29 avr 2008
Quotas de places réservées en IUT et STS pour les bacheliers technos
Au Journal officiel du 19 mars 2008, un décret (N°2008-265, du 17/03/2008), stipulant, dans son article 3, que “l’admission en IUT (institut universitaire de technologie) est de droit pour les élèves qui (…) obtiennent une mention “bien” ou “très bien” au baccalauréat technologique dont le champ professionnel est en cohérence avec le département d’IUT demandé”. Ce texte est le pendant d’un autre, paru il y a un an (décret N° 2007-540, du 11 avril 2007, paru au Journal Officiel du 12/04/2007), qui octroyait le même avantage pour les sections de technicien supérieur (STS, préparatoires aux BTS).
Il s’agit ni plus ni moins que d’inciter les bacheliers technologiques à faire de l’orientation vers les BTS ou DUT une priorité (au détriment des bacheliers généraux, invités de ce fait à privilégier les filières plus longues : universités, grandes écoles), et d’inciter les responsables de STS et d’IUT à pratiquer une véritable “politique de discrimination positive” en leur faveur. Condition cependant : que la filière professionnelle de ce type demandée soit “en cohérence” par rapport à la spécialité du baccalauréat technologique préparé par le candidat.
On notera cependant que les bacheliers technologiques sont de longue date majoritaires à demander priroitairement leur accès en BTS (surtout), IUT (dans une moindre mesure). Ces deux textes s’adressent donc principalement à ceux qui demandent en premier voeu une orientation universitaire (environ 20 à 40%, selon la spécialité du bac technologique préparé).
Notons que le texte concernant les BTS était beaucoup plus ferme que celui relatif aux IUT. On y ajoutait en effet que l’admission des bacheliers technologiques (mais aussi professionnels, bacheliers dont il n’est pas question dans le texte relatif aux IUT), devait être considérée comme prioritaire, quelle que soit leur mention au bac. Et on ajoutait même qu’en cas de refus de la part des responsables d’un tel établissement, le candidat évincé malgré une mention “bien” ou “très bien” à son bac techno ou pro, bénéficie désormais d’un droit de recours auprès du recteur. Rien de tel pour les IUT. Seul point commun donc : admission de droit pour les bacheliers technologiques mention “bien” ou “très bien”.
A cet égard, nous pensons que le texte concernant l’admission en IUT est beaucoup moins novateur et utile que celui qui concerne l’admission en STS, et pour tout dire, n ‘apporte pas grand chose par rapport à l’état existant des choses. Je fais le pari que pour beaucoup, ce texte sera considéré comme décevant ! Qui peut croire sérieusement qu’il y ait besoin d’un texte de ce type pour qu’un bachelier technologique mention “bien” ou “très bien” candidat à l’admission en IUT, y soit pris ? Il y a bien longtemps que les IUT admettent sans réserve des bacheliers technologiques de ce niveau ! Ce qui aurait été un message fort, aurait été l’extension de ce droit aux bacheliers professionnels, le fait d’ajouter que même sans mention ces bacheliers technologiques sont prioritaires, qu’en cas de refus de les admettre ils bénéficient d’un droit de recours auprès du recteur (ou autre). Toutes choses qui sont stipulées dans le texte relatif aux STS, mais pas pour les IUT.
Il n’en reste pas moins que ces deux textes témoignent d’une volonté officielle de faciliter l’orientation des bacheliers technologiques vers les filières supérieures professionnelles courtes de type IUT/STS. Pourquoi cela ? Parce que c’est dans ce type de filières que, de longue date, les bacheliers technologiques obtiennent leurs meilleurs résultats : plus de 80% de reçus en moyenne sur deux ou trois ans, aussi bien aux BTS qu’aux DUT. Par contre, on sait qu’en université, ils ne sont que 12 à 18 % à atteindre la licence (contre plus de 60% en moyenne pour les bacheliers généraux), et qu’ils continuent, malgré de réels progrès, à avoir de grosses difficultés à se faire admettre en grande école à recrutement niveau bac, et à être fort peu nombreux à demander une admission en classe préparatoire aux grandes écoles.
Cette stratégie de priorisation des études supérieures courtes est d’autant plus intéressante pour eux que de plus en plus nombreux sont les bacheliers technologiques qui, à l’issue d’un BTS ou DUT, demandent à prolonger leurs études (en licence professionnelle, en troisième année du premier cycle du diplôme de comptabilité et gestion, en grande école …), y parviennent, et y réussissent. Etonnamment, il semble que pour la plupart de ces bacheliers, il soit plus aisé de parvenir à un diplôme de l’enseignement supérieur long (master, diplôme de grande école, diplôme supérieur de comptabilité et gestion…), en commençant par le court (BTS, DUT ou équivalent), qu’en attaquant par la première année d’un cursus long (entrée en première année du premier cycle licence, de classe préparatoire, de grande école à recrutement niveau bac).
Que pensez-vous de ces mesures ? Sont-elles de nature, comme beaucoup l’espèrent, à revaloriser les bacs technologiques ?
Merci à celles et ceux d’entre vous qui voudront bien apporter leur contribution sous forme d’un commentaire.
Bruno MAGLIULO
Auteur de “Que faire avec un bac STG ?”, “Que faire avec un bac STI/STL/ST2S ?” , dans la collection L’Etudiant.
