déc 2008 à 12:55

    Réponse à Blaise

    Merci d’abord pour cette longue contribution, très éclairante.

    d’accord avec vous sur deux points cruciaux :

    1. Les “performances” réalsées par les jeunes évalués par l’enquê comparative PISA doivent être resituées dans leur contexte économique, politique, social, historique même… sinon, on risque de perdre de vue divers paramêtres explicatifs du niveau de connaissances et compétences des élèves de 15 ans (pour parler de l’enquête PISA), qui sont tout aussi parlant (certains pensent même qu’ils le sont plus) que les facteurs tenant au système éducatif. Cette observation de votre part m’incline à penser qu’il serait bon que je mette prochainement en ligne un article appelant à ne pas prendre l’enquête PISA sans tenir compte de ce que vous écrivez.

    2. Concernant le chidffre de 150000 élèves dont “on” dit qu’ils sortent de l’appareil éduc

  120. B. Magliulole 26 déc 2008 à 13:14

    Complément de réponse à Blaise

    Désolé : le début de ma réponse est parti de façon intempestive. je dois donc la compléter.

    2. concernant le chiffre de 150000 élèves dont “on” dit qu’ils sortent de l’appareil éducatif secondaire français sans diplôme ni qualification, ce que vous avez écrit (et quelques autres “blogueurs” par aileurs), m’a poussé à faire ce que vous suggérez : vérifier à la source. Et le moins que l’on puisse dire est que ce n’est en effet pas clair.

    Notons d’abord que ce chiffre figurait déjà dans le rapport Thélot il y a quelques années. Aujourd’hui, il a été avancé, avec d’autres, comme argumentaire ministériel du pourquoi faut-il réformer le secondaire français.

    Or, il y a visiblement confusion entre deux choses qui ne s’additionnent pas forcément :

    1. D’une part, si vous vous reportez à la page 139 de la dernière édition (novembre 2008) de “Repères et références statistiques” du Ministère de l’Education nationale, vous pouvez constater que, d’après les statisticiens de notre Maison, “parmi les élèves entrés en sixième en 1995, on constate que, douze ans après (en 2007), 8% d’entre eux sont sortis de l’appareil d’enseignement secondaire sans aucune qualification professionnelle. Or, en 1995, il est entré 854000 élèves en sixième. En appliquant ce taux de 8% à ce chiffre, on obtient 68320 élèves sortant sans qualification professionnelle (chiffre en baisse puisque sur la promotion des entrant en sixième en 1989, il était de 10% : ces données figurent dans le même tablea statistique). L’écart par rapport à 150000 est donc important (presque du simple au double)

    2. Or, d’après un statisticien contactré téléphoniquement au ministère, on ajoute à ce premier chiffre celui des élèves sortant sans diplôme (ni brevet, ni bac, ni CAP, ni BEP …), qui sont de l’ordre de 65000 chaque année. Mais parmi ces derniers, une importante proportion a pu suivre des formations qualifiantes mais non diplômantes (dans le cadre d’un contrat de professionnalisation par exemple), ce qui fait que sans être dipômés, ils n’en sont pas moins dotés d’une qualification. Il est donc absurde de faire la simple addition des deux chiffres.

    Il en résulte que manifestement, le chiffre de 150000 est sur évalué, et établi de façon non rigoureuse.

    Or, toujours d’après mon témoin statsticien au ministère, il n’existe pas de données fiables permettant de dire combien d’élèves sortent de l’appareil de formation secondaire à la fois sans diplôme ET sans qualification (ce qui devrait être le seul indicateur retenu en la matière). Il m’invite donc à ne considérer comme fiable que le seul indicateur des sortant sans qualification professionnelle.

    C’est pourquoi j’ai décidé de corriger mon texte en supprimant le chiffre de 150000, en introduisant celui de “près de 70000″, et en citant sa source.

    Je me dis d’ailleurs que pur des professeurs de sciences économiques et sociales, il y aurait là matière à un beau TP sur le thème “les statistiques c’est formidable, à la condition de ne pas les prendre pour argent comptant”

    Je vous remercie donc très vivement de votre observation sur ce point, rejoignant d’autres observations du même tye : elles m’auront permis de me rapprocher d’une vérité statistique difficile à cerner … comme toutes les “vérités statistiques” d’ailleurs.

    Bruno Magliulo

  121. Ca repartle 27 déc 2008 à 10:55

    J’ai entendu dire que le ministre voulait relancer son opération “réforme du lycée” en organisant des sortes d’assises du lycée, et ce dès janvier ou février 2009. De plus, l’UMP a récemment ouvert sur le web un “forum” de discussion sur l’avenir du lycée …

    Tout ceci me donne à penser que loin d’être enterrée, la réforme du lycée reste d’actualité.

    Faut-il le regretter ou s’en féliciter ? Pour ma part, étant de ceux qui disaient qu’il faut réformer le lycée, mais pas comme on se préparait à le faire (manque de concertation, précipitation …), j’en suis plutôt satisfait.

    Qu’en pensez-vous ?

    Michel, parent d’élève, Lyon

  122. Et la réforme du lycée pro ?le 29 déc 2008 à 12:21

    On a beaucoup parlé de la réforme du lycée ces derniers mois, mais on a largement omis de dire qu’il s’agit de la réforme du seul lycée général et technologique.

    Or, parallèlement, il se déroule sous nos yeux, en douceur, sans grand remous, une autre réforme qui ne va pas sans problèmes : celle du lycée professionnel. Chose très surprenante : alors que ce qui se met en place est lourd, bouleversant meme, et permet proportionnellement au gouvernement de récupérer encore plus de moyens que ce qu’aurait permis à réforme du lycée général et technologique… cela n’a suscité qe très peu de protestations, quelques vagues réserves tout au plus.

    Comment expliquer cette différence ?

    Jean-Marc, professeur de techniques de vente en lycée professionnel tertiaire, académie de Nantes

  123. B. Magliulole 30 déc 2008 à 12:15

    Complément de réponse à “ça repart”

    excusez moi mais ma réponse à votre commentaire est partie intempestivement, avant que je ne la termine. Je reprend donc !

    Comme j’avais commencé à vous le dire, oui ça repart : le mnistre de l’EN a récemment aznnoncé qu’il organisait des “assises sur l’avenir du lycée” (terminologie approchante), et qu’il allait donc relancer le processus de concertation. Dès cette annonce, les syndicats ont pour la plupart fait part de leurs réserves !!!! Or, il faut être au moins deux pour se concerter. Ce n’est donc pas facile !

    Cela dit, je suis d’accord avec vous sur un point : oui, vous avez grandement raison, on ne peut pas laisser le lycée d’enseignement général et technologique dans l’état où il est. Je m’explique largement sur le pourquoi de cette prise de position dans l’article que j’ai rédigé sur ce thème “Réforme du lycée : le grand bond en arrière”. Je vous y renvoie.

    A suivre donc !

    Merci pour ce commentaire que vous avez bien voulu nous communiquer

    bruno Magliulo

  124. B. Magliulole 30 déc 2008 à 16:07

    Réponse à “et la réforme du lycée professionnel ?” (Jean-Marc)

    Vous avez raison : on ne parle guère de la réforme de l’ “autre” lycée : le lycée professionnel. Elle est enclanchée depuis deux ans, se déroule progressivement sans grandes difficutés, et semble être l’objet d’un consensus dont le ministre Darcos aurait sans dote souhaité bénéficier pour son autre réforme de l’enseignement secondaire : celle du lycée général et technologique.

    L’intelligence du ministre, en ce qui concerne la réforme du lycée professionnel, tient sans doute en cela qu’il a compris que plutôt que d’installer le nouveau lycée pro d’un bloc, en un seul coup, et dans la précipitation, il fallait d’une part ne pas lésiner sur les nécessaires consultations en amont (en particulier avec les syndicats les plus représentatifs des professeurs de l’enseignement professionnel), et d’autre part, étaler la réforme sur plusieurs années, donc de façon très progressive.

    Rappelons que cette réforme vise à remplacer le parcours en quatre ans (deux étapes de deux chacune : 1. seconde pro + terminale BEP; 2. première pro + terminale pro), en un parcours à l’identique dus parcours du lycée général et technologiqe : trois ans vers le bac pro sans passer par le BEP, via les classes de seconde pro, première pro puis terminale pro.

    Le fait d’étaler l’introduction de cette réforme (bien plus profonde et bouleversante en vérité que celle qui vient d’échouer) sur une période de cinq années au moins (de 2007 à 2012) permet de grandement amortir les aspects les plus difficiles, provoquant le plus de réticences de la part des personnels et de certains professionnels, en maintenant provisoirement certains parcours en quatre ans via le BEP lorsque cela semble justifié.

    Le contraste entre cette réforme très profonde, qui se déroule en douceur, et celle, moins révolutionnaire (au regret de certains qui trouvent que l’ancien projet n’allait pas assez loin, quand d’autres pensaient le contraire … allez mettre tout le monde d’accord dans de telles conditions) qui vient d’échouer, est frappant.

    Cette différence ne s’explique pas seulement par une différence de méthode, mais force est de constater que cela a fortement joué en faveur de l’une, et défaveur de l’autre.

    Merci pour ce commentaire et n’hésitez pas à y revenr si vous le souhaitez

    Bruno Magliulo

  125. Fabienle 30 déc 2008 à 16:48

    Je fais partie de ces professeurs qui se sont fortement battus, ces dernières semaines, contre la réforme du lycée, et repartiront au combat si le ministre remet ça sur le tapis.

    Dans votre article, vous défendez le point de vue de ceux qui disent qu’on doit réformer le lycée. Et moi, j’ai pensé, je pense encore, et je penserai toujours, qu’il ne faut pas toucher au lycée actuel, qui à mes yeux de praticien (j’enseigne le français depuis 28 ans) marche bien. Et tous les arguments que vous avancez n’y changeront rien.

    Pourquoi ? Parce que j’ai bien compris que le but premier que recherche le ministre est de faire des économies budgétaires en réduisant le nombre d’heures d’enseignement offert aux élèves, en diminuant l’offre d’options aussi, en retirant aux enseignants le droit de décider de qui passe dans la classe supérieure et qui ne le mérite pas (afin de réduire les redoublements, dont on dit qu’ils “coûtent” cher), etc.

    Alors, je dis non à la réforme du lycée.

    Fabien, professeur de lettres modernes, Amiens

  126. B. Magliulole 31 déc 2008 à 10:58

    Réponse à Fabien

    Je sais bien que beaucoup d’enseignants (pas tous, loin s’en faut) sont absolument hostiles à toute idée de réforme du lycée. Leurs raisons sont diverses, et pas toujours compatibles entre elles. Vous en énoncez certaines, d’autres auraient pu figurerbdans votre liste. Ce “front du refus” a été très actif dans les semaines qui ont précédé l’annonce du report du projet de réforme.

    Je vous dirai ne pas être d’accord avec vous pour un tel combat. Au contraire de vous, je fais partie de ceux qui étaient contre la façon de faire la réforme (trop peu de négociation, précipitation du calendrier …) mais qui sont conscients de la nécessité de réformer le lycée (mais aussi le collège) et sur ce point je ne m’étendrai pas sur les raisons qui me poussent à penser ainsi : elles figurent dans l’article que vous avez lu, auquel je ne retire aucune ligne.

    Je sais aussi que l’addition de tous les corporatismes disciplinaires provoque inévitablement de la frustration chez certains, dont les disciplines seront plus ou moins “gagnantes”, ou “perdantes” , dans la réforme. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de satisfaire tout le monde.

    Mais au delà de cette dimension des choses, je pense que l’idée de développer l’accompagnement individuel ou en petits groupes des élèves, de faciliter les réorientations en cours de route, et pour cela le découpage par semestres, l’idée de développer les enseignements au choix de l’élève au détriment du tronc commun, donc de lutter contre les actuels “tuyaux” d’orgue, l’idée de développer l’acquisition de compétences transversales (travail méthodologique, développement des capacités d’autonomie des élèves …), l’idée de revivifier la série littéraire, de mieux centrer la série scientifique sur ce qui devrait être son objectif premier, à savoir susciter des vocations pour toutes les carrières scientifiques et industrielles, etc., sont choses qu’il est temps de faire.

    Je suis d’ailleurs surpris que vous qui êtes professeur de lettres modernes, donc dont l’avenir professionnel est fortement lié à celui de la série littéraire, plaidiez pour le statu quo … alors que l’acuelle série L est en voie de disparition lente mais sure dans l’actuel lycée français. Savez-vous qu’entre 1990 et aujourd’hui, il a eu perte de près de la moitié des effectifs d’élèves entrant en première L ? Etes-vous contre une réforme qui aurait pour objectif (parmi d’autres bien sur) de reconstruire une série littéraire qui donne envie aux familles de la demander plus qu’ils ne le font aujourd’hui ? Préférez-vous vraiment qu’on laisse les choses aller comme elles vont aujourd’hui, et voir mourir le bac L dans un plus ou moins proche avenir, faute qu’un nombre suffisant d’élèves justifie son maintien ?

    Je suppse que ce que j’écris ne vous convient largement pas. N’hésitez pas à réagir si vous le souhaitez. Merci en tous cas pour votre contribution.

    Bruno Magliulo

  127. protalle 02 jan 2009 à 11:43

    Je suis directeur d’un important groupe scolaire privé sous contrat situé en Bretagne. Dans cette acadeémie, pour avoir participé à plusieurs réunions de chefs d’établissements, dans plusieurs cadres (entre chefs d’établissements du privé sous contrat, provoquée par le recteur en présence de ceux du public …), et avoir eu l’occasion de m’entretenir du projet de réforme du lycée avec nomre de mes collègues, je puis témoigner qu’une large majorté d’entre nous étaient POUR cette rérme, et même, que nos étions déçus par sa timidité par rapport au projet de départ. A force de “lâcher du lest” pour satisfaire les lobbies les plus hostiles à son projet parce (un coup celui des profs de physique-chimie, un coump celui de ceux de SVT, puis ce fut autour de ceux de sciences éco et sociales , etc.), la nouvelle seconde ressemblait de plus en plus … à l’ancienne. Mais nous pensions que sur des points essentiels (meilleure prise en compte du besoin d’accompagnement individualisé des élèves, plus grande souplesse en matière d’orientation, semestrialisation, meilleure prise en compte des compétences transversales et méthodologiques des élèves, refonte des séries S et L en vue de recentrer la premièe sur sa vocation fondametale de formation de futurs scientifiques de divers nive

  128. protalle 02 jan 2009 à 11:56

    Suite de mn message parti trop vite

    je disais donc que nous étions d’accord sur l’idée de recentrer la filière S sur sa nécessaire vocation fondamentale de former des futurs scientifiques de tous niveaux (et pas uniquement sur le modèle “bac S profil maths + classe prépa + grande école”), sur le principe d’une reconstruction de la série littéraire afin de donner aux familles de seconde l’envie de la demander (faute de quoi, elle est appelée à disparaître), etc.

    Donc, nous étions largement pour, et pour nous, l’annonce du report fut ressenti comme une amère défaite. Malgré les imperfections d’une réforme qui aurait pu aller plus loin, malgré un calendrier très serré, malgré un réel déficit de concertation que le ministre paie cher… nous aurions préféré la mise en oeuvre de cette réforme imparfaite à ce qui vient d’être décidé : le “report”.

    Alors, il nous reste l’espoir : l’espoir d’une renaissance d’un projet de réforme et, pourquoi pas, d’une réforme moins imparfaite que celle que, à force de compromissions et de volonté de calmer les lobbies hostiles par des “cadeaux” du genre introduction de l’enseignement des sciences éco et sociales dans le tronc commun (et pourquoi pas les arts, une troisième langue vivante ou classque, la technologie … ?), avait fini par perdre beaucoup de sa substance.

    Monsieur le ministre, qui que vous soez dans l’avenir (Monsieur Darcos ou un sucesseur), par ptié : sauvez le lycée français qui en a bien besoin, et faites que cette nécessaire réforme du lycée, puis celle non moins nécessaire du collègue, voie le jour … dans l’esprit de celle qui aurait pu se mettre en oeuvre si …

    Luc, directeur d’ensemble scolaire privé sous contrat, académie de Rennes

  129. B. Magliulole 03 jan 2009 à 10:43

    Réponse à Protal

    Votre position rejoint celle de nombreuses autres personnes, chefs d’établissements , professeurs, parents d’élèves … qui , comme vous, considèrent que non seulement il faut une réforme du lycée, mais qu’il faut que cette réforme soit moins “timide” que celle qu’à force de vouloir donner satisfaction à nombre de “lobbies”, le ministre se préparait à faire passer.

    Par contre, je ne vous suivrai pas sur le terrain sur lequel vous vous engagez lorsque vous citez l’enseignement des sciences économiques et sociales comme exemple typique selon vous, de ces “corporations disciplinaires” qui avaient fini par dénaturer l’esprit de la réforme en introduisant un trop plein d’enseignements dans le tronc commun.

    Comment peut-on dire, en 2008, que dans le socle fondamental de connaissaces des jeunes français, il peut n’y avoir aucune culture de base dans un tel champ disciplinaire ? Comment les français pourraient-ils par exemple comprendre la crise économique et financière que nous connaissons sans une telle culture de base ? Chacun de nous baigne quotidiennement dans ces réalités, et il me semble qu’il est grand temps de considérer qu’un tel enseignement doit désormais faire partie du socle fondamental de connaissances des citoyens.

    Le problème, selon moi, n’est pas que dans le projet de réforme avorté, le ministre ait in extremis décidé d’introduire une heure et demie d’ enseignement de sciences économiques et sociales (insuffisantes bien sur aux yeux de nombre de professeurs de SES qui en auraient voulu deux, voire trois) dans le tronc commun, c’est qu’il l’ait fait en plus du reste, faisant passer le tronc commun à 22h30, et le volume horaire global de la seconde à 31h30 , soit quasiment le même volume que dans la seconde actuelle, et amenant le tronc commun à plus de 70% du total, alors que l’esprit même de la réforme voulait au départ que l’on réduise la part du tronc commun au profit des enseignements au choix.

    Ainsi, pour dire les choses comme je les pense, si on veut introduire des enseignements nouveaux dans le tronc commun (et je n’ai rien contre le fait d’y mettre des sciences économiques et sociales et des sciences expérimentales… qui n’y étaient pas dans le premier projet), alors il faut avoir le courage de poser que c’est à “volume horaire du tronc commun constant”, donc en réduisant certains autres enseignements. Car il est clair que si l’on additionne le souci (qui peut se comprendre) de chaque corps disciplinaire, d’être dans le tronc commun (pourquoi l’Education Physique et Sportive et pas les arts par exemple ?), alors on en arrive à un “tronc commun” ayant un volume qui dépasse largement les 40 heures d’enseignement par semaine pour les élèves, et une quasi absence d’enseignemets au choix. Est-ce bien raisonnable ?

    Merci en tous cas pour votre très intéressante contribution, qui a le mérite de refléter l’opinion d’une partie des membres de l’institution scolaire.

    Bruno Magliulo

  130. belou philippele 23 jan 2009 à 17:33

    je suis chef d’établissement d’un lycée catholique. j’ai lu votre article suite à votre intervention à l’asssemblée générale du SNCEEL. Quelques jours avant, j ai envoyé un projet d’expérimentation pour mon établissement pour la classe de 2nde. Pour être plus réaliste une ébauche de projet, est ce que ce projet puis je vous l’envoyer pour me donner votre avis?
    en espérant une répose de votre part

  131. B. Magliulole 23 jan 2009 à 22:53

    Réponse à Belou Philippe

    Volontiers, mais je ne vous communiquerai pas sur ce blog mon adresse personnelle, pour d”évidentes raisons de confidentialité. Je vais par contre vous envoyer un mel à partir de ma messagerie personnelle.

    Sachez cependant qu’il existe dans chaque rectorat un bureau des “innovations et expérimentations pédagogiques” dont c’est le travail que d’examiner ce genre de dossier. Il est généralement confié à un professeur ou un inspecteur qui a rang de “conseiller technique du recteur”, et s’attache à examiner toutes les demandes de ce genre, émanant aussi bien des établissements publics que privés sous contrat. Pour en avoir les coordonnées : le site du rectorat de votre académie (www.ac-nom de l’académie.fr). Par exemple : www.ac-toulouse.fr

    Avec mes très sincères salutations

    bruno Magliulo

  132. Le grand Jacquesle 29 jan 2009 à 17:14

    Je croyais la réforme du lycée enterrée … et je vivais cela très sereinement. Surprise mercredi dernier dans mon lycée de Valbonne (académie de Nice) : le proviseur organise, sur commande du recteur (nous dit-il), une consultation d’élèves, de profs … sur la réforme du lycée.

    Est ce que parmi les lecteurs de ce blog il y en aurait qui en sauraient plus , qui seraient au courant, dans d’autres endroits, d’initiatives du même genre ? Est-ce une directive nationale ou la simple initiative du recteur de cette académie ?

    Et je croyais qu’un nouveau pilote de la réforme du lycée avait été désigné par le président de la République en la personne du directeur de Sciences po’ Paris, un certain Richard Descoings. Je n’y comprend plus rien !

    Et surtout, si c’estbien le ministre de l’éducationte nationale qui a ainsi relancé la consultation, en demandant à ses recteurs de demander aux propviseurs de repartir au charbon, ne pensez vous pas que ce double canal de consultation (canal “Darcos” … qui ressemble de plus en plus à un “canal historique” comme on dit du côté d’Ajaccio, et “canal Descoings” ou “canal Sciences po’” si vous préférez), laisse augurer d’une certaine cacophonie entre les deux accompagnaeurs désormais intronisés pour organiser la relance de la consultation sur l’avenir du lycée ?

    Bref : quelle gesticulation désordonnée !

    Merci à tous ceux qui en savent plus sur cette affaire de m’éclairer

    Jacques, prof au lycée de Valbonne (Alpes-maritimes, académie de Nice)

  133. B. Magliulole 30 jan 2009 à 9:28

    Réponse à “grand Jacques”

    Vous avez raison : le processus de consultation sur la réforme du lycée est relancé. Pour l’instant, le moins que l’on puisse dire est que c’est difficile car les syndicats enseignants et les organisations lycéennes ont avancé un préalable pour accepter d’entrer dans la négociation : que le Ministre renonce à la politique de remise à disposition d’emplois ! Or, bien sûr, le ministre n’a pas le pouvoir de prendre une telle décision à lui tout seul !!! Bref : blocage !!!!!!

    Alors, pour contourner l’obstacle, il semble bien que deux stratégies complémentaires soient mises en oeuvre :

    1. Ca et là, ce que vous décrivez : on discute sur le terrain, et dans des groupes académiques et nationaux, avec “ceux qui le veulent bien”. Et ce que vous avez observé dans votre lycée, comme dans beaucoup d’autres en France, à la demande des recteurs qui relaient bien sur la demande du ministre, procède de cette volonté.

    2. Autre moyen : lancer autant d’expérimentations locales de divers aspects de la réforme (la semestrialisation, le module d’accompagnement des élèves, la semaine banalisée consacrée à l’évaluation et l’orientation des élèves, une politique de réduction des taux de redoublements au profit d’une meilleure politique d’accompagnement des élèves en difficulté, l’assouplissement de l’orientation …) que possible. On évaluera, et on fait le pari que dans quelques années (deux/trois), ces expérimentations , après validation, feront “tâche d’huile”, se généraliseront progressivement, jusqu’au moment où, de facto, il n’y aura plus besoin de parler de réforme : elle se sera “spontanément” mise en place dans une majorité d’établissements, et aura été validée en amont. Cela prendra bien sur plus de tempàs (et du coup, je pronostique que le report ira nettement plus loin que la rentrée 2010). C’est la méthode qui a plutôt bien réussi pour une autre réforme du lycée, que l’on a tendance à oublier, et qui est bel et bien fort avancée : celle du lycée professionnel

    Par contre, comme vous, je ne vois pour le moment pas très bien quelle articulation va se mettre en place (ou s’est déjà mise en place) entre le travail de la “commission Descoings”, et ce que lance le ministre lui-même. Je croise évidemment les doigts pour qu’entre ces deux là, une harmonie s’installe, faute de quoi, on va en effet vers une difficile et contre productive cacophonie. Mais “ils” ne sont pas si fous que cela ! Je l’espère en tous cas.

    Merci pour ce témoignage et cette contribution

    Bruno Magliulo

  134. Claude Bourrinetle 24 sept 2009 à 11:32

    Les reportages propagandistes actuels (comme sur France Info) au sujet des maux de ventre des élèves révèlent une réelle ignorance des conditions concrètes de l’enseignement (la question de la salle unique pour une classe en est le témoignage, ainsi que le prétendu traitement infligé aux mauvais élèves par leurs pairs : chacun sait que ce sont plutôt les bons élèves qui sont montrés du doigt)).
    La société dans son ensemble, et depuis la nuit des temps (au moins depuis l’exclusion de l’Eden !), vit d’angoisse, de labeur et de défis. Je ne vois pas pourquoi l’Ecole y échapperait, et à la suite de quel raisonnement elle se transformerait en parc d’attraction. Le monde post-scolaire est bien plus traumatisant et déstructurant, avec ses licenciements, son chômage, son harcèlement au travail, son surendettement et ses mensonges politiques et médiatiques. Le cadre scolaire apparaît dès lors comme un relatif havre de paix, qui permet l’accès à la vraie liberté, laquelle demande un effort et un certain surpassement de ses propres faiblesses.
    L’enfer étant pavé de bons sentiments, il est clair maintenant, sauf pour les idéologues des syndicats d’instituteurs ou d’éducateurs, les hystériques des associations de parents d’élèves, animées d’ailleurs par des enseignants, ou bien les cyniques qui voient dans l’inculture généralisée l’équation enfin trouvée d’une société libérale avancée (vers quoi ?), que l’« improbable » accointance entre libertaires et libéraux trouve une légitimité dans la préparation d’un type humain, celui de l’avenir, dont nous voyons déjà les prémisses parmi les consommateurs apathiques, poreux au prêchi-prêcha, pulsionnels, ignorants, incultes, peu désireux d’en savoir plus, d’outrepasser les limites autres que celles des vitesses autorisées, des lignes de cocaïne et des portails des parcs d’attraction.
    Nous savons, il faut le dire pour ceux qui luttent encore avec la passion des amateurs de beauté, de culture humaniste et de vérité, que le combat est désespéré.
    Les destructeurs de cette belle tradition républicaine d’ailleurs n’ont pas tout à fait tort, il faut le reconnaître en s’en désolant. Que disent-ils ? Que, massivement, la société a opté pour les habitudes beaucoup plus souples, pour un accès plus facile à des sources de connaissances certes plus superficielles, mais qui ont l’avantage d’élargir le champ de conscience à la planète, et de fédérer en un immense magma les affects autour de thèmes universellement reconnus, comme la compassion, les droits de l’homme, des animaux, de la nature etc., voire la simple défense du consommateur; que l’individu actuel, atome d’une société de l’avoir, poursuit une stratégie de réussite, de satisfaction, le plus souvent sensorielle, dont la portée sociale et collective est subordonnée à son égocentrisme, y compris quand il compatit avec son prochain dans les grands messes télévisées, comme le Téléthon; que les « Grands récits » ont disparu au profit des petites historiettes de chacun ou des « people »; que cet individu, bien campé sur des certitudes médiocres, à la hauteur de ses préoccupations matérialistes et vulgaires, se moque éperdument de l’épopée historique des ancêtres, et que les seuls frissons qui lui parcourent le corps se produisent face à des jeux vidéo, des films pour ados ou des matchs, qui en modulent la représentation fantasmatique et les mauvais rêves; que, de toute façon, l’essentiel est qu’il se prépare au travail en entreprise, argument suprême pour Monsieur Prudhomme; qu’enfin cet être engoncé dans la gaine émotionnelle et nerveuse, souffre de plus en plus difficilement toute idée de sacrifice, d’austérité, de labeur long et fastidieux, de ténacité (sauf dans le domaine commercial, le seul « sacré » survivant du désenchantement du monde), d’effort et de discipline.
    Nous avons là un fort fidèle portrait de l’élève moyen tel que formaté par le système néo-capitaliste (ou post-soixante-huitard), lequel réclame, dans sa prétention à exhiber son ego, comme ses aînés, tous les droits d’expression, de débats démocratiques, de votes etc., dont notre société démagogique, qui repose sur le dogme de la volonté populaire, est prodigue.
    Et cette société, qui met dorénavant en avant, avec la forfanterie et la gouaille de maquignon qui sont les siennes, le droit à …, au lieu du droit de …, la revendication de la réussite pour tous, et, avec cette bêtise qu’elle tient de la culture stalinienne, évalue ses prétendus résultats (qui sont des escroqueries, comme tous les enseignants le savent) à l’aune de chiffres illusoires, les 80 % de reçus au baccalauréat, par exemple, et d’autres amuse-journalistes, ne peut qu’engendrer des frustrés, des ratés, des mécontents, des jeunes, à l’aube de leur existence, déjà empoisonnés par le ressentiment. D‘où le sentiment d’injustice, dans un pays qui a gardé de vieux réflexes de jacobins. Tout le monde docteur ou rien ! Comme l’indique un rapport de l’O.C.D.E., les familles accepteront plus facilement la baisse du niveau de culture et d’exigence que de se voir refuser l’accès aux classes supérieures. Comment alors s’étonner qu’il y ait 50 % d’échec en première année d’université quand il y a 100 % de réussite en fin de troisième ? Le report de toute sélection accroît bien évidemment la cruauté d’un nécessaire écrémage, in fine.
    Et, malgré tout, bien qu’on ne donne plus, depuis longtemps, à nos enfants, les armes pour réfléchir et voir plus clair dans leur destin (le rideau d’encre de nos pédagomaniaques, qui sont en fait des pédagocrates, ne fait que voiler la réalité crue, pour la bonne raison qu’ils présupposent tous que l’enfant, étant doté naturellement d’une intelligence que leurs aînés ne font que gâter, n’ont rien à apprendre, et qu’ils n’ont qu’à se construire par eux-mêmes), sentent obscurément qu’on leur ment et qu’on les conduit à l’abattoir. Cela ne les empêche pas, du moins par le truchement d’associations lycéennes et parentales fort minoritaires, d’en exiger toujours moins, moins de travail, moins d’autorité, moins de sélection.
    La vérité demande de constater que le corps social et les mentalités ont tellement dégénéré, au point d’occulter les vraies valeurs, qu’il semble impossible de réformer à rebours, de détricoter un costume qui semble contenter beaucoup de monde, à commencer par les petits arrivistes qui en vivent. L’un des vices de la démocratie étant que le peuple offre bénévolement le bâton pour se faire battre.

  135. B. Magliulole 24 sept 2009 à 14:27

    Réponse à Claude Bourrinet

    Plutôt que “réponse”, je devrais dire “remerciements”, car il est clair que je n’ai pas à commenter votre long et très intéressant propos, si clairement exposé, et dont je partage en grande partie les positions défendues. Par contre, je vous dois des remerciements pour nous avoir offert une aussi longue contribution écrite. Il serait évidemment très intéressant que d’autres visiteurs de ce blog vous lisent et vous envoient leur point de vue. J’espère que cela va se produire dans les prochains jours.

    Bruno Magliulo

  136. Jean T.le 25 sept 2009 à 8:44

    Réponse au commentaire de Claude Bourrinet

    Je ne suis que partiellement d’accord avec les propos que vous tenez.

    je vous donne acte que le niveau d’exigence du système éducatif français a globalement baissé d’un cran, mais ne voyez vous pas que ce qui se met en place, c’est une école à deux vitesses. c’était déjà largement le cas dans l’enseignement supérieur (avec la bi polarisation entre filières élitaires : prépas, grandes écoles, médecine, certaines universités sélectives telles Dauphine ou Compiègne… et les filières du tout venant : premiers cycles universitaires de masse, BTS …). C’est de plus en plus le cas en lycée (qui pàeut nier qu’il y a bac et bac, et que pour un même bac, le niveau d’exigence de certains lycées ne ressemble en rien à celui d’un autre, si biçen que désormais, très clairement - mais non officiellement - quand les équipes sont amenées à comparer les dossiers d’élèves venant de deux établissements secondaires différents, la “réputation” de l’établissement d’oriigine devient un important critère de choix. On entrera plus aisément dans une bonne classe prépa si on sort d’un lycée comme Henri IV à Paris ou Pierre de Fermat à Toulouse, que de Jacques Feyder à La Courneuve dans le 93 !

    Dès lors, derrière l’amélioration officielle du “rendement” des établissements secondaires (la capacité à conduire une part croissante des élèves à réussir le bac), se cache une énorme supercherie : le bac est devenu tellement facile à obtenir (et je pronostique qu’il en ira de même de la licence universitaire dans quelques années), que cet indicateur ne veut plus dire grand chose, du moins en terme de qualité des élèves. Mais cela remplit par contre une évidente fonction sociale : on octroie aux familles des diplômes qui ne valent plus grand chose, et elles sont contentes de voir leurs rejetons les obtenir… Elle est pas belle la vie ?

    Jean, prof de maths , Toulouse

  137. Michel Gle 28 sept 2009 à 9:54

    Les commentaires de C. Bourrinet et jean T m’inspirent … une certaine envie de réagir.

    Et pourquoi n’y aurait il pas une école à deux vitesses, à trois, à quatre même … compte tenu du fait que les élèves ne sont pas égaux devant la performance scolaire ? Je me range résolument du côté de ceux qui disent que la vision d’une école égalitaire, la même pour tous, avec les mêmes programmes, les mêmes horaires, les mêmes types de profs, partout, est absurde : ce n’est pas du prêt à porter qu’il faut faire, mais du sur mesure. Et pour cela, je dis clairement que je suis pour des cursus d’études secondaires différenciés selon les niveaux scolaires atteint par chaque élève.
    te

    Je le dis d’autant plus fermement que rien n’interdit que des jeux de “passerelles” permettent aux élèves, en cours d’études, de passer de l’un à ‘autre, en fonction du bilan scolaire fait par étapes.

    Le système actuel est absurde : à trop vouloir faire partager à tous le même repas, on gave les uns de choses indigérables, on frustre les autr’es, ceux qui pourraient mieux profiter du banquet offert … bre, on est en permanence à la recherche d’une côte mal taillée qui ne convient finaleent qu’aux élèves moyens. C’est ça que l’on veut pour la France : une école du moindre effort ? Alors, sans moi.

    Je le dis sans complexe : je suis prof de prépa dans ce qu’il est convenu d’appeler un “grand lycée” de Lyon, et avec cette école, le pays ne parviendra plus à extraire de son école les élites dont nous avons besoin. Ou alors, bien pire, certaines familles iront de plus en plus chercher à l’extérieur de l’école les compléments de formations qu’il ne trouveront plus dans l’école. Et ce sera alors “à chacun selon ses moyens”. Je ne veux pas non plus de cette école. Je veux une école de la épublique où chacun trouve chaussure à son pied. Non à l’uniformité qui tire les bons élèves vers le bas, oui l’école de tous les talents.

    Michel, prof d’histoire-géo, yon

  138. JFFreitagle 30 sept 2009 à 5:31

    Intéressant le débat soulevé par le sieur Claude Bourinet

    Je voudrais donc moi aussi apporter ma pierre à la construction de l’édifice.

    Ce que vous semblez oublier , c’est qu’en France, le système éducatif a, pour gérer l’hétérogéneité des élèves (c’est à mes yeux le plus grand problème, celui qui découle logiquement de la massification des enseignements primaire, secondaire et supérieur), choisi le redoublement comme paramètre principal d’ajustement permettant, tout particulièrement à partir du pallier “classe de troisième”, de séparer les bons élèves des moins bons et même des “mauvais”, en les répartissant (merci à l’orientation et à ses acteurs de faire le sale boulot) dans des voies d’études hiérarchisées (générale, technolgique, professionnelle, et à l’intérieur de chaque voie une sous hiérarchie : S, ES, L dans le général par exemple), avec les conséquences que l’on connait à l’issue du lycée : les pros à 85% vers le marché de l’emploi, et quand ils poursuivent les études, essentiellement en BTS et/ou dans les formations professionnelles courtes par l’alternance, les technos principalement dans les études sup professionnelles courtes (BTS, IUT, écoles spécialisées), les généraux largement dans l’enseignement sup long (classes préparatoires, grandes écoles, universités…). Inutile de prôner l’école à plusieurs vitesses : elle est déjà là !

    Moi ce que je demande à notre système scolaire, c’est de faire en sorte que, de l’intérieur, on s’efforce autant que faire se peut de corriger les écarts sociaux, les handicaps culturels, économiques … Bref, de compenser ce que Bourdieu, le sociologue soixante huitard aujourd’hui disparu (mais dont la pensée est toujours là), appelait le “capital social”. Ce qui n’est pas normal, ce n’est pas qu’il y ait une école à plusieurs vitesses (tant mieux si on fait dur sur mesure plutôt que du prêt à porter), mais que le déterminisme social y soit si prononcé : est-il acceptable qu’alors que les ouvriers et empoyés ne représentent aujourd’hui que 15% de la population active, leurs enfants soient 60% à occuper les bancs de l’enseignement secondaire professionnel, tandis que les classes préparatoires aux grandes écoles voient les places offertes occupées par quatre fois plus d’enfants de dirigeants et cadres supérieurs/ingénieurs que ces actifs ne pèsent dans l’ensemble de la population active ?

    Ce que je demande à l’école c’est de se rénover de façon à ce qu’en son sein, elle offre à chacun les moyens de développer équitablement son potentiel de réussite. Alors, pour gérer la douloureuse question de la gestion de l’hétérogénéité des élèves, moi je suis pour un remplacement de la politque actuelle du “tout redoublement”, et d’un usage détourné de l’évaluation/orientation au service de l’actuelle régulation scandaleuse des insuffisances de certains élèves, par le développement de l’accompagnement GRATUIT des élèves en difficulté par la mise en oeuvre d’une politique active d’accompagnement (soutien aux uns, là ou ils en ont besoin, approfondissement aux autres, accompagnement du projet d’orientation…).

    Le problème c’est que les profs n’en veulent pas. La preuve ? La réforme Darcos du lycée général et technologique allait pleinement dans la direction que je prône … et ils en ont eu la peau. N’est il pas scandaleux qu’à l’heure actuelle, pour venir en aide à un élève en difficulté, le recours le plus fréquent demeure le recours à des formations compensatoires externes à la classe (”petits cours”, société privées de soutien scolaire …). Résultat : ce n’est plus à chacun selon ses besoins, mais à chacun selon ses moyens ! Proposition : il faudrait systématiser l’accompagnement pris en charge par des professeurs de métier, dans le cadre des obligations scolaires, quitte pour cela à réduire les horaires démentiels des enseignements traditionnels.

    Mais pour y parvenir, il faudra plus que de simples discours : il faudra du courage politique (et Dieu sait qu’en matière scolaire, nous en manquons considérablement), et que les profs acceptent d’infléchir leur vision de leur métier en acceptant l’idée que l’accompagnement fait aussi partie de leur travail. Là serait la vraie rénovation du système éducatiof français.

    JFF, parent d’élève , lycée français de Suisse

  139. Investissement Lorientle 29 mar 2010 à 23:10

    Investissement Lorient…

    Bon article, nous le publions à l’attention de nos membres sur notre page Facebook et notre compte Twitter….

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