Archive du 8 Nov 2007

Depuis la rentrée 2010, le lycée général et technologique vit une assez profonde réforme. Cela se met en place progressivement : une nouvelle classe de seconde générale et technologique a été mise en place à la rentrée 2010, de nouvelles classes de première à la rentrée 2011, les nouvelles terminales en septembre 2012, et un nouveau baccalauréat sera inauguré pour les épreuves de 2013. Voilà pour le calendrier.

La classe de seconde générale et technologique est qualifiée de “classe d’exploration”. Cela signifie que ça n’est qu’en fin de cette année scolaire que vous aurez à choisir votre futur bac. En d’autres termes, vous disposez d’une année scolaire (moins en réalité puisque vos voeux provisoires devront être exprimés en vue du conseil de classe du deuxième trimestre), pour décider de votre réponse à deux questions complémentaires qui vous seront immanquablement posées, et auxquelles vous serez obligé de répondre : quel bac allez-vous préparer? De quel profil allez vous vous doter sur le parcours première-terminale ?

1) Quel baccalauréat ?

Face à vous neuf filières conduisant en deux ans (première puis terminale) à un baccalauréat. Lequel pour vous ? C’est le premier choix que vous devrez faire, le plus important pour la poursuite des études dans l’enseignement supérieur. Notons, avant d’aller plus loin, que les intitulés de ces diverses filières restent inchangés dans le lycée réformé. Ce sont les contenus (liste des enseignements, des spécialités pour chaque filière, des grilles horaires …) qui sont profondément modifiés.

Trois baccalauréats généraux sont à votre portée : économique et social (ES), littéraire (L) et scientifique (S).

La filière ES est faite pour des élèves ayant du goût pour les questions d’actualité économique, politique et sociale, à l’aise en expression écrite (l’exercice roi de cette filière est la dissertation) et orale, aimant les débats, correctement dotés en langues vivantes et en mathématiques. On demande à ces élèves d’être porteurs d’esprit d’analyse, de méthode aussi. Bon à savoir : les élèves de ES sont fréquemment amenés à travailler sur des supports documentaires (presse, émissions de télévision ou radio, Internet …). Il est favorable, pour une telle orientation, d’avoir en seconde suivi l’enseignement optionnel d’exploration de “sciences économiques et sociales”. Mais rassurez vous si tel n’est pas le cas : rien n’interdit de solliciter une telle orientation si on n’a pas fait un tel choix.

Après le bac, 95% de ces élèves font des études supérieures, principalement à l’université (droit, économie-gestion, langues vivantes, administration économique et sociale, sociologie, histoire, psychologie …), mais aussi en classes préparatoires aux grandes écoles (secteurs économique et littéraire), en grandes écoles à recrutement niveau bac (Instituts d’études politiques, écoles de commerce et management des entreprises …), en Instituts universitaires de technologie (filières tertiaires : gestion, commerce, communication, carrières sociales, carrières juridiques, etc.), en sections de technicien supérieur (en vue de se doter de BTS des secteurs commerce/vente, comptabilité/gestion, tourisme et loisirs, communication, secrétariat, etc.), ou encore dans des écoles spécialisées (de commerce, comptabilité, secrétariat, tourisme, hôtellerie, sociales, paramédicales, d’éducation, administratives …).

En 2011, 20% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première ES.

La filière L est plutôt faite pour des élèves ayant le goût de la lecture, dotés d’une solide aptitude à la dissertation, d’une bonne capacité de communication écrite et orale, solides en langues (vivantes et/ou classiques), et pour les futurs “artistes”, l’envie de cultiver un talent dans un des domaines suivants : arts plastiques, musique, théâtre, cinéma-audiovisuel, histoire des arts, danse, arts du cirque, etc.

Bon à savoir : la réforme du lycée recentre la filière L vers ses fondamentaux en langues (tout particulièrement en langues étrangères).

Si, en sortant de troisième, vous êtes d’ores et déjà déterminé à opter en fin de seconde pour une orientation vers une première L, sachez que vous aurez avantage à opter pour l’enseignement d’exploration de “littérature et société” (ou “création et activités artistiques” si vous vous préparez à entrer en “L-arts”, et dans ce dernier cas, n’oubliez pas les options facultatives artistiques).

Après ce baccalauréat, 99% des élèves entrent dans l’enseignement supérieur. Ils le font principalement à l’université (en lettres modernes, histoire, langues vivantes, psychologie, droit …), mais aussi en classes préparatoires aux grandes écoles (littéraires surtout), dans certaines grandes écoles à recrutement niveau bac (Instituts d’études politiques, écoles de tourisme, de communication, etc.). Une minorité d’entre eux entre dans des filières professionnelles courtes (BTS , IUT ou écoles spécialisées de secteurs tourisme, commerce, secrétariat, communication, carrières sociales, juridiques, etc).

En 2011, 10% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première L.

 – La filière S est évidemment recommandée aux élèves ayant de bonnes aptitudes dans les sciences et les mathématiques. Mais attention : cela ne suffit pas. Les enseignements littéraires, de langues vivantes, d’histoire-géographie, de philosophie en terminale … y comptent également pour beaucoup. Sachez que les enseignemens scientifiques et mathématiques y sont abordés de façon principalement abstraite.

Bon à savoir : dans le cadre de la réforme du lycée, la filière S est recentrée vers ses fondamentaux scientifiques et mathématiques. Ainsi s’explique par exemple que l’enseignement obligatoire d’histoire-géographie ne soit plus présent dans la grille horaire de classe terminale (il y devient optionnel facultatif à horaire léger). Concrètement, cela veut dire que les élèves qui opteront pour cette voie d’études pourront moins  qu’auparavant compenser d’éventuelles lacunes en sciences et mathématiques par de bons résultats dans des disciplines plus littéraires. Le but est de conduire une plus grande proportion de bacheliers S à faire ensuite des études supérieures scientifiques (rappelons qu’à l’issue de l’ancien bac S, près d’un élève sur deux optait pour une filière supérieure non scientifique, ce qui est désormais considéré comme étant une anomalie qu’il convient de corriger).

Si vous êtes déterminé à demander votre orientation vers une première S à l’issue de la classe de seconde, vous aurez avantage à avoir choisi l’enseignement d’exploration de “méthodes et pratiques scientifiques”. Sachez cependant que rien n’interdit de faire un tel choix si on a suivi d’autres enseignements optionnels d’exploration.

Après le bac S, la quasi totalité de ces bacheliers passent dans l’enseignement supérieur. La majorité d’entre eux entrent en première année d’université (principalement en premier cycle santé, mathématiques, sciences de la matière, sciences de la vie, sciences de la Terre et de l’Univers, sciences de l’ingénieur, sciences et techniques des activités physiques et sportives, mais aussi en économie-gestion, droit, psychologie …), près de 20% d’entre eux entrent en classes préparatoires aux grandes écoles (de toutes sortes : scientifiques, économiques, littéraires), 18% parviennent à se faire admettre en institut universitaire de technologie ou en section de technicien supérieur, pour y préparer des diplômes des secteurs industiel, biologie, comptabilité/gestion, commerce… Nombre d’entre eux parviennent à entrer dans des grandes écoles à recrutement niveau bac (d’ingénieurs, de commerce et management des entreprises, instituts d’études politiques …) ou des écoles spécialisés (notamment paramédicales, mais aussi sociales, de commerce, administratives…).

En 2012, 32% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première S.

Bon à savoir : les élèves qui entreront en première géérale (ES, S ou L) à compter de la rentrée 2011, y trouveront un tronc commun élargi à 60% du volume global (contre 40% seulement dans l’ancien lycée). Ainsi, près des deux tiers des enseignements (en lettres, langues, histoire-géographie, EPS (éducation physique et sportive), ECJS (éducation civique, juridique et sociale), TPE (travaux personnels encadrés), accompagnement personnalisé… seront strictement identiques dans les trois classes de premières générales. Cela a été fait afin de faciliter les éventuelles réorientations en cours ou en fin d’année de première.

Six baccalauréats technologiques sont également proposés à l’issue de la classe de seconde générale et technologique : les baccalauréats STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), STL (sciences et technologies des laboratoires), ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) et STD2A (sciences et technolgies du design et des arts appliqués).

Notez que la réforme du lycée amplifie une évolution amorcée progressivement depuis plusieurs années, qui consiste à faire des filières technologiques des voies d’études de moins en moins “techniques”, de plus en plus “polyvalentes”, et même “généralistes”. C’est un point de différenciation très important par rapport aux filières des lycées professionnels qui préparent fondamentalement à l’emploi, alors que la quasi totalité des bacheliers technologiques sont destinés à faire des études supérieures, professionnelles, courtes pour la plupart, longues pour une minorité de plus en plus significative.

 – La filière STAV (“sciences et technologies de l’agronomie et du vivant”) n’est proposée que dans les lycées agricoles. Pour une telle orientation, il est fortement recommandé d’avoir, en seconde, pris l’option d’ enseignement d’exploration d’ “écologie-agronomie-territoire et développement durable”, qui n’est proposée que dans les lycées agricoles. Pour une telle vocation, il est donc quasiment nécessaire de se décider dès la sortie de la classe de troisième.

Un bac pour les mordus de la nature, ayant du goût pour les sciences biologiques, les problèmes écologiques et d’environnement, attirés par le milieu agricole, ayant envie d’étudier et de travailler ensuite au grand air … Notez que cette formation impose huit semaines de stages en milieu professionnel, qu’on vous y propose une forte proportion d’enseignements en travaux pratiques ou dirigés, que l’évaluation par le contrôle en cours de formation y est fortement développée, y compris pour la délivrance du baccalauréat.

Bon à avoir : la filière STAV ayant été récemment rénovée, il a été décidé provisoirement de ne pas la réformer à nouveau, du moins à court terme. Les classes de première STAV (rentrée 2011) et terminale (rentrée 2012) seront donc les mêmes qu’auparavant.

Après le bac, une forte majorité de ces élèves prolongent leurs études dans le supérieur. Ils le font principalement en vue de préparer des BTS agricoles ou des BTS de l’Education nationale. On en retrouve en IUT (génie biologique principalement),  à l’université (pour une petite minorité, principalement en sciences de la vie), mais aussi, pour une minorité, dans des classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs agricoles, agroalimentaires, agronomiques, ou dans de telles grandes écoles mais à recrutement niveau bac. On remarque l’importance du choix des formations par l’alternance chez ce type de bacheliers.

La filière STMG (“sciences et technologies du management et de la gestion”) est venue récemment remplacer l’ancienne filière STG . En gros, nous dirons que cette rénovation visait d’une part à renforcer la dimension “généraliste” de cette voie d’études, et d’autre part à adapter les enseignements technologiques aux besoins actuels du marché de l’emploi, vers lequel ces élèves se dirigeront après des études supérieures. Notons que  ce n’est qu’à la rentrée 2012 qu’a été mise en place la nouvelle classede première STMG, et en 2013 les nouvelles terminales STMG. Pour un élève qui, en entrant en seconde, est décidé à choisir ensuite une première STMG, il est recommandé d’opter pour l’enseignement d’exploration de PFEG (“principes fondamentaux de l’économie et de la gestion”), mais rien n’interdit une telle orientation pour un élève qui aurait préféré choisir l’enseignement d’exploration de “sciences économiques et sociales” (et vice versa). Bon à savoir : rien n’interdit de choisir ces deux enseignements économiques durant l’année de seconde générale et technologique.

En sortant de première STMG, les élèves ont le choix entre quatre terminales, ayant un même tronc commun, mais se différenciant par l’existence d’un module spécialisé d’enseignement technologique entre lesquels il faut choisir : “gestion et finance”, “mercatique”, “ressources humaines et communication” ou “système d’information etd e gestion”.

Cette filière d’études est plus particulièrement conseillée aux élèves qui ont envie de faire des études secondaires économiques concrètes (découverte des rouages de l’entreprise) mais non professionnalisées, sont attirés par les technologies modernes de communication, mais aussi, sont porteurs de solides bases générales (la majeure partie des enseignements est composée de disciplines générales). Bon à savoir : l’enseignement des mathématiques, obligatoire, n’a rien de théorique.

Après le bac, une large majorité de ces élèves (80%) opte pour la prolongation des études dans l’enseignement supérieur. Très majoritairement (près de 60%), ils se retrouvent dans des filières professionnelles courtes (principalement dans des préparations aux divers BTS tertiaires, mais aussi en IUT (sections tertiaires), et dans nombres d’écoles spécialisées tertiaires. Près d’un quart d’entre eux optent pour l’université (ils entrent principalement en première année de droit, administration économique et sociale, économie-gestion, mais aussi en langues, sciences humaines et sociales …), avec des taux d’échec importants. Enfin, une toute petite minorité (3%), parvient à intégrer une classe préparatoire économique et commerciale réservée aux bacheliers STG, ou à entrer dans une grande école (de commerce, gestion, tourisme, immobilier, transport et logistique, communication, etc.) à recrutement niveau bac. Bon à savoir : une assez importante proportion de bacheliers STMG opte pour une préparation d’un diplôme de l’enseignement supérieur professionnel par l’alternance (par contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

En 2011, 13% des élèves de seconde sont entrés en première STG.

La filière STI2D (“sciences et technologies de l’industrie et du développement durable”) est faite pour des élèves qui aiment manipuler des objets, les démonter et remonter, sont bricoleurs, organisés et méthodiques. Il convient en outre d’être très attiré par les technologies modernes, et d’avoir une bonne base générale en mathématiques, physique et chimie, mais aussi en lettres, en langues…  Les élèves qui, en entrant en classe de seconde, sont déjà déterminés à opter ensuite pour une filière STI, sont incités à opter pour l’ enseignement d’exploration  de “création et innovation technologiques”. Rien cependant n’interdit de demander à entrer dans l’une des quatre spécialités de première du nouveau bac STI2D qui a ouvert à la rentrée 2011 (“innovation technologique et éco-conception”, “système d’information et numérique”, “énergie et environnement” et “architecture et construction”), quels que soient les enseignements d’exploration suivis en seconde.

Après le bac STI2D, comme pour tous les bacheliers technologiques, la majeure partie entre dans l’enseignement supérieur. La demande très largement majoritaire (80 %) est de se faire admettre dans une filière professionnelle courte (IUT, BTS, écoles spécialisées, principalement du secteur industriel ou des métiers d’art). Une minorité (8%) opte pour l’entrée en université (en sciences de l’ingénieur, sciences de la matière, voire mathématiques), ou parvient à se faire admettre en grande école (d’ingénieurs principalement) à recrutement niveau bac, ou dans une classe préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs réservée aux bacheliers STI2D. Près de 12% d’entre eux optent pour la préparation d’un diplôme de l’enseignement supérieur professionnel par l’alternance (par contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

En 2011, 6% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première STI.

 – La filière STL (“sciences et technologies des laboratoires”) est faite pour les élèves qui sont attirés par les travaux en laboratoire, qui aiment procéder à des manipulations et des analyses de produits biologiques, chimiques, physiques … Attention : cette filière comprend une forte dose d’enseignements scientifiques divers, et une forte proportion d’enseignements généraux. Si, en entrant en seconde, vous êtes déterminé à choisir cette voie d’études secondaires, vous avez intérêt à opter pour l’enseignement d’exploration de “sciences et laboratoire”. Mais comme pour la plupart des autres filières technologiques, rien n’interdit de demander à entrer dans l’une des deux spécialités du bac STL qui ont vu le jour à la rentrée 2011 (“biotechnologies” ou “sciences physiques et chimiques en laboratoire”), indépendemment des choix d’enseignements d’exploration faits en seconde.

Après le bac STL, une majorité de ces bacheliers se dirige vers les BTS, DUT ou écoles spécialisées correspondant à leur secteur technologique (biotechnologie, génie biologique, chimiste, analyses médicales, laborantin, etc.). Une minorité de bons élèves frappe à la porte des écoles paramédicales, ou de certaines classes préparatoires acceptant la candidature de cette catégorie de bacheliers. Une petite minorité entre en première année d’université (principalement en sciences de la vie, voire en premier cyle des études de santé).

En 2011, un pour cent seulement des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première STL.

La filière ST2S (“sciences et technologies de la santé et du social”) est venue récemment remplacer et rénover l’ancienne filière SMS. à la rentrée 2012 en première, et donc à la rentrée 2013 pour les nouvelles classes terminales ST2S.

Pour les élèves sortant de troisième, déterminés à demander la première ST2S à l’issue de la classe de seconde, il est recommandé d’opter pour l’enseignement d’exploration de “santé et social”. Toutefois, rien n’interdit de demander une telle orientation indépendemment du fait d’avoir choisi une telle option.

Cette voie d’études secondaires devrait plus particulièrement intéresser des élèves attirés par la perspective de pouvoir exercer, après des études supérieures complémentaires, dans le secteur paramédical et social. Notez bien l’importance des enseignements scientifiques généraux. Une bonne capacité de communication, un goût prononcé pour les relations humaines, une forte envie d’aider les autres, sont des traits de caractère favorables. Priorité d’accès pour les élèves qui, en seconde, ont suivi l’ enseignement optionnel de sciences médico-sociales.

Après le bac, une large majorité de ces élèves frappe à la porte des écoles paramédicales et sociales, des BTS “services et prestations des secteurs sanitaire et social” ou “économie sociale et familiale”, de la filière “carrières sociales” des IUT, voire tente sa chance en premier cycle universitaire de sciences de la vie, de psychologie ou de santé.

En 2011, 3% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première ST2S.

La filière STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) est l’une de celle qui, dans le cadre de la réforme du lycée général et technologique, est le plus fortement modifiée par rapport à celle qui lui pré existait jusque là (l’ex filière “arts appliqués”). Objectf : renforcer le potentel de ces élèves en vue de leur admission et réussite dans les filières supérieures préparatoires aux métiers d’arts (BTS et écoles d’arts de toutes sortes). Notons à ce sujet que les bacheliers STD2A sont les seuls à pouvoir se porter candidats pour une admission directe en première année de ces formations très recherchées : pour les autres bacheliers, ils devront commencer par passer par une année de mise à niveau pour études supérieures d’arts appliqués, les fameuses “MANAA”.

Attention : nul n’est autorisé à entrer en première STD2A s’il n’a, en seconde, suivi l’enseignement d’exploration de “création et culture design”. La filière STD2A est donc un cas particulier de parcours d’études pour lequel il existe un choix strictement contraint à faire en entrant en seconde. L’explication est que cet enseignement d’exploration est lourd (six heures par semaine), si bien qu’il est inenvisageable de le rattraper si on ne l’a pas assimilé. Toute autre chose est la situation des autres enseignements d’exploration, qui ne sont présents en seconde qu’à raison d’une heure trente par semaine, sont donc aisément rattrapables si on ne les a pas choisis, si bien qu’ils ne sont pas considérés comme étant une condition nécessaire pour l’admission dans telle ou telle classe de première.

En première STD2A, 16 heures par semaine d’enseignements généraux vous attendent (français, histoire-géographie, LV1 et 2, physique-chimie, mathématiques, EPS…), ainsi que 14 heures hebdomadaires d’enseignements technologiques divers. Attention : cette filière est très rarement présente.

2) Quel profil dans le bac choisi ?

L’orientation vers une classe de première ne se limite pas au choix d’un baccalauréat. Chaque classe de première et terminale est composée d’un vaste tronc commun, mais aussi d’enseignements optionnels, qu’il convient de choisir avec soin car cela aura un important impact (moins que celui du choix du bac cependant) sur les possibilités d’études supérieures. Parmi ces enseignements optionnels, certains sont obligatoires, d’autres facultatifs. Tous concourent à vous doter d’un profil.

La situation est cependant quelque peu différente selon que vous préparerez un baccalauréat général ou technologique.

Dans les filières générales, il vous est parfois demandé, en première, et toujours en terminale, de choisir un enseignement optionnel obligatoire, auquel peuvent s’ajouter une ou deux options facultatives.

. Dans toutes les voies, en première comme en terminale, vous aurez la possibilité de bénéficier de divers  enseignements optionnels facultatifs, à choisir (ou non) dans une liste proposée par chaque établissement (attendez-vous à de très importants écarts d’offre d’un établissement à un autre). Ce pourra être une LV3, du latin, du grec classique (à la condition d’avoir commencé ces options en seconde au moins), mais aussi un supplément de trois heures par semaine en EPS, ou un enseignement artistique (arts plastiques, musique, cinéma-audiovisuel, théâtre, danse, histoire des arts…). Bon à savoir : ces enseignements conduisent à des épreuves facultatives au baccalauréat, pour lesquelles seuls les points supérieurs à la moyenne sont pris en compte.

. En filière ES, c’est uniquement en entrant en terminale qu’un choix d’enseignement de spécialité sera proposé. Ce pourra être, selon l’offre propre à chaque établissement, un approfondissement en mathématiques, un complément en sciences politiques et sociales ou en économie approfondie (un seul de ces trois enseignements, au choix de l’élève). Attention : à ce choix fera pendant une épreuve spécifique au moment du baccalauréat.

. En filière L, l’élève doit choisir dès l’entrée en première un enseignement optionnel obligatoire : approfondissement en langue vivante ou langue classique (latin ou grec classique) ou arts (au choix : arts plastiques, musique, histoire des arts, théâtre et expression dramatique, cinéma et audiovisuel, danse…) ou mathématiques . En terminale L, il sera possible de choisir son enseignement de spécialité dans la même liste, plus éventuellement un enseignement de “droit et grands enjeux du monde contemporain”.

. En filière S, il convient, comme en L, de distinguer le niveau première de celui de terminale.

En entrant en première S, les élèves doivent ajouter aux enseignements du tronc commun, un enseignement optionnel obligatoire de “sciences de l’ingénieur”, de “biologie/agronomie/territoire et développement durable” (uniquement dans les lycées agricoles) ou de SVT (“sciences de la vie et de la Terre”). Il existe donc trois profils d’élèves de première S.

En entrant en terminale, ceux qui ont choisi les enseignements de “sciences de l’ingénieur” ou de “biologie/agronomie/territoire et développempent durable”conservent cette spécialisation. Pour ceux qui, en première, ont opté pour les “sciences de la vie et de la Terre”, il est demandé de choisir une option obligatoire d’approfondissement parmi les enseignements suivants : mathématiques,  physique-chimie, ou “sciences de la vie et de la Terre” ou “informatique et sciences du numérique”. Là comme pour les autres filières, à chaque choix correspond une épreuve obligatoire spécifique au baccalauréat.

Dans les filières technologiques, ce que nous avons qualifié de “profil” dans les filières générales, par le choix d’un enseignement optionnel obligatoire, correspond au choix d’un enseignement spécifique, une “spécialité technologique”, au sein de trois des six baccalauréats technologiques.

Les filières STAV, STD2A et ST2S correspondent chacune à une spécialité en soi, ce qui veut dire que tous les enseignements sont dans le tronc comun, sauf quelques options facultatives éventuelles. Il n’en va pas de même pour les autres.

En filière STMG, l’entrée en première correspond à une classe unique. A l’issue de cette première STMG, vous aurez à choisir entre quatre spécialités de classe terminale : “gestion et finance”, “mercatique”, ressources humaines et communication”, “système d’information et de gestion”.

En filière STI2D, vous aurez le choix (selon l’offre de chaque établissement)  entre quatre spécialités : “innovation technologique et éco-conception”, “système d’information et numérique”, “énergie et environnement” et “architecture et construction”.

. En filière STL, selon le même calendrier que pour la filière STI, vous aurez le choix entre deux spécialités : “biotechnologies” ou “sciences physiques et chimiques en laboratoire”.

Attention : aucun lycée ne propose toutes ces options (obligatoires ou facultatives). Certaines d’entre elles sont même fort peu répandues. Vous rencontrerez donc parfois des difficultés pour trouver à proximité de votre domicile un lycée qui vous permet de vous doter de certains de ces profils. Et même si vous trouvez, il arrivera que le nombre des places offertes soit inférieur au nombre des demandes d’admission, obligeant l’établissement à pratiquer une certaine sélection à l’entrée. C’est pourquoi, si votre projet d’orientation de fin de seconde générale et technologique correspond à une spécialité rare, nous vous conseillons de prévoir une ou deux orientations de recours, pour des spécialisations moins rares.

Si vous êtes en quête d’une aide en vue de faciliter l’orientation d’un élève scolarisé en seconde générale et technologique, n’hésitez pas à poser une question. Nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour aller plus loin, dans la collection l’Etudiant :

– Parents d’élèves, vos droits (pour bien préparer ses recours en commission d’appel, etc.)

– Que faire avec un bac ES ?

– Que faire avec un bac L ?

– Que faire avec un bac S ?

– Que faire avec un bac technologique ?

– Pour quelles études êtes-vous fait ? (avec des tests et grilles d’auto analyse pour traiter aisément les réponses)

Pour les collégiens, et leurs parents, la classe de troisième représente un premier pallier d’orientation. Pour la première fois depuis qu’ils sont entrés au collège, ils sont confrontés à une pluralité de chemins possibles, entre lesquels il faut choisir.

1) Bien choisir sa voie d’études au lycée :

Ce premier choix est crucial. Opterez vous pour la voie professionnelle, spécifique, technologique ou générale ?

Choisir la voie professionnelle c’est opter pour un parcours d’études en deux ans pour atteindre un CAP (certificat d’études professionnelles) ou en trois ans en vue d’un baccalauréat professionnel. En toute logique, les élèves qui s’orientent vers cette voie d’études secondaires (un tiers des élèves sortant de troisième en 2010), sont prioritairement destinés à s’insérer sur le marché de l’emploi à l’issue de chaque cycle de formation (après un CAP, bac pro …), et minoraitairement destinés à poursuivre dans l’enseignement supérieur après un bac professionnel (un tiers environ en 2010, mais ce chiffre tend à augmenter d’année en année). Attention : pour certaines filières professionnelles secondaires rares, une sélection à l’entrée plus ou moins sévère peut exister. Ces formations peuvent être suivies sous “statut scolaire” ou par l’alternance (sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Choisir la voie spécifique c’est s’engager sur un parcours spécialisé en trois ans conduisant soit à un baccalauréat des techniques de la musique et de la danse (TMD), soit à un baccalauréat hôtellerie (H). Attention : la spécialisation commence dès l’entrée en seconde. Ces parcours étant rarement proposés (surtout la section TMD), la sélection à l’entrée est la règle. En 2010, moins d’un pour cent des élèves de troisième sont entrés dans l’une de ces deux formations qu’il est quasiment impossible de rejoindre à l’issue d’une seconde professionnel ou générale et technlogique.

Choisir la voie technologique c’est d’abord entrer en classe de seconde générale et technologique, puis, en passant en première, opter pour l’un des baccalauréats suivants : STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués), STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), STL (sciences et technologies des laboratoires) , et ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Attention : contrairement aux bacheliers professionnels, les bacheliers technologiques sont destinés à prolonger leurs études dans l’enseignement supérieur (tout particulièrement, dans des filières professionnelles courtes type BTS – brevets de technicien supérieur –  DUT – diplôme universitaire de technologie ou écoles spécialisées en deux ou trois ans). On note cependant qu’un bon tiers d’entre eux s’engagent dans des études supérieures plus longues : en université ou grandes écoles (par admission directe au niveau bac ou via une classe préparatoire aux grandes écoles réservée aux bacheliers technologiques).

Choisir la voie générale, c’est d’abord entrer en classe de seconde générale et technologique, puis, en entrant en première, opter pour l’un des baccalauréats suivants : ES (économique et social), L (littéraire), S (scientifique).

Ainsi, ce n’est qu’en fin de seconde générale et technologique que se fait le choix de sa spécialisation (c’est-à-dire du bac technologique ou général que l’on va préparer). Sachez qu’en 2010, 57% des élèves de troisième sont entrés en seconde générale et technologique.

2) Bien choisir ses enseignements optionnels :

A chacune des quatre voies d’études précédemment présentées, sont attachés des choix d’options qu’il est nécessaire de faire en entrant en seconde.

En seconde professionnelle, il s’agit du choix d’une spécialité professionnelle : opterez vous pour une seconde professionnelle hôtellerie, des métiers d’art, agricole, des métiers industriels, tertiaires … ? Dans certaines de ces classes, vous aurez en outre à choisir des enseignements optionnels généraux : langue vivante 2, enseignements artistiques …

En seconde spécifique, on a vu que vous devez choisir entre hôtellerie (H) et techniques de la musique et de la danse (TMD). Dans chacune de ces deux classes, on vous propose en outre divers enseignements optionnels (chaque établissement propose sa liste, qui peut donc être différente d’un lycée à un autre).

En seconde générale et technologique, vous aurez à choisir deux types d’options : deux enseignements optionnels obligatoires (dits “enseignements d’exploration”), et il vous est possible d’ajouter (selon l’offre de l’établissement) une ou deux options facultatives. Sauf cas particulier, il n’est pas obligatoire d’avoir suivi en seconde un “enseignement d’exploration” donné pour pouvoir demander et obtenir son orientation vers une première , même si cet enseignement d’exploration y est fondamental (par exemple : il est possible d’être orienté vers un première L, même si on n’a pas opté pour l’enseignement d’exploration de “littérature et société”, ou vers une première STMG sans avoir choisi les “principes fondamentaux de l’économie et de la gestion”, etc.). Cela s’explique : ces enseignements ne sont dispensés qu’à raison d’une heure trente par semaine, et sont donc aisément rattrapables si on ne les a pas suivi.  Cas particuler : l’orientation vers une première STD2A n’est possible que pour les élèves ayant opté en seconde pour l’enseignement d’exploration de “création et culture design”, cet enseignement comptant pour six heures par semaine contre une heure trente seulement pour les autres. Ainsi, la voie STD2A se choisit en fin de troisième, alors que pour les autres, on peut attendre un an de plus (la fin de classe de seconde générale et technologique)  avant de se déterminer.

Sachez qu’aucun lycée ne propose l’ensemble de ces enseignements d’exploration, si bien que pour certains choix, vous serez contraint de tenter de vous faire admettre dans un lycée qui propose celui que vous recherchez, ce qui peut ne pas être simple. Autre problème : les lycées qui proposent des options rares sont parfois contraints de sélectionner les candidats, si bien qu’il ne suffit pas toujours que le conseil de classe du collège d’origine ait donné son avis favorable pour que vous trouviez une place dans la classe de seconde demandée. Tenez compte de ces réalités et envisagez des choix de recours au cas où vous n’obtiendriez pas satisfaction sur votre premier voeu.

Si vous désirez poser une question concernant l’orientation d’un élève de classe de troisième, n’hésitez pas : nous vous répondrons.

Bruno MAGLIULO

Pour en savoir plus, dans la collection L’Etduant :

 – Parents d’élèves, vos droits (tout sur les procédures d’appel…)

– Le guide de l’orientation au lycée (de la troisième à l’après-bac)

-100 questions/réponses pour bien s’orienter