Archive du 15 Nov 2007

B. Magliulo

S’orienter après la classe terminale

Dans cet article, nous allons aborder la question de l’orientation des élèves de terminale générale et technologique. Pour ce qui est de l’orientation des élèves de terminale professionnelle, nous vous renvoyons à la quatrième partie d’un autre article que vous trouverez sur ce blog, consacré au thème “s’orienter au lycée professionnel”.

A la différence des bacheliers professionnels, qui ont choisi une voie d’études qui vise principalement l’insertion professionnelle après le baccalauréat (en 2013, ce fut le choix de 70% de ces bacheliers, chiffre en baisse régulière, si bien qu’on constate que les bacheliers professionnels sont de plus en plus nombreux à s’engager dans la poursuite des études, notamment dans des filières d’enseignement supérieur professionnel court : BTS, écoles postbac en 2/3 ans, IUT …), et ne permet qu’à une petite minorité (mais de moins en moins petite) de prolonger les études dans le supérieur, ceux qui ont opté pour les baccalauréats généraux et technologiques sont exactement dans une situation inverse : ils sont d’abord formés pour faire ensuite des études supérieures (en 2013, ce fut le cas de 98% des bacheliers généraux et 92% des bacheliers technologiques). Bien plus concernant ces derniers : si on ajoute ceux qui préparent un diplôme de l’enseignement supérieur par l’alternance (c’est-à-dire en ayant au préalable signé un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation), c’est 96% d’entre eux qui, sous statut scolaire ou par l’alternance, prolongent leurs études après le baccalauréat.

1°) L’orientation après les baccalauréats généraux :

De longue date, on observe chez les bacheliers généraux une nette préférence pour les filières d’études longues, qui conduisent normalement à des diplômes de niveau bac + 5 ou plus. Selon le baccalauréat (L, ES ou S), ils sont chaque année environ 80% à entrer soit à l’université (surtout), soit en classe préparatoire aux grandes écoles, soit en grande école à recrutement niveau bac. Les autres (20% en moyenne) optent pour l’une des filières de l’enseignement supérieur court (IUT, STS, écoles professionnelles de niveau bac + 2/3). On observe que plus des deux tiers de ceux qui parviennent à un diplôme de l’enseignement supérieur court prolongent ensuite leurs études en utilisant les “voies d’accès parallèles” à des filières plus longues (licences, éventuellement suivies de deuxièmes cycles master, grandes écoles…). Ainsi, au total, plus de 90% des bacheliers généraux visent (ce qui ne veut pas dire qu’ils y parviennent tous) un diplôme de niveau bac + 4/5 minimum.

Bien entendu, selon le baccalauréat (L, ES ou S), la structure détaillée des études supérieures choisies n’est pas la même. Par exemple, si 20% des bacheliers S entrent en classe préparatoire, ce n’est le cas que de 6% des ES. Bien plus : il convient d’entrer dans les détails des filières de chacune des grandes voies d’études que nous venons d’évoquer. Vous pourrez le faire en vous reportant à la série “Que faire avec un bac … ES, L ou S” publiée dans la collection des livres de L’Etudiant.

2°) L’orientation après les baccalauréats technologiques :

Au contraire des bacheliers généraux, les bacheliers technologiques ont une nette préférence pour les filières de l’enseignement supérieur professionnel court : ils sont chaque année entre 60 et 75% (selon le baccalauréat technologique) à entrer dans une filière de ce type, notamment en STS (pour préparer l’un des 143 BTS qui sont proposés), mais aussi, bien que beaucoup moins, en IUT, ou en école professionnelle spécialisée de niveau bac + 2/3. On observe en outre que les bacheliers technologiques sont proportionnellement beaucoup plus nombreux que les bacheliers généraux à le faire par la voie de l’alternance (en signant un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Bon à savoir, ce choix semble d’autant plus judicieux que c’est indéniablement le secteur d’études supérieures où ils obtiennent leur meilleurs taux de réussite. Notez que depuis un décret datant d’avril 2007 (décret N° 2007-540, 11 avril 2007, publié au Journal Officiel du 12 avril 2007), les bacheliers technologiques ayant réussi leur baccalauréat avec mention bien ou très bien disposent d’un droit d’entrée automatique en STS (à la condition toutefois de demander une filière préparatoire à un BTS du même secteur que leur bac techno).

Les autres (entre 25% et 40% selon le baccalauréat technologique réussi) entrent dans une filière supérieure longue, principalement à l’université, plus rarement en classe préparatoire aux grandes écoles (rappelons qu’à chaque bac techno est attaché un type de CPGE qui leur est réservé), ou en grande école à recrutement niveau bac. Il est important de signaler qu’en moyenne, les bacheliers technologiques ne sont que 35% à atteindre la licence universitaire après une entrée en première année du premier cycle, contre 70% pour les bacheliers généraux. Pour tout connaître des débouchés dans l’enseignement supérieur des diverses séries préparatoires à un baccalauréat technologique (STMG, STI2D, STL, ST2S, STAV, STD2A…) : “Que faire avec un bac technologique ? (collection des livres de L’Etudiant).

3°) Attention à la sélection !

Le passage de la classe terminale à la première année d’enseignement supérieur est fréquemment marqué par une sélection à l’entrée. Le principe est bien connu : il y a plus de candidats que de places offertes, et donc, on ne prend qu’une partie des candidats.

Le tri de ces derniers se fait selon des modalités diverses (il n’y a pas de règle générale en la matière) : sur concours, dossier, avec lettre et/ou entretien de motivation, parfois test(s) de niveau en langue vivante, QCM (questionnaire à choix multiple), etc. Un bon conseil : informez vous aussi rapidement que possible sur les modalités de la sélection à l’entrée de la ou des filières que vous désirez intégrer, et mettez en oeuvre un programme de préparation des épreuves qui vous attendent. Est-il besoin de préciser que si vous vous réveillez trop tardivement, vous diminuez fortement vos chances par rapport à ceux qui se seront préparés à ces épreuves longtemps à l’avance ?

Vous rencontrerez la sélection à l’entrée des filières suivantes : les grandes écoles à recrutement niveau bac, classes préparatoires aux grandes écoles, IUT, STS, écoles professionnelles de niveau bac + 2/3, et même quelques universités (Paris-Dauphine, universités de technologie de Belfort, Compiègne, Troyes, certaines bi licences droit-langues ou économie-langues, etc). Par contre, il n’y a pas de sélection à l’entrée des premiers cycles des universités “à effectifs non contingentés”, si bien que dans le système français d’enseignement supérieur, il n’y a que du côté de la plupart des premiers cycles universitaires qu’il est encore possible de se faire admettre sans avoir à subir pour cela une ou des épreuves de sélection. On note cependant que depuis le début des années 2010, le nombre de filières universitaires qui, pour l’admission en L1 (première année de licence), trient les candidats à l’admission par diverses épreuves de sélection, augmente d’année en année, donnant le sentiment d’une montée progressive en puissance du principe de sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur. Ce phénomène, s’il se confirme, va finir par poser un problème lourd de conséquences : jusqu’à quand le baccalauréat en tant que diplôme donnant le droit d’un accès automatique à une filière d’enseignement supérieur (pas forcément celle de son choix) ?

4°) En passer par le portail “APB” (admission postbac)

Depuis 2011, chaque année, les 670000 élèves qui fréquentent une classe terminale et demandent à entrer dans une filière d’enseignement supérieur, sont invités à passer pour cela part une messagerie nationale, une sorte de “guichet quasi unique” (“quasi” parce que concernant environ 95% des établissements d’enseignement supérieur français) : le portail “admission postbac” (APB). Quand aux 5% d’établissements qui se positionnent “hors APB”, ils ont en commun d’être tous sélectifs à l’entrée, si bien que les lycéens d’entrer dans l’un de ces établissements “hors APB”, ont fortement intérêt à se connecter dans les délais requis sur le portail “APB”, en appliquant ainsi une sorte de “principe de précaution”.

Or, outre le fait que le passage par ce portail est incontournable, et que la procédure est fort complexe, nécessitant pour chaque famille un important accompagnement, nous ne pouvons que rappeler que ce qui se joue est lourd de conséquences : c’est le bon choix d’ études supérieures qui vont durer de deux à treize années, selon les choix qui seront faits et la plus ou moins bonne réussite qu’on va y rencontrer, dans une perspective de préparation à une carrière professionnelle de près de quarante années. Comment dès lors s’étonner qu’aux yeux de la plupart, cela soit très anxiogène. A cet égard, nous ne saurions donner de meilleur conseil que de ne surtout pas attendre la classe terminale pour s’en préoccuper : l’ouverture de la procédure “APB” étant chaque année fixée peu après la rentrée des vacances de Noël, c’est dès la classe de première que chacun à intérêt à s’en préoccuper. De là le souci de plus en plus fréquent dans un nombre croissant de lycées, de mettre en œuvre ce qu’il est convenu d’appeler un “accompagnement des projets d’orientation anticipé en classe de première”. Autre conseil : procurez vous, dès l’année de première, un livre incontournable sur ce difficile sujet : “APB (l’admission post-bac décryptée) pour les nuls”, en co édition First/L’Etudiant.

Si vous désirez poser une question, faire part d’une interrogation, d’un point de vue, concernant le thème traité dans cet article, n’hésitez pas à le faire : nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour aller plus loin, dans la collection l’Etudiant :

“APB (l’admission post-bac décryptée) pour les nuls” (en co édition First/L’Etudiant)

“Pour quelles études êtes-vous fait ?” (avec des tests et grilles d’auto analyse de vos réponses aux quesionnaires)

“100 questions/réponses pour bien s’orienter” (tous les pièges à éviter, les erreurs à ne surtout pas commettre, vos droits de recours en cas de contestation des décisions prises à votre égard…)

“Que faire avec un bac ES ?”

“Que faire avec un bac L ?”

“Que faire avec un bac S ?”

“Que faire avec un bac technologique ?”