20 mar 2008
Réforme du lycée : les options en ligne de mire.
Après le lycée professionnel, dont la réforme a été présentée il y a quelques mois (vous la trouverez présentée en détails sur ce blog, dans un autre article), c’est au tour du lycée général et technologique : le ministre se prépare àen présenter le projet de réforme, dans les tous prochains jours. D’après les informations qui ont filtré, il semble bien que l’un des objectifs de la réforme soit d’alléger l’offre d’options, considérée comme étant fort couteuse, mais aussi trop dispersée et de faible efficacité.
Rappelons que le lycée actuel comporte deux types d’options : celles qui sont”obligatoires” (que tout élève entrant dans une classe donnée doit obligatoirement choisir dans une liste proposée par chaque établissement, comme par exemple les deux enseignements optionnels de détermination en seconde générale et technologique), et celles qui sont “facultatives” (que l’élève peut choisir dans une liste proposée par l’établissement, mais auxquelles il est possible de renoncer).
Premier constat : la France est l’un des pays qui offre le plus d’heures d’enseignements optionnels. Cela présente l’avantage de permettre de mieux individualiser les parcours d’études secondaires, mais coûte fort cher à l’Etat (et aux familles dans le privé). De plus, il règne en la matière une très grande dispersion, qui provoque la présence, pour nombre d’enseignements optionnels, de très faibles effectifs d’élèves, induisant l’idée qu’une politique de regroupement serait peut être souhaitable, notamment dans les grandes villes. En ces temps de contexte budgétaire difficile pour l’Etat, il est tentant d’utiliser la baisse de l’offre d’options pour réduire les dépenses de formation. Ce n’est évidemment pas l’objectif premier qui sera affiché par le Ministre, mais il est clair que cette motivation fait partie de l’ensemble.
Deuxième constat : corrélativement, la France est l’un des pays où le volume horaire des enseignements au lycée est le plus élevé. En moyenne, les élèves qui fréquentent le lycée général et technologique y bénéficient de 32 à 34 heures de cours par semaine, alors que la moyenne européenne est de 28/29. Il en résulte l’idée que la réduction de l’offre d’options est un moyen pour réduire le volume horaire global de l’enseignement dispensé dans les lycées.
Troisième constat : la seconde générale et technologique (la classe qui comporte le plus d’offre d’enseignements optionnels) a échoué dans son ambition d’être une véritable “classe de détermination”. Sur ce point, rappelons qu’officiellement, tout élève engagé dans une telle classe peut attendre la fin de son année scolaire pour choisir le baccalauréat qui lui convient. En pratique, tout observateur honnête ne peut nier que cela ne fonctionne pas ainsi. Chacun sait que selon les choix des deux enseignements optionnels de déterminationfaits en entrant en seconde, il y a des portes qui se ferment quasi automatiquement. Impossible par exemple d’opter pour un baccalauréat général ou STG si on n’a pas pris l’option de LV2 (hé oui, l’enseignement de LV2 est optionnel de détermination en seconde); impossible d’entrer en première STI arts appliqués si on n’a pas choisi les deux enseignements optionnels de détermination de création design et culture design; etc. La liste est longue des verrous qu’il est impossible ou très difficile de faire sauter quand, en entrant en seconde, on n’a pas choisi les “bons” enseignements optionnels de détermination. Il en résulte une idée (on lira de très près le projet de réforme de la classe de seconde générale et technologique sur ce point) : supprimer les enseignements optionnels de détermination en seconde et refondre la grille horaire pour que le principe du “socle commun” s’étende en classe de seconde générale et technologique, ce qui permettrait à la fois de supprimer les options de détermination actuelles et d’alléger l’horaire hebdomadaire de cette classe. Une réflexion du même type est engagée pour les classes de premières et terminales qui pourraient faire l’objet de regroupements (on évoque l’idée de regrouper les actuelles voies ES et L, voire ES, L et STG; mais aussi S et STI…), avec réducation corrélative de l’offre d’options (obligatoires et/ou facultatives).
Je ne prétend pas que le projet qui va très bientôt être soumis à la concertation sera exactement celui que j’évoque. Mais je fais le pari que nous n’en serons pas loin.
A suivre, et en attendant, n’hésitez pas à réagir à ces propos, qui n’engagent évidemment que moi.
Merci d’avance à celles et ceux qui voudront bien alimenter ce débat.
Bruno Magliulo
