En quelques années, le paysage de l’enseignement supérieur français a été profondément bouleversé, par suite de la mise en oeuvre d’un processus d’ harmonisation des cursus d’études supérieures dans toute l’ Europe, visant à faciliter la libre circulation des étudiants, enseignants, chercheurs, professionnels… dans l’espace commun.

Concrètement, cela revient à articuler les parcours d’études supérieures autour d’une architecture commune, avec trois grades : la licence (L) à bac + 3, le master (M) à bac + 5, et le doctorat (D) à bac + 8. C’est à cela que renvoie le sigle “LMD”.

La difficulté, en terme de “lisibilité” du nouveau système, est que les anciens diplômes ne disparaitront pas tous. Ainsi, par exemple, si l’université a éliminé des titres tels que les anciens DEUG (à bac + 2) ou maîtrises (à bac + 4), nombre de diplômés de niveau bac + 2 demeurent (les BTS, DUT par exemple), de même que certains diplômes de niveau bac + 4 (délivrés par certaines grandes écoles par exemple). En outre, transitoirement, certaines universités continuent de délivrer certains anciens diplômes (tels le DEUG ou la maîtrise), tout en s’inscrivant dans la nouvelle architecture européenne des études.

1° Les études supérieures courtes :

On qualifie de “courtes” les études supérieures qui, en deux ou trois ans après le baccalauréat, conduisent à des diplômes permettant une insertion professionnelle. Il s’agit donc par définition de filières d’études supérieures professionnelles, ce qui signifie qu’elles peuvent être suivies sous statut étudiant, mais aussi par l’alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation). Trois grandes voies d’études supérieures correspondent à ce secteur :

Les sections de technicien supérieur (STS), dans lesquelles, en deux ans, on se prépare à un diplôme d’Etat : le brevet de technicien supérieur (BTS). Il en existe plus de 140, correspondant à une grande variété de secteurs d’activité dans l’agriculture, la production ou les services. Sauf cas particulier, ces formations comprennent une majorité de bacheliers technologiques et sont ouvertes à une minorité de bacheliers professionnels et généraux. En 2010-2011, ces formations accueillaient 242.247 étudiants (parmi lesquels 79.949 dans des établissements privés), représentant 10% de l’ensemble de la population étudiante.

Bon à savoir : les STS ont le droit réglementaire d’accueillir des non bacheliers. En pratique, il est quasiment impossible de trouver une place dans de telles conditions, dans un lycée public ou privé sous contrat. Les non bacheliers auront plus de chances du côté des établissements privés hors contrat ou dans les formations par l’alternance. Un conseil dans ce cas : représentez vous ensuite aux épreuves du baccalauréat car si vous désirez prolonger vos études après le BTS, ou vous présenter à un concours administratif, on exigera fréquemment que vous soyez aussi bachelier.

Après les BTS, on observe que 60% (taux fortement variable d’un BTS à l’autre) des diplômés optent pour l’insertion professionnelle. Les autres prolongent leurs études, d’un, deux, trois ans … voire plus dans certains cas particuliers.

Les Instituts universitaires de technologie (IUT) préparent également en deux ans à 24 diplômes universitaires de technologie (DUT), 45 si on tient compte du fait que plusieurs d’entre eux se subdivisent en des spécialités diverses. Outre la durée des études, ces formations partagent avec les BTS le fait d’être professionnalisées, et donc de permettre l’insertion professionnelle à l’issue du cursus d’études de deux années. On note toutefois que le poids des enseignements généraux y est en règle générale plus important, et qu’en outre, l’approche des secteurs professionnels de référence s’y fait de façon plus polyvalente qu’en STS.

Il en résulte qu’à la sortie, la proportion des diplômés qui prolongent leurs études est nettement plus importante : 70% en moyenne en 2011, contre 40% seulement après un BTS. En outre, on observe qu’alors que plus de la moitié des détenteurs d’un BTS qui poursuivent leurs études se contentent d’un diplôme de niveau bac + 3 (licence professionnelle par exemple), les deux tiers de ceux qui sortent d’IUT visent un diplôme de niveau bac + 4/5 (master par exemple).

Les IUT accueillent une majorité de bacheliers généraux, une forte minorité de bacheliers technologiques, mais pas de bacheliers professionnels. En 2010-2011, les IUT accueillaient 116.476 étudiants, représentant 5 % de l’ensemble des étudiants français.

Les écoles professionnelles spécialisées sont des établissements d’enseignement supérieur à recrutement niveau bac, qui offrent des formations professionnelles en deux ou trois ans, comparables donc aux BTS et DUT. Il en existe plusieurs centaines, centrées sur une grande variété de secteurs d’activité : écoles sociales, paramédicales, militaires, de la police, de commerce, gestion d’entreprise, comptabilité, tourisme, hôtellerie, mécanique automobile, du BTP, agricoles, secrétariat, etc.. Il est souvent possible de suivre le cursus de formation par l’alternance.

Les écoles professionnelles spécialisées admettent principalement des bacheliers, mais certaines sont accessibles à des non bacheliers (ceux dont on dit qu’ils sont de “niveau bac”, c’est-à-dire ayant suivi une scolarité en classe terminale sans être parvenu à réussir aux épreuves du baccalauréat). Pour les mêmes raisons que celles évoquées dans les lignes consacrées aux BTS, nous vous conseillons de vous représenter ensuite en candidat libre aux épreuves du baccalauréat.

Attention : si certaines de ces écoles délivrent un diplôme d’Etat ou visé par l’Etat, d’autres, nombreuses en ce qui concernant les écoles de statut privé, ne le font pas. Il en résulte que la part des élèves qui sortent de ces écoles et prolongent leurs études est en moyenne nettement inférieure à ce que l’on observe à l’issue des DUT et BTS : pour une large majorité (plus de 80%), les élèves issus des écoles professionnelles spécialisées s’insèrent sur le marché de l’emploi.

- La sélection à l’entrée des filières professionnelles courtes est un phénomène très général. Le principe est simple à comprendre : sauf cas particulier, il y a plus de candidats que de places offertes, et donc on n’admet qu’une partie de ces derniers. Les modalités de la sélection à l’entrée sont très diverses : sur concours, dossier, avec parfois des tests (par exemple, de niveau en langue étrangère), des “QCM” (questionnaires à choix multiples), avec lettre et/ou entretien de motivation, voire une combinaison de plusieurs de ces critères de sélection.

Bien entendu, le niveau de la sélection est variable selon l’établissement demandé : vous rencontrerez des écoles comptant plus de dix candidats pour une place (car relativement rare cependant), et d’autres qui ne sont demandées “que” par trois, deux candidats pour une place, voire moins. On observe qu’en moyenne, la part des bacheliers professionnels admis est supérieure à ce que l’on observe à l’entrée des STS et des IUT. C’est cependant très inégalement vrai, selon les établissements demandés.

2°) Les études supérieures longues :

Dans la plupart des pays, dont la France, on qualifie de “longues” les études qui peuvent conduire à des diplômes de niveau bac + 5 ou plus. En France (et dans nombre de pays européens), c’est le cas des formations universitaires de deuxième et troisième cycles (permettant d’accéder à des masters, des doctorats…), mais aussi des grandes écoles qui délivrent leurs diplômes à bac + 5. On note cependant l’existence de quelques formations de niveau bac + 4, héritières de l’époque où la sortie des deuxième cycle se faisait à ce niveau , c’est-à-dire avant la mise en place du “LMD”. Certaines écoles ont choisi de maintenir ce niveau de formation, intermédiaire entre les formations courtes et longues.

Pour un élève de classe terminale, trois grandes voies correspondent à ce secteur d’études supérieures longues : l’entrée en premier cycle licence à l’université, l’entrée en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), et l’entrée en grande école à recrutement niveau bac.

- Les premiers cycles universitaires correspondent à la première étape (en trois ans) d’un parcours d’études qui peut aller à bac + 5 (master après un deuxième cycle) ou bac + 8 (doctorat après un troisième cycle), voire plus dans certains cas particuliers (études de santé par exemple). Découpées en six semestres cumulatifs, les études universitaires commencent par un premier parcours en deux ans (L1, puis L2), fortement dominé par les enseignements généraux (différents bien sur selon la spécialité universitaire choisie). A l’issue de la L2, les étudiants ont le choix entre une L3 professionnelle (LP) ou générale (L3). Dans le premier cas, ils peuvent aussi bien s’insérer sur le marché de l’emploi (la LP s’apparente donc à une formation professionnelle courte), que passer en première année du deuxième cycle master (M1).

Le deuxième cycle master se déroule en quatre semestres cumulatifs, soit deux ans (M1/M2). L’admission en M1 est automatique pour tout détenteur d’une licence. Par contre, le passage de M1 à M2 est sélectif. On ne peut pas faire plus absurde que d’introduire un système de sélection en plein mileu d’un parcours d’études (un peu comme si, au lycée, on ne pouvait passer en classe terminale qu’après la réussite à un concours). On comprendrait une sélection à l’entrée du deuxième cylce master (pour le passage de L3 à M1), ou un système sans aucune sélection, mais sélectionner ainsi au milieu du deuxième cycle est un avatar absurde qui montre à quel point l’université française se porte mal.

Il existe deux types de M2 : les masters professionnels (MP), plutôt destinés à permettre l’insertion professionnelle, et les masters recherche (MR), qui ont pour vocation de préparer les étudiants à passer en troisième cycle.

Enfin, un troisième cycle en six semestres (ou trois années) supplémentaires (D1, D2, D3) peut conduire jusqu’au diplôme de doctorat dans la spécialité choisie.

Avant d’en arriver éventuellement là (beaucoup sortent de l’université à bac + 5), vous aurez à choisir un premier cycle licence. Il existe plusieurs milliers de licences, délivrées à l’issue de douze grandes familles de premiers cycles : administration économique et sociale (AES), droit et sciences politiques, économie-gestion, langues vivantes, lettres, sciences humaines et sociales, sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), mathématiques, sciences de la vie, sciences de la matière, sciences de la Terre et de l’Univers, sciences de l’ingénieur et santé.

Bon à savoir : sauf dans des cas relativement peu nombreux (celui des universités qui ont obtenu le statut d’ “université de technologie” comme Paris-Dauphine, Compiègne, Belfort, Troyes, mais aussi nombre de “bi licences”, etc.) l’admission en première année de l’université est non sélective. Cela signifie que tout bachelier a droit à une place en première année d’un premier cycle licence, quel que soit son profil. Cela signifie aussi que, du fait que toutes les autres filières sont sélectives, nombre d’étudiants s’inscrivent à l’université par défaut (pas tous cependant), c’est-à-dire faute de voir retenue leur candidature à une filière sélective qui a leur préférence. Si on ajoute à cet élément, le fait que les premiers cycles universitaires sont extrêmement exigeants, que les étudiants y sont par définition (et sauf cas particulier) mal encadrés, qu’on y exige d’importantes qualités d’autonomie que bon nombre de ceux qui s’y retrouvent n’ont pas ou trop peu…, on ne sera pas étonné d’apprendre que le taux d’accès à la licence n’est, toutes filières confondues, que de 50% en moyenne. Bien plus, si on distingue par type de baccalauréat, on s’aperçoit que les deux tiers des bacheliers généraux parviennent à une licence (en trois ans ou plus), alors que ce n’est le cas que de 35% des bacheliers technologiques et de moins de 10% des bacheliers professionnels.

En 2010-2011, hors IUT, toutes filières et tous cycles confondus, les universités françaises accueillaient 1.320.628 étudiants, soit 57% de l’ensemble de la population étudiante.

- Les grandes écoles à recrutement niveau bac sont toutes des établissements d’enseignement supérieur professionnels. Il en existe plusieurs centaines, préparant à une large variété de secteurs d’activité : agriculture, agronomie, architecture, armée, arts, commerce, comptabilité, gestion, informatique, ingénieurs, hôtellerie, tourisme, transport et logistique, etc. Il y en a pour presque tous les goûts.

Ce qui permet de les qualifier de “grandes”, c’est la durée des études : quatre années au moins après le baccalauréat. Du fait de la mise aux normes “LMD” de l’appareil d’enseignement supérieur français, elles sont nombreuses à proposer désormais le label bac + 5, voire à délivrer un master en plus du diplôme de l’établissement.

Pour y entrer, un élève de classe terminale doit passer par la case “sélection” : aucune d’entre elles ne recrute autrement qu’en organisant un tri des candidats afin d’ajuster le nombre des admis au nombre de places proposées. Chaque établissement étant libre d’organiser les épreuves comme il l’entend, vous rencontrerez une grande variété de modalités de sélection. Ce qui domine cependant, c’est le système du concours avec, durant les épreuves orales d’admission, un entretien de motivation. Mais vous serez parfois confronté à une sélection sur dossier, des tests, l’obligation de fournir une lettre de motivation, de rédiger un CV …

Bon à savoir : la plupart de ces grandes écoles proposent des possibilités d’ “admission parallèle” après un, deux ou trois ans d’études supérieures. Ainsi, par exemple, les Instituts d’études politiques proposent des modalités d’accès au niveau bac, à bac + 1, à bac +3.

Les premières épreuves des premiers concours ayant lieu dès le mois de mars de l’année de classe terminale (parfois même en février), nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas vous décider trop tardivement à mettre en oeuvre un programme de révision des épreuves. L’idéal est de le faire en sortant de classe de première.

Ces écoles étant par définition professionnelles, la destinée de la majeure partie de ceux qui bénéficient de telles formations est de s’insérer sur le marché de l’emploi après l’obtention du diplôme. Cependant, certains seront incités à prolonger leurs études d’une, deux ou trois années (parfois plus), en vue de glaner un diplôme complémentaire de troisième cycle (par exemple : le diplôme d’expert comptable à bac + 8 après une grande école de commerce et de gestion).

- Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sont une particularité française que l’on ne retrouve dans quasiment aucun autre pays. Elles proposent un parcours d’études supérieures en deux ans faisant suite à la classe terminale. Objectif : préparer les étudiants admis à un ou plusieurs concours d’accès dans des grandes écoles à recrutement niveau bac + 2.

Les grandes écoles qui recrutent dans ce vivier sont nombreuses, et ne doivent pas être confondues avec celles, vues précédemment, qui recrutent niveau bac. Le principe est de faire un parcours d’études supérieures en cinq ans, mais en deux étapes (bac + 2, puis + 3).

La filière CPGE est souvent qualifiée de “filière d’excellence”. On veut dire par là qu’elle conduit aux meilleures grandes écoles : des écoles comme Polytechnique, l’Ecole des Mines de Paris, Supelec, HEC, l’ESSEC, les Ecoles normales supérieures, Saint-Cyr, et bien d’autres, ne recrutent sauf cas particulier que des élèves issus de CPGE. Cette expression renvoie aussi au fait que ces classes recrutent généralement les meilleurs élèves de classe terminale, sont fréquemment très sélectives à l’entrée, et proposent ensuite une formation très encadrée, exigeante, dispensée par des professeurs hautement compétents. Bref, pour reprendre une expression connue dans ce milieu, c’est “la fabrique d’excellents étudiants, par d’excellents professeurs”.

La contrepartie est que la sélection règne en maître dans ce secteur de formation : élèves non porteurs d’esprit de compétition, s’abstenir ! Elle se passe à deux niveaux successifs : pour l’admission en première année de CPGE d’abord (elle se fait sur dossier comprenant les bulletins scolaires de première, ceux de terminale, et les notes obtenues aux épreuves anticipées du baccalauréat, avec en outre parfois une lettre ou un entretien de motivation), puis, en fin de deuxième année, pour l’admission dans les grandes écoles (sur concours, avec généralement un entretien de motivation). Bon à savoir : la sélection est bien sur sévère à l’entrée des CPGE les plus réputées, puis des grandes écoles les plus renommées, mais c’est nettement moins le cas si on accepte de descendre dans la hiérarchie des CPGE et des grandes écoles.

Il existe trois grandes catégories de CPGE, selon le type de grandes écoles auxquelles on se prépare : les “prépas” scientifiques, commerciales et littéraires.

. Les CPGE scientiques comportent une première année appelée “maths sup” (“sup” comme supérieure), et une deuxième dite “maths spé” (“spé” comme spéciale). A 90%, ces classes préparatoires sont peuplées de bacheliers S, les autres sont principalement issus des diverses spécialités du bac STI2D, mais aussi du bac STL. Il en existe plus de 200, dans tout le pays, de tous statuts (publiques, privées sous contrat, hors contrat). Objectif : les grandes écoles d’ingénieurs, de chimie, d’agronomie, vétérinaires, mais aussi les concours scientifiques d’accès aux Ecoles normales supérieures, à Saint-Cyr…

. Les CPGE commerciales dispensent également leurs formations en deux ans. Selon le baccalauréat d’origine, elles sont rangées en trois options : scientifique pour les S, économique pour les ES (et éventuellement, une minorité de L à profil maths), technologique pour les STMG. Au nombre d’un peu plus de 200, on y prépare les concours d’entrée dans les grandes écoles de management des entreprises. Il existe en outre une poignée de CPGE commerciales qui visent le concours économique d’accès à Saint-Cyr, ou ceux des sections économiques de l’ENS Cachan.

. Les CPGE littéraires portent les noms de “lettres sup” en première année, et “première sup” en deuxième année. Ces classes sont réservées aux bacheliers généraux. On compte une centaine de classes préparatoires de ce type. A l’issue des deux années de formation, les élèves se présentent aux concours d’entrée dans les grandes écoles littéraires (Ecoles normales supérieures, Ecole des chartes…), mais aussi aux concours littéraires d’accès à Saint-Cyr, aux grandes écoles de management des entreprises, voire de certaines grandes écoles de journalisme, d’Instituts d’études politiques …).

Bon à savoir : les taux de réussite à un concours au moins sont excellents à l’issue des CPGE scientifiques et commerciales. Cela s’explique triplement : la qualité de la formation dispensée d’une part, le très bon niveau de la plupart des élèves d’autre part, et enfin l’importance du nombre de places offertes par les grandes écoles qui recrutent dans ce vivier. Il n’en va hélas pas de même à l’issue des CPGE littéraires, non que la formation dispensée ou les élèves soient de moindre qualité, loin s’en faut. Par contre, les débouchés offerts à la sortie sont nettement plus modestes en nombre de places à prendre dans les grandes écoles littéraires, si bien qu’on observe que chaque année, nombre d’élèves de deuxième année de CPGE littéraire négocient une équivalence universitaire en vue de bifurquer vers une deuxième ou troisième année du premier cycle licence. C’est également possible après les CPGE scientifiques et commerciales, mais comme la plupart des élèves y réussissent un concours, ils sont nettement moins enclins à demander de telles équivalences.

En 2010-2011, les CPGE formaient 79874 étudiants, représentant 3,4% de l’ensemble de la population étudiante.

Si vous désirez poser une question, ou faire un commentaire concernant l’orientation dans l’enseignement supérieur, n’hésitez pas : nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour aller plus loin, dans la collection L’Etudiant :

– Pour quelles études êtes-vous fait ?

– Bien choisir son BTS ou son DUT

– Suis-je fait pour une classe préparatoire ?

– Bien choisir son école de commerce

– Bien choisir son école d’ingénieurs

– Bien choisir son école d’art

B. Magliulo

S’orienter après la classe terminale

Dans cet article, nous allons aborder la question de l’orientation des élèves de terminale générale et technologique. Pour ce qui est de l’orientation des élèves de terminale professionnelle, nous vous renvoyons à la quatrième partie d’un autre article que vous trouverez sur ce blog, consacré au thème “s’orienter au lycée professionnel”.

A la différence des bacheliers professionnels, qui ont choisi une voie d’études qui vise principalement l’insertion professionnelle après le baccalauréat (en 2013, ce fut le choix de 70% de ces bacheliers, chiffre en baisse régulière, si bien qu’on constate que les bacheliers professionnels sont de plus en plus nombreux à s’engager dans la poursuite des études, notamment dans des filières d’enseignement supérieur professionnel court : BTS, écoles postbac en 2/3 ans, IUT …), et ne permet qu’à une petite minorité (mais de moins en moins petite) de prolonger les études dans le supérieur, ceux qui ont opté pour les baccalauréats généraux et technologiques sont exactement dans une situation inverse : ils sont d’abord formés pour faire ensuite des études supérieures (en 2013, ce fut le cas de 98% des bacheliers généraux et 92% des bacheliers technologiques). Bien plus concernant ces derniers : si on ajoute ceux qui préparent un diplôme de l’enseignement supérieur par l’alternance (c’est-à-dire en ayant au préalable signé un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation), c’est 96% d’entre eux qui, sous statut scolaire ou par l’alternance, prolongent leurs études après le baccalauréat.

1°) L’orientation après les baccalauréats généraux :

De longue date, on observe chez les bacheliers généraux une nette préférence pour les filières d’études longues, qui conduisent normalement à des diplômes de niveau bac + 5 ou plus. Selon le baccalauréat (L, ES ou S), ils sont chaque année environ 80% à entrer soit à l’université (surtout), soit en classe préparatoire aux grandes écoles, soit en grande école à recrutement niveau bac. Les autres (20% en moyenne) optent pour l’une des filières de l’enseignement supérieur court (IUT, STS, écoles professionnelles de niveau bac + 2/3). On observe que plus des deux tiers de ceux qui parviennent à un diplôme de l’enseignement supérieur court prolongent ensuite leurs études en utilisant les “voies d’accès parallèles” à des filières plus longues (licences, éventuellement suivies de deuxièmes cycles master, grandes écoles…). Ainsi, au total, plus de 90% des bacheliers généraux visent (ce qui ne veut pas dire qu’ils y parviennent tous) un diplôme de niveau bac + 4/5 minimum.

Bien entendu, selon le baccalauréat (L, ES ou S), la structure détaillée des études supérieures choisies n’est pas la même. Par exemple, si 20% des bacheliers S entrent en classe préparatoire, ce n’est le cas que de 6% des ES. Bien plus : il convient d’entrer dans les détails des filières de chacune des grandes voies d’études que nous venons d’évoquer. Vous pourrez le faire en vous reportant à la série “Que faire avec un bac … ES, L ou S” publiée dans la collection des livres de L’Etudiant.

2°) L’orientation après les baccalauréats technologiques :

Au contraire des bacheliers généraux, les bacheliers technologiques ont une nette préférence pour les filières de l’enseignement supérieur professionnel court : ils sont chaque année entre 60 et 75% (selon le baccalauréat technologique) à entrer dans une filière de ce type, notamment en STS (pour préparer l’un des 143 BTS qui sont proposés), mais aussi, bien que beaucoup moins, en IUT, ou en école professionnelle spécialisée de niveau bac + 2/3. On observe en outre que les bacheliers technologiques sont proportionnellement beaucoup plus nombreux que les bacheliers généraux à le faire par la voie de l’alternance (en signant un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Bon à savoir, ce choix semble d’autant plus judicieux que c’est indéniablement le secteur d’études supérieures où ils obtiennent leur meilleurs taux de réussite. Notez que depuis un décret datant d’avril 2007 (décret N° 2007-540, 11 avril 2007, publié au Journal Officiel du 12 avril 2007), les bacheliers technologiques ayant réussi leur baccalauréat avec mention bien ou très bien disposent d’un droit d’entrée automatique en STS (à la condition toutefois de demander une filière préparatoire à un BTS du même secteur que leur bac techno).

Les autres (entre 25% et 40% selon le baccalauréat technologique réussi) entrent dans une filière supérieure longue, principalement à l’université, plus rarement en classe préparatoire aux grandes écoles (rappelons qu’à chaque bac techno est attaché un type de CPGE qui leur est réservé), ou en grande école à recrutement niveau bac. Il est important de signaler qu’en moyenne, les bacheliers technologiques ne sont que 35% à atteindre la licence universitaire après une entrée en première année du premier cycle, contre 70% pour les bacheliers généraux. Pour tout connaître des débouchés dans l’enseignement supérieur des diverses séries préparatoires à un baccalauréat technologique (STMG, STI2D, STL, ST2S, STAV, STD2A…) : “Que faire avec un bac technologique ? (collection des livres de L’Etudiant).

3°) Attention à la sélection !

Le passage de la classe terminale à la première année d’enseignement supérieur est fréquemment marqué par une sélection à l’entrée. Le principe est bien connu : il y a plus de candidats que de places offertes, et donc, on ne prend qu’une partie des candidats.

Le tri de ces derniers se fait selon des modalités diverses (il n’y a pas de règle générale en la matière) : sur concours, dossier, avec lettre et/ou entretien de motivation, parfois test(s) de niveau en langue vivante, QCM (questionnaire à choix multiple), etc. Un bon conseil : informez vous aussi rapidement que possible sur les modalités de la sélection à l’entrée de la ou des filières que vous désirez intégrer, et mettez en oeuvre un programme de préparation des épreuves qui vous attendent. Est-il besoin de préciser que si vous vous réveillez trop tardivement, vous diminuez fortement vos chances par rapport à ceux qui se seront préparés à ces épreuves longtemps à l’avance ?

Vous rencontrerez la sélection à l’entrée des filières suivantes : les grandes écoles à recrutement niveau bac, classes préparatoires aux grandes écoles, IUT, STS, écoles professionnelles de niveau bac + 2/3, et même quelques universités (Paris-Dauphine, universités de technologie de Belfort, Compiègne, Troyes, certaines bi licences droit-langues ou économie-langues, etc). Par contre, il n’y a pas de sélection à l’entrée des premiers cycles des universités “à effectifs non contingentés”, si bien que dans le système français d’enseignement supérieur, il n’y a que du côté de la plupart des premiers cycles universitaires qu’il est encore possible de se faire admettre sans avoir à subir pour cela une ou des épreuves de sélection. On note cependant que depuis le début des années 2010, le nombre de filières universitaires qui, pour l’admission en L1 (première année de licence), trient les candidats à l’admission par diverses épreuves de sélection, augmente d’année en année, donnant le sentiment d’une montée progressive en puissance du principe de sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur. Ce phénomène, s’il se confirme, va finir par poser un problème lourd de conséquences : jusqu’à quand le baccalauréat en tant que diplôme donnant le droit d’un accès automatique à une filière d’enseignement supérieur (pas forcément celle de son choix) ?

4°) En passer par le portail “APB” (admission postbac)

Depuis 2011, chaque année, les 670000 élèves qui fréquentent une classe terminale et demandent à entrer dans une filière d’enseignement supérieur, sont invités à passer pour cela part une messagerie nationale, une sorte de “guichet quasi unique” (“quasi” parce que concernant environ 95% des établissements d’enseignement supérieur français) : le portail “admission postbac” (APB). Quand aux 5% d’établissements qui se positionnent “hors APB”, ils ont en commun d’être tous sélectifs à l’entrée, si bien que les lycéens d’entrer dans l’un de ces établissements “hors APB”, ont fortement intérêt à se connecter dans les délais requis sur le portail “APB”, en appliquant ainsi une sorte de “principe de précaution”.

Or, outre le fait que le passage par ce portail est incontournable, et que la procédure est fort complexe, nécessitant pour chaque famille un important accompagnement, nous ne pouvons que rappeler que ce qui se joue est lourd de conséquences : c’est le bon choix d’ études supérieures qui vont durer de deux à treize années, selon les choix qui seront faits et la plus ou moins bonne réussite qu’on va y rencontrer, dans une perspective de préparation à une carrière professionnelle de près de quarante années. Comment dès lors s’étonner qu’aux yeux de la plupart, cela soit très anxiogène. A cet égard, nous ne saurions donner de meilleur conseil que de ne surtout pas attendre la classe terminale pour s’en préoccuper : l’ouverture de la procédure “APB” étant chaque année fixée peu après la rentrée des vacances de Noël, c’est dès la classe de première que chacun à intérêt à s’en préoccuper. De là le souci de plus en plus fréquent dans un nombre croissant de lycées, de mettre en œuvre ce qu’il est convenu d’appeler un “accompagnement des projets d’orientation anticipé en classe de première”. Autre conseil : procurez vous, dès l’année de première, un livre incontournable sur ce difficile sujet : “APB (l’admission post-bac décryptée) pour les nuls”, en co édition First/L’Etudiant.

Si vous désirez poser une question, faire part d’une interrogation, d’un point de vue, concernant le thème traité dans cet article, n’hésitez pas à le faire : nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour aller plus loin, dans la collection l’Etudiant :

“APB (l’admission post-bac décryptée) pour les nuls” (en co édition First/L’Etudiant)

“Pour quelles études êtes-vous fait ?” (avec des tests et grilles d’auto analyse de vos réponses aux quesionnaires)

“100 questions/réponses pour bien s’orienter” (tous les pièges à éviter, les erreurs à ne surtout pas commettre, vos droits de recours en cas de contestation des décisions prises à votre égard…)

“Que faire avec un bac ES ?”

“Que faire avec un bac L ?”

“Que faire avec un bac S ?”

“Que faire avec un bac technologique ?”

B. Magliulo

S’orienter au lycée professionnel

Nous avons vu, dans l’article consacré à l’orientation après la classe de troisième (nous vous y renvoyons), à quoi correspond la voie professionnelle. Rappelons qu’en 2011, à l’issue de la classe de troisième, 28% des élèves ont été orientées vers la classe de seconde professionnelle. Il convient d’ajouter à ce chiffre les 6% qui ont opté pour une préparation à un CAP (certificat d’études professionnelles). Ainsi, chaque année, un peu plus d’un tiers des élèves de troisième se retrouvent en voie professionnelle.

1) Préparer un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) :

Les CAP sont des diplômes professionnels très spécialisés, dont la finalité première est de conduire les diplômés à s’insérer sur le marché de l’emploi en tant que futurs ouvriers qualifiés, employés qualifiés, artisans … (sans pour autant interdire, mais pour une minorité, une éventuelle prolongation d’études). Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que les enseignements professionnels y sont largement dominants : ils représentent en moyenne un peu plus de 60% du temps global de formation, y compris 12 à 16 semaines de stages obligatoires (selon la spécialité choisie). Les enseignements généraux (variables selon la spécialité du CAP préparé) ne sont pas pour autant sacrifiés puisqu’ils représentent près de 40% en moyenne du volume global d’enseignement.

Il existe plus de 200 CAP, couvrant une vaste gamme de secteurs professionnels.

Après un parcours en deux ans, qui peut se dérouler sous statut scolaire ou par l’alternance (en signant auprès d’un employeur un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation), les candidats au diplôme doivent se confronter à des épreuves d’examen qui se déroulent en partie sous forme d’épreuves écrites terminales, en partie sous forme de contrôle en cours de formation.

Après le CAP, une large majorité des diplômés optent pour l’insertion professionnelle (75% en moyenne, très variable bien sur selon la spécialité du CAP). Les autres prolongent leurs études, en préparant soit une “mention complémentaire” en un an (par exemple : la mention complémentaire “employé barman” après un CAP restaurant), soit une “formation complémentaire d’initiative locale” en un an, soit un passage en première professionnelle en vue d’un baccalauréat professionnel (ce qui permet à certains élèves de préparer un bac pro en quatre ans, comme avant la réforme du lycée professionnel qui a supprimé la classe terminale BEP).

En 2010-2011, 110000 élèves préparaient en France un CAP sous statut scolaire, et 172000 faisaient de même dans le cadre d’un centre de formation d’apprentis (CFA).

2) Préparer un baccalauréat professionnel :

Après la classe de troisième, il est possible d’entrer en seconde professionnelle en vue d’y préparer en trois ans un baccalauréat professionnel. Comme les CAP, ce diplôme vise prioritairement à préparer à la meilleure insertion professionnelle possible, en tant que futurs ouvriers, employés, agents techniques, artisans…

Il existe un peu plus de 80 spécialités du baccalauréat professionnel, réparties entre quatre grands secteurs d’activité : agriculture, industrie, services, métiers d’art.

Il est possible d’accéder en première professionnelle après un CAP , mais la vérité nous oblige à préciser que c’est là chose relativement rare, et soumise à des conditions de sélection qui font que plus de 80% des candidats se voient refuser une telle prolongation d’études après un CAP. Si vous visez un tel objectif, il faudra avoir fait ses preuves à bon niveau durant les deux années de préparation du CAP. Dans ce cas, on ne peut évidemment demander son admission qu’en cycle bac pro de la même famille de métiers que celle du CAP.

Par rapport à la formation reçue en préparation d’un CAP, préparer un baccalauréat professionnel c’est élargir son champ de compétences, approfondir ses connaissances (professionnelles, technologiques, générales) … Voila pourquoi on a coutume de dire qu’un CAP prépare à un métier précis, alors qu’un bac professionnel vise plutôt une “famille de métiers”. Notez l’importance des stages obligatoires en milieu professionnel qui doivent durer de 16 à 18 semaines.

Bien entendu, comme pour les CAP, la préparation d’un bacalauréat professionnel peut se faire sous statut scolaire (en tant que lycéen), ou par l’alternance (sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Quand à l’examen final, comme pour les CAP , il comporte des épreuves terminales écrites, et une part d’évaluation par contrôle en cours de formation.

En 2010-2011, près de 200000 élèves fréquentaient une classe de première ou terminale professionnelle, et 47000 faisaient de même dans le cadre d’un centre de formation d’apprentis.

4) Après le baccalauréat professionnel :

Une large majorité des diplômés (73% en 2011) s’insèrent sur le marché de l’emploi. Malgré une indéniable tendance à l’allongement de la durée des études (entre 1996 et 2010, la part des bacheliers professionnels qui décident de prolonger leurs études est passée de 18 % à 27 %), les bacheliers professionnels semblent continuer de privilégier l’insertion professionnelle, ce qui est logique compte tenu de la formation reçue durant leurs années lycée, mais aussi compte tenu des exigences de l’enseignement supérieur. Seuls des bacheliers professionnels solides et complets (y compris dans les enseignements généraux) sont invités à passer dans l’enseignement supérieur.

Il n’empêche : en 2011, 27% d’entre eux ont pu prolonger leurs études, et ce chiffre augmente d’année en année. Pour la plupart de ceux qui font ce choix, le secteur d’études supérieures qui les attire le plus (18% en 2011, soit les deux tiers de ceux qui poursuivent leurs études) est celui des brevets de technicien supérieur (BTS). Si on ajoute à ce chiffre ceux qui entrent en institut universitaire de technologie (IUT) , en premier cycle DCG (diplôme de comptabilité et gestion), dans une école professionnelle spécialisée, qui parviennent à se faire admettre dans une préparation à un diplôme des métiers d’art, une “mention complémentaire post bac pro”, une “formation complémentaire d’initiative locale”…, on observe que la grande majorité de ceux qui poursuivent leurs études le font dans des filères d’enseignement supérieur professionnel court (en deux ou trois ans après le bac pro), ce qui est très cohérent, d’autant que c’est dans ce secteur d’études supérieures qu’ils obtiennent leurs meilleurs taux de réussite.

Le problème, c’est que ces filières sont pour la plupart sélectives, et que les bacheliers professionnels y subissent une très sévère concurrence des bacheliers technologiques et même généraux, qui sont visiblement préférés par les jurys chargés de trier les candidats. Résultat : une forte proportion de bacheliers professionnels sont écartés, et n’ont d’autre recours, s’ils veulent absolument prolonger leurs études, que de s’inscrire … en première année de l’université (7% d’entre eux en 2010), où ils n’obtiennent que des résultats très médiocres (moins de 4% d’entre eux en moyenne atteignent la licence, et très rarement en trois ans pile).

C’est pourquoi nous considérons qu’il faut applaudir à une décision réglementaire relativement récente (décret N° 2007-540 du 11 avril 2007, paru au Journal Officiel du 12 avril 2007) qui parle à leur sujet, avec les bacheliers technologiques, de “public prioritaire”, et stipule que “l’admission des bacheliers professionnels (et technologiques) en section de technicien supérieur (STS) est de droit pour les élèves et apprentis qui obtiennent une mention très bien ou bien au baccalauréat professionnel”, à la condition toutefois que “le champ professionnel (du bac pro réussi) corresponde à celui de la STS demandée”. On ajoute qu’en cas de refus d’admission, un bachelier professionnel mention très bien ou bien dispose désormais d’un droit de recours : “le recteur peut, à la demande du candidat, prononcer son admission dans la section demandée ou dans une autre section du champ professionnel ou d’un champ professionnel voisin”. En d’autres termes, un bachelier professionnel mention très bien ou bien a désormais la garantie de trouver une place en STS, mais pas forcément dans le lycée de son choix, ni dans la spécialité de son choix. Il y a donc des limites à l’exercice de ce nouveau droit.

 Un texte semblable est venu compléter ce dispositif d’ouverture des études supérieures professionnelles courtes au profit des bacheliers professionnels candidats à l’admission en première année d’IUT , et parle même à leur sujet (avec les bacheliers technologiques cependant) de “candidats prioritaires”, mais force est de constater que les responsables des IUT se montrent beaucoup plus réservés que ceux des STS pour appliquer ces textes, et continuent d’avoir une nette “préférence” pour les bacheliers technologiques et généraux.

Si vous êtes désireux de nous adresser une question concernant un problème d’orientation en voie professionnelle, n’hésitez pas : nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour en savoir plus, dans la collection L’Etudiant :

 – Le guide de l’orientation au lycée (de la troisième à l’après bac)

– Suis-je fait pour l’ apprentissage ou l’alternance ?

– Pour quelles études êtes-vous fait ?

– Pour quel métier êtes-vous fait ?

Depuis la rentrée 2010, le lycée général et technologique vit une assez profonde réforme. Cela se met en place progressivement : une nouvelle classe de seconde générale et technologique a été mise en place à la rentrée 2010, de nouvelles classes de première à la rentrée 2011, les nouvelles terminales en septembre 2012, et un nouveau baccalauréat sera inauguré pour les épreuves de 2013. Voilà pour le calendrier.

La classe de seconde générale et technologique est qualifiée de “classe d’exploration”. Cela signifie que ça n’est qu’en fin de cette année scolaire que vous aurez à choisir votre futur bac. En d’autres termes, vous disposez d’une année scolaire (moins en réalité puisque vos voeux provisoires devront être exprimés en vue du conseil de classe du deuxième trimestre), pour décider de votre réponse à deux questions complémentaires qui vous seront immanquablement posées, et auxquelles vous serez obligé de répondre : quel bac allez-vous préparer? De quel profil allez vous vous doter sur le parcours première-terminale ?

1) Quel baccalauréat ?

Face à vous neuf filières conduisant en deux ans (première puis terminale) à un baccalauréat. Lequel pour vous ? C’est le premier choix que vous devrez faire, le plus important pour la poursuite des études dans l’enseignement supérieur. Notons, avant d’aller plus loin, que les intitulés de ces diverses filières restent inchangés dans le lycée réformé. Ce sont les contenus (liste des enseignements, des spécialités pour chaque filière, des grilles horaires …) qui sont profondément modifiés.

Trois baccalauréats généraux sont à votre portée : économique et social (ES), littéraire (L) et scientifique (S).

La filière ES est faite pour des élèves ayant du goût pour les questions d’actualité économique, politique et sociale, à l’aise en expression écrite (l’exercice roi de cette filière est la dissertation) et orale, aimant les débats, correctement dotés en langues vivantes et en mathématiques. On demande à ces élèves d’être porteurs d’esprit d’analyse, de méthode aussi. Bon à savoir : les élèves de ES sont fréquemment amenés à travailler sur des supports documentaires (presse, émissions de télévision ou radio, Internet …). Il est favorable, pour une telle orientation, d’avoir en seconde suivi l’enseignement optionnel d’exploration de “sciences économiques et sociales”. Mais rassurez vous si tel n’est pas le cas : rien n’interdit de solliciter une telle orientation si on n’a pas fait un tel choix.

Après le bac, 95% de ces élèves font des études supérieures, principalement à l’université (droit, économie-gestion, langues vivantes, administration économique et sociale, sociologie, histoire, psychologie …), mais aussi en classes préparatoires aux grandes écoles (secteurs économique et littéraire), en grandes écoles à recrutement niveau bac (Instituts d’études politiques, écoles de commerce et management des entreprises …), en Instituts universitaires de technologie (filières tertiaires : gestion, commerce, communication, carrières sociales, carrières juridiques, etc.), en sections de technicien supérieur (en vue de se doter de BTS des secteurs commerce/vente, comptabilité/gestion, tourisme et loisirs, communication, secrétariat, etc.), ou encore dans des écoles spécialisées (de commerce, comptabilité, secrétariat, tourisme, hôtellerie, sociales, paramédicales, d’éducation, administratives …).

En 2011, 20% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première ES.

La filière L est plutôt faite pour des élèves ayant le goût de la lecture, dotés d’une solide aptitude à la dissertation, d’une bonne capacité de communication écrite et orale, solides en langues (vivantes et/ou classiques), et pour les futurs “artistes”, l’envie de cultiver un talent dans un des domaines suivants : arts plastiques, musique, théâtre, cinéma-audiovisuel, histoire des arts, danse, arts du cirque, etc.

Bon à savoir : la réforme du lycée recentre la filière L vers ses fondamentaux en langues (tout particulièrement en langues étrangères).

Si, en sortant de troisième, vous êtes d’ores et déjà déterminé à opter en fin de seconde pour une orientation vers une première L, sachez que vous aurez avantage à opter pour l’enseignement d’exploration de “littérature et société” (ou “création et activités artistiques” si vous vous préparez à entrer en “L-arts”, et dans ce dernier cas, n’oubliez pas les options facultatives artistiques).

Après ce baccalauréat, 99% des élèves entrent dans l’enseignement supérieur. Ils le font principalement à l’université (en lettres modernes, histoire, langues vivantes, psychologie, droit …), mais aussi en classes préparatoires aux grandes écoles (littéraires surtout), dans certaines grandes écoles à recrutement niveau bac (Instituts d’études politiques, écoles de tourisme, de communication, etc.). Une minorité d’entre eux entre dans des filières professionnelles courtes (BTS , IUT ou écoles spécialisées de secteurs tourisme, commerce, secrétariat, communication, carrières sociales, juridiques, etc).

En 2011, 10% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première L.

 – La filière S est évidemment recommandée aux élèves ayant de bonnes aptitudes dans les sciences et les mathématiques. Mais attention : cela ne suffit pas. Les enseignements littéraires, de langues vivantes, d’histoire-géographie, de philosophie en terminale … y comptent également pour beaucoup. Sachez que les enseignemens scientifiques et mathématiques y sont abordés de façon principalement abstraite.

Bon à savoir : dans le cadre de la réforme du lycée, la filière S est recentrée vers ses fondamentaux scientifiques et mathématiques. Ainsi s’explique par exemple que l’enseignement obligatoire d’histoire-géographie ne soit plus présent dans la grille horaire de classe terminale (il y devient optionnel facultatif à horaire léger). Concrètement, cela veut dire que les élèves qui opteront pour cette voie d’études pourront moins  qu’auparavant compenser d’éventuelles lacunes en sciences et mathématiques par de bons résultats dans des disciplines plus littéraires. Le but est de conduire une plus grande proportion de bacheliers S à faire ensuite des études supérieures scientifiques (rappelons qu’à l’issue de l’ancien bac S, près d’un élève sur deux optait pour une filière supérieure non scientifique, ce qui est désormais considéré comme étant une anomalie qu’il convient de corriger).

Si vous êtes déterminé à demander votre orientation vers une première S à l’issue de la classe de seconde, vous aurez avantage à avoir choisi l’enseignement d’exploration de “méthodes et pratiques scientifiques”. Sachez cependant que rien n’interdit de faire un tel choix si on a suivi d’autres enseignements optionnels d’exploration.

Après le bac S, la quasi totalité de ces bacheliers passent dans l’enseignement supérieur. La majorité d’entre eux entrent en première année d’université (principalement en premier cycle santé, mathématiques, sciences de la matière, sciences de la vie, sciences de la Terre et de l’Univers, sciences de l’ingénieur, sciences et techniques des activités physiques et sportives, mais aussi en économie-gestion, droit, psychologie …), près de 20% d’entre eux entrent en classes préparatoires aux grandes écoles (de toutes sortes : scientifiques, économiques, littéraires), 18% parviennent à se faire admettre en institut universitaire de technologie ou en section de technicien supérieur, pour y préparer des diplômes des secteurs industiel, biologie, comptabilité/gestion, commerce… Nombre d’entre eux parviennent à entrer dans des grandes écoles à recrutement niveau bac (d’ingénieurs, de commerce et management des entreprises, instituts d’études politiques …) ou des écoles spécialisés (notamment paramédicales, mais aussi sociales, de commerce, administratives…).

En 2012, 32% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première S.

Bon à savoir : les élèves qui entreront en première géérale (ES, S ou L) à compter de la rentrée 2011, y trouveront un tronc commun élargi à 60% du volume global (contre 40% seulement dans l’ancien lycée). Ainsi, près des deux tiers des enseignements (en lettres, langues, histoire-géographie, EPS (éducation physique et sportive), ECJS (éducation civique, juridique et sociale), TPE (travaux personnels encadrés), accompagnement personnalisé… seront strictement identiques dans les trois classes de premières générales. Cela a été fait afin de faciliter les éventuelles réorientations en cours ou en fin d’année de première.

Six baccalauréats technologiques sont également proposés à l’issue de la classe de seconde générale et technologique : les baccalauréats STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), STL (sciences et technologies des laboratoires), ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) et STD2A (sciences et technolgies du design et des arts appliqués).

Notez que la réforme du lycée amplifie une évolution amorcée progressivement depuis plusieurs années, qui consiste à faire des filières technologiques des voies d’études de moins en moins “techniques”, de plus en plus “polyvalentes”, et même “généralistes”. C’est un point de différenciation très important par rapport aux filières des lycées professionnels qui préparent fondamentalement à l’emploi, alors que la quasi totalité des bacheliers technologiques sont destinés à faire des études supérieures, professionnelles, courtes pour la plupart, longues pour une minorité de plus en plus significative.

 – La filière STAV (“sciences et technologies de l’agronomie et du vivant”) n’est proposée que dans les lycées agricoles. Pour une telle orientation, il est fortement recommandé d’avoir, en seconde, pris l’option d’ enseignement d’exploration d’ “écologie-agronomie-territoire et développement durable”, qui n’est proposée que dans les lycées agricoles. Pour une telle vocation, il est donc quasiment nécessaire de se décider dès la sortie de la classe de troisième.

Un bac pour les mordus de la nature, ayant du goût pour les sciences biologiques, les problèmes écologiques et d’environnement, attirés par le milieu agricole, ayant envie d’étudier et de travailler ensuite au grand air … Notez que cette formation impose huit semaines de stages en milieu professionnel, qu’on vous y propose une forte proportion d’enseignements en travaux pratiques ou dirigés, que l’évaluation par le contrôle en cours de formation y est fortement développée, y compris pour la délivrance du baccalauréat.

Bon à avoir : la filière STAV ayant été récemment rénovée, il a été décidé provisoirement de ne pas la réformer à nouveau, du moins à court terme. Les classes de première STAV (rentrée 2011) et terminale (rentrée 2012) seront donc les mêmes qu’auparavant.

Après le bac, une forte majorité de ces élèves prolongent leurs études dans le supérieur. Ils le font principalement en vue de préparer des BTS agricoles ou des BTS de l’Education nationale. On en retrouve en IUT (génie biologique principalement),  à l’université (pour une petite minorité, principalement en sciences de la vie), mais aussi, pour une minorité, dans des classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs agricoles, agroalimentaires, agronomiques, ou dans de telles grandes écoles mais à recrutement niveau bac. On remarque l’importance du choix des formations par l’alternance chez ce type de bacheliers.

La filière STMG (“sciences et technologies du management et de la gestion”) est venue récemment remplacer l’ancienne filière STG . En gros, nous dirons que cette rénovation visait d’une part à renforcer la dimension “généraliste” de cette voie d’études, et d’autre part à adapter les enseignements technologiques aux besoins actuels du marché de l’emploi, vers lequel ces élèves se dirigeront après des études supérieures. Notons que  ce n’est qu’à la rentrée 2012 qu’a été mise en place la nouvelle classede première STMG, et en 2013 les nouvelles terminales STMG. Pour un élève qui, en entrant en seconde, est décidé à choisir ensuite une première STMG, il est recommandé d’opter pour l’enseignement d’exploration de PFEG (“principes fondamentaux de l’économie et de la gestion”), mais rien n’interdit une telle orientation pour un élève qui aurait préféré choisir l’enseignement d’exploration de “sciences économiques et sociales” (et vice versa). Bon à savoir : rien n’interdit de choisir ces deux enseignements économiques durant l’année de seconde générale et technologique.

En sortant de première STMG, les élèves ont le choix entre quatre terminales, ayant un même tronc commun, mais se différenciant par l’existence d’un module spécialisé d’enseignement technologique entre lesquels il faut choisir : “gestion et finance”, “mercatique”, “ressources humaines et communication” ou “système d’information etd e gestion”.

Cette filière d’études est plus particulièrement conseillée aux élèves qui ont envie de faire des études secondaires économiques concrètes (découverte des rouages de l’entreprise) mais non professionnalisées, sont attirés par les technologies modernes de communication, mais aussi, sont porteurs de solides bases générales (la majeure partie des enseignements est composée de disciplines générales). Bon à savoir : l’enseignement des mathématiques, obligatoire, n’a rien de théorique.

Après le bac, une large majorité de ces élèves (80%) opte pour la prolongation des études dans l’enseignement supérieur. Très majoritairement (près de 60%), ils se retrouvent dans des filières professionnelles courtes (principalement dans des préparations aux divers BTS tertiaires, mais aussi en IUT (sections tertiaires), et dans nombres d’écoles spécialisées tertiaires. Près d’un quart d’entre eux optent pour l’université (ils entrent principalement en première année de droit, administration économique et sociale, économie-gestion, mais aussi en langues, sciences humaines et sociales …), avec des taux d’échec importants. Enfin, une toute petite minorité (3%), parvient à intégrer une classe préparatoire économique et commerciale réservée aux bacheliers STG, ou à entrer dans une grande école (de commerce, gestion, tourisme, immobilier, transport et logistique, communication, etc.) à recrutement niveau bac. Bon à savoir : une assez importante proportion de bacheliers STMG opte pour une préparation d’un diplôme de l’enseignement supérieur professionnel par l’alternance (par contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

En 2011, 13% des élèves de seconde sont entrés en première STG.

La filière STI2D (“sciences et technologies de l’industrie et du développement durable”) est faite pour des élèves qui aiment manipuler des objets, les démonter et remonter, sont bricoleurs, organisés et méthodiques. Il convient en outre d’être très attiré par les technologies modernes, et d’avoir une bonne base générale en mathématiques, physique et chimie, mais aussi en lettres, en langues…  Les élèves qui, en entrant en classe de seconde, sont déjà déterminés à opter ensuite pour une filière STI, sont incités à opter pour l’ enseignement d’exploration  de “création et innovation technologiques”. Rien cependant n’interdit de demander à entrer dans l’une des quatre spécialités de première du nouveau bac STI2D qui a ouvert à la rentrée 2011 (“innovation technologique et éco-conception”, “système d’information et numérique”, “énergie et environnement” et “architecture et construction”), quels que soient les enseignements d’exploration suivis en seconde.

Après le bac STI2D, comme pour tous les bacheliers technologiques, la majeure partie entre dans l’enseignement supérieur. La demande très largement majoritaire (80 %) est de se faire admettre dans une filière professionnelle courte (IUT, BTS, écoles spécialisées, principalement du secteur industriel ou des métiers d’art). Une minorité (8%) opte pour l’entrée en université (en sciences de l’ingénieur, sciences de la matière, voire mathématiques), ou parvient à se faire admettre en grande école (d’ingénieurs principalement) à recrutement niveau bac, ou dans une classe préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs réservée aux bacheliers STI2D. Près de 12% d’entre eux optent pour la préparation d’un diplôme de l’enseignement supérieur professionnel par l’alternance (par contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

En 2011, 6% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première STI.

 – La filière STL (“sciences et technologies des laboratoires”) est faite pour les élèves qui sont attirés par les travaux en laboratoire, qui aiment procéder à des manipulations et des analyses de produits biologiques, chimiques, physiques … Attention : cette filière comprend une forte dose d’enseignements scientifiques divers, et une forte proportion d’enseignements généraux. Si, en entrant en seconde, vous êtes déterminé à choisir cette voie d’études secondaires, vous avez intérêt à opter pour l’enseignement d’exploration de “sciences et laboratoire”. Mais comme pour la plupart des autres filières technologiques, rien n’interdit de demander à entrer dans l’une des deux spécialités du bac STL qui ont vu le jour à la rentrée 2011 (“biotechnologies” ou “sciences physiques et chimiques en laboratoire”), indépendemment des choix d’enseignements d’exploration faits en seconde.

Après le bac STL, une majorité de ces bacheliers se dirige vers les BTS, DUT ou écoles spécialisées correspondant à leur secteur technologique (biotechnologie, génie biologique, chimiste, analyses médicales, laborantin, etc.). Une minorité de bons élèves frappe à la porte des écoles paramédicales, ou de certaines classes préparatoires acceptant la candidature de cette catégorie de bacheliers. Une petite minorité entre en première année d’université (principalement en sciences de la vie, voire en premier cyle des études de santé).

En 2011, un pour cent seulement des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première STL.

La filière ST2S (“sciences et technologies de la santé et du social”) est venue récemment remplacer et rénover l’ancienne filière SMS. à la rentrée 2012 en première, et donc à la rentrée 2013 pour les nouvelles classes terminales ST2S.

Pour les élèves sortant de troisième, déterminés à demander la première ST2S à l’issue de la classe de seconde, il est recommandé d’opter pour l’enseignement d’exploration de “santé et social”. Toutefois, rien n’interdit de demander une telle orientation indépendemment du fait d’avoir choisi une telle option.

Cette voie d’études secondaires devrait plus particulièrement intéresser des élèves attirés par la perspective de pouvoir exercer, après des études supérieures complémentaires, dans le secteur paramédical et social. Notez bien l’importance des enseignements scientifiques généraux. Une bonne capacité de communication, un goût prononcé pour les relations humaines, une forte envie d’aider les autres, sont des traits de caractère favorables. Priorité d’accès pour les élèves qui, en seconde, ont suivi l’ enseignement optionnel de sciences médico-sociales.

Après le bac, une large majorité de ces élèves frappe à la porte des écoles paramédicales et sociales, des BTS “services et prestations des secteurs sanitaire et social” ou “économie sociale et familiale”, de la filière “carrières sociales” des IUT, voire tente sa chance en premier cycle universitaire de sciences de la vie, de psychologie ou de santé.

En 2011, 3% des élèves de seconde générale et technologique sont entrés en première ST2S.

La filière STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) est l’une de celle qui, dans le cadre de la réforme du lycée général et technologique, est le plus fortement modifiée par rapport à celle qui lui pré existait jusque là (l’ex filière “arts appliqués”). Objectf : renforcer le potentel de ces élèves en vue de leur admission et réussite dans les filières supérieures préparatoires aux métiers d’arts (BTS et écoles d’arts de toutes sortes). Notons à ce sujet que les bacheliers STD2A sont les seuls à pouvoir se porter candidats pour une admission directe en première année de ces formations très recherchées : pour les autres bacheliers, ils devront commencer par passer par une année de mise à niveau pour études supérieures d’arts appliqués, les fameuses “MANAA”.

Attention : nul n’est autorisé à entrer en première STD2A s’il n’a, en seconde, suivi l’enseignement d’exploration de “création et culture design”. La filière STD2A est donc un cas particulier de parcours d’études pour lequel il existe un choix strictement contraint à faire en entrant en seconde. L’explication est que cet enseignement d’exploration est lourd (six heures par semaine), si bien qu’il est inenvisageable de le rattraper si on ne l’a pas assimilé. Toute autre chose est la situation des autres enseignements d’exploration, qui ne sont présents en seconde qu’à raison d’une heure trente par semaine, sont donc aisément rattrapables si on ne les a pas choisis, si bien qu’ils ne sont pas considérés comme étant une condition nécessaire pour l’admission dans telle ou telle classe de première.

En première STD2A, 16 heures par semaine d’enseignements généraux vous attendent (français, histoire-géographie, LV1 et 2, physique-chimie, mathématiques, EPS…), ainsi que 14 heures hebdomadaires d’enseignements technologiques divers. Attention : cette filière est très rarement présente.

2) Quel profil dans le bac choisi ?

L’orientation vers une classe de première ne se limite pas au choix d’un baccalauréat. Chaque classe de première et terminale est composée d’un vaste tronc commun, mais aussi d’enseignements optionnels, qu’il convient de choisir avec soin car cela aura un important impact (moins que celui du choix du bac cependant) sur les possibilités d’études supérieures. Parmi ces enseignements optionnels, certains sont obligatoires, d’autres facultatifs. Tous concourent à vous doter d’un profil.

La situation est cependant quelque peu différente selon que vous préparerez un baccalauréat général ou technologique.

Dans les filières générales, il vous est parfois demandé, en première, et toujours en terminale, de choisir un enseignement optionnel obligatoire, auquel peuvent s’ajouter une ou deux options facultatives.

. Dans toutes les voies, en première comme en terminale, vous aurez la possibilité de bénéficier de divers  enseignements optionnels facultatifs, à choisir (ou non) dans une liste proposée par chaque établissement (attendez-vous à de très importants écarts d’offre d’un établissement à un autre). Ce pourra être une LV3, du latin, du grec classique (à la condition d’avoir commencé ces options en seconde au moins), mais aussi un supplément de trois heures par semaine en EPS, ou un enseignement artistique (arts plastiques, musique, cinéma-audiovisuel, théâtre, danse, histoire des arts…). Bon à savoir : ces enseignements conduisent à des épreuves facultatives au baccalauréat, pour lesquelles seuls les points supérieurs à la moyenne sont pris en compte.

. En filière ES, c’est uniquement en entrant en terminale qu’un choix d’enseignement de spécialité sera proposé. Ce pourra être, selon l’offre propre à chaque établissement, un approfondissement en mathématiques, un complément en sciences politiques et sociales ou en économie approfondie (un seul de ces trois enseignements, au choix de l’élève). Attention : à ce choix fera pendant une épreuve spécifique au moment du baccalauréat.

. En filière L, l’élève doit choisir dès l’entrée en première un enseignement optionnel obligatoire : approfondissement en langue vivante ou langue classique (latin ou grec classique) ou arts (au choix : arts plastiques, musique, histoire des arts, théâtre et expression dramatique, cinéma et audiovisuel, danse…) ou mathématiques . En terminale L, il sera possible de choisir son enseignement de spécialité dans la même liste, plus éventuellement un enseignement de “droit et grands enjeux du monde contemporain”.

. En filière S, il convient, comme en L, de distinguer le niveau première de celui de terminale.

En entrant en première S, les élèves doivent ajouter aux enseignements du tronc commun, un enseignement optionnel obligatoire de “sciences de l’ingénieur”, de “biologie/agronomie/territoire et développement durable” (uniquement dans les lycées agricoles) ou de SVT (“sciences de la vie et de la Terre”). Il existe donc trois profils d’élèves de première S.

En entrant en terminale, ceux qui ont choisi les enseignements de “sciences de l’ingénieur” ou de “biologie/agronomie/territoire et développempent durable”conservent cette spécialisation. Pour ceux qui, en première, ont opté pour les “sciences de la vie et de la Terre”, il est demandé de choisir une option obligatoire d’approfondissement parmi les enseignements suivants : mathématiques,  physique-chimie, ou “sciences de la vie et de la Terre” ou “informatique et sciences du numérique”. Là comme pour les autres filières, à chaque choix correspond une épreuve obligatoire spécifique au baccalauréat.

Dans les filières technologiques, ce que nous avons qualifié de “profil” dans les filières générales, par le choix d’un enseignement optionnel obligatoire, correspond au choix d’un enseignement spécifique, une “spécialité technologique”, au sein de trois des six baccalauréats technologiques.

Les filières STAV, STD2A et ST2S correspondent chacune à une spécialité en soi, ce qui veut dire que tous les enseignements sont dans le tronc comun, sauf quelques options facultatives éventuelles. Il n’en va pas de même pour les autres.

En filière STMG, l’entrée en première correspond à une classe unique. A l’issue de cette première STMG, vous aurez à choisir entre quatre spécialités de classe terminale : “gestion et finance”, “mercatique”, ressources humaines et communication”, “système d’information et de gestion”.

En filière STI2D, vous aurez le choix (selon l’offre de chaque établissement)  entre quatre spécialités : “innovation technologique et éco-conception”, “système d’information et numérique”, “énergie et environnement” et “architecture et construction”.

. En filière STL, selon le même calendrier que pour la filière STI, vous aurez le choix entre deux spécialités : “biotechnologies” ou “sciences physiques et chimiques en laboratoire”.

Attention : aucun lycée ne propose toutes ces options (obligatoires ou facultatives). Certaines d’entre elles sont même fort peu répandues. Vous rencontrerez donc parfois des difficultés pour trouver à proximité de votre domicile un lycée qui vous permet de vous doter de certains de ces profils. Et même si vous trouvez, il arrivera que le nombre des places offertes soit inférieur au nombre des demandes d’admission, obligeant l’établissement à pratiquer une certaine sélection à l’entrée. C’est pourquoi, si votre projet d’orientation de fin de seconde générale et technologique correspond à une spécialité rare, nous vous conseillons de prévoir une ou deux orientations de recours, pour des spécialisations moins rares.

Si vous êtes en quête d’une aide en vue de faciliter l’orientation d’un élève scolarisé en seconde générale et technologique, n’hésitez pas à poser une question. Nous y répondrons.

Bruno Magliulo

Pour aller plus loin, dans la collection l’Etudiant :

– Parents d’élèves, vos droits (pour bien préparer ses recours en commission d’appel, etc.)

– Que faire avec un bac ES ?

– Que faire avec un bac L ?

– Que faire avec un bac S ?

– Que faire avec un bac technologique ?

– Pour quelles études êtes-vous fait ? (avec des tests et grilles d’auto analyse pour traiter aisément les réponses)

Pour les collégiens, et leurs parents, la classe de troisième représente un premier pallier d’orientation. Pour la première fois depuis qu’ils sont entrés au collège, ils sont confrontés à une pluralité de chemins possibles, entre lesquels il faut choisir.

1) Bien choisir sa voie d’études au lycée :

Ce premier choix est crucial. Opterez vous pour la voie professionnelle, spécifique, technologique ou générale ?

Choisir la voie professionnelle c’est opter pour un parcours d’études en deux ans pour atteindre un CAP (certificat d’études professionnelles) ou en trois ans en vue d’un baccalauréat professionnel. En toute logique, les élèves qui s’orientent vers cette voie d’études secondaires (un tiers des élèves sortant de troisième en 2010), sont prioritairement destinés à s’insérer sur le marché de l’emploi à l’issue de chaque cycle de formation (après un CAP, bac pro …), et minoraitairement destinés à poursuivre dans l’enseignement supérieur après un bac professionnel (un tiers environ en 2010, mais ce chiffre tend à augmenter d’année en année). Attention : pour certaines filières professionnelles secondaires rares, une sélection à l’entrée plus ou moins sévère peut exister. Ces formations peuvent être suivies sous “statut scolaire” ou par l’alternance (sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation).

Choisir la voie spécifique c’est s’engager sur un parcours spécialisé en trois ans conduisant soit à un baccalauréat des techniques de la musique et de la danse (TMD), soit à un baccalauréat hôtellerie (H). Attention : la spécialisation commence dès l’entrée en seconde. Ces parcours étant rarement proposés (surtout la section TMD), la sélection à l’entrée est la règle. En 2010, moins d’un pour cent des élèves de troisième sont entrés dans l’une de ces deux formations qu’il est quasiment impossible de rejoindre à l’issue d’une seconde professionnel ou générale et technlogique.

Choisir la voie technologique c’est d’abord entrer en classe de seconde générale et technologique, puis, en passant en première, opter pour l’un des baccalauréats suivants : STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués), STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), STL (sciences et technologies des laboratoires) , et ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Attention : contrairement aux bacheliers professionnels, les bacheliers technologiques sont destinés à prolonger leurs études dans l’enseignement supérieur (tout particulièrement, dans des filières professionnelles courtes type BTS – brevets de technicien supérieur –  DUT – diplôme universitaire de technologie ou écoles spécialisées en deux ou trois ans). On note cependant qu’un bon tiers d’entre eux s’engagent dans des études supérieures plus longues : en université ou grandes écoles (par admission directe au niveau bac ou via une classe préparatoire aux grandes écoles réservée aux bacheliers technologiques).

Choisir la voie générale, c’est d’abord entrer en classe de seconde générale et technologique, puis, en entrant en première, opter pour l’un des baccalauréats suivants : ES (économique et social), L (littéraire), S (scientifique).

Ainsi, ce n’est qu’en fin de seconde générale et technologique que se fait le choix de sa spécialisation (c’est-à-dire du bac technologique ou général que l’on va préparer). Sachez qu’en 2010, 57% des élèves de troisième sont entrés en seconde générale et technologique.

2) Bien choisir ses enseignements optionnels :

A chacune des quatre voies d’études précédemment présentées, sont attachés des choix d’options qu’il est nécessaire de faire en entrant en seconde.

En seconde professionnelle, il s’agit du choix d’une spécialité professionnelle : opterez vous pour une seconde professionnelle hôtellerie, des métiers d’art, agricole, des métiers industriels, tertiaires … ? Dans certaines de ces classes, vous aurez en outre à choisir des enseignements optionnels généraux : langue vivante 2, enseignements artistiques …

En seconde spécifique, on a vu que vous devez choisir entre hôtellerie (H) et techniques de la musique et de la danse (TMD). Dans chacune de ces deux classes, on vous propose en outre divers enseignements optionnels (chaque établissement propose sa liste, qui peut donc être différente d’un lycée à un autre).

En seconde générale et technologique, vous aurez à choisir deux types d’options : deux enseignements optionnels obligatoires (dits “enseignements d’exploration”), et il vous est possible d’ajouter (selon l’offre de l’établissement) une ou deux options facultatives. Sauf cas particulier, il n’est pas obligatoire d’avoir suivi en seconde un “enseignement d’exploration” donné pour pouvoir demander et obtenir son orientation vers une première , même si cet enseignement d’exploration y est fondamental (par exemple : il est possible d’être orienté vers un première L, même si on n’a pas opté pour l’enseignement d’exploration de “littérature et société”, ou vers une première STMG sans avoir choisi les “principes fondamentaux de l’économie et de la gestion”, etc.). Cela s’explique : ces enseignements ne sont dispensés qu’à raison d’une heure trente par semaine, et sont donc aisément rattrapables si on ne les a pas suivi.  Cas particuler : l’orientation vers une première STD2A n’est possible que pour les élèves ayant opté en seconde pour l’enseignement d’exploration de “création et culture design”, cet enseignement comptant pour six heures par semaine contre une heure trente seulement pour les autres. Ainsi, la voie STD2A se choisit en fin de troisième, alors que pour les autres, on peut attendre un an de plus (la fin de classe de seconde générale et technologique)  avant de se déterminer.

Sachez qu’aucun lycée ne propose l’ensemble de ces enseignements d’exploration, si bien que pour certains choix, vous serez contraint de tenter de vous faire admettre dans un lycée qui propose celui que vous recherchez, ce qui peut ne pas être simple. Autre problème : les lycées qui proposent des options rares sont parfois contraints de sélectionner les candidats, si bien qu’il ne suffit pas toujours que le conseil de classe du collège d’origine ait donné son avis favorable pour que vous trouviez une place dans la classe de seconde demandée. Tenez compte de ces réalités et envisagez des choix de recours au cas où vous n’obtiendriez pas satisfaction sur votre premier voeu.

Si vous désirez poser une question concernant l’orientation d’un élève de classe de troisième, n’hésitez pas : nous vous répondrons.

Bruno MAGLIULO

Pour en savoir plus, dans la collection L’Etduant :

 – Parents d’élèves, vos droits (tout sur les procédures d’appel…)

– Le guide de l’orientation au lycée (de la troisième à l’après-bac)

-100 questions/réponses pour bien s’orienter